Les dits du corbeau noir

VALERY RAYDON LE MYTHE DE LA CRAU PARTIE 1 DES CHERCHEURS S'OPPOSENT BRAN DU 2019 22 11 NOVEMBRE

 

 

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Photo Pierre Laborde

 

Plaques et éléments du Chaudron de Gundestrup

 

 

 

 

Valery Raydon : le Mythe de la Crau

 

Partie 1 :  DES CHERCHEURS S'OPPOSENT à propos de la religion gauloise...

 

 

Cette première partie traite essentiellement des forts différentiels d'appréhension et de conception de la religion celtique selon deux « écoles » différentes d'investigation de celle-ci :

 

L'une fait état de la méthode dite « comparatiste » reposant sur les travaux de Georges Dumézil spécialiste du monde dit Indo-Européen et l'autre se base et se fonde sur l'archéologie de la protohistoire avec pour chef de file J L Brunaux...

 

L'auteur a opté pour la méthode dumézilienne (méthode dite comparatiste) avec pour autre postulant à cette méthode Françoise Le Roux, Ch J Guyonvarc'h, Claude Sterckx ou encore Bernard Sergent...

 

L'ouvrage commence et s'étend fortement par une présentation du différentiel de compréhension entre ces deux méthodes avec un recours aux arguments qui sont de nature à valider ou à critiquer telle ou telle méthode d'investigation du monde Celte...

 

Ceci n'est pas sans conséquence pour ceux et celles qui s'informent et se documentent sur la civilisation celtique car, selon les auteurs et ouvrages consultés de ceux-ci, ils auront une vision et un entendement fort différents et cela ne pourra qu'augmenter la confusion et l'incompréhension d'un monde à la complexité déjà bien avérée...

 

Valery Raydon à le grand mérite d'exposer clairement ces différentiels par une analyse très poussée et très étayée des arguments présentés de part et d'autre...

 

Pour une grande part des positions tenues par une « école », nous sommes face à des « convictions » très tranchées qui nient une « unité » spirituelle, théologique, rituélique de l'ensemble des peuples Celtes (s'adonnant lors à une grande variabilité et diversité de pratiques et de croyances et se référant à des panthéons spécifiques à chaque tribu), l'autre « école », à laquelle se réfère l'auteur démontre, arguments solides à l'appui, l'unité d'ensemble de la religion et ce sur tous les « sols » celtiques...

 

Ce sont ces éléments et arguments extraits de l'ouvrage que je relate ici permettant à chacune et à chacun de se forger un avis...

Tout en sachant que le cheminement « celto-druidique » se fait sur « la route obscure des croyances gauloises où il est si facile de s'égarer. » V Raydon...

 

 

 

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Rappel :

 

« ….. Toute religion a pour but de rendre possible le dialogue d'une communauté ou de ses membres avec les êtres supranormaux invisibles (Dieu – Démons ou Esprits) selon l'idée qu'elle s'en fait, qui président à la construction, à la gestion et à la destinée du monde, ceci, dans le but de bénéficier ou de les remercier de leurs interventions bienfaisantes ou, si ces interventions sont défavorables, de parvenir à les endiguer...

 

Toute religion est avant tout un système complexe organisé où les entités divines ou spirituelles se voient attribuées une place précise dans la Création et font l'objet d'une classification, d'une hiérarchisation, d'une définition de leurs compétences spécifiques qui déterminent le jeu des rapports entre elles.

Cela permet d'invoquer convenablement une divinité et de rendre une prière opérante... »

...

 

 

 

 

 

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Exposé de situations et de points de vue :

 

« La religion gauloise au temps de l'indépendance constitue un vieux débat opposant deux grands courants scientifiques intéressées aux recherches sur cette religion...

 

Celui des comparatistes duméziliens (qui défendent l'existence d'une religion commune à l'ensemble de la mosaïque des peuples Celtes)... (Et le modèle d'une société dite tri-fonctionnelle.)

Celui des archéologues protohistoriens avec pour chef de file actuel Jean Louis Brunaux qui expriment une forte défiance envers le comparatisme dumézilien. »..

 

« A partir du moment où nous possédons des mythes, nous possédons une religion dans ses aspects fondamentaux. » Françoise le Toux...

 

« L'unité théologique pan-celtique est une évidence..»..

V Raydon

 

 

 

 

 

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En faveur de la méthode dite comparative :

 

« … Il y a un regard unilatéralement recoupé des observateurs voisins (Romains, Grecs) qui font marcher de pair l'unité ethnique des Gaulois avec l'unité religieuse, en surplus de l'unité des mœurs et d'organisation sociale...

 

Cela tranche fortement et singulièrement avec les conjonctions de Mr Brunaux (archéologie proto-historique) Selon ce dernier ce serait à l'aune de l'archéologie que doit se valider la véracité d'un témoignage littéraire antique...

 

Mr Brunaux récuse l'existence d'un panthéon partagé uniformément par l'ensemble des populations Celtes installées sur le sol des Gaules.

 

Ne croyant pas dans la possibilité d'un prototype initial commun ni dans une large diffusion des croyances par le biais de la tradition orale, il prône une pluralité de religions gauloises locales ou régionales donnant lieu à l'échafaudage de micros-panthéons fortement distincts les uns des autres.

 

Cette division des populations gauloises sur la question spirituelle va à l'encontre de l'unité linguistique pan-celtique du vocabulaire religieux...

 

Elle se heurte également aux quelques témoignages antiques, Latins et Grecs, à disposition qui cautionnent tous l'existence d'un unique système religieux celtique articulé autour de grandes divinités clairement définies...

 

La prétention affichée d'accéder à la compréhension d'une religion ancienne par le moyen de l'archéologie laisse quelque peu septique...

 

Elle ne saurait permettre d'accéder aux croyances véhiculées par la Tradition orale sous forme de récits mythologiques qui commandaient, structuraient et expliquaient les gestes et les formules composant les rites liturgiques, le choix des victimes et des emplacements culturels et, le cas échéant, la codification iconographique des divinités.

 

L'archéologie peut nous mettre dans le meilleur des cas où la lecture de la documentation échappe au danger de la sur interprétation, en présence de fragments de la coquille de la religion, mais elle ne saurait être en mesure de livrer le squelette théologique de cette dernière.

 

Pour Mr Brunaux, le creuset originel der la religion gauloise aurait été formé par deux types très grossiers d'animisme : un de nature « naturaliste », l'autre « tribal »...

(L'un relevant d'un mode de vie sédentaire, l'autre de comportements nomadiques.)... Le passage en matière de religion faisant passer d'un état primitif initial informe à un état civilisé serait acquis grâce aux contacts noués avec la brillante société Grecque et Romaine...

 

Par ailleurs, Mr Brunaux soupçonne volontiers les comparatistes de promouvoir des idéologies nauséabondes d'extrême-droite... (Le lecteur ou la lectrice quelque peu avisé et objectif dans sa libre critique et dans son libre arbitre, comme dans la connaissances des sujets et auteurs soupçonnés, jugera de l'ineptie et du caractère autant déplacé qu'outrancier d'une telle supputation !) NDR (Ou encore, quand les « bornés » dépassent les bornes éthiques et déontologiques de leur profession !) (Autant il est vrai que l'on peut tout faire pour se démarquer à tout prix des autres chercheurs et faire parler de soi !) NDR

 

 

 

 

 

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Mr Brunaux n'admet pas également que la religion gauloise se soit formée à partir d'un prototype théologique indo-européen...

Il affirme la non survivance de sources antiques grecques ou latines qui offriraient des données mythologiques gauloises permettant de vérifier leur éventuelle correspondance avec d'une part les textes mythologiques insulaires et, d'autre part, avec les idées religieusement des peuples Indo-européens...

 

Il en conclut l'impossibilité de démontrer l'installation des dieux gaulois dans un système religieux Indo-européen...

 

Il se déclare peu enclin à croire à une éventuelle pérennité de l'héritage théologique Indo-européen dans la religion gauloise et affiche plus de scepticisme vis-à-vis de la place dominante que pourrait y tenir cet héritage...

 

Il remet en cause la celticité des textes mythologiques irlandais et gallois en pointant le caractère tardif de ces sources qui fait d'elles des productions culturelles relevant des sociétés médiévales chrétiennes dont la population et « l'organisation » tant sociale que politique et religieuse n'avaient plus rien à voir avec celles des anciennes sociétés celtiques et ne pouvaient donc en avoir conservé la pensée religieuse païenne...

 

M Brunaux considère légitime de réorienter la recherche pour parvenir à appréhender la religion gauloise au moyen de l'archéologie en interrogeant ce que le sol livre sur les pratiques rituelles et les lieux de culte en tentant de remplacer celles-ci dans leur contexte socio-culturel et en les confrontant avec les connaissances acquises sur les sociétés voisines contemporaines...

 

 

 

 

 

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Valéry Raydon confirme l'organisation d'un panthéon de divinités aux fonctionnalités définies très précisément dont la hiérarchisation stricte et la répartition sont conformes à la division théorique que se faisaient les Indos-Européens du monde et de la société en 3 niveaux fonctionnels comprenant un premier niveau dédié à la souveraineté, un second niveau à la force guerrière et un troisième niveau se rapportant à tout ce qui concerne l'activité nourricière, fécondante et productrice de biens...

 

Le 1er niveau fonctionnel connaît lui-même une subdivision en 2 pôles concernant respectivement l'aspect magico-guerrier de la souveraineté et l'aspect juridico-sacerdotal...

 

Il est à noter ici un nouveau schéma de présentation de la société trifonctionnelle celtique regroupant au sein de la fonction première la souveraineté (soit la royauté et sa régence) et la classe dite sacerdotale dans ses diverses fonctions... Il est vrai que depuis la découverte de la tombe princière de Hochdorf en Allemagne (Vè siècle avant notre ère) la question s'est posée au sujet de ce prince ; à savoir si celui-ci n'occupait pas une double fonction (royale et pour partie sacerdotale) ?... NDR

 

« Cette forme duelle de la souveraineté se voit incarnée par un duo de divinités répondant aux typologies des dieux védiques Mitra et Varuna. Ce courant dont nous nous réclamons appuie son hypothèse sur les textes mythologiques et épiques médiévaux d'Irlande et du pays de Galles qui, pour tardifs et soumis à une adaptation chrétienne sont encore fortement empreints de l'ancienne idéologie tripartite Indo-Européenne...

 

La vision de la recherche protohistorique française de ces dernières années promeut une absence d'unification des populations Celtes sur le plan religieux y compris pour la cinquantaine de peuples qui vinrent s'installer sur le territoire des Gaules et y demeurèrent politiquement autonomes. Il y aurait en fait une multitude de religions gauloises aux faciès fortement individualisés et se limitaient donc à une échelle géographique locale ou régionale.

 

Chacune de ses religions ne fît jamais codifiée en tant que système structuré et cohérent mais correspondait simplement à un agrégat composite de cultes, de croyances et de rites acquis aux hasards de l'Histoire et des rencontres civilisationnelles donc des panthéons gaulois variables (!)...

 

 

 

 

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Notes Bran du

 

Nous prenons ici la juste mesure des oppositions conceptuelles relatives à la compréhension de la religion gauloise et des méthodes en mesure de l'appréhender de façon satisfaisante...

 

La position de Mr Brunaux et des archéologies protohistoriens est bien connue (ainsi que les propos outranciers et quasi diffamatoires de Mr Brunaux prêtant aux mouvements dits celto-druidiques modernes un intérêt certain pour des idéologies politiquement extrêmes.)

 

Le monde Celte, sa civilisation, ses structures d'organisation, ses concepts fondamentaux spirituels et philosophiques, ses croyances, ses mœurs font preuve en tout domaine d'une extrême cohérence expliquant par ailleurs sa cohésion interne de part et d'autre de ses territoires et domaines... Les dimensions insulaires trouvent leur exacte correspondance en Gaule (ceci déjà démontrée par Françoise Le Roux et confirmé, arguments à l'appui, par Valery Raydon.)...

 

L'archéologie (Comme la science d'ailleurs) et ce quelque soit ses précieux apports ne saurait constituer la seule approche de compréhension de la religion gauloise. Si elle peut nous aider à mieux comprendre le « comment » en faisant parler les découvertes effectuées, elle ne peut prétendre détenir le « pourquoi » et l'expliciter preuves à l'appui !...

 

Il est d'usage dans les milieux universitaires (pour se faire un « nom » et attirer l'attention) de tirer à boulets rouges sur ses prédécesseurs si possible assez réputés et pour cela de s'enfermer dans des positions contraires au point de ne plus être objectif dans ses propos et démonstrations...

 

Tout chercheur sincère, honnête intellectuellement et objectif en ses positions amplement argumentées entendra ce qui est dissonant et discordant dans les propos des uns et des autres...

 

L'équilibre et l'harmonie, la concorde, la cohérence, l'ajusté, l'équitable sont des notions qui fondent et forgent la pensée celtique en tout temps, en toute époque et en tout lieu...

 

La quête dite de Vérité est une permanence et elle repose sur des considérations basées sur ce qui sonne faux et ce qui produit, sur la pensée, l'esprit et les sens, un juste accord...

 

Que votre attention soit à la bonne écoute !...

 

 

 

 

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La Deuxième partie du livre traite du Mythe de la Plaine de la Crau en Provence et des exploits d'Héraclès selon ce qu'en relate le Grec Eschile , mythe qui, en fait, empreinte au monde Celte son prototype appelé Ogma ou Ogmios... A suivre donc

 

 

 

 

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22/11/2019
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