Les dits du corbeau noir

UN SAGE SOUS UN POMMIER... 2018 NOUVELLE BRAN DU 23 03 MARS

 

Un sage sous un pommier...

 

Nouvelle Bran du               23 03 2018



Cela faisait bien longtemps qu'il enseignait sous un pommier aussi âgé que lui, lequel, à voir l'état de son écorce et le nombre de branches que ne visitait plus la sève printanière, s'efforçait encore de faire encore, chaque année, quelques fruits...

 

Toutefois les bourgeons éclos se raréfiaient d'une année sur l'autre... La fin était proche...



Chaque matin, aux alentours de la dixième heure, si les conditions climatiques le permettaient,

il s'installait sous le vieil arbre, prenait assise sur une pierre longe et plate qui lui servait de chaise...



Des hommes et des femmes de tous âges, seuls ou en groupe, venaient se poser, en silence, près de lui...



Pendant un laps de temps qu'il déterminait selon la substance de vie qu'il sentait et percevait,

il demeurait les paupières fermées, les jambes repliées sous lui dans la position dite du « lotus », le torse tenu aussi droit que se tenait le tronc de l'arbre derrière lui...

 

Son souffle était posé, il semblait respirer la vie qui le visitait comme on visite un ami...



Souventes fois des oiseaux venaient égailler de leurs chants le dôme de feuilles...



Des gens allaient alentour occupés à remplir l'ordinaire de leur existence, le quotidien de leurs préoccupations...

Habitués à voir l'Ancien à cette même place depuis plus d'une décennie, ils ne faisaient plus attention à lui...

 

Ce matin, l'azur avait étendu son voile bleu sur toute la voûte céleste et des ailes traçaient des arabesques de joie dans l'aurore épanouie...



Les visiteurs du jour écoutaient le Sage qui se faisait un plaisir à commenter et à élucider les questions qui fusaient parmi l'assemblée fort respectueuse de sa présence et de ses propos...



Il était le plus souvent question d'interrogations de portée universelle, philosophique ou spirituelle sur le sens de l'existence, le pourquoi et le comment de ceci ou de cela, la nature des êtres et des chose ; soit des interpellations majeures et essentielles sur le passé, le présent et le devenir d'un vivant dont l'évolution semblait assez compromise aux vues des attitudes et des comportements d'une humanité en déroute, perdition et dérive...



Il reformulait à chaque fois l'interpellation, l'ingérait en lui, la pesait, la macérait en quelque sorte, la passait au crible de sa mémoire et de ses facultés, puis il faisait jaillir de cette alchimie intérieure des pistes d'entendement qu'il appartenait à chacun de parcourir ou non...



Inévitablement revenait au cours de ces échanges une question primordiale, fondamentale,

à laquelle il apportait des éléments favorisant la compréhension... (Et ceux-ci étaient invariables.)...



Cette question bien évidement était celle de l'Amour...



Pourquoi l'Amour, comment l'Amour... Sa présence, son absence, sa carence ; l'espérance qu'il procure, le si peu de temps qu'il dure ?...

 

Et le sage de répondre très sereinement :



«- De l'Amour, mes amis, mes enfants, il ne saurait être question...


- L'Amour est sans questionnement ; bien des choses en ce monde portent à questionnement ; l'Amour non !...

 

- L'Amour n'est pas la question prépondérante ; la question primant sur toutes les autres questions ; il est la réponse à toute interrogation fondamentale, véritable et vitale !...

 

- Il est, vis-à-vis de toute problématique, la résolution claire, lucide, évidente, cohérente et incontestable...

 

- Il est le comment et le pourquoi de tout être et de toute chose, et tout être et toute chose se résolvent en Lui, avec Lui et par Lui...

 

- Parce qu'il manque incommensurablement à ce monde qui trop souvent se refuse à Lui, il est l'évidence de ce monde, il est ce pourquoi et ce comment nous est donnée la Vie  !...

 

- Sa présence ne fait pas de bruit ; car c'est dans le silence qu'il jaillit et pénètre ce qui s'ouvre et s'offre à lui...

 

L'Amour, en tant que tel, ne pose aucune question, n'interpelle, n'interroge jamais...

Par contre la nature du lien, de la relation, du rapport, que vous instaurez ou non avec lui :

OUI ! Ô COMBIEN OUI !...



- Il n'est pas, il n'est plus de questions à se poser à propos de ce qu'il est ou ne serait pas,

il suffit d'incarner, authentiquement, follement et sagement, de corps, de cœur et d'esprit, de pensée et d'acte, la Force, la Lumière et l'Energie qui émanent et rayonnent de Lui dès qu'il anime et actionne un désir et une volonté consciente, dès qu'il œuvre en nous, par nous et avec nous en Poésie ! »...



23/03/2018
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