Les dits du corbeau noir

Un historique du CONTE lecture Bran du Juillet 2015

Le conte populaire français....  Paul Delarue... Extrait

Tome 1er  Maisonneuve et Larose éditeur

 

 

En préambule :

 

Je suis un passeur de mémoire”  Claude Seignolle

 

Que par ma voix se fassent entendre toutes ces voix, se transmettent la mémoire de ces centaines de milliers de paysans qui ont cru en des forces cachées, on perpétué des rites, des gestes, comme des milliers de petits cailloux jetés pour dessiner un chemin...

J’ai emprunté ce chemin en espérant toujours vous y mener avec moi, pour que jamais ne s’en perde la trace...

Le conteur de légendes devient lui-même un petit morceau de légende apportant sa propre pierre à l’édifice...

Ce dont je traite est immortel. Nous avons besoin qu’on nous parle de nos terroirs, de nos racines, de nos mémoires...

C’est ainsi que le passé passera à la postérité à travers les milliers de voix qui m’ont permis de faire entendre la mienne...”

Claude Seignolle

 

D’une civilisation à l’autre, les traditions liées à ce rapport au monde ont traversé les siècles s’adaptant à l’histoire et aux nouveaux modes de vie des humains...

Nos ancêtres furent dépositaires de ces traditions qu’ils fécondèrent à leur manière...

Mêmes teintées de christianisme, la plupart des vieilles croyances résistent et restent encore vivaces au XIXé siècle...”

Marie Charlotte Delmas (Superstitions et Croyances des Pays de France - Edition Du Chêne)

 

 

 

Notes :

Historique :

 

Les Fables…

Les « exempla » (Inde et Chine) : les moines bouddhistes, pour mettre à la portée des plus humbles les doctrines de leur divin maître, ont recours aux contes populaires qu’ils accompagnent d’un commentaire moral...  De même les prédicateurs du Moyen Age….

Les recueils de contes orientaux (venus de l’Inde)…

(Le roman des sept sages de Rome) (XIIè siècle pour le manuscrit)….

 

Les lais de Marie de France (entre 1160 et 1170) mettent en vers des contes de fées bretons…

 

Des chansons de geste, des romans de chevalerie s’inspirent de thèmes populaires...

La forme la plus ancienne de la Belle au bois dormant se trouve dans un roman arthurien (Perceforest XIVé siècle)…

 

Le Roman de Renard emprunte à Esope, mais surtout à une tradition fortement implantée sur notre sol...

 

François Rabelais et la Tradition…  Gargantua et Pantagruel.  Ecrites en 1533, les grandes Chroniques ne font qu’enrichir et enregistrer des traditions orales déjà anciennes...

(La prose rappelle le style oral des conteurs)….

Influence des nouvellistes italiens dans les contes plaisants des XVI et XVIIé siècle…

 

A partir de la Renaissance les lettrés écrivent pour les classes cultivées et s’inspirent de plus en plus de la culture gréco-latine et n’ont que dédain pour les oeuvres populaires...lesquelles continueront de se diffuser dans le “peuple” via les colporteurs et sont imprimées sur du mauvais papier (les livres de la Bibliothèque Bleue) XVIIIé et XIXé siècle…

 

La littérature écrite des livres populaires avec les almanachs, les Bibles de Noël, les cahiers de chansons, les images, touchait une partie du peuple, elle ne pénétrait qu’exceptionnellement dans son répertoire de légendes, de contes de fées, des géants et des saints, de proverbes et de chansons qui se transmettaient de bouche en bouche à travers les générations et constituaient le trésor de sa littérature orale.

 

Cette littérature, qui, pour le peuple, est toute la poésie où il enclot la fleur de ses sentiments et le trésor de ses images, ses émotions, ses désirs, ses rêves et aussi sa gaieté, son esprit satirique, est dédaignée par la classe cultivée (les écrivains d’alors expriment leur mépris pour ces histoires qu’ils appellent dédaigneusement « Des Contes de la Cigogne ou de la Mère l’Oye » assimilant les histoires des vieilles femmes et des nourrices au bruyant caquetage des oiseaux.)

 

Vers 1685 les contes de fées deviennent un genre littéraire qu’on cultive dans la haute société...

 

Ce sont des contes galants imaginés de toutes pièces, mais non issus du milieu populaire.

Le premier conte populaire est introduit par Melle d’Aulnoy (vers 1690)  puis Mlle Lhéritier.

En 1695 le fils de Charles Perrault (Pierre) offre un manuscrit des Contes de ma Mère l’Oye à Mademoiselle soeur du duc d’Orléans (c’est sous sa première forme le célèbre recueil dit “Des Contes de Perrault”).

 

Le succès de ces contes fut considérable (venus tous sauf Riquet à la Houppe de la tradition   populaire.) Ils sont infiniment supérieurs aux fades histoires que les dames cultivées tiraient de leur imagination...)

Le genre fut surtout pratiqué par les dames...

 

Seuls les contes populaires ont survécu et continuent de nous charmer alors que les autres sont tombés dans l’oubli...

 

Toutefois les autres conteurs et conteuses qui suivent sans le même talent MM D’Aulnoy ne recourent que rarement à la tradition orale. Ces livres de contes tomberont aussi dans l’oubli.

Vers 1708, de moins en moins, les conteurs et conteuses ont recours au répertoire populaire.

Cependant seuls les contes qui avaient été tirés de la tradition sans être trop déformés devaient y retourner, comme si le peuple, en eux, eût reconnu son bien et ils seront “colportés”.

(L’influence de l’imprimé sur le courant traditionnel s’accentuera avec les progrès de l’instruction populaire)

Puis ce sera la quête moderne des contes français (année1870) (Luzel pour la Bretagne par exemple)…

 

Entre les deux guerres mondiales, l’étude et les recherches sur le conte sont à peu près suspendues en France. (Par contre ce n’est pas le cas bien au contraire dans les autres pays)

Reprise et état des travaux sur le conte :

Congrès international du Folklore Paris 1937

 

Les spécialistes étrangers attirent l’attention de leur consort français sur la carence de leurs études et recherches sur leur propre patrimoine... Ce sera l’oeuvre en 1946 de la société d’Ethnographie française qui se consacrera à l’étude du conte populaire français (recueillant les contes survivants sur notre sol)…

 

Enquêtes dans les provinces pour le compte du Musée d’Art et des Traditions populaires.

C’est au Canada qu’on retrouve des versions de contes les plus riches et les plus anciennes.

C’est en Irlande que les contes celtiques ont gardé leur caractère le plus pur….

 

Il y a une trentaine d’années les conteurs et conteuses se comptaient en quelques très petites poignées, aujourd’hui ils sont des milliers, les stages de formation se multiplient, des grands festivals se pérennisent… On conte en de nombreux et divers endroits !....

 

C’est là une preuve éclatante qu’une Tradition que l’on disait quasiment disparue pouvait rejaillir et ressurgir pour autant que des hommes et des femmes accueillent en leur cœur et en leur esprit les germes et semences d’une mémoire orale qui invite à faire gerbe et moisson d’un fabuleux héritage dont chaque mot est graine d’enchantement…



09/07/2015
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