Les dits du corbeau noir

TOLKIEN ET LE MONDE CELTE ET ARTHURIEN SUITE 2 BRAN DU 2019 27 10 OCTOBRE

 

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Oeuvre de Christian TUAL

 

 

 

J'ai fait le choix pour accompagner ce long article des gravures de mon "frère" et ami Christian Tual parti pour Tir n'a N'Og cette année, car elle reflètent, elles aussi, une mythologie (celtique très précisément) et la façon dont l'imaginaire de l'illustrateur à su puiser aux sources et racines premières pour déployer un "monde" inondée de pure lumière...

 

 

 

 

 

DOSSIER TOLKIEN (Suite 2)



TOLKIEN est le Monde Celte et Arthurien...



Source principale : L'Anneau Par David Day édition Christian Bourgeois

Extraits et notes Bran du



Comme nous l'avons vu précédemment J R R Tolkien puise ses sources en de nombreuse mythologies et principalement dans la mythologie germano-scandinave et anglo-saxonne, mais la mythologie celtique est loin d'être absente dans son inspiration...

(… Une civilisation Celte plus raffinée (poésie et langue) et plus ancienne.)



Selon David Day grand spécialiste du monde tolkenien, La mythologie Celte a joué un rôle fondamental dans le découpage des formes du monde tolkenien...

En jetant un coup d’œil aux légendes arthuriennes, on peut voir la forte influence des traditions Celtes qui a filtré à travers elles...

Nombre de légendes et de récits celtiques relatent une quête de l'anneau (La damoiselle Luned, Dame de la source, donne à Owain le héros un anneau qui rend invisible... Perceval-longue lance, par en quête d'un anneau d'or et tuera pour cela le Serpent Noir des Tumulus...)

L'influence de l'imagination Celte se porte également en tant que contribution et influence sur la création des Elfes de Tolkien...

Les Elfes de Tolkien reposent en grande partie sur les traditions et conventions des mythes Celtes, ainsi que sur des légendes galloises et irlandaises...

Les Elfes de Tolkien ne sont pas une race de lutins, mais des gens puissants ; pleins de vie très proche des irlandais pré-humains et immortels qui portent le nom de Tuatha De Danann...

Ceux-ci se retirent (sous les tertres ou les lacs d'Irlande : les Sids...) à l'époque où les mortels y arrivent.)

(Après la seconde bataille dite de Mag Tured et les négociations avec Bres, le roi Fomore vaincu, lequel livrera alors les secrets de l'agriculture qui est seul à détenir. Lug, le polytechnicien, ne possède pas cette science.NDR)

 

Tolkien se situe dans la tradition des mythes Celtes. Le thème des voyages maritimes des Elfes vers l'Ouest ( Le Nord-Ouest en fait, les deux orientations étant lors confondues. NDR) en direction des royaumes d'outre-mer où n'existent ni la mort ni le temps... est un bon exemple de l'influence celtique...

(Ce sont les îles d'Eternelle Jeunesse, d'Avalon, la Terre des Femmes, la Plaine des Plaisirs etc..NDR)

 

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Le monde des Sids (ou Sidhes) s'aventure rarement dans le monde humain (sauf certaines Femmes amoureuses d'un Mortel... ou un roi audacieux, un héros parfois pour aller y chercher quelques trésors ou objet fabuleux NDR...)

On trouve toute la tradition des Celtes dans les Elfes de Tolkien... (Cette notion d'abolition du temps propre aux Sids...)

Tolkien conserve l'idée mythologique celtique qui veut qu'un immortel ne peut survivre dans le monde des mortels qu'en y perdant peu à peu de sa puissance. Il lui faudra choisir entre un dépérissement progressif ou rejoindre son propre monde...

(On pense ici fortement à Arwen qui fera, par amour d'un mortel, le premier choix. NDR)...

Tolkien utilise des éléments du mythe Celte pour créer sa race des Elfes, sa contribution originale à ces créatures sorties de son imagination est immense et mérite l'admiration...

Il a emprunté les légendes et mythes sommaire des Sidhes et des Tuatha De Danann pour conférer aux Elfes une civilisation, une histoire, une généalogie de grande envergure...

Il leur a donné des langages et un héritage culturel de grande ampleur, enraciné dans l'histoire mais fleurissant dans son imagination à lui...



(On peut rapprocher le personnage terrifiant de Sauron Œil mauvais, Seigneur des Orques, des Trolls, du roi Fomore : Balor à l'oeil aussi mauvais. Celui-ci sera tué en recevant dans cet œil mauvais une pierre de fronde lancée par Lug.)...



En pays Celte, les légendes font souvent état d'une apparition magique, la Dame Blanche. Dans le monde arthurien, il s'agit de silhouette comme la Dame du Lac , la Fée Morgane. Tolkien nous offre Galadriel, reine des Elfes, dont le nom signifie « Dame de Lumière » et qui parfois est appelée « la Dame Blanche ». L'archétype est varda, reine des étoiles, déesse préférée des Elfes et version valar de Galadriel.

(Viviane la mystique Dame du Lac qui donne à Arthur l'épée nommée « Excalibur » peut se comparer à la Rein des Elfes : Galadriel de Lothlorien...)

Ces personnages nous montrent que Tolkien adopte la convention du lien entre Elfes et Lumière stellaire, constante des Sidhes Celtes...

Tels que Tolkien les dépeint, les Elfes sont généralement perçus par les mortels comme possédant des yeux semblables à des étoiles et des corps où miroite une lumière...

Dans la tradition celte, quand des dames blanches choisissent des mortels pour amants, des obstacles surgissent. Ils prennent, généralement, la forme d'une attirance presque irréalisable.

La comparaison est éclatante entre Tolkien et la légende galloise des faveurs d'Olwein...



On trouve chez Tolkien deux Dames Blanches presque identiques :

Luthien dans le Silmarion et Arwen dans le Seigneur des Anneaux. Ces deux princesses Elfes sont tenues pour les plus belles femmes de leur temps, ayant l'une et l'autre des yeux vrillants de lumière et une peau comme la neige...

Pour obtenir les douces faveurs de ces Dames, le héros doit accomplir des exploits presque irréalisables et c'est là l'exigence de ces êtres de lumière...

Beren, héros mortel doit capturer le Silmaril pour gagner les faveurs de Luthien et pour qu'Aragorn, héros mortel, puisse conquérir Arwen, il est nécessaire de détruire l'Anneau Unique....



Les modèles Celtes ont bien inspiré les Elfes de Tolkien...

Tolkien lui-même à fait observer que son langage d'invention et les noms Elfes des personnes et de lieux étaient « essentiellement » modelés, de façon délibérées, sur les gallois sans y être identique, mais très proche...



A noter que Tolkien puisera également son imagination dans un chef-d’œuvre de la littérature anglo-saxonne du VIIIè siècle intitulé Beowulf...

On y retrouve la légende de l'Anneau (des anneaux d'or), un monstrueux dragon gardien du trésor avec Sigurd pour héros. (Il dira : C'est une de mes sources qui possède le plus de valeur.)

On sait l'extrême importance que revêt le monde anglo-saxon pour Tolkien.... Un monde qu'il veut restituer à ses compatriotes dans toute sa beauté et dans toute sa profondeur NDR)



..............

 

 

 

 

 

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Tolkien et la légende arthurienne :



Dans le Seigneur des Anneaux, de Tolkien, Aragorn et Gandalf sont des héros généralement reliés par l'imagination populaire aux légendes du roi Arthur et de Merlin l'enchanteur...

Il est fréquent que les lecteurs du Seigneur des Anneaux en langue anglaise note le lien indubitable d'Arthur et d'Aragorn, de Merlin et de Gandalf...

Pour David Days ces rapprochements devraient davantage se reporter sur un lien entre Aragorn et Sigurd et entre Gandalf et Odin...

Les archétypes du héros et du magicien sont comparables, c'est clair, dans la sage païenne, la légende médiévale et l'imagination moderne...

Mais selon l'auteur les contextes divergent fortement...

Il est vrai que la morale et la censure chrétienne ont fortement opéré sur le modèle original oral et païen du cycle arthurien...

Bien que le monde de Tolkien soit « païen », pré-religieux, son héros et Arthur ont besoin, autant l'un que l'autre, d'être « réformés », en raison de leur conception absolutiste du bien et du mal...

Aragorn, héros de Tolkien est païen, il se montre néanmoins plus droit, plus moral qu'Arthur roi chrétien du Moyen Âge.... (mais l'auteur n'a pas vraiment puisé sous le vernis chrétien d'Arthur pour retrouver les prototypes de la royauté celtique éminemment païenne NDR)...

Arthur, Sigurd, Aragorn sont tous des orphelins dont le père (un roi) a été tué et dont ils sont l'héritier...

Ils devront par eux mêmes faire valoir leur bravoure et leur courage pour reconquérir leurs biens confisqués et leur héritage usurpé...

Ils présentent tous les trois une identité de caractère... et correspondent à des archétypes, des facettes, des profils bien ancrés dans les légendes et les récits tirés des anciennes mythologies...



Ces trois héros éprouvent de l'amour pour des vierges superbes, mais doivent surmonter, avant de les obtenir, des obstacles apparemment invincibles...



Ainsi pour Arthur et Guenièvre, Sigurd et Brunhilde, Aragorn et Arwen... La tragédie entoure tout cela...



Merlin, Odin ou Gandalf correspondent chacun à l'archétype du magicien...

(Ils ne sont que les vecteurs d'une destinée qui guide les héros)...

Ils se ressemblent dirait-on ; débordants de vie, voyageurs de grande expérience et de vaste savoir, portant de longues barbes blanches. Ils ont tous un bâton de magicien, un chapeau à large bord, et d'amples robes...

Gandalf est plus proche de Merlin que d'Odin par bien des aspects de sa personnalité....

 

A l'origine, Gandalf était un demi-dieu, choisi comme l'un des cinq Istari ou Magiciens, venus vivre en Terre Centrale parmi les mortels...

Cependant, certains pouvoirs que possède Gandalf le rendent plus proche d'Odin le Nordique plus que Merlin le Celte... Notamment l'usage des Runes scandinaves...

Quand ces mentors, ces conseillers de héros, ont accompli leur mission, tous ces magiciens s'en vont...

 

Odin, Merlin, Gandalf ne meurent pas vraiment, ils quittent le royaume des mortels...

Si on regarde les éléments arthuriens du Seigneur des Anneaux, il ne fait aucun doute que la conclusion douce-amère de l’œuvre est modelée, consciemment, sur le récit de la mort d'Arthur...



Cette fin toutefois n'est pas celle d'Aragorn car celui-ci reste dans le monde mortel, et, il y mourra...

La récompense suprême du voyage au pays des immortels est réservée à un autre. Le « roi blessé» qui fait voile sur le bateau de Galadriel, reine des Elfes, fendant la mer d'occident, au-delà des tours elfes d'Avallone, n'est pas Aragorn : c'est Frodon le Hobbit, porteur de l'Anneau, est considéré à juste titre comme le véritable héros du Seigneur des Anneaux...



Gollum, à la fin du récit, arrache de ses dents un doigt à Frodon pour s'emparer de l'anneau... Et de ce fait lui inocule un poison incurable...

Comme Arthur, le Hobbit meurtri sera enlevé pour connaître une guérison surnaturelle. Ce n'est pas Aragorn, le roi, mais Frodon, Héros du cœur qui est choisi pour faire voile vers la terre d'immortalité...



......

 

 

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Retour sur l'Anneau :



Dans le Seigneur des Anneaux et la Saga Völsunga on signifie que les possesseurs des Anneaux ont été détruits par leur propre désir de richesse et de puissance en ce monde...

Par exemple, chez Tolkien, les spectres de l'Anneau ont acquis leur Anneau de Pouvoir pour se rendre riches et puissants, en échange de leur âme, et néanmoins, dans l'étape ultime, la maîtrise du monde que l'Anneau procure n'est qu'illusion ? Finalement, en effet, l'Anneau rend esclave celui qui le possède, et on retrouve la veille question d'ordre moral :

« A quoi sert à l'homme de gagner le monde s'il vient à perdre son âme ? »

Qui a perdu son âme ne peut rien posséder...

Il faut satisfaire les deux nécessités : celle de l'esprit et celle du corps...



L'anneau de fer formé par les chevaliers de la Table Ronde durera tant que les serments prononcés et l'alliance royale ne seront pas rompus...

L'anneau de fer ou d'or reste intact tant que le serment demeure... Mais, les faux serments ne demeurent pas impunis....

La destruction de la Table Ronde viendra d'une rupture de serment au plus haut niveau de la régence de celle-ci du fait de « l'adultère » consommé de Guenièvre et de Lancelot...

Une lignée fondée sur un mensonge ne peut pas durer... (Mordred tuera son père (Arthur) et sera tué par celui-ci! NDR)



Dans le Seigneur des Anneaux, l'Anneau Unique est intrinsèquement maléfique. Expert en tromperie, Sauron est venu chez les elfes-forgerons d'Eregion, porteur d'un monde de fausses promesses relatives à la création d'anneaux de qualité, enchanteurs.

Sauron a su duper les Elfes qui l'ont inconsciemment aidé à forger les anneaux de pouvoir. Il se rendra après à sa propre forge sur la Montagne du destin et forgera l'Anneau Unique à l'aide duquel il cherchera à enchaîner le monde, à le mettre en esclavage....



La fin du récit nous enseigne que se sont les qualités humaines du Hobbit qui correspondent à l'idéal requis pour vaincre les épreuves et obstacles de la quête de l'Anneau... Sagesse profonde, compassion, humanité, qui meublent le cœur du Hobbit, réussissent là où échouait la force héroïque...

 

 

 

 

 

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Notes Bran du octobre 2019



Diverses réflexions inspirées par l’œuvre de J R R Tolkien



Pouvoir et puissance :



Le seul pouvoir qui puisse me semble-t-il valoir et pour lequel nous avons à œuvrer avec effort persévérance, vaillance et audace est celui « d'être » et de « faire » et ce, en pleine et totale adéquation avec nos plus légitimes aspirations qui soient ; ce « faire » se devrait d'ailleurs d'être éminemment de nature « poétique » et donc « créatrice »...et actionné par un esprit, une essence, un anima relevant d'une spiritualité et d'une philosophie inspirée par une dimension « sacrée » de la Vie...

Le pouvoir d'Etre en plénitude d'être et d’œuvrer en résonance, affinité, résonance, concordance avec lui me semble l'un des buts majeurs de l''existence passagère qui est la nôtre, accompagné en cela par une conscience avisée, avivée, lucide, instruite, inspirée et éclairée...



La perversion (puis le drame et la destruction) résulte dans tous ces récits d'une quête farouche de la puissance et du pouvoir que s'octroient ou cherchent à s'octroyer par tous les pires moyens certains afin de posséder, de s'approprier, de dominer le « vivant » sous toutes ses formes...

Cette terrible volonté est guidée et instruite par un désir qui ne peut être que de nature matérielle et corporelle et qui ne saurait en aucun cas « s'éterniser », mais qui, inexorablement, finira dans la « poussière » avec son détenteur....



Âme et Esprit :



En dehors du corps et de tout ce qui le constitue ; un corps livré à lui même et à son inexorable échéance, seule une spiritualisation de celui-ci autorise un dépassement, une transmutation et une transcendance de la condition terrestre humaine... Cela pose donc la question du rapport, de la relation, instaurée ou non entre Esprit et Matière et des résultantes qui en découlent positivement ou négativement....



Les principaux héros de Tolkien ont-ils ou non une « Âme », sont-ils, oui non, animés, induits, instruits, guidés, soutenus, accompagnés, éclairés par un principe spirituel, une essence spirituelle, condensés, synthétisés, dans une « âme » immatérielle, elle ?....

Y-a-t'il, au jour d'aujourd'hui, une potentialité en chacun d 'héberger une Âme et celle-ci n'est-elle pas partie, fragment et parcellaire d'une « Âme du Monde » ou de « l'Univers » ? 

A chacun, à chacune se déterminer ou non par rapport à cela...

 

 

 

 

 

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Serment et engagement :



Quelle place donner au « serment » dans une société où le sacré a été en grande partie relégué au musée, où les rites de passage n'existent plus ni celle de véritables initiations, où la noblesse ou la dignité du corps, du cœur et de la pensée ne s'estime plus ou alors très épisodiquement et sporadiquement, où les valeurs fondatrices d'humanité et de cohérence sont bafouées et inversées ?

(Le mariage comporte encore une phase cérémonielle de serment, mais avec plus de 50 % de divorces en une moyenne de 7 ans de vie commune, on peut vraiment se demander quelle valeur réelle accorder à cela et à quoi sert un engagement de fidélité mutuelle censé ne s'interrompre qu'avec la mort ?)...

(Le fameux serment d’Hippocrate qui engage les médecins est lui aussi fortement battu en brèche ! Etc)



La trame des récits de Tolkien repose sur nombre d'engagements et de serments qui contraignent les héros à une éthique de comportement et de pensée qu'ils ne sont pas censés dévoyer sans risque majeur pour eux-mêmes et leur communauté...



De nos jours la sympathie pour une cause et un mouvement existe mais elle ne saurait en aucun cas remplacer et se substituer à un engament pour cela...

Hors l'engagement est une action qui tend à décliner de plus en plus du fait d'attitudes de plus en plus « personnelles » et plus ou moins fortement égotiques... Là aussi la peur, le doute, l'ignorance et l'individualisme parfois exacerbé jouent un rôle majeur dans les réticences observées à s'engager...



Une plus que pertinente question :



N'existe-t-il pas en notre monde aussi un Anneau Unique dont les radiations malfaisantes atteignent le cœur et la pensée de chacun et de chacun tentés eux-aussi par une soif et une faim de possession, de pouvoir, de puissance, de domination et d'appropriation et ce, au détriment de tout le « Vivant »  ?...

Ne s'adresse-t-il pas de façon plus impactante encore à ceux et celles qui, sous une forme ou une autre, possèdent ou sont détenteurs d'un pouvoir  qu'ils se sont arrogés ou qui leur a été délégué ?

Toutes les querelles nombreuse, tous les conflits sanglants ou non de notre planète ne sont-ils pas en fait tous inféodés à un pouvoir suprême sans que les belligérants ne s'en rendent compte eux-mêmes ?

 

 

 

 

 

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Une interpellation (troublante) à propos des Elfes de Tolkien :



Ceux-ci passent pour des créatures immortelles, des êtres de lumière parmi les plus éclairés donc... Ils cumulent toutes les qualités et possèdent de nombreux « pouvoirs » qu'ils utilisent généralement pour la bienfaisance et la bienveillance des êtres, des choses et des univers multiples et variés....

(Ce qui ne les empêche pas d'être confrontés à des conflits comme les humains...)

Comment de tels êtres extraordinairement éclairés ont-il pu être « trompé » par le sombre et machiavélique Sauron ?... Où sont les failles et faiblesses ? Portés vers la confiance, il n'en sont pas moins comme tout « humain » abusés ! ?...

D'où peut provenir un tel manque de discernement ?

D'éléments contagieux en provenance du monde humain ?


Pas plus qu'Arthur ou Frodon, le mythe ne saurait mourir car il demeure éternel... Ce sont les hommes qui l'ont oublié et qui de ce fait n'ont plus que l'aveuglement ou l'éblouissement de leurs fantasmes et illusions pour modèles !...



Plusieurs points sont soulevés par cette lecture et méritent l'attention, l'étude et la réflexion...



L'importance d'une « conscientisation » sans laquelle il ne saurait être de véritable entendement...

La permanence et la pertinence des mythes et des archétypes...



Pour le spécialiste de Tolkien qu'est David Day, l’œuvre de Tolkien : « ...Est un cri universel adressé aux êtres de tous les temps. »...

IL met en avant : « l'amour de la sagesse antique de l'âme humaine. »...



Ce cri qui résonne contre la poitrine oppressée de l'humanité alerte à sa façon le cœur qui y est enclot sur la crise moderne et morale qui l'agite et le perturbe grandement... Il met en lumière les obscurités qui s'infiltrent et répandent de plus en plus et sournoisement leurs ténèbres...



La question fondamentale étant d'identifier cette « force colossale » qui aimante maléfiquement et depuis toujours le cœur humain et qui l'attire vers les phares et les miroirs de la domination, de la possession et finalement de l'esclavage, de la soumission et de l'asservissement...

C'est là une gangrène de l'esprit et l’hydre qui ne cesse de remplacer ses tentacules dès qu'on l'ampute de l'une de celles-ci !...

Tolkien ne cesse de dénoncer dans son œuvre un pouvoir qui n'est exercé que dans un but de domination...

Certes, détruire ce qui détruit, est la solution première, immédiate, nécessaire, indispensable, sans aucun doute, mais, est-ce « suffisant » pour éradiquer définitivement ces herbes conquérantes qui étouffent toute vie et qui repoussent sans cesse dans les jardins et vergers de notre cœur  et dans les plus douces contrées de notre planète-terre ?...

Où se trouve la racine-mère de cela ? Quel terre labourée d'amour peut-elle s'opposer fermement et efficacement à de tels sournois ensemencements ?

Nous savons-tous, par savoir ou expérience, qu'en l'homme réside autant le pire que le meilleur et que la haine n'est peut-être que de l'amour qui n'a su ou pu trouver son accomplissement !...



Ce n'est pas la « force » qui détruit l'anneau maléfique de Sauron, mais, paradoxalement, la compassion (voire la pitié) qu'un modeste humain lui oppose en continuant d'accorder une confiance « aveugle » à une sorte de capacité de « rédemption» d'un individu voué au malveillant. (Et cela est toujours une cause de bouleversement de nos sens et de nos affects que cette « rédemption » ou retournement total d'appréciation de « valeurs ».)... Oui, en effet, un être pétri de malveillance peut en effet « changer » ! ?

Difficile à croire n'est-ce pas ?.... Et pourtant !.... l'exception existe !...

 

 

 

 

 

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L’écartèlement perpétuel auquel est soumis Gollum le meurtrier, torturé par lui-même et distendu entre des élans quasi « généreux » et le retour à des pensées meurtrières, illustrent bien ce redoutable combat intérieur... Posséder sera plus fort qu'offrir !...Et la mort ici s'en suivra !...

Mais « posséder », n'est-il pas une façon plus ou moins insidieuse de « mourir » soi-même et de porter ainsi atteinte à la vie ?...



J'ai posé précédemment la question de l'âme...

Pour l'auteur de l'ouvrage portant sur l’œuvre de Tolkien, une âme individuelle et parfois communautaire est présente et manifeste. (Au sein même des personnages et de la communauté de l'Anneau par exemple.)

Elle y est plus ou moins exaltée, délaissée ou maltraitée...

L'âme est attestée chez les Hobbits ; des êtres « simples et purs » lesquels seront finalement victorieux des forces colossales qui tentent de les asservir ou de les détruire !...

Elle est, cette âme, encore plus manifeste dans la blancheur éclatante et la toute lumière des Elfes, et, de même, chez le magicien « blanc » que devient Gandalf...



Celtiquement : dans quel chaudron voulons-nous plonger notre corps, notre cœur, nos actes et nos pensées et, en résumé et synthèse, notre « âme » afin qu'elle renaisse, et nous avec elle, avec des plans et niveaux de conscience supérieurs en tous points aux précédents, avec une nouvelle vision et compréhension du monde, des mondes, de nous-mêmes et de toute la création ?...



Celtiquement, le Chaudron, qu'il soit du Dagda ou de Cerridwen, est un chaudron de connaissance, d'initiations, un condensé de sagesse et donc un vecteur performant d'équilibre et d'harmonie, de justes discernements et de claires compréhensions et cohérences...

C'est aussi le Bassin, la Source matricielle où recevoir tous les meilleurs soins pour le corps et pour l'esprit...



Bien que de religion catholique (assez ferme parfois) soyons redevable à Tolkien d'avoir placé ses récits dans le cadre d'un paganisme antérieur à toute religion « révélée »... Le « léger » glissement « chrétien » apparaît cependant dans la notion farouchement et fermement antinomique de Bien et de Mal qui ne se retrouve pas dans le monde païen conçue et exprimée sous cette forme la plupart du temps...



Ce que nous enseigne l’œuvre ; c'est qu'il est plus que temps de reconsidérer du tout au tout nos façons de penser, de concevoir et d'acter sans recycler pour autant les idées, les concepts et les langages qui ont généré les imbrications hyper complexes qui ont donné naissance à nos difficultés majeures....



Qu'attendons nous, individuellement et communautairement, pour inventer, imaginer, concevoir un monde « autre », plus conforme aux plus profondes, aux plus « justes » et aux plus légitimes de nos aspirations ; des aspirations qui peuvent-être les plus partagées et les plus universellement « conjuguées » qu'il soit possible de mettre en œuvre ?...



Pour ce qui est de la duperie et de la tromperie soit un exercice habilement et savamment pratiqué dans l'exercice courant de tout pouvoir... Si nous sommes abusés n'est-ce pas que nous avons en nous-mêmes des éléments propices à l'être ?...

Si je suis « vibratoirement » accordé de corps, de cœur et d'esprit, comment puis-je ne pas reconnaître ce qui entrant en relation avec moi-même est discordant, dissonant, désaccordé ?...

 

 

 

 

 

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Un rétablissement, une restitution, des facultés féminines et de leurs apanages traditionnels (par le Féminin lui-même) ainsi que l'instauration ou la restauration des relations basées sur l'entente réciproque d'une complémentarité de dons et d'offrandes, d'accompagnements et de soutiens, au sein des polarités enfin conciliées et réconciliées, seraient grandement de nature à co-participer à ce « changement de paradigme sociétal ».

Lequel ne saurait se passer et faire en aucun cas l'économie de ce nouvel entendement...



L’œuvre de Tolkien n'offre pas au Féminin une place mineure, secondaire ou subalterne. Bien au contraire... Sans ce Féminin et la splendeur de son aura, le récit et les personnages de celui-ci n'aurait pas atteint une telle dimension... Le danger et le péril viennent, proviennent essentiellement du « Masculin », quand il est livré à lui-même et que le Féminin ne peut exercer toute sa « médiation » et « régulation », tout son secours et toute sa généreuse et dévouée sauvegarde...



Tolkien insiste lui-même sur la nécessite impérative de rester, de demeurer, comme les Hobbits, en contact sensible et intelligent avec la Nature et de respecter grandement celle-ci...

Il nous met en garde contre l'avidité sous toutes ses formes... et des limites à ne pas dépasser en terme « d'enrichissement matériel » (un fossoyeur de l'esprit!)...

Il invite l'homme au « dépassement » de ses limites et à déployer toutes ses ailes...



Nous ne sommes pas en ses récits dans un champ exclusivement profane, mais bien plongé au cœur , au sein d'un domaine spirituel...



La « bombe » a été conçue pour devenir la peur suprême de toute l'humanité afin de neutraliser toutes les autres peurs antagonistes voulant y porter gravement atteinte... (Bien qu'un acte de pure folie n'est jamais à exclure !)...

Nous avons su scientifiquement élaborer la peur suprême, cette menace planétaire par excellence...

A une peur nous avons opposé une autre peur bien plus grande encore et pouvant s'opposer et circonscrire ou contenir toutes les autres...

Mais est-ce pour autant une sûreté ou une sécurité absolue que de gérer la peur par la peur ?...

N'existe-t-il pas d'autres moyens à lui opposer ?

Nous disposons cependant de moyens, d'outils, de méthodes pour aider un individu à se libérer de ses « peurs » et nous y arrivons avec son aide et sa propre volonté, alors ? !...

Si cela est possible au niveau d'un individu et également au sein de fortes communautés d'appartenance ayant la volonté ferme de résister à toute oppression et se libérant ensemble de celle-ci au prix d'un courage fabuleux et de sacrifices parfois très conséquents...

Pourquoi cela ne serait-il pas possible d'opposer désir et volonté à toute peur sous quelque forme qu'elle soit ?... Vaste et déterminante réflexion n'est-il pas ?...



Ce Dossier Tolkien m'aura permis bien des investigations et réflexions que je partage avec vous...



Merci à Lui...

 

 

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27/10/2019
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