Les dits du corbeau noir

TERRE ET MERE / DEESSES-MERES... REFLEXION BRAN DU 2016 14 06 JUIN

 

 

 

DEESSE et MERE....  TERRE ET MERE

Réflexion Bran du              12 Juin 2016

 

« La Mère est une femme qui met au monde des enfants ou encore qui agit avec un esprit maternel...

La déesse est une divinité féminine. »...

C'est en résumé essentiel, mais aussi assez « réducteur », ce que nous dit le dictionnaire...

 

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« Reine, fées ou déesse des récits traditionnels sont généralement des Mères dont les généalogies rappellent la descendance...

Rhiannon a toutes les caractéristiques d'une Déesse-mère et c'est la Reine par excellence, mais non limitée à la fonction reproductrice...

La prudence s'impose : il n'y aurait pas de Grande Déesse indifférenciée multifonctionnelle....

La notion de Déesses-Mères dont on a fort abusé dans les études celtiques recouvre des réalités très diverses... »

Philippe Jouet Dictionnaire de la religion et de la mythologie celtique

 

« Dieux et Déesses ne font qu'un, mais chacun avec sa spécificité...

Ils régissent les plans supérieurs et inférieurs des énergies exprimés par les phénomènes naturels...

Le Grand Dieu est semblable à la Grande Déesse et inversement...

Le couple de divinités associées représente les deux faces de la même force-énergie...

La même Déesse-Mère est associée à plusieurs Dieux de lumière... »

Arzh Bro Naoned          Le Panthéon Gaulois

 

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La notion de Déesse-Mère associe donc le féminin au divin, à l'enfantement et à des attitudes maternelles... mais pas seulement ni exclusivement...

 

Sous la forme symbolique, analogique voire allégorique, la Terre est considérée par certaines Traditions comme étant une « véritable Mère » qui prodigue à un peuple les mêmes soins et attentions qui président à la qualité de Mère...

 

La Terre considérée comme Mère a fait l'objet (et fait l'objet encore de nos jours), de cérémonies, de cultes, de rituels, individuels ou collectifs, qui lui rendent hommage et expriment la gratitude humaine envers Elle, envers ses bienfaits et sa bienveillance...


Le rapport ainsi instauré fait d'un individu ou d'une communauté humaine un « fils » ou des « fils » de la Terre avec ce que cela induit de reconnaissance et d'amour filial...

 

Si cette conception était partagée par une majorité d'humain se comportant comme un enfant aimant vis-à-vis de sa mère aimante, notre planète et toute la création qu'elle porte sur son sein ne seraient pas dans l'état où, hélas, elles se trouvent !....

 

Cette Terre considérée comme Mère étend universellement son « amour » à tout le vivant qui naît en son sein et y retourne pour partie lorsque la matière corporelle est séparée de son Essence, de son Anima et qu'une Âme (Fruit d'une maturation existentielle, d'une transcendance spirituelle et d'une libération charnelle, retourne vers la Source de Lumière.)...

 

Chairs ou cendres retournent toutes deux en cet « humus » à partir duquel le nom de l'homme à été modelé et a prit forme participant lors du cycle des morts et des renaissances sous un état ou un autre...

 

(Rien lors n'étant alors perdu de cette existence réalisée puisque « transformée » de « Matière en Essence » et étant recyclée, en quelque sorte, en « terreau du devenir » !...)

 

Ceci donnant et faisant sens à la dite existence puisque appelée, après les phases alchimiques d'évolution des plans et niveaux de conscience opérées, à rejoindre l'Essence de tout être et de toute chose et à s'y conjoindre...

 

La « boucle étant bouclée », (une spirale de vie s'étant superposée aux autres et les ayant épousés), le Cercle, (à la fois parfait et sans cesse perfectible) dit de la Création ou de l'Evolution, s'élargit en densité et intensité au sein de son immensité...

 

Considérée la Terre comme une Mère et qui plus est « divine » et « sacrée » , c'est reconsidérer totalement (en hauteur comme en profondeur) notre rapport à la fois à nous-mêmes, à l'autre, aux autres et à tout le créé passé, présent et à venir... et mettre en œuvre, sincère et authentique, généreuse et altruiste, lucide et cohérente, libre, volontaire et responsable, des sentiments et des actes (associés et en adéquation) avec ce qu'un fils ou une fille « aimante » sont en mesure et en joie d'offrir en retour à la Source d'Amour et ce qu'elle prodigue généreusement à tout le « Vivant ».......

 

Toutefois et cependant, cette « reconnaissance » n'est pas exempte de la connaissance du fait que si la Terre offre, donne, pourvoie, dispense, elle est aussi amenée à « reprendre » ; à remettre dans la corbeille de ses dons, les fruits mûris et les semences délivrées à ce terme afin d'assurer de futures emblaves et de nouvelles moissons...

 

La vie nourrit la mort et inversement et cela est compréhensif et acceptable au-delà des deuils légitimes et naturels que nous avons à connaître et à vivre quand nous y sommes confrontés affectivement...

 

Quand nous avons entendement de ces processus et mécanismes qui, de cycle en cycle, font avancer et progresser la Loi dite d'Evolution en enrichissant Celle-ci de chaque « expérience humaine réalisée », on ne peut plus avoir la même conception de la mort et de ce fait des peurs, angoisses et craintes qu'elle peut suggérer et instruire si nous n'avons pas capacité et claire vision pour la « transcender » et la voir ou percevoir comme un stade ultime d'une Initiation enfin achevée...

 

Libérer de la perception angoissante d'une échéance humaine redoutée, nous sommes alors pleinement disponible pour la Vie et pour co-animer joyeusement et lucidement Celle-ci !...

 

Bien des Traditions honorent à leur façon cette Mère et instaurent des relations aimantes avec celle-ci...
Il y a là d'ailleurs une dimension extraordinairement « universelle » et une somme importante de convergences de conceptions qui autorisent, qui autoriseraient, des rapprochements humains en terme de culture, de sagesse, de spiritualité, dont nous avons grand besoin pour oeuvrer, planétairement, à un changement de paradigme sociétal salvateur....

 

C'est là un vecteur et facteur d'unification pacifique, sereine, constructive et objective, des coeurs et des esprits au sein de société qui se déchirent à coup d'intolérance, d'opposition stérile, d'exclusion arbitraire, de cruauté diverse et variée....

 

C'est aussi là, en assise et en fondement, un gisement potentiel fabuleux pour nourrir une nouvelle espérance et la faire croître en conscience et cohérence, en désir et volonté comme « Une »...

 

Il y a de nos jours bien peu d'éléments humains qui favorisent des convergences axées sur la recherche équilibrée et harmonisée d'un accord durable, sensible et intelligent, entre tout ce qui constitue la Vie et les Acteurs, Oeuvriers, Artistes et Artisans authentiques de Celle-ci...

 

C'est en cela et vers cela que peut grandement concourir le recours aux sagesses traditionnelles, aux enseignements ancestraux, actualisés et adaptés à une mentalité contemporaine qui s'est fourvoyée dans l'orgueil et la possession... (Soit un précieux, un trop méconnu et délaissé, héritage plus que millénaire permettant de retrouver une Etoile altruiste, compassionnelle, solidaire, plus digne de guider une humanité en errance et perdition que l'aveuglement et l'éblouissement diffusés par les néons d'une civilisation à bout de souffle et de rêve, à bout de joie et d'espérance !)...

 

Lors de nos rituels la Mère est éminemment « présente » et nos cérémonies se font en reposant aimablement et très respectueusement, sur sa « poitrine », sur son sein...

 

Nous l'invoquons ; nous invoquons ses bienfaits, sa protection, ses enseignements et sa capacité à nous inspirer, à nous guider, à nous accompagner de ses sages et efficients conseils...
Nous lui demandons avec ferveur, avec amour, de bien vouloir nous aider à faire de nos cœurs, de nos corps, de nos pensées, des dispensateurs de bons soins, des forgerons de l'âme, des porteurs d'une parole faite de feux et d'eaux...

 

Nous lui donnons certains noms, certaines dénominations, (car ne peut être au monde que ce qui est « nommé ») et lui conférons des attributions, des compétences, des capacités, des valeurs, des fonctions, tout ceci réduit certes à notre langage humain et à notre condition existentielle, mais qui symboliquement et alchimiquement, opèrent en tant que Forces, Energies et Lumières à l'Oeuvre dans le Creuset, dans le Chaudron de l'Univers tout comme au sein de notre propre Chaudron ou Creuset individuel ou collégial...

 

La relation, le rapport, la connexion, la conjonction, que l'on effectue ainsi se réalise en connaissance et en amour et sur la base du don et de l'offrande rendus « sacrés puisque relevant d'un « sacrifice » que l' on a pris soin de mettre à l'abri de toute profanation et impureté...

 

« Sacraliser » nos pensées et nos actes, faire acte de « sacrifice », relativise profondément nos rapports et nos relations sur tous les plans et à tous les niveaux d'entendement et de convergence (avec en base et en axe la recherche et la mise en place des équilibres et des harmonies qui y prédisposent.)...

 

Cela devrait être l'un des « actes humains par excellence » conjointement avec celui de mettre au monde, d'offrir au monde, la part de création, d'enfantement, spécifique, singulier et unique, qui nous incombe (si la conscience de cela nous accompagne, nous inspire et nous guide.)...

 

Terre et Mère, Mère et Terre... Indissolublement, indéfectiblement, liées et reliées, afin que « L'Etre Soit » pour que l'homme et la femme, (le couple qu'ils forment parfois et déforment souvent), accèdent enfin aux plans évolutifs et créatifs, spécifiques et complémentaires) pour lesquels ils ont été originellement conçus...

 

Le Monde Celte, comme bien d'autres sociétés humaines traditionnelles, mais avec peut-être davantage d'importance accordée au féminin (ceci par rapport à d'autres civilisations de cette même époque et proches des territoires celtiques) a octroyé, a reconnu, à cette polarité féminine, sa « juste, souveraine et légitime place » au sein des communautés d'appartenance...

 

Le panthéon celtique, très « masculin » au demeurant, n'existe que par rapport à une matrice féminine qui a donné à chaque « Dieu » une existence et des fils ou des filles, héritiers ou héritières des caractères « divins »...

 

Pour les irlandais, gallois, gaulois, la Déesse personnifie une terre, un royaume, une étendue, une région, un pays, un lieu « élu » qui reçoit assez souvent le nom de Celle-ci....

 

Si la Mère « enfante », met au monde, elle fait également croître... Elle dispense des bienfaits, enseigne, transmet, initie, inspire, guide, éveille, accompagne, veille sur le Chaudron et les feux et eaux qui font « bouillir » Celui-ci.... (Le « Chaudron » étant sa propre Matrice ; la Matrice de l'Univers visible et invisible.)...

 

C'est pour remercier sa Mère nourricière (Tailtiu) que Lug instaure une fête début août en l'honneur de Celle-ci afin de respecter sa « mémoire » (Elle a souhaité que son « sacrifice » ne «tombe pas dans l'oubli ».)...

Elle s'est, en effet, épuisée à la tâche, pour permettre aux enfants d'Irlande de trouver la nourriture nécessaire à leur croissance...

 

C'est cette même « gratitude » que nous exprimons lors de ce rituel estival qui est aussi un « devoir de mémoire » envers Celle qui a tout donné...

 

Si tous les hommes et toutes les femmes du monde pouvaient, ensemble, ritualiser en ce sens et en cette Essence, le « monde », (sa beauté et sa splendeur créées et à naître) pourrait être sauvé !...

 

Pour certains chercheurs, spécialisés dans ce domaine d'étude, il n'y aurait pas réellement de Déesse pouvant revendiquer à juste titre le terme de « Déesse-Mère » (selon les acceptations du terme lui-même, selon les attributs, fonctions inhérentes...)

Pour d'autres certaines divinités féminines répondent pleinement à cette dénomination...(Exemple Rhiannon dans le domaine celtique.)...

 

 

Nous ne rentrerons pas dans les divergences d'interprétations et de conceptions universitaires, mais retiendrons les « liens » de compréhension des Forces-Energies et Lumières (encore appelées Dieux et déesses) émanées d'un Principe Créateur et d'une Essence matricielle fécondée par l'Esprit même de la Création et à l'origine de tout l'Univers Créé et encore à naître...

 

C'est ce rapport entre les facultés humaines d'entendement, de perception, de conceptualisation qui nous importe et la façon dont les Anciens et Anciennes du Monde Celte ont instauré, conçu, représenté, symbolisé, entretenu, développé, enrichi et fait évolué cette relation...

 

Ce sont ces mêmes motivations qui nous animent « ici et maintenant » au sein de nos cheminements traditionnels individuels et communautaires et dans le cadre des rituels que nous mettons en place, en cercle, en verticalité, afin de poursuivre et d'enrichir nous aussi des entendements majeurs et harmonisés entre le Ciel et la Terre, la Terre et le Ciel et ce, dans l'espérance du retour de l'Equilibre qui nous fait tant défaut...

 

Nous appartenons (nous avons lien de corps, de cœur, de sang, de pensée, d'esprit...) non seulement « filialement » à la Terre, que nous considérons comme une Mère, mais à tout le macrocosme universel visible et invisible et à toutes les Forces-Energies et Lumières qui y circulent et qui tissent, continuent de tisser, la Trame sur laquelle s'entrecroisent les multiples fils de « Haute-Lice » afin de mettre en œuvre le devenir de tout le Créé....



14/06/2016
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