Les dits du corbeau noir

Survol géopoétique de quelques contrées celtiques

Survol « géopoétique » de quelques contrées celtiques  Bran du  15 11 2012
(Ecosse, Bretagne, Irlande…)

« Cavalier passe outre »   
Disait W B Yeat au seuil de sa tombe, en margelle d’espérance…
Loutre je suis,
En méandres de vie
Aux rivages de mort… Aussi !

                    Seule une pensée nue
                    Découvre un paysage…

Le silence des pierres ?
Le silence des pierres !
Alors que chaque cœur à son tambour !…

Le silence, pour ne pas faire de rides sur le lac
Pour ne pas troubler la transparence
Pour la courbe du roseau
Pour le bleu et le vert des demoiselles
Pour une paire d’aile empruntée à l’espace
Pour spasme de soleil
Pour une coulée d’aurore
Pour un reflet de ce qui est en dessous
Pour cela qui flotte en compagnie du ciel

Pour cela qui donne à réfléchir
Quand les pensées s’y noient…

Les montagnes ?
Pour lever les yeux plus haut qu’à l’ordinaire
Pour se hisser sur la pointe de terre et cheminer aux cieux…
Et pour la neige de tes doigts sur l’amoncelé de joie du cri qui prend hauteur…

Cercles, sont les pierres dans l’alliance des mémoires
Au rendez-vous des noces toujours concélébrées…

Assise et fondement..;
Quand il y a une juste place pour l’homme entre le temps et l’espace…

Dominer l’espace, surplomber l’étendue,
C’est oublier combien le ciel nous englobe…

Aussi loin que porte la vue voir en son cœur est de plus d’importance… Denses y sont les nues !…

Tout s’arrête au rivage
Cela qui s’en retire un autre flux le prolonge…
Heureux celui qui longe
L’estran après ses mues…

Un poème sans écume n’est pas digne du rythme de la mer…

Un bosquet d’arbres au pied de la colline…
Pas une branche au-dessus de l’autre… Pas un mot au-dessus de l’autre… Pas un…

Si les chemins serpentent pour mener à un sommet, c’est que la ligne droite pour cela est sans effet…
Marcher nous enseigne cela : faire sinuer nos pas et nos pensées…

On ne peut savoir de l’arc-en-ciel s’il jaillit de la mer ou s’il plonge dans l’océan…
Ainsi nos poèmes, nos pensées…

Ici la ferveur est sans dieux - nul adorateur -
Mais la prière de partout effleure, de partout se veut… Y compris dans les fleurs !…

Pierre sur pierre,
Pas à pas,
Mot à mot,
Note sur note,
Sur la route des nuages…

Seul un galet peut témoigner - rondeur à l’appui -
Du roulement des siècles…

Quand le rouge gorge s’installe sur le rebord de ta fenêtre, vivre peut commencer !…

Quand la terre se jette dans la mer,
Ce qui s’accroche aux pentes des falaises survit dans la frange des mondes…
Les oiseaux y nichent, crient dans le sel des embruns, dans les odeurs d’ajonc, dans le mauve, le rose et le blanc des bruyères…

Si le lac dit bien plus du ciel que le ciel n’évoque du lac… Se taire ici réconcilie…

Cela une pierre ? !
Non ! C’est une carcasse de baleine tombée du ciel !

Une cascade ; c’est le pur épanchement de la joie, son déversement fougueux, son saut dans le vide, sa chute vertigineuse… Ce sont nos mains fiévreuses, moites de perles de rosée ; nos mains élancées vers cet abîme en soi, nos libres paumes jouteuses qui rebondissent l’une sur l’autre jusqu’au lac accueillant ou s’apaisent nos ondes…

La mort traque le cerf dans les forêts de décembre… Elle suit les empreintes de la vie qui cherche l’herbe du jour et c’est par pur amour que la neige s’emploi à effacer les traces…

Le ciel parfois recouvre les toitures, tient lieu de toit, pour ces forteresses que le temps, les éléments, ont mit à bas ou bien l’irréparable outrage que les hommes se font à eux-mêmes…et à la « Loi »…

Bien des ruines en l’homme sont plus grandes, plus dévastées, que celles que hantent les corneilles, et les choucas…

Autant de champs, autant de labeur
Autant de sillons, autant de sueur..;
Le rêve à ses talus,
Les songes leurs murets
La vie est sans limite, et sans clôture le poème…

Lors, se tenir au sommet d’une colline
Sur l’arrondi d’un sein qu’épousent les saisons
Simplement debout dans sa chair ferme
Sur le tapis des herbes…
Etre l’arbre songeur, de partout visité..
Et pleinement ouvert
Ramifié à l’immense
Ancré en son cœur…
Savoir la sève dans l’aubier monter toujours vers plus de ciel…

La nuit la plus noire cache en son lit une rivière aux pépites stellaires que le tamis des vents retient en ses paumes célestes…

Une lumière n’est jamais aussi vive qu’enceinte de ténèbres…
L’obscurité en ses profondeurs exhale la lumière, exalte la radiance…La vie devient lueur…

L’herbe bruisse un silence d’avant parole…
La vallée fume son tabac humide ; l’offrande faite à la terre par un ciel amoureux…
L’ombre ne dit pas tout des formes qu’elle dessine…

Un grillon chantera ce soir à la fenêtre du monde…



15/11/2012
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