Les dits du corbeau noir

SUITE DE REFLEXIONS L'AME, LA CONNAISSANCE, L'ENSEIGNEMENT SELON LA SAGESSE DRUIDIQUE BRAN DU 2016 15 03 MARS

Réflexions : Bran du Mars 2016

 

Sources : les Druides Françoise Le Roux et CH J Guyonvarc'h Edition Ouest-France

 

 

 

« La raison pour laquelle on le nomme bouche de miel est que les mots de science qui viennent de lui sont aussi doux que le miel. »

 

Ceci à propos du druide Carbadh lequel est « la base du savoir »...

 

 

 

 

Quelles sont les sages de Celtie, leur ouvrage, leur fonction  ?

 

Ce qu'en disait « approximativement »les Grecs et les Romains :

 

« ...Ils discutent aussi beaucoup des astres et de leurs mouvements, de la grandeur du monde et de la terre, de la nature des choses, de la puissance et du pouvoir des dieux immortels et transmettent cela (leurs spéculations)à la jeunesse... »

« ...Ce dont ils cherchent surtout à persuader, c'est que les âmes ne périssent pas. »... César

 

« Il y a chez eux des poètes lyriques qu'ils appellent bardes. Il y a aussi des philosophes et des théologiens a qui sont rendus les plus grands honneurs et qui se nomment druides. »

« ...La coutume ,est chez eux que personne ne sacrifie sans l'assistance d'un philosophe car ils croient devoir user de l'intermédiaire de ces hommes qui connaissent la nature des dieux et parlent, pourrait-on dire, leur langue, pour leur offrir des sacrifices d'actions de grâces et implorer leurs bienfaits... »

Diodore de Sicile

 

«... Ils affirment – et d'autres avec eux – que les âmes et que l'univers sont indestructibles, mais qu'un jour le feu et l'eau prévaudront sur eux... » Strabon

 

« ...Si vous savez ce que vous chantez, la mort est le milieu d'une très longue vie...» « ...la mort, la plus grande des craintes, ne les émeut pas. »... Lucain

 

 

 

Commentaires et développements (Bran du) :

 

Nous savons ainsi qu'il existe chez les Celtes des hommes (mais aussi des femmes consacrées et « spécialisées ») qui sont de grands philosophes, des poètes, des prophètes visionnaires, des magiciens, des théologiens... qui ont rapport avec le sacré et le divin en tant qu'intermédiaires compétents et reconnu pour cela.

 

Ils enseignent et transmettent leur sagesse, leur sapience, leur connaissance, leurs conceptions et visions du monde et de l'univers au peuple dont ils ont la charge en maintenant la société celtique le plus possible dans l'équilibre, la cohérence, la justice, l'honneur, la dignité, la liberté et l'harmonie...

 

Au cœur même de leurs conceptions se tient l'idée que chaque être est dotée d'une « âme » immortelle et que celle-ci transcende la mort même...

 

...........................................................................................

 

Lug (Lugos) est, avec le Dagodevos (le Dagda irlandais ; le Dieu Bon) l'une des figures les plus importantes du panthéon celtique...

Les Serviteurs et servants de la Tradition que sont les druides et les femmes consacrées s'efforcent d'incarner de leur mieux les valeurs et vertus, facultés et capacités, qui leur sont attribuées...

 

Ils oeuvrent à l'image de ces « Forces, Energies et Lumières » que sont ces « Entités » ambassadrices d'un Principe Incréé, d'une Essence, d'un Anima, d'une Matrice universelle et originelle dont tout émane et vers lequel tout « revient » en tant qu'âme subtile et « spiritualisée »...

 

Lug nous disent les textes anciens est une sorte de polytechnicien qui peut exercer avec art tous les métiers.

Dans un épisode de la Bataille de Mag Tured le dieu se présente aux ports de Tara devant les portiers qui en gardent l'accès.

Pour pénétrer dans les lieux il est amené à décliner tous les arts qu'il possède, maîtrise et pratique :

 

« … - Quel art pratiques-tu, car personne ne vient sans art à

Tara ?...

- Je suis... Charpentier... Forgeron... Champion ... Harpiste... Héros... Poète... Historien... Sorcier, Magicien... Médecin... Echanson... »

 

Lug est bien le « multiple artisan » qui rassemble sur sa personne toutes les disciplines et principales activités humaines...

Tout cela il le met au service de « son peuple » afin de lui venir en aide et de le guider avec sagesse et connaissance...

 

Pour la classe sacerdotale des druides et femmes consacrées il est le « modèle à suivre » et c'est en effet ce qu'elle fera tant que le peuple et les classes fonctionnelles des guerriers, producteurs et artisans soutiendront celle-ci sans en contester le bien fondé...

 

Ce que l'on attend de l'homme et de la femme Celte ;

c'est cette volonté, ce désir, cette capacité audacieuse, digne et obstinée à développer en lui les connaissances et sagesses indispensables à la conduite « positive » de soi-même, à entretenir une saine et solidaire cohérence au sein de sa communauté d'appartenance et à aider à la maintenance d'une bonne ordonnance du monde, de la création et de tout l'univers visible ou invisible...

Rien que cela mais tout cela !...

 

Il est à noter que quelque soit les éminentes qualités démontrées celles-ci demeurent régulées par la modestie et l'humilité en se gardant de tout orgueil, de toute arrogance....

L'un des plus grands dieux qui excelle en toute forme d'art exerce aussi une fonction qui consiste à servir à table et humblement tous les siens !

 

(Christian Guyonvarc'h dans les « Duides » nous rappelle que le mot « druide », autant en Gaule qu'en Irlande, désigne toutes les aptitudes spirituelles, intellectuelles voir techniques et sans doutes « spécialisées »... et que le sacerdoce est une aptitude « universelle »...)

 

Il existe certes une « hiérarchie » au sein des diverses fonctions du monde Celte, mais celle-ci est basée sur la prédominance et la primauté intellectuelle et spirituelle...

Il n'y avait pas chez les druides de notion de « Druide-en-Chef » ou « d'Archidruide » nous dit encore CH J Guyonvarc'h...

 

La sagesse implique la maîtrise des connaissances acquises et leur bon et judicieux emploi...

 

 

 

Voici les réponses que Nede fit à Ferchertne dans « le Dialogue des deux Sages » à propos du qualificatif du sage et de son éthique :

 

 

Nede :

 

 

 

« ...- Un ancien, ô mon aîné ; tout sage est un sage qui corrige.

 

Le sage est le reproche de l'ignorant.

 

Avant de se mettre en colère contre nous

 

Il cherchera quel poison, quelle nature est en nous.
Bienvenu est le sens aigu de la sagesse.

 

Ténu est le reproche encouru par un jeune homme si l'on ne l'interroge pas sur son art..

 

 

 

Ferchertne

 

« - Une question, ô garçon d'instruction, d'où es-tu venu ? »

 

 

Nede

 

« - Ce n'est pas difficile à dire : du talon d'un sage,

 

d'un confluent de sagesse,

 

des perfections de bonté,

 

du brillant du lever du soleil,

 

des coudriers de l'art poétique, des circuits de splendeur

 

par où on mesure le vrai selon l'excellence,

 

par quoi on apprend la vérité,

 

par quoi le mensonge s'engloutit,

 

où l'on voit les couleurs,

 

par quoi on ravive les poèmes.

 

Et toi, ô mon aîné, d'où es-tu venu ? »

 

 

 

Ferchertne

 

« -Ce n'est pas difficile : le long des colonnes de l'âge,

 

le long des fleuves du Leinster,

 

le long du Sid de la femme de Nechtan,

 

le long du bras de la femme de Nuada,

 

le long du pays du soleil

 

le long des demeures de la lune,

 

le long du cordon ombilical de la jeunesse.

 

Une question, ô jeune homme d'instruction, quel est ton nom ? »

 

 

 

Nede

 

« ...- Ce n'est pas difficile : très petit, très grand, très brillant, très dur,

 

ardeur du feu,

 

feu de paroles,

 

bruit de connaissance,

 

source de richesse,

 

épée du chant,

 

solidité de l'art avec l'ardeur du feu.

 

Et toi, ô mon aîné, quel est ton nom ? »

 

 

 

Ferchertne

 

« ...- Ce n'est pas difficile : le plus proche des augures,

 

le champion qui explique ce qui est dit, ce qui est demandé,

 

enquête de science,

 

trame d'art,

 

panier de poésie,

 

abondance de la mer,

 

Une question, ô jeune homme d'instruction, quel art pratiques-tu ? »

 

 

Nede :

 

« Ce n'est pas difficile ; rougeur de contenance,

 

pointes dans la chair ;

 

effacement de la timidité,

 

éloignement de l'impudence,

 

nourriture de la poésie,

 

courtise de la science,

 

art pour chaque bouche,

 

diffusion de la connaissance,

 

dépouillement de la parole...

 

bétail du sage,

 

rivière de science

 

abondance d'enseignement.../...»

 

 

 

 

Nota Bran du :

 

 

L'appréciation de la valeur du « docteur en science et poésie » s'effectue (très respectueusement) à partir d'une joute verbale qui repose sur le jeu des questions et réponses et de la pertinence et du bon traitement des unes et des autres...

 

 

 

L'oralité à travers l'éloquence, l'argumentation, la maîtrise du Verbe de la Parole, l'intelligence développée et argumentée permet de distinguer les niveaux, stades et degrés de compétence, de « maturité », de maîtrise et de connaissance entre les deux postulants à la plus haute dignité fondée non sur un titre ou une fonction, mais sur celui qui les occupe dignement avec une prédominance intellectuelle et spirituelle incontestable....

 

 

 

Chacun et chacune sont invités à tendre vers cette aspiration non dans un esprit de compétition aiguisé par un sentiment d'orgueil mais en trouvant ses stimulations, émulations, dans l'authenticité d'une charge bellement et authentiquement représentée...

 

 

 

 

Ce qui prévaut : une connaissance réelle, qui fait l'économie de la dispute stérile, de la colère, du mensonge, de la médiocrité, de l'avarice, de l'arrogance et de l'ignorance...

 

 

 

La fonction se doit d'être honorable et honorée...

 

Elle exprime un sens aigu de la sagesse, celle d'un homme « bon et riche en trésors », en « rivière de science », doté des perfections de la bonté, maîtrisant l'art du feu poétique et détenteur du « vrai », du « véritable » dans ses propos et enseignements vivifiants, abondants et non dénoués de « splendeurs »....

 

 

 

Ainsi se profile l'échelle des valeurs attendues chez un « Sage » et les attitudes et comportements qui sont en adéquation avec celles-ci...

 

 

Ce qui importe afin d'apprécier les valeurs incarnées par celui ou celle qui se dit dépositaire légitime de la charge bardique et druidique, c'est de pouvoir répondre avec franchise et qualité aux questions essentielles qui sont :

 

1 / Qui es-tu ?

 

2 / D'où es-tu venu ?

 

3 / Quel est ton nom ?

 

4 / Quel art pratiques-tu ?

 

5 / Qu'est-ce que tu as entrepris ?

 

6 / Par quelle route es-tu allé ?

 

7 / De qui es tu le fils ?

 

8 / As-tu des nouvelles ?

 


9 / Qui es au-dessus de toi ? (Ajouté ou modifié postérieurement lors de la christianisation.)

 

 

 

Dans le monde Celte, ce que l'on attend de celui qui se présente à nous ou que nous accueillons ou que nous interpellons sur son « identité » ; c'est :

 

qu'il se nomme et se «qualifie»,

 

qu'il indique qui il est,

 

de qui est est le descendant,

 

d'où il vient,

 

par où il est passé,

 

ce qu'il pratique et a entrepris dans son existence et quelles sont les nouvelles (du monde, de la vie...) qu'il peut nous apporter...

 

 

 

Je suis, je me situe, je me détermine, je me présente, je me fais connaître, reconnaître, je porte à connaissance les fruits de mon « Arbre de Vie »....

 

 

 

C'est ainsi que j'occupe ma place en ce monde et c'est ainsi que je suis en mouvement à travers lui et que je mène une quête orientée vers un entendement majeur et une adhésion plénière...

 

 

 

Quand nous introduisons cela au sein même du processus initiatique au sein d'une clairière celto-druidique, nous ne faisons que reprendre le canevas de la Tradition qui permet d'identifier et de situer une personne et son cheminement, ses désirs et sa volonté, ses aspirations et espérances, ses compétences et capacités ; ses intentions, efforts et exigences légitimes etc...

 

 

 

 

Dans le monde Celte la transmission à un rôle parmi les plus conséquents et implique, non seulement, une connaissance et la maîtrise de celle-ci et de sa pratique, mais aussi des capacités « pédagogiques » et un art de la communication et de la relation...

 

Ce que l'on souhait pour l'homme ou la femme de « Celtie » ; c'est qu'il développe en soi-même, à son rythme, à son pas, progressivement et par étapes successives, le maximum des potentialités qu'il a en lui, qu'il exhume de ses profondeurs les Forces, Energies et Lumières que sont ses capacités et facultés latentes afin de les mettre au service de lui-même, de la communauté et en fait de tout le « vivant », passé, présent et à naître...

 

Les représentants de la Tradition (dont le sens étymologique signifie transmettre) ont pour mission et vocation essentielle de retransmettre l'héritage reçu de leurs Anciens et Anciennes, d'enrichir celui-ci de leurs propres dons, talents et compétences et de l'offrir généreusement, de façon prodigue, aux générations à venir tout en respectant le libre choix, le libre arbitre et la libre critique de celles-ci.... et ce, en se mettant à la portée de leur capacité d'entendement et de compréhension et en se dotant de tous les moyens, outils, méthodes... les mieux adaptés pour atteindre ce noble objectif !

 

(Il est fort regrettable que ces heureuses, efficientes et pertinentes dispositions éducatives et pédagogiques ne soient pas vraiment au programme de l'Education Nationale contemporaine dont les axes majeurs portent plus sur la formation d'individu hyper soumis à une autorité et hyper compétitifs au sein des enjeux économiques et financiers de la Nation !)

 

Instruire, former, enseigner, éduquer, apprendre y compris à apprendre, accompagner sans brusquer l'apprentissage du savoir, des techniques, favoriser le débat, la contradiction argumentée, le libre questionnement, mais non « formater » tels sont les « ambitions » des « éducateurs » Celtes et l'on comprend fort bien que plus de vingt années ne sont pas de trop pour atteindre la « Branche d'Or ou d'Argent » qui symbolise l'acquisition réussit du grades o combien mérité de « Docteur en Science et Poésie » !....

 

Cette acquisition n'est pas limité à une classe sélectionnée et jugée prédisposée mais est ouverte à tous et à toutes en fonction des compétences réunies et prédisposant à celle-ci...

 

(De même que l'artisan qui fait la preuve de sa maîtrise, de sa technique et réalise une oeuvre digne de ce nom, accède à une reconnaissance de tous et de toutes quelque soit son origine sociale...

A noter cependant que pour atteindre à cette « notoriété», il lui faut passer avec succès quelques stades initiatiques qui à terme le mettront en capacité de parler lui aussi et à sa façon « le langage secret des dieux et des déesses »...)

 

Ainsi le monde Celte développe, entretient, cultive, en conscience maîtrise et cohérence, l'amour de la connaissance, de la sagesse, de l'équilibre, de l'harmonie, du vrai, du juste, du beau, de l'équitable... Et c'est cela qu'elle transmet et enseigne, de cœur à cœur, de poitrine à poitrine, auprès de ceux et de celles qui reconnaissent en ses valeurs et conceptions, des fondements essentielles pour la bonne ou meilleure conduite de leur existence ici-bas et au-delà même de l'éphémère passage terrestre...

 

 

Le livre des Filid décrit, dans le Crith Gablach (la Branche Fourchue), sept degrés au sein de la fonction bardique :

 

« ...Les sept degrés établis de la sagesse sont : grand sage, docteur et sage en lettres, le flot brillant et le flot du rocher, l'illuminateur, l'interrogateur et l'élève.

 

Un grand sage ne manque jamais la réponse à une question sur les quatre parties de la sagesse. Il se doit « d'être dans le sens et au milieu de ses élèves recevant son enseignement. »

 

Aux différents stades de sa « maîtrise » « Il est capable d'adapter son enseignement à l'information, eu égard aux gens de petite instruction qui reculent en présence d'un noble flot. »

« Il explique le sens de toutes les difficultés à cause de l'excellence de son jugement et du brillant de son intelligence. »

 

 

Il est regrettable que les textes insulaires disponibles ne puissent pas apporter de réponses en ce qui concerne certains domaines de la science et de la connaissance parce que toute la partie spéculative, « métaphysique », mathématique et scientifique à disparu...(lors des retranscriptions successives des textes et de leur christianisation.)...

 

 

 

« …. J'ai vu une autre troupe. Un blanc homme doux, ancien, blanc-gris, marche en tête.

Il porte un manteau blanc brillant avec des bordures d'argent très blanc.

Une belle tunique très blanche lui entoure le corps. Il porte un pommeau d'argent blanc sous son manteau, une baguette de bronze en haut de l'épaule . Sa voix à la douceur d'une mélodie.

Cet homme, c'est le druide-historien d'Ulster, Sencha le grand....l'homme le plus éloquent de la terre et qui pacifie l'armée des Ulates.

Les hommes du monde, du levant au couchant, il les pacifierait par trois bonnes paroles. »

 

L'Ivresse des Ulates « Mesca Ulad »

 

 

 

Notes Bran du :

 

 

 

Le blanc est bien l'attribut du Sage, du Connaissant, du Très-Savant » puisqu'il est en fait la somme de toutes les couleurs donc de toutes les vibrations... Le blanc concentre et contient tous les « aspects », toutes les « teintures » et « tonalités »...

 

 

 

Il en est de même pour celui ou celle qui se revêt (le corps, le cœur comme l'esprit) de l'extrême blancheur des êtres et des choses...

 

Cette connaissance est au service de la paix et de la sérénité...

 

 

 

La Blanche Parole est fondamentalement pacificatrice et les bardes en font usage quand ils s'interposent entre des armées prêtes à s'opposer et qui, en les entendant, déposent les armes et fraternisent...

 

 

Note additive : La Tradition veut que l'enseignement soit dispensé au « Nord » de l'endroit où il se transmet en référence à priori au mythe qui situe l'origine de la doctrine druidique dans les îles du Nord du monde...

le Nord est généralement conçu dans le monde indo-européen et parfois au-delà comme le lieu des « initiations » (de tout commencement, de toute renaissance, de toute élévation du plan et du niveau de conscience)...

 

Nous comprenons par ce qui précède et les conceptions exposées que la Connaissance (son acquisition, sa maîtrise, sa transmission) joue un rôle considérable dans le monde celtique et qu'elle représente avec l'acte sacrificiel (qui consiste à « rendre sacré »), l'acte relationnel (qui met en relation médiane, qui dialogue avec le divin et qui organise le rite à cet effet), l'une des vocations et fonctions fondamentales de toute la classe sacerdotale...

 

Développer en soi, en sa propre chair, en ses propres pensées, un embryon qui dort et qui est potentiellement un « Germe de Lumière » (Manred), constitue l'acte majeur de la fonction humaine, car il s'agit de faire naître en soi une « Âme » dont la vocation est d'être immortelle et de « spiritualiser » la matière corporelle qui l'enceint et l'enveloppe afin qu'elle puisse transcender la mort et donner à l'existence sens et Essence d'Etre...

 

Cela n'exclut pas de satisfaire par ailleurs aux exigences biologiques individuelles et aux nécessités sociales communautaires dans un sens de solidarité et de co-participation rendu possible et efficace par les sentiments hautement « religieux » communs à tous et à chacun et les entendements majeurs mutuellement partagés sur le sens de la vie, et les espérances que la philosophie et la spiritualité en font naître en confiance et compréhension...

 

L'Ame, la Connaissance, L'Enseignement, la Transmission de la Tradition, de ses valeurs, de son éthique, de ses conceptions philosophiques et spirituelles... L'acquisition progressive et graduelle des facultés, capacités, compétences, dons et talents...

Tout cela est constitutif de la pensée celtique qui se veut aider chacun à devenir son propre artisan et celui d'un monde en perpétuelle évolution...

 

L'Ame plus que tout autre « élément »« connaît la nature des Dieux et parle pour ainsi dire leur langage »...

C'est pour cela qu'elle est au cœur, au centre, au noyau même de la sphère humaine et du cercle de ses possibles entendements...

C'est Elle qui concentre l'Etre et lui donne sa vibration plénière ; une vibration qui a la capacité de se connecter, de se conjoindre à toute la symphonie orchestrée de l'Univers, à toutes les émanations vibrantes et « pervibrantes » de la Nature...

 

Elle relève, dans son intensité, dans sa densité, dans sa transparence éthérique, de la Manifestation et de l'Expression Première du Son, de l'Energie, du Fluide, de l'Onde, de la Lumière Incréée... Et en révèle l'Existence et l'Essence...

 

C'est à cette œuvre évolutive, conscience, confiante et cohérente, alchimique, spirituelle et fondamentale, élémentaire, primordiale et essentielle, que nous convie la Sagesse celtique...



15/03/2016
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