Les dits du corbeau noir

SOLSTICE D'HIVER 2012, partie V méditation hivernale 23/11/2012 bran du

Méditation Hivernale       Partie V  Solstice d’hiver         Bran du      10 12 2001

FORME et ESPRIT

L’important n’est pas la Forme mais l’Esprit…
Si la Forme refuse l’Esprit, conteste l’Esprit, Ignore l’Esprit,
Elle retourne à  son état primordial, dans son état antérieur ou, inanimée, demeure…
Elle se rematérialise, se repétrifie, stagne, régresse, se fige…
Inertie - Chaos  - Pierre sans cœur ou cœur désert…
Niant, refusant l’Essence… La voici privée de « sens »…
Pierre sans mémoire, sans devenir, lit asséché, vie dérisoire…

Mais tel est son choix de suivre et d’accompagner ou non la divine Loi…

Si la sève n’abreuve plus l’aubier
Si les racines ne puisent plus le « lait nourricier »
Les branches se rigidifient puis cassent
La mort ronge un cœur abandonné des saisons…

Ainsi peut-être l’être refusant à Être
Se gratifiant goulument des illusions de l’avoir
Ainsi l’être aveuglé par ses propres phares
Affouillant, fiévreux, l’océan du pouvoir et de la possession…

Ainsi la pensée errant en ses épais brouillards,
S’égarant dans les marécages des fausses idées…

C’est ainsi quand le « moi » livre au « soi » la guerre
Dévastant l’intime et profonde terre, la rendant aride et desséchée…

La Forme n’est qu’écorce, qu’enveloppe éphémère,
Que cocon, que chenille promise à l’envol dans la pleine Lumière
Et ce pour autant qu’elle accepte en elle-même les lentes et parfois fulgurantes transformations,
Les subtiles et bouleversantes métamorphoses
Qui lui donnent, lors, les ailes nécessaires
Pour s’élever au-delà de sa périssable condition
Par delà sa « terrestralité » passagère…

Il en est ainsi de « l’Humaine Matière »
De cette enveloppe de chair
Comme de notre Tradition
Toutes appelées à l’Evolution
A une réalisation plénière
Pour autant qu’elles adhèrent au Mouvement de la Vie
A le respiration même du Ciel et de la Terre
Une Terre fleurissant au printemps, se dépouillant en hiver

Comprendre, accepter, accompagner lucidement, amoureusement, cette Initiation première
Qui veut que toute chose se meurt afin que soit perpétuée l’Oeuvre du Vivant…

Peu importe lors les échéance ou les termes
Qui fixent à demeure le cœur en son mouvement
Si celui-ci se conjoint, en son ultime fin, aux battements infinis de l’Univers
Et au Divin tambour qui rythme tout Amour…

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« Aux calendes d’hiver, les chevreuils (sont) maigres ; la tête du bouleau jaunit ; la maison d’été (devient) veuve. Malheur à qui fait un reproche pour une bagatelle ! »

Les Calendes d’Hiver  Liwarc’h-Henn  Barde gallois Viè siècle Traduction TH H de la Villemarqué » 1850
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L’OUTRES RIVES    (Poème de MUYRGEN)

Le vent
L’effroi
L’énorme gueule de l’espace
Happe le temps.

Echouée sur la grève
La barque veille et prie
Pour que s’ouvre enfin
Les Portes de la Nuit.

Attente au bord du ciel
Attente au bord de l’infini.

Déjà lui doucement
Sur le grain de la pierre
La lumière dorée
D’Outres Rives…

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Pour un Nouveau Solstice

Devrai-je pleurer de blanche joie
De vous savoir si prés de moi
En cette fête de lumière
L’écume panse ses blessures
Du bout des lèvres de la plage
Nous chanterons le jour, la nuit

        Je chanterai le goût du miel
           Celui de la Vie Eternelle
        Portée par les vents et marées
        Vertige lucide du cristal
        Trouvé au tréfonds du chenal
        Je ne conterai pas l’histoire

                Le blanc des yeux est habité
                Par notre aveugle liberté
                Penché sur des cordes vibrantes

                Fêtons en le regain du jour
                Le cri, la joie, la foi, l’amour
                Que nos doigts effacent nos larmes/

MYRDHIN   Solstice d’Hiver 93  (Myrdhin est un druide et Harpiste international)

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« Tant chauffe-t-on le fer qu’il rougit
Tant crie-t-on Noël qu’il vient… »   François VILLON

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Notes et extraits de l’ouvrage de Martyne PERROT (Sous les images Noël) Edition du Seuil

« …Il s’agit d’une très ancienne fête de la lumière annoncée qui mêlait les morts et les vivants… Il y avait là une notion de sacrifice (Sacere = rendre sacré) nécessaire à la renaissance de la lumière…
C’est la perdurance de la symbolique profonde au-delà des avatars subis ces deux derniers siècles surtout…

L’inventivité rituelle et l’imaginaire légendaire sont conviés face à l’obscurité qui s’abat sur l’Europe du Nord pour vaincre celle-ci… (Le Nord étant l’origine de la Tradition celtique mais aussi de la Tradition primordiale selon René Guenon.)…
C’est une origine saisonnière et cosmique qui affleure encore sous le vernis de la « récupération » chrétienne…

Face à ce qui fut d’abord une grande inquiétude, la plus grande nuit de l’année a provoqué un grand cycle de célébrations hivernales et des rituels de régénérations…
Noël est une contraction de « novella » soit la bonne nouvelle et de Natalis Dies soit cle jour de la naissance…

Dans les pays germaniques et nordiques (le Jull danois et le Jul suédois ainsi que le Yuletide anglais
Se rapporte à la période de 12 jours qui encadrent Noël et semblent dériver d’une racine gothique Heul et anglo-saxonne Hweal soit LA ROUE…
En dialecte alémanique le mot Wihnachte sont les nuits sacrées et désigne toutes les nuits du cycle de 12 jours…

Dans le Lot et Garonne on sortait la nuit de Noël les flambarts (morceau de bois blanc sans écorce.)
Ce sont des brandons sortis de la cheminée et bénis par un prêtre avec lesquels on parcourait les champs en signe de protection de ceux-ci, de fertilité et pour en chasser les « mauvais esprits »…

Il y avait dans ces célébrations ce qui renvoie au symbolisme d’un éternel retour de la lumière…
Cette période s’assimile à des calendes (calendae en latin)…

Si, à Samain, les morts viennent visiter les vivants, il semble bien que cette visitation perdure jusqu’à la fin décembre !…

Jack O’ Lantern est un irlandais condamné à errer éternellement sur terre n’ayant trouvé sa place ni au paradis ni en enfer !…

Les « mois noirs » sont encore appelés « jours angoisseux »…

Depuis le Néolithique les hommes ont craint le non retour de la lumière.


Esprits, Fées, Lutins; Revenants, Ames errantes, tout ce peuple hante la nuit qui n’appartient jamais vraiment aux vivants…
« Entre ces figures nocturnes la frontière n’est pas très nette. »     Nous dit Colette Méchin


C’est le temps des petits travaux, les femmes filent et les hommes réparent les outils ou sculptent. On se retrouve à l’intérieur des maisons pour les veillées. C’est un temps d’intériorisation…

L’Avent (Du latin adventus = arrivée) marque le début de l’année liturgique chrétienne. C’est une période encore hantée par des personnages inquiétants… C‘est le temps le plus sacré…
L’interdiction du filage à cette période précise résultait du fait que l’on croyait que filer alors aurait attiré les ou la Femme de l’Autre Monde (Celle qui mène la Chasse sauvage)   : Perchta la Brillante mais aussi la Fileuse, la Grande Déesse des Germains ou Frig/Frigga, celle des régions nordiques…

La symbolique du ROUET :
Son mouvement circulaire doit s’arrêter au moment du solstice d’hiver pour ne pas agir sur l’astre solaire lui-même… L’acte de filer rappelle l’acte créateur du monde « Il devait y avoir comme une contradiction magique à faire tourner cette roue solaire, il ne fallait pas la faire tourner trop tôt; » Gérard Leser

Aux douze jours de ces calendes du solstice correspondaient douze bobines… C’est un cycle du « hors temps », une période en suspend, une réduction de l’année entière ; Un jour égale un mois. (On a des équivalences dans le domaine celtique où dans les opérations magiques : Un jour égale un an…)
Selon James Frazer l’écart entre l’année solaire et l’année lunaire serait exactement de 12 jours…

On trouve des traces en Inde, à la période védique, de cette période « hors temps » nécessaire à la mise en accord de l’année solaire et lunaire. Douze jours nécessaires pour le passage de la vieille année à la nouvelle. (Le calendrier gaulois est luni-solaire)…
C’est un passage dangereux car on retourne alors vers la chaos cosmique primitif…

Au cours de cette période extraordinaire les règles de vie ordinaires ne s’appliquent plus (lois et morales sont en attentes)  Il y a une sorte « d’inter-règne » dont le « Roi de la Fève » peut-être un symbole selon J Frazer… (Le douzième jour est celui où l’on tire les rois en Europe)…
C’est à cette période aussi qu’apparaît la figure de « l’Homme ensauvagé »…

 Le « cycle » est resté bien plus complet et plus païen que chrétien dans les pays slaves, comme la Lituanie. En Grande-Bretagne et certaines régions des Balkans…En Moldavie et en Slovaquie les festivités durent exactement 12 jours. Ce sont des défilés de « masqués » (les déguisés de l’hiver) (ours, hommes sauvages, anges, démons, déambulent dans les rues.)

Le chasseur sauvage hante le cycle des douze jours (il conduit la chasse sdauvage, l’armée du vent, la chasse de nuit, la menée (ou mesnie) hellequin, les âmes errantes ( ou anaon en Bretagne)  en faisant un épouvantable vacarne avec la horde des grands errants qui l’accompagne… Le chasseur sauvage s’apparente à Odin/Wodan le dieu qui figure au sommet du panthéon germanique lequel est maître de la mort et de la guerre et se trouve à la tête de guerriers jeunes et masqués. (Arthur est aussi réputé pour mener semblable horde.)


En Angleterre c’est Herne le chasseur cornu qui mène la danse…
La nuit de Noël est héritière de la nuit païenne, elle achève l’avant mais garde encore ses esprits fantastiques…


Le feu et la bûche, premiers et derniers symboles païens, auraient eu pour fonction d’éloigner les « esprits malveillants » comme la lumière chasse l’obscurité…
C’est la nuit des sorciers qui sont particulièrement puissants à cette époque, il faut les tenir éloignés des demeures, des bêtes et des gens…
La grosse bûche en Touraine s’appelle le terfou et doit durer trois jours. La maîtresse de maison la bénit avec la branche de buis des rameaux. Il faut se protéger des pouvoirs et puissances maléfiques…

C’est la fête de la lumière attendue et retrouvée…
Derrière la cérémonie chrétienne se retrouve toujours des coutumes païennes plus anciennes liées aux cultes solaires et à celui des Déesses-Mères…

C’est la nuit où les bêtes parlent (nuit de prodiges et de merveilles) Les bœufs parlent avec les ânes mais il ne faut pas interférer car cela porte malheur…
Les enfants nés à Noël ont pouvoir sur les sorciers (ils font le trait d’union entre les deux mondes)…
Cette nuit là le bonheur ou le malheur est plus fortement ressenti…mais l’ordinaire, le banal, le quotidien sont comme frappés d’éblouissements…

(En Egypte, se célébrait l’Opet, fête solaire pharaonique, en l’honneur de la renaissance d’Amon-Ré ((Le soleil) et ce le 06 janvier.)…

Le choix du 25 décembre par Constantin, empereur converti au culte chrétien, inaugure une religion d’Etat en 336 de notre ère…
Ce choix obéissait à deux objectifs :
Eliminer les cultes païens et unifier l’empire à l’aide d’une religion plus organisée…
(La Bible et les apôtres ne fixent pas la date pour la naissance de Jésus.)
Un siècle avant Constantin régnait le culte oriental du « Sol Invaincus » (Le Soleil invaincu) qui fut une religion « officielle » , l’empereur étant considéré comme l’incarnation vivante du dieu soleil…

Le culte oriental de Mithra (Dieu persan) importé par les légions romaines de retour d’Asie Mineure concurrença sérieusement le christianisme naissant car il séduisait sur bien des points mais l’absence de « figures féminines »   dans ce culte lui fut fatal…

Mithra est un dieu rédempteur qui conduit un char solaire et qui triomphe de la nuit et du froid. Mithra tua un taureau sur l’ordre du soleil et le sang de la bête sacrifiée se répandit sur le sol pour permettre à la nature de renaître… (Dol de Bretagne, montagne sacrée près du Mont St Michel, à conservé un autel taurobolique eb l’honneur de ce dieu…)

Les Saturnales romaines (Libertas decembris) célèbrent le règne de Saturne entre le 17 et le 24 décembre… C’est l’inversement des valeurs, la licence la plus effrénée… 30 jours de plaisirs pour l’élu « roi des saturnales » qui meurt au bout du terme…

La fête des fous, fête médiévale, dans la semaine suivant Noël était aussi de cette nature, orgie, beuverie et débordement…

Le Sapin serait lié symboliquement à l’arbre surnaturel  « couvert de lumière »… (Dans le Perceval de Chrétien de Troyes le chevalier à la vision « d’un arbre orné de mille bougies »…)

Cet « Arbre de Lumière » n’est pas éloigné de la mythologie nordique et des bois sacrés et surnaturels ainsi que des arbres cultuels…

Certains de ces arbres ont été abattus par les chrétiens ou en leur nom (Saint Boniface au XIIè siècle en abat un à Geismar en Germanie.) (Et Charlemagne de même vers l’an 800 donne le premier coup de hache dans l’arbre sacré des saxons…)

Au XIIè siècle ce qui sera plus tard l’arbre de noël est… un pommier qui comporte des pommes et des hosties lors des scènes jouées devant le parvis des églises puis l’arbre se chargera plus tard encore de friandises pour les pauvres et les enfants…

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23/11/2012
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