Les dits du corbeau noir

Solstice d'ETé 2013 Bran du Source PH JOUET

RITUELS
SOLSTICE D’ÉTÉ   (Mezheven ou Hàn noz en breton)  ou Tantad « Feu Père » notion récente                                                                   Juin 2013    Bran du

Source : Philippe JOUET

« Nous le célébrons sur la terre le feu ardent de l’aurore. »

« Une fête organisée en fonction de l’activité diurne… »
« Par les rites, il s’agit de refondre la société dans ses rapports avec l’ordre universel, de célébrer le Feu de la P    arole fondatrice et rénovatrice… »
« Fête à caractère agraire, liée à la fertilité, la fécondité et la vie… »

« Le feu comme le « sacré » peut être bon, mauvais ou « ambigüe »…

Au VIIè siècle St Eloi interdit de se réunir aux solstices «  qu’on ne danse ni ne saute autour du feu ni ne chante des chansons le jour de la St Jean… »

Les solstices nous dit PH JOUET dans son dictionnaire de la mythologie et de la religion celtique sont des moments importants du festiaire….

Rappelons-nous que l’année celtique (figurée par une roue à 8 rayons) est divisée en deux périodes :
Une saison « sombre » qui va de Samain (début novembre) à Beltaine (début mai) puis de Beltaine à Samain dite la saison claire ou la Belle saison… Au sein de ces deux périodes se fêtent Imbolc début février et Lugnasad début août… Ce sont des fêtes « d’obligation » avec des caractères spécifiques…   Les Equinoxes et Solstices se situent à « mi-chemin » entre chacune de ces fêtes « majeures » (intervalle de 3 quinzaines de jours)… Voilà pour la répartition de la roue et de ses rayons…

Des « sacrifices » sont pratiquée entre chaque fête « cardinale » et ceux-ci s’achèvent lors des équinoxes ou des solstices. Ils accompagnent le cheminement vers ces points de « validation » qui sont censés clore l’agrément des dieux et ou déesses et leur satisfaction….

Le solstice d’Eté :
Des « sessions poétiques » sont associées tous les 7 ans au « milieu du mois de juin »…    Le « feu solaire » est une source d’inspiration des bardes et procure le « feu de la Parole poétique, visionnaire, prophétique, magique… »…

Le barde cherche cette inspiration au contact « du feu et de l’eau » en se rendant au bord des fleuves ou rivières, des lacs ou du rivage de l’océan dans une attitude de méditation et de contemplation sans doute « ritualisée » afin de recevoir ces « dons merveilleux » et de remplir sa corbeille des fruits solaires dispensateurs de lumière et de chaleur, d’un feu bienveillant et bienfaisant qu’il aura charge de redistribuer dans sa communauté humaine…   Le don reçu s’inscrit, en remerciement et gratitude, dans une démarche sacrificielle ( au sens qui rend toute chose, acte, pensée, sacrée ) qui implique des offrandes formulées ; un « retour de parole »…

Le feu procure donc l’ILLUMINATION et confère ses « pouvoirs », sa « puissance »
à ceux et celles qui le sollicitent respectueusement et rituellement à cet effet…

Le soleil, le « feu soleil » est l’un des témoins convoqués par ceux qui prononcent un serment, un engagement… On conçoit que le feu bénéfique sollicité pourra se changer en feu destructeur si le serment est bafoué….  Le feu intérieur rongera alors le mauvais foyer qui le contenait !

Fintan, (Blanc Brillant), fils d’Océan et « du Parleur », peut-être Ogme,  incarne le Feu dans l’eau ou encore l’Eau de Feu ; c’est le Barde des origines, le druide des premiers commencements, la « Mémoire et premier Sage de l’Irlande »…  Sept chaînes d’éloquence sont déposées sur sa langue ; sept ruisseaux de sagesse, de science et de connaissance…
Il reçoit cela des « coups d’un rayon solaire passant par le creux de ses deux nuques qui lui ont rendu l’éloquence originelle. »…

Le feu à une valeur de « fondation », il « inaugure » les événements… Il rénove également ce qui est usé et initie à un nouvel état…
Ainsi le tertre royal est revisité, redynamisé, rénové, revigoré, revitalisé, par lui avec l’Arbre et le Cercle qui les contient…

L’assimilation, l’image apparentée, font que nous pouvons concevoir que nous sommes aussi ce « tertre royal » contenu dans le Cercle de notre existence là où réside et séjourne notre propre « Arbre de Vie » et que sans la visitation heureuse et périodique du Soleil notre règne et notre royaume resteraient stériles, inféconds, endormis dans le froid des Ténèbres !
Nous comprenons alors l’importance des rites pratiquées afin de permettre la visitation solaire, sa force de procréation, d‘enfantement, de remise au monde diurne !

La Création du Monde demande, implique, suppose, un Verbe, Un Souffle, une Respiration, un « Feu dans l’Eau »….

Le barde s’initie à ETRE au sein de cet ensemble de processus créateurs…
Il s’enfante lui-même à travers ces pénétrations et fécondations « analogiques »… à la semblance de…  Pour être au monde, habiter le séjour du monde, il procède en lui-même à cette « Alchimie de la Création »…
Il revient à ses « origines » cosmologiques et mythiques et « revit » les phases qui furent celles qui enfantèrent tout être et toute chose…

Comprendre l’eau, c’est être l’eau, comprendre le feu, c’est être le feu, comprendre l’une et l’autre, c’est célébrer leur noce et participer de la naissance en soi des forces, énergies et lumières qui en résultent…

Le héros Celte comme le barde en quête d’inspiration ont pour mission de « réveiller la Belle endormie » figure allégorique de la Belle Saison, mais aussi celle de la Fille du Soleil (Ancienne divinité liée à la Lumière qui en Irlande s’apparente à Etain)…
Cette « délivrance » qui permet au matin de revenir et de briller de nouveau, à la lumière d’inonder le monde de ses bienfaits, implique l’idée que la rayonnante jeune fille est retenue prisonnière par les forces nocturnes qui ne veulent pas de la venue du monde diurne… Cela implique au libérateur de pénétrer sans peur et avec courage ce monde de l’obscurité, ce monde de l’inconnu, très éprouvant d’ailleurs, mais qui est le passage obligé et ténébreux pour arriver au but…

Le soleil à une place importante dans l’art et la religion des Celtes…
C’est « l’œil du jour » qui « épie le monde et les hommes »….
Il y a lieu de se concilier son « regard » afin que ses feux ne deviennent pas « destructeurs »…
La roue de l’année, les rites saisonniers, sont axés sur la « marche du soleil » et font l’objet d’un accompagnement minutieux et de rites rigoureux afin de demeurer en concordance, en ajustement approprié, en harmonie, avec la dite marche…
Cela entraîne des « obligations de conformité ». Il ne saurait y avoir de décalage dans le suivi de ce comput solaire fruit d’observations et de surveillances quasi millénaires…

Les jeunes dieux sont des « Fils du Soleil » comme le Mac Og ou Oengus. La souveraineté et associée au « charisme solaire » ; « une souveraineté qui porte la coupe d’or »… (Le soleil est lié aux aurores mythologiques, des divinités très anciennes qui inaugure le cycle même du matin et qui sont « filles du ciel du jour » associées au ciel diurne donc et au soleil lui-même… Des entités captivent elles aussi qu’il faut délivrer des griffes et des serres d’un « rapace nocturne » en quelque sorte…)

L’arrivée de la lumière implique un « porteur » ou apporteur de la Lumière…

Le Fils du Soleil est la résultante de l’union du ciel diurne et de l’aurore qui répand ses « eaux » célestes… (Apparenté à l’Apollon celtique)…

Pryderi est appelé Gwri aux cheveux d’or c’est le jeune soleil élevé par « Bruit des flots, l’Océan » et confiè à « Tonnerre qui le protège ».

Depuis des temps très anciens on conçoit que la barque du soleil sort des eaux puis monte au zénith et redescend, mue successivement par un poisson, un rapace, un cheval, un dragon que sont les équinoxes et solstices…
La cosmologie ancienne évoque un soleil enlevé, captif, qui doit être libéré…

La transposition analogique et bardique de cela consisterait à considérer que ce « drame » diurne et nocturne se joue tout autant en nous-mêmes… Que soleil, lumière, chaleur, rayonnement bienfaisant et bienveillant sont « retenus en nos propres obscurités » et le « Féminin » des filles de l’aurore » semblablement….
Notre désir, notre connaissance, notre volonté,  notre conscience, notre entendement de cela nous autorise, nous invite, à une délivrance…

Nous aurions alors à faire resurgir en nous le « matin du monde » ce qui implique une conquête sur la peur et l’inconnu de nous-mêmes, nous « remettant, nous restituant » au monde de l’Origine et constituant une renaissance initiatique fondamentale et essentielle…

Le Druide Mog Ruit ( le Serviteur à la Roue, cosmique, de l’année…) participe de sa propre initiation en ce sens et obtiendra la « Maîtrise des feux » indispensable à l’alchimie de ses « transformations » et « évolutions »…

Il y a bien une force ignée cachée dans les eaux selon les conceptions celtiques (les noisettes symbolisent cela qui sont absorbées dans la source sacrée bordées de 5, 7 ou 9 coudriers par les saumons remontés à cet effet dans le bassin sacré de la connaissance).   Cette Connaissance et ardente car animée d’un feu qui peut être constructeur ou destructeur selon l’éthique de service qui anime son détenteur…

Le feu bénéfique donne son nom au Dagda (Dagodevos en gaulois) soit le Dieu Bon…
Le Dagda a pouvoir sur le feu et l’eau. C’est aussi le Dieu Druide et donc des druides qui a son image doivent pouvoir détenir et exercer une capacité semblable…

La notion de bénéfice se rapporte aux qualités ignées et solaires dispensatrices d’un bon ordonnancement du monde et des cycles et assurant la provende divine…

La pratique des feux est attestée à la Samain et à Beltaine… Le solstice d’été étant le prolongement naturel de la Beltaine et se tenant toujours dans la période sacrificielle qui suit les Feux de Bel clôture par un  feu zénithal la dite période…

Les feux sont des feux sacrés, mythiques, impliquant des rituels…. L’entité invoquée, convoquée est censée « consommer » favorablement les offrandes et le rituel lui-même…

Les guerriers Celtes qui voulaient être « confirmés » dans leur fonction et rang,  devaient affronter les épreuves du feu…. Le feu et l’eau faisaient partie des étuves sacrées éprouvant et initiant le dit guerrier dans sa force, son courage, son intelligence…
C’est un feu « qualifiant » selon le terme adéquat de Ph Jouet.
Le guerrier absorbera la « fureur guerrière » , le « fluide brûlant » le faisant apte aux combats…

Le feu posséderait une « âme »….   Ses vertus curatives sont en relation avec la lumière et la chaleur…

Comme dans le monde indo européen ancien «  les dieux placent le feu à l’intérieur d’eux-mêmes pour vaincre les démons mauvais. »

Pour que le « chaudron de résurrection » soit efficace il faut le chauffer…

Voici donc des éléments permettant à chacun de se faire une idée des éléments constitutifs dans le Monde Celte d’une « vision du monde », de son « ordonnancement » et de ce qui implique, pour son bon maintien, de rites, de pratiques, de connaissances et d’entendements…

La pratique du rite efficient implique la croyance, la confiance, l’entendement et l’adhésion libre, joyeuse, fervente voir ardente, véritable et « réelle » et l’idée qu’il y a bien un rapport, une relation, une correspondance, une circulation de « forces, énergies et lumière » au sein d’un dialogue « humain/divin » qui permet le maintien des équilibres et des harmonies en tout être, en toute chose, visible ou non  et la bonne cohérence de tout ce qui constitue le Vivant et tout l’Univers…

Nous participons, si cela est notre vœux, notre souhait, notre « adhésion » volontaire, aimante et consciente,  modestement, humblement mais avec fierté et dignité, noblesse de cœur, de pensées et d’actes à Cela qui est- Fut et Sera.

Lors que Cela Soit………….  AWEN !                  



15/06/2013
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