Les dits du corbeau noir

SEJOUR PARISIEN OCTOBRE 2018 BRAN DU

 

Séjour parisien...

Bran du                  Octobre 2018

 

 

Arrivée à Paris par temps gris...

L'effervescence de nouveau ; de nouveau la précipitation, l'agitation, l'incivisme quotidien, les humeurs exacerbées...

 

Je m'installe à une terrasse face à la tour Montparnasse qui gratte un ciel que rien pourtant ne démange...

 

Une tour de ciment et d'acier hautement élevée qui ne repose que sur un sentiment d'orgueil qui consiste à vouloir dépasser les autres prouesses architecturales citadines pour asseoir sa « renommée », mais totalement dénouée de concepts philosophiques ou spirituels.... Toute proportion gardée, un simple menhir porte à bien plus d'élévation !...

 

Ce n'est qu'éloge de la matière qui prétend se dresser plus haut que l'esprit !...

 

Ce ne sont ici que concerts cacophoniques de bruits divers et variés qui traduisent l'extrême agitation et les courses effrénées de la citée dite capitale....

 

Assemblées de moteurs, de klaxons, de voix et de cris et parfois de jurons qui traquent et pourchassent le silence en ses moindres recoins ; le silence, depuis fort longtemps, exilé au creux des tombes....

 

Engouffrements dans le métro ou le R.E.R, dans la grande gueule underground, qui recrache de lieu en lieu des flots de chairs et de sourdes pensées ; tout un banal quotidien transporté parfois quasi bestialement d'un point à un autre de la mégalopole ; soit dans un grand corps agité de mille fièvres...

 

Chaque pas on dit long de cela qui court !...

C'est dans ce maelstrom saturé d'oxyde, dans cette « bouillabaisse » plus ou moins jaunâtre selon l'état de la pollution ambiante que l'on sort les enfants et les vieillards (Selon une récente estimation, il en meurt 300 000 par an dans les cités européennes du fait même de la dite pollution!)...

 

On sort toujours les chiens et on jongle toujours de ce fait sur les trottoirs pour éviter les déjections de ceux-ci...

 

Maintenant ; c'est surtout le portable que l'on tient à la main et que l'on branche à l'oreille afin de s'isoler intérieurement d'un environnement auquel on est astreint et de rester en communication avec le seul monde qui nous convient...

C'est ainsi que circule à Paris un grand nombre de « zombis » !....

 

Dire que j'ai survécu plus de quarante années dans cette « pétaudière » ciradine !

 

Plafond bas et couvert sur la capitale dite « de lumière » !

Ne pas songer lors à la qualité de l'air et à ses bouffées irrespirables et meurtrière !...

 

Fourmilière qui va et vient en tous sens comme pourchassée par un immense tamanoir...

 

Des hommes et des femmes sans cesse en mouvement,

sa frayant musculairement passage, au passage s'insultant...

 

L'empressement est tel qu'il génère des prises de risque et ce au mépris des « règlements » ; le résultat : des accidents et trop souvent des drames !

 

L'agressivité est partout latente et présente ; il suffit de bien peu pour la faire éclater !...

 

L'Etre n'est pas fait pour un tel bain de population vivant à gros bouillon !

 

La lumière, celle du ciel de la journée, fait ce qu'elle peut pour refléter dans le verre enchâsse d'acier, un peu de sa splendeur et de sa beauté...

 

Touristes et citadins empruntent les mêmes chemins, mais se distinguent entre eux par leur comportement moins empressé, plus lent pour les uns, plus « joyeux », moins préoccupé c'est certain...

 

Devant moi déambulent, à leurs rythmes et plus ou moins enfermés dans leurs pensées, des typologies diverses de passants, de passagers de l'existence, en habit, costume et accessoires discrets ou volontairement clinquants...

 

La rue est une vitrine ambulante où s'affichent des personnalités qui arpentent le domaine dit public en vue de se faire remarquer...

Ce besoin de s'exhiber exprime une recherche de gratification ou de valorisation qui les hante au point d'illustrer parfois le plus ridicule des goûts !...

 

Les cars, les taxis, les ambulances et voitures de police accentuent par leur avertisseur sonore spécifique et strident la cohorte sonore des bruits et poussent les masses en mouvement à encore plus d'accélération...

 

Chaque heure de la journée ou de la nuitée ressemble à un théâtre de rue aux représentations éculées que certains événements impromptus et inédits viennent parfois chambouler...

 

Rares, trop rares se font les amoureux qui portent en eux ce petit bonheur frais et ingénu qui offre à Paris un instant de magie et de poésie... Cela tranche tellement sur le visage ou la figure de ceux qui ne sont que préoccupation, empressement et souci....

Les pigeons passent leur temps à jongler entre le désir de rassasier leur faim et la nécessité de s'exposer à la peur et à la mort pour le satisfaire... Ils oscillent ainsi entre vie et trépas...

En cela, ils ont quelques chose de presque humain !...

 

Depuis quelques décennies des pies, des corbeaux, les ont rejoint ; le monde urbain leur offrant a priori plus de nourriture et de sécurité que les plaines franciliennes où ils sont traqués et chassés... On dit aussi que les abeilles s'y portent bien !...

 

Les grandes villes s'étendent et s'étendent les cités ; on dit que l'urbain a « grignoter » sur le monde rural (en quelques trente années) l'équivalent d'un département moyen français !...

 

Je ne suis vraiment pas fait pour ce monde là, j'ai besoin de mes grèves et de mes bois, des « musiques et songes » du silence, d'une Nature où je peux, savoureusement, me « perdre » et ainsi retrouver l'essentiel de ma relation à moi-même et aux forces, énergies et lumières, aux vibrations et dimensions sacrées...

 

Je ne suis pas fait pour ce monde las !




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