Les dits du corbeau noir

Sédentaire et nomade... Liberté et sécurité. Réflexions Bran du

Sédentaire ou Nomade             Réflexion    Bran du 06 10 2013

 

Laissez vos chères et sécurisantes idées au poullailler, au besoin renforcez la protection de celui-ci ( Chien dressé à cet effet, alarme sophistiquée, barbélisation savante, mine anti-renard, caméra de détection, vigie et mirador, etc...) car les “voleurs de poules” rôdent dans votre contrée et pourraient bien accaparer votre tranquilité d'esprit...

Mais qui sont-ils ces “voleurs de volailles” vous délestant de vos “chères idées bien ancrées”et soudain  volatilisées ?

 

Ce sont de trés trés anciens "pérégrins" venus de l'Inde lointaine par gôut du voyage, de la liberté, de la découverte et de l'aventure ; c'est tout un peuple nomade dont la déambulation millénaire interpelle, irrite, courouce, hérisse, crispe, exacerbe, énerve, ceux et celles que l'on appelle sédentaires et qui bien souvent ont troqué leur antécédents liertaires pour une sûreté nomade dont le prix à payé est souvent bien plus élevé que les courbes de leur compte en banque et de leur endettement vis-à-vis d'une vie qu'ils ne sauront jamais rembourser !

 

 

A la porte de leur pavillon ou de leur résidence veillent deux cerbères trés vite effarouchés : la peur et l'ignorance qui ont même collier d'appartenance...

 

Les conflits qui opposent ces deux populations sont aussi vieux que les siècles témoins de leurs affrontements en tout continent.....

 

Car le conflit, bien avant son extériorisation, est comme souvent, intérieur à l'homme qui voit s'affronter en lui des désirs et des aspirations culturellement, socialement, religieusement parfois, en forte contradiction...

 

En quoi le nomade fait-il peur au nomade ignorant, effarouché et fébrile ?

En ce qu'il renvoi au visage de qui l'épie, le surveille, le contrôle, le repousse et le chasse, l'image d'un renoncement, d'un abandon, d'une négation, relative au choix qui a été fait de sacrifier une liberté au seul profit d'une sécurité intolérante et parfois revancharde et jalouse par rapport à ce qui ose la regarder droit dans les yeux sans broncher !

 

Alors oui l'Europe se passe et repasse la “patate chaude” des nomades modernes et voudrait bien les cantonner, les parquer, les oublier, dans des pays supposés être celui de leur origine (Roumanie, Bulgarie, Hongrie...) mais qui ne le sont pas plus que les Flandres ou l'Armorique ou la Suisse, quand on est depuis toujours et par amour “des passagers du vent” et que l'on a cela dans le rêve et le sang !

S'intégrer” voilà la solution, voilà le mot d'ordre, la préconisaton, la "solution miracle"...

Et c'est le suprême reproche fait à ceux qui s'y refusent, car ils pressentent, en cette intégration, un risque de désintégration de ce qui fait leur fondement, leur histoire, leur légende ; ce"la parce que ce qui les constitue en tant qu'hommes et femmes est inscrit dans le mouvement des astres et des saisons, dans le cycle des danses de l'univers, dans le grand mouvement de la Vie elle-même ; une vie qui les mène sur la piste étoilée et sur les routes de lumière qui tanguent entre la vie et la mort, le hasard et la fatalité, l'accueil et l'hostilité...

 

C'es un peuple classé dans la marge des sociétés humaines, mis à part de la concession faite communément au désir despotique de grand confort qui fixe à demeure les élans de ce qui nous reste d'aspirations libertaires...

 

Oui, qu'ils retournent ceux-là , ces demis sauvages, dans leurs villages du Moyen-Age subir les pogroms et l'exclusion systématique perpétrés par de populations farouchement hostiles à leur présence !...

 

Et puis tant qu'on y est pourquoi ne pas promulguer une loi, un décret européen interdisant aux hirondelles et autres passereaux de migrer sur nos territoires paisiblement cadastrés et fragmentés afin que la vie s'y fixe une fois pour toutes ?

 

L'idée même de lutter, de s'opposer à tout mouvement de liberté outrageant nos concessions faites au refus d'aventure, au manque d'audace, au défi face à l'inconnu,  est devenue au cours des temps une véritable fixation !

 

Même les humeurs vagabondes se devraient d'être interdites !

 

Alors oui, si l'on maintient ces derniers “errants” dans un déni de libre existence, si l'on fait passer le buldozzer de l'intolérance sur leur misérable campement dès que le sifflet de l'aube retenti, si l'on bafoue les rares droits encore octroyés, si l'on repousse aux frontières ou renvoit par charters, cela ne peut qu'entraîner et acculer à de fâcheuses réactions d'une partie de cette population qui lors se criminalise au détriment de sa propre culture et de l'image de celle-ci qu'ils continuent de défigurer entretenant alors l'idée pernicieuse de tribus de “voleurs de poules”....

 

Il faut bien peu lors pour globaliser sur tout un peuple des attitudes et des comportements qui ne sont que l'oeuvre fragmentaire, et certes condamnable, d'une minorité de sa composition qui dans certains cas exploite et asservi outrageusement sa propre jeunesse....

Au-delà de la notion de clans, de tribus, de peuple, d'appartenances ethniques se tiennent, sur le ring des oppositions, le sédentaire et le nomade, la fixité et le mouvement, l'élan et la résignation, la liberté et la sécurité ; autant de miroirs et de reflets de nos perpétuelles contradictions !

 

Car tout se tient ici et en cela, enclavé en nos propres frontières intérieures, soumis au diktat du mental et des pressions éducatives socio-culturelles...

 

Le conflit est en nous qui livre ou refuse le passage, qui accueille ou repousse, qui dialogue ou évacue, qui tolère ou chasse avec mépris...

 

Nous avons tous en nous un sédentaire et un nomade qui aspirent fondamentalement à une complémentarité existentielle, mais que nous dressons plus ou moins l'un contre l'autre....

 

Et là réside le fondement de cette réflexion !

 

Bran du ( arrière, arrière petit fils de Rom hongrois ! )



06/10/2013
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