Les dits du corbeau noir

Samain 2011 : Le Roi sacrifié et revivifié

Bran du

27.10.11

 

Viande, bière, noix, andouille…

C’est-ce qui est dû à Samain…

Feu de camp joyeux sur la colline…

Lait barraté, pain et beurre frais…

(Texte irlandais)

 

A l’entrée de la saison sombre les hommes sont en « état de faiblesse » et doivent s’unir à la Déesse pour retrouver des « forces et des énergies »… La végétation décroit et meurt et la vie semble suivre cette « décomposition »… L’homme est impliqué et concerné par cela…

« Un élément fécondant doit restaurer les capacités génésiques du royaume… » P Jouet

Le bon Roi assure la fertilité de la terre et des hommes. Son intronisation en Irlande est «  Banais rige » Noces du Royaume…

Pour Jan de Vries (La Religion des Celtes) « on considère le roi comme le garant du bonheur de son peuple. La principale manifestation en est la fructification du sol sous son règne… »


La Déesse dite Belle saison de l’année se retrouve affirmée en trois jours cruciaux : « la veille de Samain : vegilia samoni. » Elle fait face au roi tragique qui disparaît ( la mort sacrificielle du roi est fortement affirmée à Samain… L’usure du pouvoir guette le roi fragilisé au terme d’un « mandat cyclique »…)


Renouveler, revitaliser, revivifier, la royauté intérieure et ce à l’aide du principe féminin régénérateur… Un temps « souverain » s’achève et initie une nouvelle période souveraine…

Le roi est-il ce grain qui s’enfonce en sa propre terre et « meurt » dans le sein de la Mère souveraine afin de reconduire son rôle souverain « régénéré », redevenu fécond et propice aux fructifications ?

 

La « convention » celtique conçoit un espace « hors espace » et un temps « hors temps » qui font exception et autorisent une totale « remise au Centre » ainsi qu’une libre circulation entre contenant et contenu, Principe, Essence et conception, monde visible et « invisible. »…

Au point crucial du basculement de l’année le « drame » met en scène trois éléments :

  • Un roi dépositaire de pouvoirs qui doit rendre compte du bon exercice et emploi de ceux-ci et qui doit se « revigorer », se « réénergétiser »
  • Une souveraine détentrice du fondement et de l’efficience de « puissances » liées à un Principe et à une Essence divine et sacrée… Qui ne peut octroyer un « nouveau mandat annuel » de « souveraineté » que si le roi a bien été dans l’année écoulée garant de prospérité pour la terre et son peuple et qu’il présente le garanties nécessaires pour reconduire un bon exercice…
  • Une royauté dépendant de l’excellence qui la gouvernera…

Le poids qui repose sur le roi est donc particulièrement conséquent car il s’expose à être « sacrifié » s’il ne remplit pas ses fonctions ou s’il à déchu à celles-ci… On peut mesurer le poids d’une telle responsabilité…


La transposition analogique s’impose ici pour tout cheminant en druidité…. L’Homme est ce « roi » et il aspire à assumer dignement sa « royauté «  en exerçant sur son propre royaume une légitime et exemplaire souveraineté…. Si « l’intention » est bien là, volontaire, consciente, audacieuse elle ne peut s’incarner que par l’octroi par la Femme de la « couronne » royale ( et pour autant que la pierre s’associe par son cri à cette élection et que le chaudron ne se brise pas dans l’entendu des paroles royales censées être « sans mensonges » et sans « faiblesses »)…


Hommes et Femmes sont donc fondamentalement impliqués en tout cela et ont besoin l’un de l’autre, de concilier leur polarité et de rendre celle-ci féconde et généreuse pour leur propre bien être et celui de la Terre…. Beau programme n’est-il pas ?….


En chaque penseur Celte sommeille, en ses « profondeurs », en sa caverne intérieure, un Sid sacré où reposent des figures « solaires et lumineuses », un « collège féminin de valeurs, de vertus, de compétences, de facultés, de capacités créatrices, inspiratrices et imaginatives »… C’est une « île mystérieuse » dont la « princesse Dahut » détient à priori les clefs, ce « royaume englouti ». C’est une île enveloppée de brouillard et de brume qui sont les nuées dont s’entoure l’inconscience ; une inconscience proposée à une navigation et à des explorations révélatrices des éléments majeurs et constitutifs de l’Etre en quête de lui-même et de son Anima et Animus…

C’est sans doute la plus belle aventure que l’on puisse proposer à un être humain, c’est celle que nous propose et enseigne notre Tradition à travers ses mythes et ses récits « éternels »…


Lorsque, compagnes et compagnons, aventuriers du cœur et de l’esprit, quêteurs en druidité auront œuvré tant en eux-mêmes que dans leur communauté d’appartenance, à donner à notre Tradition les outils, moyens, supports, structures, méthodes les mieux appropriés pour la faire connaître, respecter, considérer et « reconnaître » alors rejailliront du coffre oublié des siècles où on l’avait enfermé la sagesse éternelle des terres occidentales et premières… Cette œuvre fondamentale enfin réalisée, il nous appartiendra de faire face et d’accueillir le flot de ceux et de celles qui souhaiteront venir à sa rencontre, en approfondir la connaissance et en incarner l’Essence et le Principe en servant cela, de corps et d’esprit comme nous l’aurons nous-mêmes servi…. (Druides et Druidesses sont servants de la Vie, de l’Amour dans l’accompagnement de la Mort…)

Que puisse croître ainsi en chacun l’Arbre de sa Vie…



27/10/2011
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