Les dits du corbeau noir

ROC TREVEZEL (partie X) bran du

ROC TREVEZEL  (MONT D’ARREE) Bretagne     Partie X   Bran du 17 03 2013

Le roc fait saillit
Dans l’incurvé du mont ;
Arrête de poisson
Fait de landes et de bruyères
Dont la queue se perd
Dans le vert, l’ocre, le gris et le bleu…

Trois cent quatre vingt quatre mètres
Auquel s’ajoute la hauteur de vos yeux…

C’est là que votre verticalité d’homme ou de femme
Se conjugue avec l’étendue ;
Avec les crépuscules et les aurores ;
Là où le corps s’imprègne de souffles et de vents
Comme une voile tendue dans le rêve et le songe…

Là, se mesure la distance faite de rapprochements…

Nulle part ailleurs, et autant,
En cette terre armoricaine,
La sensation d’exister n’est aussi vive ;
Là, on se sent voluptueusement vivant,
Empoigné au col, affouillé en son sang, pénétré au cœur…
Rien à envier aux herbes tremblantes ,
Un frisson de fièvre amoureuse vous secoue par le dedans…

Malgré ce bubon routier qui balafre ce mont de corsaires,
Les herbes veillent depuis des millénaires
Sur leur royaume elfique et sur leurs caches secrètes...


Ce sont ces contrées magiques, ces territoires du "blanc",                                                           Des terriers pour des nains forgerons, des promontoires stellaires,
Des lieux d'affutages pour nos sens et pour nos perceptions...


Là, sont des épées de lumière, des buses et des faucons (les hauts gardiens du Cercle),
Des salles de danse pour korrigan endimanché, des miroirs pour le revers des choses, pour des traversées en face à face, des mots égarés qui cherchent leur poème, des amantes en veuvage de flammes, des oeuvres en fusion, des enjambées de l'âme.

Subtile, ingénu, farceur est cet immense renard roux
dont la tête se perd dans les nuages incendiées, dans les brumes alanguies, dans les bruines obstinées…

Ce lieu vous habite
Bien plus que vous ne sauriez l’habiter…
Ce lieu demeure, une fois que vous êtes passé, inoculé par sa splendeur
De la tête aux pieds !

Mourir là
Serait de bon aloi ;
Au plus près du celtique embarcadère,
Au plus proche de la merveilleuse traversée…

Chaque mousse
Émousse
Le désir d’amour
Quand la nuit se glisse dans les draps éparpillés du jour,
Quand la Femme fait séjour en l’homme accompli…

Nous sommes ici en « Létavia »*
Dans les promontoires de l’Esprit ;
Là où l’être se relie
A ses croyances et à sa foi…

Nulle autre loi ici, que celle des saisons,
Des prunelliers, des fougères et des ajoncs…
Nul autre vibration que ce silence qui fait tambour
D’abeilles et de grillons…

C’est une « enclave d’infini »
Où l’ambassade des schistes
Attend de présenter aux Dieux
Cette offrande qui sommeille
Au creux des hommes inédits…

 

 

*Letavia  ancien nom de la Bretagne



17/03/2013
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