Les dits du corbeau noir

RITUEL DU SOLSTICE D'HIVER 2018 SENSIBILISATION PREPARATION BRAN DU 28 11 NOVEMBRE

 

 

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DU SOLSTICE D'HIVER BRAN DU 28 11 2018

 

 

Ce qu'il me semble souhaitable de connaître et de comprendre afin d' 'incarner, au mieux, de sens et d'Essence, le rituel solsticial de décembre....

 

Depuis Samain, nous sommes entrés dans la partie sombre de l'année, ce que l'on appelle dans les textes anciens « la longue traversée hivernale » et celle-ci peut être éprouvante de diverses façons et, à ce titre, elle était crainte du monde Celte, lequel entourait cette période aux aspects néfastes d'un ensemble de “préventions” et de « protections »....

 

Les « joutes verbales » ou verbal-contests de la nuit de Samain ont grandement participé de cela ; le Verbe druidique, bardique, combattant, refluant, repoussant, les emprises des forces obscures lors du Grand et Délicat Passage...

 

 

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Trois événements majeurs vont ponctuer cette rude et rigoureuse traversée qui s’achèvera à Beltaine lors de la venue, du retour enfin, de la Belle-Saison ; elle-même délivrée des forces négatives et sombres qui la retenait....

 

Dans l'ordre de survenance :

 

la Naissance du nouveau soleil de la nouvelle année (le Mac Oc, le Mabon, Oengus (le jeune fils) (né de l'union de Boan et du Dagda.)

 

Le cérémoniel de la cueillette du gui (qui accompagnait le sacrifice de deux taureaux blancs) et qui exprime la manifestation de la floraison solaire et lumineuse de la vie et ce, au plein milieu d'une nature dont la « mort » est apparente...

 

Et les cérémonies « féminines » d'Imbolc fêtant la naissance des premiers agneaux (l'agnelage ou la lactation des brebis en Irlande)... accompagnés de rites purificateurs impliquant fortement, le feu, la lumière et l'eau.

 

Nous verrons la fête d'Imbolc et celle de l'équinoxe de printemps le moment venu.

 

Trois signes pour signifier que la mort réelle et dans ses apparences ne saurait s'imposer longuement à la vie renaissante laquelle suit alors le cours solaire du cycle des saisons à travers les images et implications mythiques, symboliques et analogiques regroupées à cet effet...

 

Analogie à le sens de semblable à, qui se rapproche de, qui peut être comparé à... C'est une autre manière de voir, d'entendre, de comprendre, de sentir, de percevoir, d'animer, de créer, de vivre donc un entendement qui sur d'autres plans et avec d'autres figures ou représentations peut s'avérer plus difficile à comprendre...

 

Nos Grands Anciens ont souvent fait appel à ces « transpositions » en usant aussi de métaphores, très abondantes dans les récits...

 

Si nous voulons vivre, incarner, nos rituels en « sonnant juste » le plus possible et en pervibrant avec les vibrations « Mères », il est souhaitable de faire nous aussi usage de ces « outils » spirituellement et poétiquement efficaces, efficients et adéquats...

 

Nous ne sommes donc pas abandonnés et entièrement livrés à nous-mêmes au sein des ténèbres de l'hiver, des « hauts feux » sont allumés à trois reprises afin de nous guider, de nous éclairer, de nous réconforter pour sortir dans les meilleures conditions possibles de la longue nuit...

 

Mais c'est aussi en cette longue nuit et finalement par elle, en son sombre berceau, que naît « l'Enfant-Lumière » apparenté à l'aurore née elle aussi de la même nuit et qui va resplendir dans le lever du jour au quotidien du déroulé de la roue de l'année...

 

Ce n'est pas par hasard si les Celtes comptaient en nuit et non en jour car, disaient déjà les Védas du monde indo-européen dont les Celtes sont parmi les « héritiers » : « La nuit est nécessaire puisqu'elle prémédite les aurores ; et il y a beaucoup d'aurores qui n'ont pas encore éclairé le monde. »...

 

La nuit est donc comme une « matrice » indispensable à cet enfantement lumineux et solaire et qui ne connaît la nuit, qui ne l'a pas en soi-même, qui ne la traverse pas avec volonté et courage, ne saura rien de l'aube des naissances et l'Initiation véritable ne sera pas pour lui !...

 

 

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Du Gui : Pline relate sa cueillette par les druides ; cueillette accompagnée par le sacrifice de deux taureaux blancs liés entre eux par les cornes. (Ce serait peut-être selon Françoise le Roux un ancien rite sacrificiel d'élection ou d'intronisation royale.)

 

Le gui est une « plante luni-solaire » pourrait-on dire, elle se cueille (pour les bienfaits qu'elle détient) avec une brillante faucille apparentée à un quartier de la lune, et ce, à une période propice pour les conjonctions les plus fastes à priori...

Les boules venues à maturité exposent en leur rondeur des éléments colorés proches de ceux attribués au soleil, mais aussi à la pureté, à la neige, à la blancheur dorée etc...

 

La façon dont le gui qui pousse entre terre et ciel développe son « architecture » de croissance est symboliquement utile à observer... (Cette implantation doit énormément aux oiseaux qui véhicule le germe.)

Pénétrant l'écorce (tendre de préférence) pour aller s'enquérir de la précieuse sève, il fait surgir un premier rameau lequel sera suivi d'autres mais ordonnés par paires symétriques jusqu'à former, au bout de sa croissance plénière, une boule assez importante et « régulière »... (Le cercle, la rondeur ont donc un rôle conséquent dans la structure de cette « plante »)...

 

Les boules se forment aux intersections, au centre du « V » formé et on pourrait lors comprendre que l'évolution partie du Un se développe à partir du Deux, avec au mitan, au milieu, une forme de transcendance de la dualité opérée par un facteur ou vecteur Trois qui est le lieu de la fructification même !... Le germe jaillit du cercle blanc ou doré reconstituera après l'achèvement fructueux des processus d'évolution un autre cercle lui faisant enveloppe... (Tout ceci constitue un beau sujet de méditation !)...

 

Les peuples Celtes suivaient cela de près et en guettaient tous les signes car cela représentait autant de jalons bordant leurs espérances, confortant et réconfortant celles-ci..

 

D'autre signes seront également attendus notamment dans la période d'Imbolc pour annoncer le retour proche de la Belle Saison : ce sont par exemple la sortie de l'ours de sa caverne ou encore la repousse des bois sur le front des cerfs, le retour ou le passage des oiseaux migrateurs, certaines floraisons particulières et ambassadrices de toutes les autres à venir...

 

Tous les prémices observés sont les bienvenues et font l'objet d'attentions et de vigilances...

 

L'attente du renouveau « extérieur » est donc fondamentale et essentielle et ceci parce qu'elle s'applique tout autant à une « renaissance intérieure » à l'Être qui est appelé à vivre en lui-même et par transposition analogique et symbolique des processus semblables et apparentés...

Et c'est aussi cela qui trouvera toute sa place, qui « transpirera », dans les expressions et manifestations « rituelles » du Solstice d'Hiver, d'Imbolc et de l'Equinoxe de Printemps !..

 

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Voyons ce que nous dit du solstice d'hiver le chercheur émérite Philippe Jouet dans le Dictionnaire de la Mythologie et de la Religion Celtique Embanner Editeur :

 

Des SOLSTICES :

«....... On peut avancer que les solstices étaient des moments importants du festiaire celtique (NDR : ce n'était pas l'avis de CH J Guyonvarc'h qui considérait comme mineures ces étapes.)

 

L'étude des textes mythologiques irlandais montre que les solstices d'été et d'hiver marquent le centre des deux moitiés de l'année (du 01 novembre au 01 mai et du 1er mai au 1er novembre donc) et constituent aussi l’aboutissement des sacrifices célébrés durant les «  quinzaines précédentes...

 

Les deux équinoxes et les deux solstices sont quatre points intermédiaires aux grandes fêtes « majeures ».

Samain est placé à mi-chemin entre l'équinoxe d'automne et le solstice d'hiver.

Le solstice d'hiver se tient à mi-chemin entre l'équinoxe d'automne et l'équinoxe de printemps et également entre Samain et Imbolc celle-ci étant la Fête de sortie de l'hiver et d'ouverture de la Belle Saison (fête recouverte par la Chandeleur). Deiz ar Goulou en breton soit : Jour de Lumière.

 

DE L'HIVER :

 

L'hiver est l'une des deux saisons de l'année indo-européenne séparée de l'été par une période intermédiaire de « retour de la lumière ».

La reconstruction de l'ancienne cosmologie Indo-européenne montre que l'hiver est un temps mort soumis au ciel nocturne.

(Froid et obscurités sont associés dans l'imagerie.)

(C'est la « mauvaise saison » et celle-ci s'est confondue avec la période annuelle d'obscurité.)

 

Pendant cette période dangereuse il faut traverser « l'eau des ténèbres », exploit qui permet d'accéder à la Belle-Saison.

 

Le domaine celtique a conservé les conceptions indo-européennes de la religion cosmique qui lui ont fourni schèmes narratifs et images.

 

L'opposition Hiver/Eté sert de cadre o de nombreux récits (dont les courtises dans l'Autre-Monde, Kulhwch et Olwen, le Trystan gallois etc...)

 

L'hiver est associé à l’eschatologie ( fin de règne ou de cycle) voir le beau récit de la fin du roi Muirchertach qui est victime des éléments déchaînés : vent, tempête, neige... qui accompagnent les « fantômes du Sid »)

 

Les puissances infernales s'incarnent en divers personnages...

 

 

 

 

 

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DU GUI :

 

Le gui est très présent dans l'iconographie celtique sous la forme d'une double feuille servant semble-t-il de coiffure (en relation avec le thème de l'Arbre de Vie irlandais.)

 

Sa cueillette dans le cadre d'un rituel est évoquée par Pline avec le sacrifice de deux taureaux blancs.

 

Il est pour les druides : « celui qui guérit tout ».

En breton on a en ce sens « Deur Derf » ou « Dour Deru »

et en breton de haute Cornouailles « Uhelvat » : « Haut Bon ».

 

Le gui à trois caractéristiques majeures associées au chêne :

il est aérien, parasitaire et toujours vert...

 

C'est une image du « souffle d'immortalité »...

 

Il évoquerait bien « une vie qui doit revenir. » (César) ou ces âmes immortelles « qui survivront seules » quand il ne restera plus que « le feu et l'eau » (selon Strabon)...

 

Les grandes expéditions militaires ont dû s'accompagner d'une doctrine de l'immortalité qui exaltait une conception particulière des « âmes-souffles » illustrée par le signe de la feuille de gui

(une conception extrêmement ancienne revigorée peut-être dans ce contexte.)

 

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Autres commentaires :

 

Le gui apparaît donc bien comme étant un élément signifiant étroitement associé à l'idée d'une renaissance à venir, que ce soit celle de la végétation, de la fécondation, du renouveau terrestre...

mais, aussi, dans la perspective d'un au-delà de l'existence humaine...

Il ne peut-être que « sacré » est associé à la couleur blanche elle-même synonyme de sacré et de pureté... (D'où la saie blanche du druide, le lin blanc qui le recueille sans qu'il ne touche terre pour garder ses vertus « célestes », d'où les jeunes filles vierges qui tiennent le drap en lin aux quatre coins...)

 

Cueillir le gui a donc une signification qui transcende largement et profondément l'emploi auquel nos sociétés modernes l'ont affecté même s'il demeure heureux de s'embrasser en sa compagnie !

 

Puisse ce gui qui « guérit tout » guérir aussi les blessures de notre âme assombrie par toutes les exactions monstrueuses des siècles derniers ! Puisse-t-il concourir à épurer nos scories hivernales et à « blanchir » le ténébreux de notre cœur...

 

Voici donc la trame du solstice d'hiver et il nous appartient de tisser à partir de cette trame un rituel cohérent, appliqué, ajusté, solide, fervent, aimant et beau !

 

Il n'y a plus lieu de solliciter le sang des taureaux pour

co-participer du « sacrifice » lequel à pour signification essentielle de rendre « sacré » un espace, un temps, un lieu, un cercle et tout ce qui se trouve et s'anime, se formule et s'exprime en celui-ci en termes d'osmoses et de symbioses entre l'humain et le divin...

 

Nous sommes, chacun, tous et ensemble, « l'offrande » et donc en cela le « sacrifice » et celui-ci implique don et contre-don, c'est-à-dire des gestes et des pensées d'amour, qui sont dans une véritable intention et manifestation d'amour...

Il n'y a pas de place ici pour ce qui ne serait pas de cette « intention sacrée et majeure » !...

 

Si nous ne sommes pas en capacité, en volonté, en désir, en conscience, en lucidité, de vivre, d'incarner, de partager, d'offrir ce « sacrifice » alors il vaut mieux s'abstenir de parasiter inutilement cette Haute Fréquence dont les ondes, les fluides et les flux orchestrent toute la musique des sphères !...

 

 

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28/11/2018
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