Les dits du corbeau noir

Rituel de Lugnasads bardi d'accompagnement Bran du 02 08 2013

Bran du 03 08 2013  (Etude d'un rituel : la Lugnasad...)

 

GOUELEOST (Fête d’Aout) non britonnique de la Lugnashad…

Une fête concélébrant la souveraineté de l’être  (Etant et ayant été !)
(Cette souveraineté étant conférée par la Terre Mère selon la dignité du « prétendant »…)

Pour Henri HUBERT «  On y trouvait l’éminente dignité des rites agraires mis au premier plan de la vie religieuse avec leurs mythes. »

Lug : Lumière, briller…  Fils de Cian (le lointain) et fils adoptif de Tallan (Tailtiu). Il est situé entre le diurne et le nocturne (entre « dieux et démons »).
En temps que dieu « crépusculaire » il agit aux limites du temps et de l’espace… il est apparenté aux ‘Fianna » par sa mère Eithne…
(Les grandes familles d’Irlande l’ont revendiqué comme ancêtre…)

Le jeune Lug Samildanach s’équipe à la jonction du jour et de la nuit lors de la seconde bataille de Mag Tured (contre les Fomoire et le roi avare Bres)…. Il est admis chez les Tuatha Dé Danann après une série d’épreuves. Il deviendra leur stratège dans la bataille décisive… Il crévera l’œil maléfique de Balor d’une balle de fronde. Il se livre à des rites magiques (satire, louange belliqueuse, dépréciation et éloge…)


Il obtient de Bress les secrets de l’agriculture… Il est l’incitateur des fonctions souveraines et artisanales. Il est l’homme de chaque art et de tous. Il est le vainqueur des épreuves trifonctionnelles de force, d’intelligence, de musique…
Lug interrogera à son tour les Dieux sur leurs facultés et capacités…


Lug ne prétend pas à la royauté lui-même et n’exerce aucun des métiers indiqués dans les textes… (Charpentier, forgeron, champion, harpiste, héros, poète, sorcier, médecin, échanson, artisan)
Il ne remplace pas les dieux dans leurs attributions…
Sa seule fonction est d’inciter les dieux des fonctions supérieures de les mobiliser pour le salut commun.
Le mythe de LUG est essentiellement le RENOUVELLEMENT…

Ce qu’il est bon de savoir afin d’accéder à la « connaissance » !
(Source Philippe JOUET Dictionnaire mythe et religion…)

« Une assemblée sans mensonge ni querelle où chacun se tient à sa place… »

Le roi est mythiquement associé à Lug, il se doit comme lui d’entretenir une source de richesse pour son peuple (pour rappel la mort de Tailtu a eu pour conséquence d’assurer la richesse agricole aux irlandais.)
Lugnasad garantit au roi ses capacités et facultés d’être associé positivement et efficacement à l’œuvre de la terre productrice et ce par l’entremise de Lug.

C’est la commémoration de la mort sacrificielle d’une déesse de la Terre, productrice de biens…(associée aux défrichements du sol)…

Lug est le « patron » de la Lugnasad… il apparaît comme le « protégé » et l’époux estival de la terre productrice…
Il est associé à la fertilité… (La victoire des Tuatha De Danann  sur les « voleurs de terre » (Fomoire) était probablement fêtée à Lugnasad…
La promesse de belles récoltes est associé à cette fête… c’est la conséquence heureuse de l’intervention des dieux à la bataille de Mag Tured…
Lug permet la multiplication et la circulation des « richesses »…

Les TDD doivent mobiliser les fonctions souveraines et artisanales, vaincre les agresseurs, rallier les « terrestres » (les agriculteurs), fonder une société complète et durable. Lug est leur stratège pour cela…

Lug (Un ancien dieu de la religion cosmique) accédera au statut de dieu, à l’immortalité, après avoir été vainqueur de 3 épreuves et invité au festin d’immortalité (qui le rend ivre et joyeux) la veille de son combat… Son arme, c’est la lance apportée des îles du Nord du Monde…
Son fils est Cuchulain. Il sera soigné par lui avec des herbes et des charmes appropriés…
Lug c’est l’Hermès celtique…
(Il fait jaillir le jour de la nuit !)
Il est associé au lever du soleil et plus vraisemblablement à l’Etoile du matin…
Il agit d’ailleurs au crépuscule, à la naissance du jour… (Il est dit pour cela Lug à la main rouge.)
Il est l’inventeur des courses de char, des combats de chevaux…
Il n’est « chef de guerre » que temporairement…
L’association de Lug au corbeau est incertaine et secondaire…
C’est une fête d’obligation, une « solennité » comportant des jeux funèbres…
(Le centre des cérémonies est toujours une sépulture…)
Des marchés ou foires sont tenus à cette occasion…

La 1 aout c’est la grande assemblée concluant alliance et mariage…

La fécondité, la fertilité, la vie y sont encouragés, provoqués par des procédures où interviennent tous les groupes fonctionnels.

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Apport Bran du :

Ce que nous pouvons retenir des « matériaux » et des « éléments » précités pour mener notre réflexion puis mettre en œuvre l’action, l’œuvre adaptée, l’ouvrage adéquat, qui en découle…

Commémorer par le rite, solennellement, le sacrifice opéré par la Terre-Mère (Tailtiu pour l’Irlande) et ce en ces calendes de Lugnasad (Goueleost, pour les bretons) comme celle-ci l’a demandé à ses enfants avant de mourir épuisée. (Après avoir défriché la terre pour permettre les ensemencements et les moissons de l’avenir…)

Lug a lui-même institué cette « commémoration » et nous sommes invités à l’image du « dieu » à remercier la Mère pour le sacrifice réalisé à notre intention.
On notera l’extrême actualité et pertinence de cet acte qui associe écologie, « culture », reconnaissance, philosophie et spiritualité….

Si Lug exprime par-dessus-tout le « renouvellement », le recommencement de toute chose qui du nocturne passe au diurne, de l’obscurité passe à la lumière,
notre propre expression, nos formulations, s’inspirent de cet acte de reconnaissance et de perpétuation du « souvenir »…

Nous sommes conviés, analogiquement, symboliquement, et de toute notre « incarnation », à répéter, à revivre, cette commémoration, à dire le « Grand Mercy », notre immense gratitude, pour Celle qui à offert sa vie pour permettre la nôtre…

Si la Mère, la Déesse-Mère, est au cœur du sanctuaire de notre célébration, l’Esprit de son fils adoptif ; Lug, nous accompagne en celle-ci….
A son image, il nous appartient, si nous en avons conscience, connaissance, désir et volonté, de participer nous aussi à une dynamique de renouvellement des « valeurs » fondamentales qui participent d’une régénération, d’une revitalisation, de la Vie et de notre propre existence…

A cette image nous sommes appelés à devenir aussi des « multiples artisans », des ouvriers multifonctionnels de la vie en investissant tout le champ de la connaissance, de l’expérience, de la novation…

Œuvrer aux côtés de Lug, c’est retrouver en nous la royauté de notre domaine intérieur, une véritable souveraineté (validée par le « Féminin ») qui nous permet d’assurer la meilleure régence possible de l’être que nous sommes et de ses aspirations à se parfaire pour le meilleur service du vivant…

Il nous est proposé ainsi de satisfaire à diverses « épreuves » qui feront appel à notre « force » morale, psychique et physique, au bon emploi de notre intelligence et à nos facultés d’accorder l’instrument que nous sommes afin qu’il demeure en accord et en harmonie….

Il nous appartiendra donc en cela et par cela de prodiguer à notre tour des « vraies richesses » au sens où l’entendait aussi Jean Giono soit celles qui servent la vie et ce qui la Constitue et non les outils ou entreprises qui la desservent…

Fêter Lugnasad, c’est conclure aussi notre alliance, nos noces de cœurs, de pensées, de songes, d’âme et d’esprit dans l’entendement avec ce qui Fut, Est et Sera, de toute éternité pour toute éternité…

 

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Bran du / 1981 et Août 2013    Bardi

Le dit d’Esras, le druide :

Esras, le druide, a enfourché sa jument d’écume.
En de fougueux rouleaux, il a rejoint la rive
Et le voici, serein, paisible, ayant dompté les flots,
Prenant repos sur le blanc sein d’une jeune fille…

Qui nous dira d’où s’en vient Esras le druide
Et d’où proviennent, sur ses lèvres, ses mots
Qui s’envolent en nuée d’oiseaux
Nous parlant de sentes, de passages et d’îles ?
Qui nous dira d’où s’en vient Esras le Druide ?

Esras : « - Je suis le gardien fidèle de l’île bienheureuse,
Celui qui ouvre le passage dans le secret du cœur…
Je vous enseigne la secrète brûlure, ce feu intérieur
Qui vous submerge d’une immense et douce chaleur ;
Qui en vous se répand et se donne sans mesure,
Vous redonnant joie, vie, souffle et ardeur…

Si déjà brille en vos yeux la rouge flamme du chant,
La spirale pourpre de la danse, son envol, son élan
Et qu’en vos rêves s’assemble la noce des éléments
Alors, vous le verrez venir, le Grand Corbeau de Mer ;
Vous le verrez jaillir de l’aube, de l’horizon flambant
Vous le verrez ramenant l’aurore sur la terre,
Vous le verrez recouvrir sa Mère d’un manteau de lumière
Infiniment aimant…
Vous le verrez, l’aimable enfant, offrir le ciel en son levant
A ceux et celles qui, en leur cœur, fredonnent un même chant
Pour la Mère…

O Lug ,Grand corbeau des mers, des océans,
Puise tes ailes, tes ailes de lumière, nous envelopper
De ta clarté, puissent-elles nous éclairer en nos obscures demeures…
Puissent tes rémiges sacrées se déployer en notre coeur
Afin que soit en nous, un matin incendié de Bonté et de bonheur….

… Celui-là s’en vient par delà les plaines du soleil,
Par delà les prairies, les tertres, où la mémoire repose ;
Auprès de toute chose, sa présence aimante se pose,
Ses ailes recouvrant les collines de l’Eveil…

Des branches de l’oubli surgit une étincelle
Et la lumière fuse en rais d’apothéose…

Lors s’ouvre l’églantine et ses pétales de rose !….

C’est lui le Messager de la Lumière,
Lui le garant de nos métamorphoses…
Par lui se libèrent nos justes pensées encloses
Qui , aimantées, se conjoignent à la Farine de l’Air…

Offrons la volonté de nos fronts aux trois rayons de sa fronde solaire…

Vous êtes appelés au zénith de sa blanche parole ;
A faire assemblée d’amitié dans l’aura de son Nom ;
A concélébrer les Noces de la Terre, à louanger la Mère
(Qui a tout donné afin que nous soyons), dans ce Merci élevé
Vers son immense coupole…

C’est Lug, le maître des Deux Dragons,
Qui fait souvenance de sa mère nourricière
Qui vous invite, en son nom, aux forges du Soleil, aux divines moissons…

Soyez l’offrande et soyez le don…
Et que de tout l’offert, ne demeure, de reste, que de lumière, qu’une danse, qu’un chant, qu’une unique vibration ! »

 

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Invocation…   à LUG      16 12 2001  et août 2013     Bran du

Toi, Visage du soleil,
Œil du jour, Aigle et faucon,
Epervier à l’immense paupière,
Toi qui veille sur tout l’univers
Splendeur est ton nom
Rayonnant comme le miel
Pour la joie des abeilles
Dans le rucher de Lumière…

O Toi, le Grand Artisan
Multiplement savant
Toi, le rouge de la science parfaite
Toi qui couronne l’année et les fêtes
De l’Aura de ton renom,
Etend tes longs bras
Vers ceux tendus de notre quête
Qu’ils soient animés d’un nouveau sang, d’un nouveau vent
D’une nouvelle loi et parcourus de la sève du don
Par cela que le cœur aspire et souhaite ;
Par ton exemple et en ton nom….

Que croisse enfin l’or du rameau
Sur l’arbre d’ombre que tu élagues…

Toi, le Grand Taureaux
Le Souffle puissant d’écume et de flots
Chasse de nos cœurs l’épais nuages
Libère l’oiseau en notre cage
Ouvre-nous le grand passage
Que soient rompus tous les barrages
Qui font obstacles à nos ruisseaux…

Pour toi, je lève ma coupe
Et les mots que je regroupe
Forment un poème ; un rouge flambeau
Qui dans la nuit éclaire ton visage
Qui sur nous se penche
Comme une étoile sur un berceau
Où tout s’enfante, d’âge en âge…

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Mère…                      Bran du     Lugnasad 2006

Grande est notre Mère
Grand est son cœur, plus grand, plus immense que toutes les vagues de l’océan, Que tous les flots de l’espace et du temps bercés de mille rouleaux de lumière….

Mère nous t’honorons, nous te nommons…
Nous te disons Berceau, Matrice Première,
Corbeille des dons et Mannes nourricières,
Prodigue sourcière abreuvant le Chaudron…

Mère, aimante, toujours présente,
Sur le dur chemin des êtres de songe et de sang…
Mère, veillant déjà  sur nos premiers parents,
Sur leurs rêves, leurs luttes, leurs doutes et leur évolution…
Mère des layons, des routes et de sentes,
Mère de tous nos envols, de toutes nos navigations,
Mère pourvoyeuse, mère bienfaisante,
Vers toi, nos cœurs, nos mains, nous élevons…

Tu es source et fontaine du vivant ;
Immense puits ou puiser sagement
La clarté, la pureté, la belle transparence
De celle qui enseigne ; sagesse s’écoulant
Dans la vallée de nos sens et de notre intelligence
Serpentant entre les berges de la mort et les rivages de renaissance…

Mère sans cesse réengendrant,
Faisant naître, croître, mûrir et s’épanouir l’Arbre aux fruits vivants…
Mère du souvenir, Mère du devenir,
Mère de ceux qui vont, espérant…
Mère de tous les instants, Mère de tous les présents
Offrant à ses enfants les aubes à venir…

Mère de tous les secours, de tous les recours ;
Mère qui s’ouvre d’Amour sous le soc des labours,
Nous confions à tes soins, l’espérance de nos lendemains ;
Que reposent en ton sein, les semences et le grain, de notre humain séjour…

 

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Roulent les meules au pentu des collines
- Le feu s’en va boire aux ruisseaux de la vie -
Chants et clameurs jaillissant des poitrines…
Au sommet de l’été, Vivre lance son cri !….

A Lug, l’hydromel et le vin ;
A sa Mère, la gerbe et le pain,
A nos Dieux et Déesses, le miel de nos paroles,
Nos rondes, nos caroles et la flamme de nos feux…

Pour la source qui sourd,
Pour le printemps revenu,
Pour la terre sur le tour
Qui s’élève dans les nues,
Reçoit Esprit Divin, reçoit Essence divine
De notre Amour, l’encens et le parfum…

A Lug, l’hydromel et le vin ;
A sa Mère, la gerbe et le pain,
A nos Dieux et Déesses, le miel de nos paroles,
Nos rondes, nos caroles et la flamme de nos feux…

Tournoient les gerbes d’or,
Au soleil de nos mains…
Ce sont ballets d’étincelles
Qui tournoient dans le ciel,
Qui saluent en l’aurore
Les rayons qui s‘éveillent
Comme s’éveillent en nos corps
Les lumières de l’humain….

A Lug, l’hydromel et le vin ;
A sa Mère, la gerbe et le pain,
A nos Dieux et Déesses, le miel de nos paroles,
Nos rondes, nos caroles et la flamme de nos feux…



02/08/2013
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