Les dits du corbeau noir

RIMBAUD : Messages aux Bardes d'aujourd'hui Texte de Bran du adapté de la pensée rimbaldienne Sept 2015

RIMBAUD...

 

«Rimbaud : un mystique à l'état sauvage.» « Une source perdue qui ressort d'un sol saturé. »

"Une méthode non une alchimie du Verbe. Une transmutation, une sorte de décantation spirituelle."   Paul Claudel

 

Le hasard qui me donne à chaque fois rendez-vous m'a mit en présence d'un exemplaire de La Nouvelle Revue Française (L'illustre N.R.F.) de 1912 comportant un article sur Rimbaud signé de Paul Claudel mais, surtout, reproduisant deux lettres du poète des Illuminations et d'une Saison en Enfer écrites le 15 mai 1871 à Charleville... Ces lettres contiennent en substance des éléments de pensée et d'inspiration qui serviront de ligne de force pour la rédaction des poèmes précités...

 

On y retrouve les thèmes développés par la suite tels que :

 

«Je dis qu'il faut être voyant, se faire voyant ( par un long et raisonné dérèglement de tous les sens.)

 

Ce «voyant» se doit d'expérimenter : «Toutes les formes d'amour, de souffrance, de folie ; il cherche lui-même, il épuise en lui tous les poisons, pour n'en garder que les quintessences...

Le poète arrive ainsi à l'inconnu !

 

Donc le poète est vraiment voleur de feu. Il est chargé de l'humanité, des animaux mêmes...

Il devra faire sentir, palper, écouter ses inventions.

Du reste toute parole étant idée, le temps d'un langage universel viendra.

Cette langue sera de l'âme pour l'âme.

Résumant tout, parfums, sons, couleurs, de la pensée accrochant la pensée et tirant...

Des poésie toujours pleins de nombre et de l'harmonie...

La poésie ne rythmera plus l'action ; elle sera en avant...

 

Les poètes seront ! Quand sera brisé l'infini servage de la femme, quand elle vivra pour elle et par elle...
Elle sera poète elle aussi...

La femme trouvera de l'inconnu...

Elle trouvera des choses étranges, insondables, repoussantes, délicieuses ; nous les prendrons, nous les comprendrons - en attendant, demandons aux poètes du nouveau, idées et formes.»

 

«Nous ne sommes pas au monde. La vraie vie est absente.»

 

«Par l'Esprit on va à Dieu.»

 

«Je vécus, étincelle d'or de la lumière nature.»

 

«Les pensées ne mûrissent pas d'être dites.»

 

«Reconquérir notre état primitif de «Fils du Soleil.»

Trouver «le lieu et la formule»...

 

«Pour le poète le monde et lui-même se découvre l'un par l'autre.»...

 

«A chaque être plusieurs autres vies.»...

 

 

Dans sa lettre de 1871 il nous dit que «La première étude du poète est de faire la connaissance de soi-même... de chercher son âme puis la cultiver.»...

 

(Pour rappel Rimbaud brûla ses manuscrits.)

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Commentaires Bran du Sept 2015

 

C'est là une pensée des plus «païenne» que la pensée rimbaldienne et les bardes et poètes peuvent reprendre à leurs «contes», si je puis dire, les pistes audacieuses dégagées il y a plus de 144 ans par un voyant dérobeur de feu nommé Rimbaud....

 

 

Message Rimbaldien aux Bardes contemporains.... Bran du 04 09 2015

 

Le Prince des poètes, le «visionnaire» du «je est un autre», annonce, et en quels termes vibrants et magnifique, la venue attendue et espérée de la «Femme-Poète» ; Celle qui nous initiera de nouveau aux valeurs essentielles, élémentaires et fondamentales constitutives d'une réelle humanité...

 

Ce féminin détenteur, dépositaire, héritier de la souveraineté du corps, du cœur, de l'esprit et de l'âme est, en effet, en mesure de restituer à l'homme, «élu» en conscience, désir, volonté maîtrisée et connaissance, la noblesse et la dignité masculine qui lui font tant défaut pour se mettre pleinement au service de la vie, de ce qui l'anime et la perpétue...

 

J'ai connu, publié et apprécié ces «Femmes-poètes» (Béatrice Kad, Audrey Bernard, Jeanne Maillet, Francine Caron, Colette Plantier, Anne pernelle...et bien d'autres encore) ; elles m'ont nourri et abreuvé d'une écriture lumineuse et forte portant vision au-delà et par-delà les remparts d'orgueil et de suffisance dont s'entoure encore l'homme aujourd'hui...

 

C'est en cette «Poésie Féminine» qui sait battre et forger le fer et en tremper la lame nue dans le braiser de sources, de feu et de songe que je crois aussi pour pourfendre la bêtise et l'absurdité d'un monde masculin qui ne sait pas voir au-delà de son nez et qui bafoue la vie sortie du ventre même de l'Amour !...

 

Le Féminin ; et c'est là une de ses vocations, est cette Pythie qui veille sur le Chaudron, sur la Divine Matrice des êtres et des choses ; chaudron qui repose sur le trépied aux trois questions éternelles :

D'où vient l'homme ? Où en est-il de son rapport à la vraie vie ? Et vers quel destin avance-t-il et comment et avec quelle étoile pour éclairer son cheminement dans l'obscurité du cœur humain?...

 

Rappelons nous l'immense place qu'occupe dans le Monde Celte un féminin sans lequel il n'y aurait pas de Panthéon celtique ; les Dieux devant leur propre existence à la Déesse et étant assisté dans leurs fonctions et attributs par des parèdres complétant, éclairant, leurs compétences et facultés....

 

C'est aussi le monde Celte qui nous offre les plus émouvants et brûlants récits ; ceux relatant des amours d'une intensité faite de sublimation et portant à la fusion le corps et l'esprit dans la forge céleste et marine du Don magnifié et de l'Offrande consacrée par le temps, l'espace et la mémoire...

 

Comme toutes les sagesses d'Orient et d'Occident, Rimbaud invite l'Etre en devenir à se connaître lui-même, à inscrire sur son propre front ce qui été gravé sur le fronton du temple Grec il y a plus de 2000 ans :

«Connais-toi toi-même»... Et de ceci découlera «la connaissance de l'Univers et des Dieux»...

Et c'est Par l'Esprit que nous allons à «Dieu» rappellera encore et encore le poète de Charleville....

 

Le «Message» Rimbaldien est, o combien, d'actualité et des plus salutaire et pertinent quand il nous livre cette interpellation majeure relative au fait que nous sommes encore des hommes et des femmes qui ne «sommes pas au monde», mais dans une société inféodée à la matière où «la vraie vie est absente ! »...

 

C'est ici un appel ardent qui cingle le front du devenir avant que la désespérance, l'incompréhension, la petitesse humaine et sa médiocrité, ne bandent les yeux du «visionnaire.»...

 

Reconquérir notre «état primitif» voilà une recommandation impérieuse qui implique que la science sache garder sa place, l'intelligence la sienne et les capacités sensorielles et émotionnelles de même et qu'elles toutes soient en mesure et sagesse de collaborer ensemble aux véritables entendements aptes à pénétrer et éclairer cet Inconnu que nous sommes dans tout l'univers à connaître...

 

Etre «primitif» selon Rimbaud ; c'est redevenir des «Fils du Soleil », de l'Oeil de Lumière, comme le nomme notre Tradition celtique ; des fils aimants qui donnent préséance à la Lumière, au Rayonnement lumineux, au rejaillissement de l'aube et de l'aurore, aux rais printaniers sur tout l’amas des ombres qui obscurcissent et enténèbrent le cœur et la pensée humaine....

 

Le «sauvage» n'est pas le «barbare» si longuement dépeint et si stupidement par des historiens et chercheurs imbus d'ignorance et d'obscurantisme....

Nous avons grand besoin d'un «ensauvagement» revitalisant et régénérant qui fait l'économie des artifices, illusions, arrogances, si communes hélas dans les comportements de nos contemporains...

Nous avons besoin d'une nudité de corps, de cœur, d'esprit et d'âme qui nous offre enfin le revêtement lors de l'essentiel, du primordial, de l'élémentaire et du fondamental !...

 

Primitivement et originellement nous avons rendez-vous avec la souche et la source de notre Être, avec l'humus et le terreau matriciel au sein duquel nous pourrons ensemencer et faire germer et croître l'Etre nouveau et ses ramifications «arbustives» avec tout l'Univers visible et invisible...

 

Nous renouerons ainsi avec les mythes ancestraux et les archétypes qu'ils véhiculent et qui demeurent des plus opérationnels dans les mutations, transformations, présidant aux changements des comportements suicidaires et des attitudes destructrices dont se pare notre «modernité» engagée dans le déclin par son orgueil démesuré...

 

Nous retrouverons cette juste place qui nous est assignée depuis la première Aube, entre l'arbre et la pierre, la mousse et l'écume, l'eau et le feu, l'air et l'éther, le cerf et l'aubépine, le saumon et le faucon....

 

Nous serons alors, véritablement et essentiellement ces «étincelles d'or de la Lumière/Nature» car notre «Nature» d'homme et de femme sera devenue «Lumière» !

Le «bon heurt» inaugurera ces gerbes d'étincelles allumant, rallumant, les hauts brasiers individuels et communautaire de la joie...

 

Nous somme conviés à vivre «toutes les expériences» que la vie nous propose en isolant toutefois le «poison» caractériel et égotique afin de trouver le bon remède à notre existence....

 

Transcender et harmoniser les contraires, les dualités en présence si souvent conflictuelles et stérilement affrontées, nous amènera à une quintessence d'Être , nous serons, lors, avec l'Univers, unis comme les cinq doigts de la main !...

 

Pourquoi cet immense et raisonné dérèglement de tous nos sens ?

Pour nous mener, simplement, naturellement, vitalement, à la rencontre de l'Essence !...Au berceau natif de notre présence au(x) monde(s)....

 

Car derrière le manteau opaque des brumes et les nappes de brouillard qui s’abattent régulièrement sur les plaines du devenir et les sommets du futur

s'étendent la claire vie et le clair paysage , le clair visage, la claire Lumière qui nous donneront figure d'Etre....

 

Lors nous serons «en charge de l'humanité et des animaux» de même...

Nous ferons de sorte comme Pierre Rabhi ,et ceux et celles qui se sentent aussi des humbles mais efficients et solidaires «colibris» ; nous prendrons soin de la vie actuelle et à venir....

 

Le silence des «origines» qui est la matrice de tout chant, de tout rythme nous enseignera les sons primordiaux et les mots d'importance avant que ceux-ci ne roulent comme vagues et marées sur les grèves et rivages humains en attente de compréhension et d'adhésion...

 

Car c'est de cet utérus silencieux mais pervibrant et accordé à toutes les vibrations primordiales que naîtra un nouveau langage, épuré, désencombré de tout verbiage, de tout artifice ; un langage de portée universelle sur laquelle chacun pourra écrire sa partition harmonisée avec celle du «Tout Cosmos » et oeuvrer de concert à la restauration de l'Harmonie et de ce qu'elle diffuse et dispense de paix , de créativité, de pensées et d'actes symbiotiques...

 

Il sera alors de nouveau possible à partir de ce langage d'eau et de feu, de souche et de source, d'offrir de «l'âme pour l'âme» , des mots, des sons, des syllabes, des voyelles, des consonnes en gerbes de moisson, en corbeilles de noces et rubans de mariés...

 

Tout se résumant là dans un galet ou un coquillage ou dans la nacre de celui-ci ou l'arrondi de celui-là  !..

 

Lors la pensée retrouvera son cycle des saisons et des âges, sa roue, ses barreaux et son moyeu, son rythme originel et participera des avancées et des progressions au sein d'une Loi d'Evolution dont les Etres seront partenaires et solidaires...

 

Etant en état de «pur réceptivité», il nous appartiendra lors de retransmettre fidèlement, authentiquement, par le canal ouvert et offert de notre vie, branchées et ramifiés aux ondes les plus sacrées et divines,

les flux et influx fondamentaux reçus en nos veines, en notre sang, en nos rêves et songes, visions, respirations et inspirations, afin qu'ils se conjoignent, s'enlacent et s'entrelacent avec toutes les musiques des sphères pour animer, de concert ; les rondes et autres danses de l'Univers...

 

C'est cela qu'il appartient au barde (dont toute l'étoffe est faite de ce tissus vivant) : de témoigner par une Parole novatrice, ruisselante, ardente, écumante et enflammée, tissée d'expériences positivées et éprouvées, afin de maturer les idées et de «propulser l'action qui en résulte» dans le cercle des potentialités et des possibilités ouvertes et offertes à ceux et celles qui veulent tenter audacieusement, en toute liberté et conscience, l'aventure prodigieuse et magnifique de la Vie....

 

Lors la parole ajustée et accordée sera en mesure de faire «palper» la vie sous la paume confiante et aimante qui en caressera la fougueuse échine....



04/09/2015
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