Les dits du corbeau noir

REFLEXIONS VOEUX ET DEVOIR DE MEMOIRE 2018 BRAN DU 11 01 JANVIER

 

Reflexions de début d'année civile 2018   Bran du

 

De la Toussaint et des Voeux et souhaits annuels :

Une convention sociale, un « us et coutume » collectif institutionnalisé !...

 

La Toussaint :

 

Chaque année, au mois de novembre, on célèbre le souvenir des défunts en se rendant sur leur tombe et en fleurissant celle-ci...

C'est le devoir collectif de « mémoire » ; un instant privilégié et unique dans l'année consacré à ceux et celles qui ne sont plus...

 

« Faire mémoire » n'est pas une affaire ponctuelle et « programmée », mais un acte, une pensée, de tous les jours et de tous les instants.

 

Nos sociétés européennes ignorent ce que l'on appelle en d'autres continents le « culte des ancêtres » ; celui-ci a pourtant bel et bien existé (ne serais-ce que dans le monde Celte où des autels dits domestique ou familiaux existaient associant à divers cultes (prières, invocations, offrandes voir sacrifices) un hommage aux Anciens et Anciennes, aux « héros » de la communauté, aux souverains ou souveraines dignes de leur fonction octroyée.)...

 

Notre Tradition nous invite à cultiver et entretenir en permanence notre mémoire et tout ce qu'elle contient des liens passés et ce, non pas une fois dans le déroulé de la roue de l'année, mais autant de fois que notre cœur nous y invite...

Cette mémoire est d'ailleurs célébrée collectivement lors de chaque rituel tenu au sein de la dite roue de l'année...

 

Nombre d'entre nous possèdent chez eux un espace dédié à cet effet...

 

Par extension de ce fleurissement sporadique d'une mémoire enfouie dans le quotidien, on pourrait aussi se porter avec un « fleurissement de l'esprit », sur le marbre froid sous lequel résident nos désirs enterrés, nos rêves avortés...

(Tout ce que nous avons laissé mourir en nous de nos élans et pulsions les plus légitimes et « naturels.»)...

 

Notre cœur est bien souvent un cimetière où gît la figure décharnée de nos renoncements à Etre !...

 

En ce qui concerne les vœux de santé, de bonheur...

 

De même, on ne saurait limiter ce désir de notifier notre amour, notre affection, notre amitié, nos sentiments altruistes et compassionnels, selon le code calendaire instauré pour le faire ; code fixé depuis fort longtemps d'ailleurs au mois de janvier...

 

Faire part de notre attention, du souci que nous avons de ceux et de celles pour lesquels des liens affectifs existent est « naturel », mais ne saurait se limiter à un signe ponctuel et conventionnel, institutionnalisé pour tout dire...

 

Que reste-t-il véritablement des sentiment et vœux formulés, des témoignages exprimés, une fois la date conventionnelle de cette manifestation terminée ?

 

L'amour et l'amitié, l'empathie, la sympathie, ne se formulent pas dans le temps limité imparti à cela, mais s'exercent et se pratiquent autant qu'il est possible de les manifester et d'en faire témoignage le plus souvent possible avec la sincérité et l'authenticité de nos sentiments...

 

Nous sommes, ô combien, responsables des liens d'amour ou d'amitié que nous créons (c'est ce que nous rappelle le Petit Prince de St Exupéry.)...

Nos rituels comportent également des vœux solidaires pour ceux et celles qui se trouvent affectés par un deuil, par des problèmes de santé physique et ou psychique ou par des épreuves lourdes, conséquentes, diverses et variées, affectant eux-mêmes ou leurs proches, relations et amis.

 

A ces vœux s'ajoutent ceux que nous faisons pour toute la communauté humaine planétaire, pour l'environnement humain et pour tous les règnes affectés par l'arrogance et l'orgueil que nous dispensons en tant que prédateurs avérés...

 

Nous appelons, nous faisons recours d'amour, de bienveillance, de bienfaisance, de protection, mais aussi pour l'accroissement des consciences éveillées, des pensées et des actes adéquats (tant individuels que collectifs) concourant à rétablir les déséquilibres et disharmonies qui affectent dramatiquement notre présence au monde, nos communautés d'appartenance, tous les règnes, tout le Vivant et ce, dans l'espérance d'un devenir enfin cohérent, plus concordant, plus accordé, plus pacifié, plus solidaire en chacun et en chacune d'entre nous...

 

Je peux comprendre que l'on puisse renoncer à faire de tels vœux quand le spectacle du monde renverse son encre noire sur les pages blanches du devenir ainsi que dans le ciel de nos espérances...

 

A quoi bon en effet souhaiter et espérer un monde humain meilleur quand celui-ci ne cesse, siècle après siècle, d'amputer l'avenir et le quotidien de leurs dimensions sacrées, de profaner la Vie elle-même, d'inverser les valeurs qui redonnerait à l'humanité sa dignité ? Oui, je peux comprendre ce renoncement, mais je ne peux pas non plus le valider...

 

A cause du « désespoir » précisément et simplement pour faire acte de résistance et de rébellion individuelle, en agissant au moins sur ce qu'il m'est possible d'agir...

(Ce que Pierre Rabhi appelle faire sa « part de colibri ».)...

 

Nulle plante, nul arbre, nul animal au monde ne cessent de lutter, de s'opposer à la destruction et ce, de toutes leurs forces, de toutes leurs facultés, de toutes leurs « intelligences spécifiques », de toutes leurs capacités innovantes et imaginatives...

Serions nous lors les seuls à renoncer à l'amélioration d'un « possible » devenir ?...

 

Etre lucide et réaliste sur des états déplorables de faits et de situations n'empêche pas l'action individuelle même si celle-ci se trouve soumise à un sentiment d'impuissance, se trouve inhibée devant la masse absurde, génocidaire ou suicidaire, de comportements et d'attitudes qui soumettent la Vie à un dictât d'impostures, d'illusions, de servitudes, d'asservissements, générés et entretenus par des pouvoirs articulés sur la peur et l'ignorance, le formatage et la manipulation idéologique ou religieuse...

 

Les changements de société n'ont jamais été le fait d'un masse consciente et courageuse soudainement et collectivement engagée à cet effet ; ils relèvent d'une personne ou bien d 'une poignée d'individus agissant en cette conscience même en incarnant les valeurs du changement attendu et espéré et en témoignant au quotidien avec exemplarité de l'Anima qui les fait agir et s'investir ainsi...

De ce fait, leur vie à valeur d'interpellations majeures non sans que cela soit pour eux « périlleux »...

 

Quand leurs semblables se précipitent vers l'océan du factice, de l'illusoire, du mensonge, de la cruauté et de l'orgueil, ils remontent vers la Source originelle afin de régénérer clairement, bénéfiquement, tout leur être en revitalisant, en redynamisant leur corps, leur coeur, leur pensée et leur esprit...

 

C'est ce à quoi notre Tradition nous invite et nous engage....



12/01/2018
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