Les dits du corbeau noir

REFLEXIONS 2018 BRAN DU 12 04 AVRIL

 

 

 

Réflexions Bran du

12 04 2018

 

 

Poètes ? !

 

 

Qui peut se dire poète, s'il ne connaît, s'il n'entend, s'il ne perçoit la voix de l'Origine ?

Qui ne sait la langue su soleil et celle de la lune ne devrait proférer que du silence...

On peut légitimement douter du sang qui circule en ses veines, de la sève qui anime son aubier...

 

Celui-la, ou celle-ci, ne sait rien de la Mémoire vivante, des alevins de feu qui frétillent aux sources du profond, au puits de l'immense...

Combien ne savent porter l'eau à leurs lèvres, boire à même le feu tourbillonnant de l'instant ?...

 

Un poème ; c'est une gerbe, c'est toute la clameur rassemblée des blés mûris au creux d'une chair ensemencée d'offrandes...

 

Bien des vagues d'écritures n'ont ni crinière ni écume...

Il n'est de sel dans cet océan où se noient le sens et l'intelligence, submergés tous deux d'orgueil, de tiédeur et d'illusion !...

 

Mieux vaut être submergé de ténèbres, errer sans fin dans les mondes obscures, demeurer enceint de brumes et de brouillard ; errer dans le marais des ombres et les marécages assombri de doutes car, ainsi, naît en vous la vraie Lumière qui vous fera grandir vers l'aube triomphante, vers la splendeur azurée, et ce, au fur et à mesure que sa lueur s'élargira...

 

Rien ne saurait résonner d'accord et de concorde à partir d'un tambour crevé par l'artifice du savoir et du paraître !...

 

Puisatier est le poète qui fait jaillir de son sang et de ses songes l'eau qui guérit l'être et sa soif véritable...

 

Pontonnier est le poète qui lance entre les rives (qui s'opposent sur le sens du fleuve qu'elles bordent,) les lianes de l'entendement...

 

Passeur celui-ci ou bien celle-là, autre traversière, qui recousent la bordure effilochée des mondes, distendue et séparée par la peur et l'ignorance...

 

La rondeur d'esprit ; c'est cela qui qualifie le poète et cela signifie que la pierre brute et angulaire de son être a suffisamment roulé dans les marées éprouvantes de l'existence pour être lissée à cœur...

 

Qui n'a roulé sa pierre ne sait rien des vagues et des flots...

 

Le mot tient autant de la flèche, de la lance que de l'éclair, mais s'il n'a fait sa couche dans la mousse de tendresse ou dans le tissu laineux et soyeux du Don, son jet sera vain qui se perdra dans le vide incommensurable des vaines prétentions...

 

Ceci dit, les mots du poème sont une pierre de fronde qui transperce les paupières du mensonge...

 

Les mots « justes » s'assemblent, se conjoignent, forment une partition cohérente, harmonieuse, accordée, concordante, unifiée...

 

Alors la voix s'en vient qui est la Voix, la Voix-Lumière venue du plus lointain de l'Univers ; la Voix élémentaire qui a entendu, qui à reconnu, une Vibration, une Fréquence semblable à l'Emanation Première, lui faisant écho et résonance....

 

Alors, alors seulement, peuvent s'unir le chant et la danse...

 

Au poète d'en concélébrer les noces !

 

 

 

 

Autres réflexions diverses et variées :



Les traverses se posent sur les futures voies ferrées ; elles portent à l'avancée et tracent la trajectoire entre monts et vallées...
Ainsi sont mes pensées, ainsi la destinée du poème ; les mots posés l'un après l'autre... Puissent-ils aller au coeur du Coeur !...



Envie, forte envie de se sentir en vie, d'entendre battre le sang même de la vie que plus rien ne dévie d'une sente de lumière....



On peut passer très vite de passer à très passer !.....



Jack Kerouac disait que n'étant pas en capacité «d' aimé » et « d'être aimé » au quotidien des jours et des nuits en aimante compagnie, il irait se « jeter par la fenêtre du monde. »...

C'est cela, exactement cela, le pourquoi de mes fenêtres ouvertes !...



Se mettre en mouvement, dans sa tête d'abord, puis dans son corps ; c'est faire naître une étoile dans l'obscurité de notre devenir....



Mieux vaut l'élan que la retenue... Le reflux viendra un jour ou l'autre !...



S'étendre dans l'étendue ; c'est s'entendre avec le plus nu !...



Il me faut de la neige, là, de suite ; de la neige sur ton corps, sur tes lèvres, sur tes seins, sur la nuit même ; de la neige...





Des heures, prendre le car, puis, jeter sa montre...



Dans l''immense citée je me perd, dans l'immensité je me retrouve enfin....



C'est parce que les routes serpentent, qu'elles ondulent comme un serpent qu'elles sont propices à la pensée !



J'aimerai rencontrer le féminin, faisant du stop sur le chemin, une pomme levée dans la main...



Le féminin peut être parfois jamais aussi seul que « mâle » accompagné !....



La solitude ne peut-être qu'un état intérieur, à l'extérieur, (à bien sentir, voir et regarder), de mille présences nous sommes comblés !...



Je ne sais pas jouer de la guitare, mais avec les cordes du vocal, si !...



Gravir le sommet d'une montagne cela peut-être enthousiasmant, cependant, il faudra bien en redescendre !...

Le rêve monte bien plus haut, mais gare à la cire de ses ailes !



Monter dans un canoë, glisser sur les flots du temps, savoir l'estuaire comme une porte ouverte sur l'immensité et tourner le dos au « déluge » !... (Noé reste un cas!)



Pour « vivre », s'en donner l'impression ou s'incarner réellement dans le « vivant », on s'invente une île dans l'océan existentiel ; une île que l'on peuple de symboles qui nous parlent, nous nourrissent, nous inspirent, nous consolent, nous stimulent ; on y met quelques visages de rencontre, d'amitié, de fraternité ; on la borde d'une douce écume de tendresse ; on y élève des rêves et des songes ; on y met des couleurs, des senteurs, des parfums, on fait en sorte de s'y sentir bien...

 

Insulaires en nos cœurs et en nos pensées, nous pouvons mieux résister aux pressions extérieurs, à ce qui pourrait impacter notre secrète demeure ; profaner notre sanctuaire et les offrandes que nous faisons au plus sacré...



Le poète est un « percuteur » ; il fait jaillir du silex entrechoqué de ses mots des flammes d'entendement ; de celles qui illuminent soudain le foyer de notre cœur et l'âtre réchauffé de notre être.



Je me sens souvent « seuil » au monde !



Ouvrir une porte c'est prendre le risque qu'elle se referme sur une collection de regrets qu'astique la mémoire...



Le poète est une personne qui dès aujourd'hui donne la main à demain pour l'aider à passer...



Il ressort que ce qui nous entre dans la tête n'est pas sorti de l'auberge où gamberge notre vie...



La vérité est un puzzle dont chacun détient une pièce ; la difficulté étant de rassembler l'ensemble de façon adéquate et coordonnée !....

 

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12/04/2018
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