Les dits du corbeau noir

POESIE AMOUREUSE (SUITE) "AIMER" BRAN DU 2020 LE 29 01 JANV

 Broceliande 24 11 2019 035.JPG

 

 

 Peinture : Robert MORVAN Photo Bran Du

 

 

 

 

 

Poésie amoureuse (Suite) Bran du Le 29 01 2020

 

"AIMER"....

 



L'écoulement

le ruissellement

du temps

sans obstacle, sans barrage, si ce n 'est la suspension, l'unique retenue de celui-ci par ce que l'on appelle la parenthèse d'Amour...

 

Hors temps, hors espace est l'Amour...

 

Bulle d'oxygène enfouie dans l'océan de Vie, au-delà et par-delà toutes les turbulences de Celle-ci...

 

Juste la densité, l'intensité enclose dans le Cercle

protecteur de l'Instant consacré à lui-même, à l'expansion de lui même dans l'infini et l'absolu...

 

Peau contre peau, cuir contre cuir, dans l'instant tanné d'Amour !...

 

Au sein de l'enveloppe attentionnée faite de courbes entrelacées s'accouplent les heureuses intentions et réside l'Être qui se veut éclore ; le singulier et le pluriel faisant lors retour à l'Unité...

 

 

De cela, il n'y aura pas de définition, ne serais-ce le fait, la volonté, d'amorcer celle-ci et disparaît aussitôt toute poésie !...

 

On sait que l'on n'atteindra jamais la courbe de l'arc-en-ciel, mais rien n'interdit son approche et de recouvrir l'aimé(e) de ses sept couleurs...

 

L'effleurement, l'attouchement, le frôlement, ce sont là les trois premiers actes ; avant le flux , avant la submersion puis le reflux...

 

Il n'est que de conserver sur la langue, sur les lèvres le sel de l'amplitude...



Tant de soleil requière aussi la pluie... Lors se faire toit d'ardoise, de lauzes ou de tuile rondes... et sécher son miel sous la véranda du jouir...



Vivre lors ce que l'on ne saurait dire, écrire, formuler, exprimer...



Les yeux fermés ouvrir d'une clé de sueur le rouge coffret des corps, le velours de ce trésor serti d'argent et d'or, généreusement, prodiguement, dépensé...



Donner chair, donner sens, donner voix, donner rires, donner larmes, donner cri à l'indicible, n'est-ce pas cela aimer ?...



Le lit est un vase, dans ce lit deux fleurs que l'on vient de couper au jardin de l'attente, au jardin du désir, toutes deux encore saupoudrées de rosée et d'aurore...

Toutes deux consentantes au fait, d'ensemble, se faner...

Toutes pétales froissés, toutes senteurs mêlées, parmi le rouge des épines...



Souffle dans le souffle, l'Univers mutuellement respiré dans l'alternance des baisers... Toute la création rejouée, toute la fresque native repeinte sur les parois blanches de la nuit...

 

La poudre d'ocre répandue en pointillé sur les visages, sur la poitrine, sur les seins, sur les hanches....

 

Avec la résine de joie coulant sur l'écorce du tendre et des frémissements, des tremblements, dans l'aubier des offrandes...   Un lys blanc déposé sur le pourpre de la chair...



Aimer c'est comme apprendre une chanson douce, une chanson mauve, une chanson fauve, une chanson rousse, aux lèvres du silence...

 

C'est étendre sur la mousse le corps alangui et voluptueux d'une inédite saison...



C'est pécher des étoiles dans le lac des yeux...

 

C'est faire de l'eau avec du feu... et faire flamboyer la source qui se veut rejaillir...



C'est apprendre à lire du bout des doigts le parchemin mystérieux aux lettres inconnues qui en l'Amour font signes d'entendement...

 

C'est déchiffrer à deux l'alphabet serpentaire des cuisses et des bras qui sont poèmes mouvants et émouvants et libre prose dédiée à l'extase, à la célébration, aux dons réciproques, aux accords tacites et aux sacrifices aimants...

Sur cela la lune appose son sceau et l'Univers ses chants...

 

 

 

 

 

Broceliande 24 11 2019 042.JPG



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29/01/2020
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