Les dits du corbeau noir

PENSEES AU TEMPS DE SAMAIN 2019 BRAN DU 08 11 NOVEMBRE

 

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Photos Bran du

 

 

 

 

Pensées au temps de Samain

 

Bran du 5 au 8 novembre 2019

 

 

1 / Qui de l'Origine de toute origine ?

 

2 / Chaudron en ébullition ! 

 

3 / Modestie et humilité...

 

4 / Haine et Amour

 

5 / Une évidence

 

6 / Nos besoins 

 

7 / Du côté de la pensée des anciens sages chinois, japonnais ou coréens 

 

 

 

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1 / Qui de l'Origine de toute origine ?

 

 

Je fait souvent état d'un retour aux sources, souches et racines....

Pour la première citée, la question qui se pose c'est : d'où vient-elle cette source ? De quelle nature et de quelle provenance est-elle remplie elle-même ?

Pour ce qui est de la souche et de ses racines la question se porte sur la nature et la constitution du sol dans lequel elle trouve sa croissance ?...

 

 

Source, Souche et Racine ne sont pas un point d'origine mais d'expression et de manifestation de l'Origine qui Elle, ne saurait être limitée à un endroit fixé à demeure dans l'espace et le temps !...

 

 

 

Il s'agit déjà d'une substance constituée d'éléments divers, matériels pour une part, mais relevant pour une autre part, de plans bien plus "subtils" proches de l'Essence des êtres et des choses...

Des plans liés à la physique, mais pas seulement.... Investir cela par la pensée mène immanquablement au vertige !...

 

 

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2 / Chaudron en ébullition ! :

 

 

Le monde est dit-on en ébullition ; le monde, notre monde bout à gros bouillons... Certes, il est vrai, mais ceci dans une marmite usée, rouillée, percée et cabossée qui fuie de partout...

Il est plus que temps, nom de non, de confectionner un nouveau chaudron !...

 

 

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3 / Modestie et humilité...

 

 

 

On peut être « fatigué » d'être fatigué....

Notamment en menant ou en suivant une pensée qui arrive au point le plus éloigné de ses approches métaphysiques

et qui touche à une forme d'ivresse ou de vertige consécutive à l'immensité ouvrant sur une immensité plus grande encore et confrontée à ses limites ultimes d'entendement...

 

Le fait de se sentir très petit et très vulnérables en débouchant sur des vastitudes plus grandes que celles explorées et investies au départ !...

 

 

Cela doit être de même quand un physicien ou astrophysicien solutionne un aspect d'une question qui élargie encore davantage le champ interrogatif !...

 

Plus on « sait » et plus grandi l'espace de notre ignorance !...

 

 

Cela devrait nous ramener à une respectueuse humilité et modestie et interpeller dans leur fondement même notre orgueil et notre arrogance humaine  à vouloir tout connaître et tout dominer !...

 

 

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4 / Haine et Amour :

 

 

L'Amour et la Haine sont comme deux sœurs siamoises, chacune ayant ses singularités et spécificités, mais appartenant à une même « dorsale » qui les rend inexorablement inséparables et interdépendantes les unes des autres !...

Je redis et reformule le fait que je pense que la haine n'est jamais que de l'Amour qui n'a pas su ou pu trouver ni emploi, ni usage, ni investissement ou que, n'ayant jamais été ni reçu, ni connu, ne peut être que livrée à elle-même...

 

 

La Haine est peut-être aussi le fruit d'une vengeance vis-à-vis d'un Amour qui a fait grandement défaut !....ou qui a eu le sentiment d'être « trahi », « bafoué », « méprisé », « incompris » ou « rejeté »...

 

 

Il n'en demeure pas moins que l'Amour demande tout et ne saurait se livrer à un quelconque calcul d'intérêt...

 

 

Il s'incarne dans la dimension plénière du Don et celui-ci se devant d'être total fait que, paradoxalement,il fait peur !!!

La site peur est l'ennemie par excellence de tout sentiment appelé au Don et à l'Amour...

 

 

L'Amour est le bâtisseur de l'édifice de notre être appelé à être inondé de lumière par les vitraux du ciel...

Mais cette « construction » demandant tout, bien des heureux « chantiers » retournent à l'abandon...

Et faute de pouvoir et de vouloir construire au-delà et par-delà les épreuves et les difficultés, le recours à la facilité immédiate de la destruction s'impose !...

 

 

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5 / Une évidence :

 

 

C'est bien la peine d'avoir un cerveau composé de 100 milliards de cellules pour être aussi stupide, dire autant de conneries et faire autant de bêtises !...

 

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6 / Nos « besoins » !

 

 

Nous sommes de toute évidence esclaves et dépendants de nos « besoins » ; ceux du corps, ceux de la chair, ceux alimentés par le mental, ceux conditionnés par nos éducations et notre environnement humain, ceux formatés par des idéologies consuméristes, religieuses, politiques....

Tout ceci affectant grandement la pensée, ses choix et orientations et par la même ses actes....

 

 

Nos fonctionnements biologiques nécessitent un ensemble de processus qui tendent à les satisfaire basiquement autant que prioritairement. Ils se rapportent à la nécessite de manger, de boire, de se vêtir et de disposer d'un abri et secondairement de perpétuer l'espèce...

 

La contrepartie pour cette satisfaction, c'est d'en assurer la réalisation et donc de disposer d'une sécurité à cet effet...

Et ce besoin sécuritaire est une première approche de la peur, laquelle s'articule autour du manque ou de la perspective de celui-ci...

 

Une peur qui trouve là ses racines et son origine avant que d'être investie et détournée de ses applications premières par des idéologies de la manipulation qui étendront son emprise sur l'homme et le monde comme on sait...

 

 

Aux besoins primaires « satisfaits » ou non, se sont ajoutés d'autres besoins d'une autre nature, mais tout aussi impératifs semble-t-il :

 

Le besoin de gratitude, de reconnaissance, de gratification ; celui d'avoir le sentiment d'exister, d'être « reconnu » etc...

 

 

Et cela implique un commerce avec ses semblables et un ensemble de stratégies plus ou moins complexes et évidentes pour y arriver... (Urgence de relire Henri Laborit)(ou de voir ou revoir Mon Oncle d'Amérique de Resnais.)

 

 

Urgence d'apprendre ou de réapprendre l'art de la communication et du relationnel !...

 

 

Aux besoins dit biologiques primaires se sont donc ajoutés ceux de la reconnaissance existentielle au sein des diverses communautés d'appartenance puis ceux générés par le sentiment égotique de la possession, de l'appropriation, de la domination que l'on pourrait résumer en sentiment de puissance et en volonté de pouvoir...

 

 

On ne saurait omettre cependant en complément de cela une couche supplémentaire de besoins « fabriqués » à partir de fantasmes, de gadgets et d'illusions qui relèvent du factice et de l'artifice et que l'on pourrait qualifier de « superflus ». ceux-ci occupent encore une place importante et font l'objet aussi de bien des manipulations et conditionnements médiatiques et publicitaires...

 

 

L'urgence, la priorité : repenser et revisiter la nature réelle de nos besoins et surtout relativiser ceux-ci !...

Car de ceux-ci dépend aussi une nouvelle vision de la société et de son devenir, mais aussi une nouvelle conscience de notre communauté de destin planétaire !...

 

 

Notre présence en ce monde est donc grandement tributaire de la satisfaction des dits besoins et en premier lieu des besoins « primaires »...

 

 

Satisfaire ceux-ci est une nécessité vitale qui intelligemment « maîtrisée » au maximum débouche sur la notion de « simplicité volontaire » qui est un art qui consiste à distinguer, à relativiser, à peser et à mesurer la part de l'indispensable du non indispensable sans altérer pour autant, et au contraire, une certaine disposition naturelle à la réalité du bien être ou encore du « bonheur »...

 

 

A toutes les peurs instrumentalisées pour la plupart qui s'opposent et font obstacles à une quête du « mieux-être » nous ne pouvons qu'opposer le ferme désir et la juste volonté de demeurer vivant dans le Vivant et ce, à la juste place qui nous incombe d'animer sans interférer négativement sur Celui-ci...

 

 

Ce qui me semble le plus « prioritaire » c'est d'acter , d'incarner, l'idée que le plus noble et digne désir qui soit ne peut-être que le simple « désir d'Être » faisant l'économie du paraître et se gardant bien de se faire « avoir » !...

 

 

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7 / Du côté de la pensée des anciens sages chinois, japonnais ou coréens :

 

 

 

Pour la pensée bouddhiste le « désir » représente le danger suprême car essentiellement générateur (a priori) de souffrance laquelle constitue le « mal » par excellence...

Se détacher » du désir serait donc la solution pour ne plus être exposer à la dite souffrance....

 

 

Je peux entendre cela qui peut se comprendre si ce qui anime, inspire, conduit et mène le dit désir relève d'une absence de sagesse, d'éthique, de morale et génère une nuisance ou porte atteinte à la vie sous quelque forme que ce soit...

 

Mais serions-nous le monde, la création, l'univers et tous les règnes du vivant s'il n'y avait pas à l'origine de toute origine une ferme volonté et un vif désir que cela soit et évolue sans pour autant que la souffrance fasse initialement, pleinement et volontairement partie de ce « plan »  mystérieux et pulsatif ?...

 

 

Certes la souffrance fait partie du processus dit de la vie et se trouve être « inhérente » à celle-ci, mais elle ne saurait par elle-même justifier la « création » dont elle n'est pas le but ni l'objectif...

 

Sans se croire obligé d'entretenir voir de cultiver cette « souffrance », nous pouvons grandement et positivement apprendre de celle-ci comme nous apprenons grandement de la mort...

 

 

Une certaine souffrance et parfois une souffrance certaine résulte d'une privation, d'une carence et l'on ne saurait être indifférent à cela...

Toutefois cela n’exclue pas le fait de s'interroger sur la nature réelle de ce sentiment de « manque » et s'il justifie ou non la souffrance générée et constatée...

Encore une fois relativiser objectivement s'avère indispensable bien que les affects qui de façon générale entourent cela compliquent grandement et habituellement la tache !...

 

 

En pensant supprimer le « désir » par la recherche et l'application du « non désir» », la pensée bouddhiste semble affirmer que la souffrance disparaîtra... Cela implique aussi une doctrine dite du « non-agir »... Cela peut en effet en certaines circonstances être une « vertu », mais je n'en vois pas pour autant l'application systématique...

 

 

Cela me semble une vision quelque peu mortifère de l'existence. Elle peut exprimer il est vrai de la « compassion » pour la Vie et ses diverses formes, mais avec une retenue vis-à-vis de Celle-ci et la Vie, il me semble, n'a pas vocation à instrumenter la souffrance, nous sommes pour une très grande part de celle-ci assez stupides et aveugles pour la générer nous-mêmes !...

 

 

 

 

 

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Les vieux sages de la Chine, de la Corée ou du Japon , adeptes du Tao ou encore du Zen, prônaient une forme de repli vis-à-vis de la Vie sociale et surtout hautaine...            Il s'installaient ou pérégrinaient en « marge » de cela, dépouillés du « superflu » pour vivre l'intensité et la densité d'une présence au monde éclairée, poétique et consciente...

Soit, la quête d'un dépouillement extrême propice aux revêtements jugés d'importance...

 

Leurs besoins étaient réduits au plus simple, au plus essentiel, mais leur désir demeurait ardent de sucer et de savourer « l'os à moelle de l'existence » et de faire noces et alliances pour cela en fréquentant avec respect et délectation tous les règnes et éléments de la nature pouvant y concourir...

 

L'eau, la terre, l'air, le feu, l'arbre, l'oiseau, la pierre leur étaient comme autant de sœurs et de frères et ils donnaient mains et cœur à tout cela qui se voulait danser, avec eux, la ronde perpétuelle des saisons...

 

 

Nous est-il possible de vivre, ici et maintenant, en nos contrées occidentales et à l'image de ces « sagesses incarnées », de tels rapports et de telles relations ?...

 

 

Cela me parait transposable, adaptable, actualisable et la démarche dite de « simplicité volontaire » s'apparente à ces dispositions avec toutefois et généralement en moins le non caractère « religieux » de ce choix existentiel... Cependant celui-ci n'est pas non plus dénoué de « spiritualité »...

 

 

Cela demande une « marginalisation », un retranchement, un mise à distance et à l'écart du flot contemporain et de ses pôles d'extrêmes agitations... Et une proximité complice avec un environnement dit naturel et si possible ayant conservé quelques caractères « sauvages »...

 

 

C'est un choix de Vie et une préférence existentielle basée sur des options claires, lucides et évidentes....

Dont la place concédée aux besoins et à leur justification pensée et réfléchie... (Equilibre - Harmonie – Cohérence – Concordance – Adéquation...)

 

 

C'est aussi une « position » courageuse qui met en application une décision longuement et objectivement mûrie fondée sur un refus des concessions contraires aux aspirations considérées comme étant lors les plus élémentaires, primordiales et essentielles qui soient...

 

 

Cela peut aussi constituer le possible et réalisé passage du « non-être » à l'Etre !...

 

 

Il est donc possible, en effet, de se faire son ermitage parmi les feuilles, les roches, les eaux et les grèves, de trouver « refuge » en la « Mère-forêt » ou sur des landes désertes ou dans des gorges aux grottes profondes ou encore de se tenir non loin des neiges éternelles et de nettoyer chaque matin son cœur, son corps et ses pensées à la rosée aurorale... Et ce, assez loin donc des turbulences menaçantes et suicidaires d'un monde plus préoccupés de destructions que d’œuvres à bâtir, de cœur et d'esprit...

 

 

Possible en effet, plus évident sans doute si l'on se considère en fait comme étant « seul » en ce monde, sans attache familiale, sans obligation d'aucune sorte et plus ou moins indifférent au sort inquiétant et bien bousculé et encombré de ses semblables et ne voulant avoir pour sœurs que lune et étoiles et comme frères, que soleil, arbre ou oiseau !.......

 

 

Mais concevoir cela de cette façon est très réducteur et quelque peu extrême....

Car il n'y a pas d'incompatibilité majeure ni de contradiction fondamentale à être, dans le « lointain », dans un « certain détachement » et dans la « marge » (afin de préserver, d'acquérir et d’aguerrir ses propres forces, énergies et lumières) et d'être ainsi en meilleur capacité d'aider son ou ses « prochains » au sein de communautés d'appartenance plus ou moins restreintes ou grandement élargies...

 

 

Se retirant d'un certain type de « relation au monde », les vieux sages asiatiques entendaient privilégier l'être au paraître et renouer avec le sens profond et élevé de « l'essentialité » en dévêtant la Vie (et eux mêmes) de tous les oripeaux dont on n'a eu de cesse de l'affubler...

 

 

Ils remplaçaient la pratique de la prédation généralisée par celle de la contemplation et de la méditation attentionnée et sagement appliquée... Le Monde Celte a connu aussi de tels « ermites » que Kenneth White appellerait lui des « Celtaoïstes »...

 

 

Si nous n'avons plus sagement et respectueusement recours à la foret, aux clairières, aux landiers et marais, aux grèves et rivages, aux monts et collines, si notre prédation se poursuit auprès des autres règnes, alors notre « perdition » est bien réelle, car la nature ne sera plus en mesure de protéger et de sauvegardes la nôtre (notre véritable, fragile, profonde et parfois déroutante « nature humaine »)...

 

 

 

 

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08/11/2019
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