Les dits du corbeau noir

PAROLES DE VERITE Réflexion Bran du Avril 2012

Paroles de « vérité »        Réflexion          Bran du       Avril 2012

        « Ar Gwyr a-enep ar bep.  / Le vrai pour l’honneur de notre existence. »

Pesons-nous véritablement le poids de la parole donnée, du serment prononcé, de l’engagement pris, des initiations sollicitées et reçues, des rituels opérés ?

Nous avons pris une telle distance par rapport au Verbe considéré originellement comme l’émanation même du Principe Créateur ; comme Source et Souche de toute croissance et de tout écoulement, comme Matrice divine et Creuset sacré de toute expression, manifestation et formulation, que le langage est devenu un outil fonctionnel, dévitalisé en quelque sorte, vidé de toute essence et substance…

C’est un langage qui se prête à toutes les manipulations, à tous les détournements, à tous les « contre-emplois »… Il devient ouvrage de faussaires !…

C’est un langage qui peu a peu s’est affranchi de son émanation première, de son terreau génésique ; soit un corpus conventionnel sujet à toutes les dérives et interprétations, qui devient le véhicule appauvri d’une communication profane limitée à l’usage et à l’emploi « horizontal » du vivant !…

Si nous pouvions replacer, par connaissance, considération, conscience et volonté, dans leurs axes majeurs, dans leurs lignes de forces, les paroles sagement et poétiquement prononcées alors nous opérerions de nouveau les connections, conjonctions et conjugaisons restituant au Verbe, la force, la puissance, la lumière et toutes les énergies qui en émanent…

Au don répondrait le contre-don !…  

Alors ce qui est dit pourrait se tenir en équilibre à la marge des mondes, dans la frange des univers, dans la dentelle d’écume des rivages, dans les ourlets de la nuit et du jour…

Restituer, embellie, renforcée, à « l’émission » sa « diffusion », c’est faire tourner les bois dans le chaudron !
Les lèvres de notre monde ont soif de vérité, elles ne veulent plus charrier l’indigeste et nauséabond débit de l’orgueil, du conflictuel et du mensonge….

Nos êtres désaccordés parasitent les chants du vivant, interfèrent dans la ronde des sons,
Essaiment la dissonance parmi les plus hautes et vibrantes partitions…

Ce que nous nommons le plus souvent n’a pas lieu d’existence. Nous encombrons l’espace et le temps de ce qui fait fondamentalement obstacle à toute vraie et harmonieuse communication et circulation…

Nous ne prenons pas la mesure de ces néfastes interférences, car nous ne sommes plus en concordance, si occupés que nous sommes à peaufiner toutes nos contrefaçons…

Il est vrai, et c’est là un énorme et fort préjudiciable défaut, que nous sonnons de plus en plus faux !…

Que viennent faire nos arrogants poumons au sein de la « Grande Respiration » ?

Tant de terres attendent d’être visitées, fertilisées, par le « Noble flot » !…

Quel limon sommes-nous encore capables de déposer aux rives de ce temps qui soit de nature à recevoir les germes et semences du futur ?…

Trop d’avidité, d’aveuglement, de prédation, d’appropriation, s’emploient à détourner les cours du ru de l’amour, mais celui-ci fait, en retour, de l’eau ainsi saisit, un marécage fétide pour les cœurs pourrissants….

Celui qui prend la vie dans ses collets d‘acier froid, le chanvre rétrécit de la cruauté enserrera son cou, l‘air viendra à lui manquer !… L’intention malsainement et faussement tressée se retournera contre lui !…

Le noble et digne tissu de la vérité ne saurait supporter les fils des propos injustes et ceux des affirmations erronées… (Ce qui est fortement susceptible de provoquer de funestes déchirures.)…

Ainsi les trois flèches taillées dans le bois de la satire injustifiée viendront frapper le mensonge, l’ignorance, le pouvoir usurpé et ce au cœur même de l’archer !…

Savoir ce que parole signifie, c’est faire bon emploi et usage de la vie !

C’est offrir toute matière consentante et éclairée aux visites bénéfiques et fécondantes de l’Esprit !

Qui en finalité, qui depuis la nuit des temps, véritablement, conçoit, élabore, pense, formule, signifie, fait entendre, prononce et dit ?

Le monde Celte n’est ni un monologue ni un dialogue mais un « trilogue »…

Il conçoit que par action volontaire et désirée du Un s’articule le Deux et que de cette dualité en présence nait un élément Troisième qui donne mouvement à l’immobile et fait entrer toute chose conciliée ou réconciliée dans l’harmonie de la danse…

Ce Verbe » : Il est Ceci, il est Cela et il est Ceci et Cela !… Comme Il Fut, Est et Sera !…

Il y a la question que je pose, l’ensemble du contenu posé et l’œuvre de réflexion que je mène en vue d’une résolution acceptable…

Le monde Celte concevait déjà les notions de thèse, anthithèse et synthèse…

(Il pensait en  base 3 !)…


LA JUSTE PAROLE MAINTIENT LES EQUILIBRES


La réflexion axée sur cette sagesse tripartite cherche avant tout la conciliation et en celle-ci un enfantement et une remise au monde, une restitution aggrandie et élargie de la Connaissance… Elle entend participer ainsi du maintien des équilibres et des harmonies dont elle procède essentiellement et fondamentalement…

Il y a ce que je dis, ce que l’autre en réceptionne et ce qu’ensemble ils tentent de partager équitablement dans la conjonction heureuse des sens, de l’intelligence et de l’Essence…

Tout verbe doit pouvoir s’acheminer librement, joyeusement, hautement, vers la dite Essence et retrouver son Principe…

La fonctionnalité doit céder passage face à l’inspiration et à la mission sacrée des lèvres par lesquelles elle s’en vient « animer » le monde…

Peu de meuniers hélas pour nous offrir les dons de la « Farine de l’air » !…

Il y a encore bien des pains d’amour et d’amitié en attente d’un véritable four !…

Avant que de rendre ce Souffle qui nous a été confié, veillons à ce qu’il ait effectué sa mission et sa fonction…   L’Au-delà nous donnera lors à respirer les effluves mêmes du Mystère !…

Le monde Celte se situe dans une dimension Nietzschéenne ; c’est-à-dire au-delà du bien et du mal… Il se positionne en conscience, connaissance et volonté, entre ce qui sert la vérité et la dessert… Elle ne peut tolérer ce qui s’en vient polluer « le noble flot », le flux et les reflux de l’océan des mots… Ce qui bafoue, méprise, étanche l’orgueil de sa soif, se verra devenir une terre gaste vouée à l’assèchement et à l’arridité… Point de puits dans l’oasis de son être, dans les sables de son existence, mais une désertification englobant aussi son âme !…

« Il sait que la parole véridique est garantie de l’équilibre cosmique et social » « C’est l’action de vérité. » (Satyakrya)  Le Rig Véda



12/04/2012
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