Les dits du corbeau noir

PARCOURS d'un "DRUIDE" Bran du sept 2012

Parcours et trajectoire d’un « Druide »   Bran du  Sept 2012                                                                                       
Prémices, préambule, prélude, préliminaire  :


Les Cotes du Nord ( ainsi appelait-on ce Pays de Penthièvre alors) a été mon pays              d’enfance ; un pays dont j’ai arpenté en tous sens les grèves et les landiers ; une des plus belles plages de la baie de Saint Brieuc avec une île (le Verdelet face à la Lingouare) qui a accompagné mes rêves de voyage et de navigation…

 

C'est le Père Garoche (mon grand-père maternel) qui m’initia à la pêche aux minards, aux praires, aux ormeaux, aux oursins, aux maquereaux et aux ripons, toute chose merveilleuse disparue aujourd’hui ou en cours de disparition, et qui, en tant que projectionniste à la Rotonde, me faisait venir dans sa cabine pour ouvrir plus grand mes yeux sur le monde…

 

L’école primaire à la Communauté avec MM Tousaint et une immense véranda pour des récréations rythmées par les marées et le cri des goélands et des mouettes…  Voilà pour le paysage qui accompagna mes jeunes années avant mon départ pour la Capitale… J’ai été empreint par le vent du « Nordé », par les ciels changeants, par les saisons armoricaines et le parler des gens de par ici que mes grands parents, hélas, ne jugèrent pas utile d’apprendre à un futur « gars de la ville »…


Imprégnation durable d’un territoire triangulaire réunissant le port de Dahouët, La station du Val André et  le bourg de Pléneuf…   Dans l’arpentage innocent et joyeux des vallées et des collines, une terre façonnait l’homme futur, lui donnait des fondements et des assises pour s’appuyer et s’élever dans une vie dont il ne pouvait percevoir alors le déroule et l’écoulement…


Retour plus de cinquante ans après la « séparation » ; retour au « berceau » étrangement « ordonné » par un hasard "méticuleux" qui me fit délaissé au dernier moment une implantation prévue en Brocéliande, haut lieu d’un autre berceau ; culturel, poétique, philosophique et spirituel ; Brocéliande qui se pencha en tant que « bonne marraine » sur ma « seconde naissance » en la Fontaine de Barenton le 24 août 1981…


Fort attachement donc à cette Letavia, cette Bretagne continentale, ce pays de la mer et des bois….. Je serais en Aremorica ce Morigenos , « l’homme qui regarde la mer en un pays qui fait face a elle… »


Cela fait plus de trente et un ans maintenant que j’explore la Matière de Bretagne et le monde celtique qui l’englobe… Le Livre de la Nature, je l’ai feuilleté, d’abord silencieusement, du bout des doigts du cœur en de merveilleux et stimulants entendements, puis l’inspiration m’a visitée lors de ma douzième année et les mots, pour dire et partager la corbeille de mes yeux et de mes sens, sont venus sur mes lèvres, au bout de ma main, pour se déverser sur la page blanche d’un chemin bien tracé depuis ; un chemin devenu peu à peu une véritable et enchanteresse « Sente de Lumière »…


La trajectoire de cette pérégrination existentielle est ponctuée de nature et de poésie, en ses premières étapes. Il fallait à cela un troisième élément aussi déterminant pour parfaire l’Arbre humain et ses fruits futurs et ce sera la Femme, le Féminin…


Ainsi la triade chère aux sages de la « Celtie » était réunie et je pouvais, lors, être « adoubé » par une Tradition qui allait me permettre de concélébrer tout cela : le druidisme...


Un druidisme qui se transforma au sein de mon parcours en « état de druidité » soit une façon d’être présent en ce monde, de se relier à soi, à l’autre, aux autres et à tout l’univers visible et invisible… De se relier en toute liberté et conscience, à une communauté de vie, de mémoire et de devenir guidée, accompagnée et soutenue, par l’Awen, le Souffle de l’Inspiration…


Un enseignement majeur, une sapience ancestrale et parfaitement actualisable et adaptable,  qui invite et propose, sans jamais contraindre ni imposer, la recherche d’un équilibre et d’une harmonie au service du vivant et de toute la création afin d’accompagner lucidement, avec ferveur et ardeur la Loi pérenne d’Evolution…


Une Loi « naturelle », « originelle », « physique », « quantique »,  « archétypale », « mythologique » autant tellurique que cosmique, qui, au-delà et par-delà, les graves atteintes portées par l’homme, par son orgueil, sa cruauté, son mensonge, son arrogance, son égocentrisme forcené et destructeur, entend perpétuer, malgré tout, la vie sous toutes ses formes en déployant pour cela son génie incommensurable…


A savoir cependant que si nous ne saurions nous passer d’elle, celle-ci peut faire l’économie d’un genre humain dont l’intelligence spécifique n’a pas su trouver jusqu’alors d’autre emplois et usages que ceux de s’auto-suicider à travers une compétition et des appropriations outrancières qui masquent difficilement  et artificiellement une sorte de « génocide de l’humanité » !…


…………………………………………


1981 fut un tournant, un bouleversement dans ma vie et aussi une grâce accordée à ceux et celles qui font réponse, ose faire réponse, aux signes qui leur sont adressés… Il est vrai que la Bretagne prédispose depuis toujours à cette lecture des messages de l’ailleurs pour ne pas dire de l’Au-delà…  Mais cette « eau de là », c’est celle qui borde ses rivages et berce ses songes et celui qui repose sous le pentu des ardoises et dans le cœur épanouit des hortensias…


La hasard qui se veut bien souvent « objectif », comme le nommait André Breton, me mit en relation épistolaire avec une jeune femme qui quitta son Nord natal pour suivre les accents mélodieux et envoutants d’une harpe celtique venue visiter et enchanter son plat pays… Installée au cœur même du « Pagus transylvan » ; le Pays à travers la forêt, elle y vécu en « fille des bois » et y vit encore…


« Ce qui doit être sera » dit un proverbe celtique. Celui-ci se complète par un autre, irlandais plus précisément : « Là où il y a la volonté, il y a le chemin. »
C’est en aout de l’année 1981 que je recevais, nu en la vasque aimante et amante de Belenton la belle, « ma première initiation druidique », que je fus reçu dans le Chaudron de connaissance, de bienfaisance, de renaissance et… d’immortalité...


En ces calendes de Lugnasad, Je fus initié sur tous le plans, en tout sens et en toute Essence, par un Féminin « consacré » à cette haute et noble fonction. La Servante de la Déesse, la Dame Blanche des sources et fontaines,  traça sur mon front brûlant les Trois Rais indélébiles, lumineux et sonores, le Tribann des Sages et des Initiés…. Sceau et sauf conduit pour la vie et pour le Sid, le Pays de la Grande paix, de l’Eternelle jeunesse ; l’île aux pommiers, sans maladie ni vieillesse, où il fait bon écouter « cent musiques dans la nuit »…


Le mythe était là dans mon ventre et dans mes tripes, dans l’athanor secret de mon être en pleine ébullition, opérant les merveilleuses transformations, m’ouvrant les yeux du plus haut au plus profond…   J’étais viscéralement « rené », transfusé de merveilles et de parfums d’amour… C’était la moisson et la gerbe de 32 ans d’errance, de 32 années de fermentation, de gestation, de macération… J’étais la terre, le grain qui meurt, la tige qui s’élève et l’épi ployé sous le ciel estival ; j’étais tout cela à la fois !…


Hors, le bonheur n’existe que parce qu’il est partagé… Le « Corbeau Blanc » avait initié le « Corbeau Noir », avait procédé à sa « remise au monde » et à son propre recouvrement…         Ce que j’avais reçu des Anciens, je le devais à l’avenir comme l’avait écrit Angela Duval, une poétesse qui savait la valeur d’un « champ de blés ». Il m’appartenait à moi aussi de perpétuer la « chaîne d’or », d’être comme disait Gilles Servat cette racine qui est racine de tous les bardes qui nous ont précédés et qui nous succèderont ; la racine de l’Arbre de ma vie, de toute vie !…


Lors, transmettre le flambeau et l’héritage enrichi du meilleur de moi-même pour le meilleur qui en tous, attend son printemps, sa renaissance…. Cela s’imposait de toute évidence en une vie devenue dense et intense, devenue danse aussi !…


C’est au début de ce « troisième millénaire » que je fus reçu après plus de vingt années d’études et de formations dans le Cercle pour y recevoir le druidicat et ce, près de la ville de Pontrieux entouré de mes frères et sœurs, des druides et druidesses de divers collèges…

 

Nouveau pas sage pour un engagement indéfectible et total au service d’une Tradition libertaire qui invite à aimer, à connaître et à devenir créateur à son tour, qui propose à l’être… d’être, de servir le Vivant sous toutes ses formes visibles ou non, de devenir son propre artisan, son propre entrepreneur existentiel afin de trouver son meilleur emploi dans le meilleur usage du monde…


Si une Tradition ne vous aide pas au quotidien à vivre, à aimer, à créer, à accompagner solidairement, à maintenir et préserver des équilibres et des harmonies, à faire connaissance et reconnaissance en tout domaine, à concélébrer le divin et le sacrée, et surtout à mourir le plus « paisiblement » possible alors il est fort possible qu’elle ne vous convienne pas et qu’il vous faut chercher ailleurs de plus parfaites correspondances et résonnances dans vos entendements majeurs, essentiels, fondamentaux...

 
Cette Tradition nous apprend à « Etre vrai dans le cœur de l’existence », à sonner juste dans l’accord, la juste mesure, la concordance, à travers le vrai, le beau, le don, l’équitable…
Elle refuse farouchement toute empreinte, tout formatage « idéologique », dogmatique, asservissant… Elle construit un être qui refuse de se faire « avoir » !… Un être pensant,  agissant et aimant développant son libre arbitre et sa libre critique objective, qui cherche l’adéquation entre actes et paroles, qui entend défendre et protéger la nature ( et cette vraie nature en l’homme et en la femme) contre les instincts de possession et de domination qui se veulent la domestiquer à des fins égotiques et suicidaires de profits matériels et financiers…  Apte à contempler la vie, la nature, à méditer en leur sein, elle se veut partie intégrante des mouvements de cette nature et de cette vie et s’implique dans la société des femmes et des hommes et leur organisation au sein des communautés humaines…


Sa quête identitaire, non exacerbée, tend à la rendre aussi « citoyenne de la planète ».                 Avec d’autres Traditions « natives », de « la nature », « primordiales », elle entend coparticiper à des réflexions et actions à but humaniste afin d’éveiller les consciences et faire de sorte que tout le « vivant » sur terre ne soit pas asservi aux pouvoirs et aux puissances qui veulent se partager le monde en le menant à la ruine et en ruinant tant le coeur et l’esprit de ce qui s’en veut l’animer pour le meilleur en évitant le pire…


Elle souhaite opérer en conscience ce « mariage heureux des contraires si tant opposés et stériles par ailleurs» et ce, à partir d’une Verticalité spirituelle et d’une transcendance amoureuse, philosophique, écologique et altruiste…


Voilà pour le parcours, les trajectoires, les étapes, les auberges fraternelles d’échanges, de partages, de rencontres, d’éveils et de découvertes…


Voila dans toute sa « nudité » le portrait d'un  homme sur le chemin de son revêtement spirituel en marche joyeuse et jubilatoire vers le « Gwenved » : le Monde Blanc…


Qu’a tous et à toutes soit accordée cette bonne joie des yeux et du cœur…



28/09/2012
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