Les dits du corbeau noir

OUVERTURE ! Réflexions Bran du

Ouverture !      26 11 2008     Réflexions       Bran du



Pousser les volets c’est s’ouvrir sur l’extérieur, c’est, un bras après l’autre, découvrir sa poitrine et son cœur et exposer cela à ce qui se présente de sombre ou de lumineux, de fixe ou de mobile, de permanent ou de passager, d’attendu ou d’inattendu…

C’est plonger les yeux dans l’étendue offerte, dans le quotidien d’un paysage qui change selon les teintes qui le recouvrent et l’écriture des saisons…

 

C’est faire entrer une partie de ce qui se meut dehors - airs et souffles venus de la terre ou de la mer -

C’est offrir à nos poumons, une grande respiration et à nos yeux quelques détails d’une beauté ou d’une rêverie supplémentaire…



Il y a ce qui demeure statique et ce qui est en mouvement…

 

Le jardin par exemple qui s’agite ou non selon les vents, qui se peuple ou se dépeuple selon le cycle saisonnier, qui connaît ses visiteurs, leur régularité, leurs habitudes et parfois, un passage ponctuel, éphémère, inaccoutumé, d’un élément extérieur au paysage coutumier…

 

Il y a ce qui restera longtemps ou toujours à la même place ; telle pierre, tel arbre…

 

(Souvent un souvenir est attaché à cela qui reste fidèle à l’endroit où il est né.)…

Si le regard porte plus loin, il buttera sur l’horizon du ciel ou se noiera dans celui-ci…



Ouvrir une fenêtre c’est comme ouvrir son cœur, sa pensée, son esprit à tout ce qui est susceptible de les pénétrer et de les animer…

 

Cela reste le plus souvent un geste assez banal qui, toutefois, si l’on y porte une attention particulière, peut provoquer l’intrusion d’éléments porteurs de nouvelles dimensions…

 

Le fait d’accompagner cet acte d’une conscience aiguisée donne à celui-ci une sensation d’accomplissement qu’il est bien plus rare d’éprouver…

À l’ordinaire !…



Il suffit d’essayer !…



Il pourrait en être de même, qu’en deux êtres se découvrent, l’un déshabillant l’autre et inversement où les deux se déshabillant mutuellement ou encore chacun se dévêtant sans avoir recours à l’autre… Dans bien des cas, l’empressement cohabite avec la banalité…

 

C’est assez navrant… Cela manque singulièrement d’originalité…

C’est oublier une fois encore l’importance des préludes, des préliminaires…

 

Une rose s’applique et prend son temps quand elle se découvre, quand elle libère son parfum au contact de la rosée et du soleil, quand elle s’offre à l’abeille qui la visite…

 

Oublier ces prémices élémentaires c’est se priver et priver son partenaire de joies et d’émotions qui sont de nature à attiser les passions, à «jouer» amoureusement avec le feu, à amplifier l’offrande et le don…



Chacun est pour l’autre un continent à découvrir et à explorer et ce avec la complicité de tous les sens convoqués… De la qualité du regard porté sur cet «autre monde», sur ce « nouveau monde», dépend pour beaucoup la qualité des sensations et des émotions partagées…



Cela demande du temps, de l’attention, de l’écoute, du silence… (Ecrire, à deux, la partition corporelle sur laquelle s’effectueront les danses de         l’amour !)…



Il n’est pas de symphonie, digne de ce nom, qui ne connaisse une «royale» ouverture !…

 

S’ouvrir à soi, à l’autre, aux autres et au monde, c’est accueillir toutes les circulations de la vie, c’est ne plus faire obstacle ni barrage à ce qui est susceptible de nous visiter…

 

C’est une disposition à accueillir et à recevoir…

C’est «oser la vie»! Songeons-y !…



15/07/2015
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