Les dits du corbeau noir

Où vont ceux que nosu aimons réflexions Mars 3013

Réflexions philosophiques et poétiques    à propos de « ceux qui nous quittent »

                          BRAN DU  mars 2013

En préface et préliminaire à cela ce très beau texte, cette pensée profonde et vraie :

"Ceux que nous aimons    Nadine DUPEUX  (Extraits )

« …/… A l’heure où l’orbe du ciel plonge sur l’isoloir du monde dans l’inaudible blanc…
Il est Absent, tout près…

Nous ne savons pas
Où se tiennent ceux que nous aimons
Des eaux troubles suivent des courants
Que l’Insoupçonné emporte, que la Vouivre conjugue.

Mon cœur tremble
C’est qu’il est saoul
De ne pouvoir boire à leur coupe.  …/…

Ils ont des rêves que nos poches ne peuvent receler… …/…

Qui murmure la paix promise,
Qui déclame la vie sous les arbres lourds de fruits ?    …/…

Les mains gorgées d’étoiles …/…

L’aube n’habite plus ce matin. Si la terre a tremblé c’est qu’une heure s’est fendue.
L’herbe elle-même a rendu son foin,
Son jus, son parfum, sa couleur.
Elle a rendu sa voix.                         …/…

C’est la vie qui rejoue
La farce du chagrin
Quand chaque nuit
À pourtant
Son matin.               …/…

Ils sont comme le vent doré
Ils vont ils viennent
Comme le sable fourmillent
Mes mains ne peuvent les retenir…
…………………………

Pour ceux qui ne sont plus et pour ceux qui les cherchent encore…   Bran du  16 mars 2013

« Nous ne savons pas où se tiennent ceux que nous aimons »    Nadine DUPEUX

Toute absence nous entretient d’un présence et ce, selon la dissipation ou non des brumes qui l’entoure…

Tout deuil repose l’éternelle question de savoir ce qui se passe après le trépas… Où cela s’en va, sous quelle forme, vers quelle mystérieuse destination ? Certains font confiance au « jugement dernier » qui sera source peut-être de révélation, d’autres n’ont que leur larmes pour pleurer et se passent en l’instant d’imagination…

Le monde entier, tout habitant de la planète est amené à s’interroger devant la plus impactante des interpellations… Chaque mort interpelle la vie, sollicite des vivants l’avis… Chacun à sa façon répond ou non !…

Je ferais part, en ces départs souvent très cruels pour nos affections, de ma réponse à cette question et ce selon mes propres convictions lesquelles valent « ici et maintenant » et sous réserve de variations, d’évolutions, en fonction des circonstances…. Mais les grandes lignes de ma convenance demeureront je pense en ce rapport entre l’existence et une définitive séparation…  

Devant le refus de l’acceptation, la révolte, la rébellion, que pouvais-je faire qui me soit conciliation, apaisement, compréhension, espérance, atténuation des vives souffrances ?
Concevoir en effet un nouveau rapport entre ce qui fut et n’est plus, la gestion d’un vide, d’une implacable béance que rien ne semble vouloir lors combler…

Il y a ce qui s’estompe en une partance irrémédiable et sans retour possible pour la « forme » qui s’est embarquée… la « matière charnelle » demeurera matière promise à décomposition…
Est-il possible de transcender cela et de recomposer en d’autres « formes » habitées une telle et irrévocable disparition ?...
     
Comment réduire la distance, l’éloignement quasi galactique, comment ne pas « oublier » "l’essentialité" de la relation qui fut la nôtre, trouver la juste adéquation entre désir et réalité ?…   Comment concilier absence définitive et présence « reformulée », « transmutée » ?

Le champ de l’investigation posé par la question semble être circonscrit entre deux notions ici élémentaires : le dedans et le dehors, l’intérieur et l’extérieur, ce qui est en soi et au-delà de soi…  
Ce qui disparaît et ce qui habite de nouveau sur d’autres plans de conscience, de convenance et de représentation…    
C’est reconsidérer totalement ce qu’est la « présence » et comment elle peut spirituellement épouser une nouvelle conception compatible avec le songe et la raison…

Soit l’art guérisseur de passer de l’amputation douloureuse à une sorte de greffe indolore et réparatrice  pratiquée sur l’Arbre de notre propre vie !…

C’est l’idée que tant que nous vivrons, en nous ils seront ces « Chers disparus » et ce d’une toute autre façon ; et que cette façon sera un concentré de tendresse et d’attentions, de pensées aimantes, de doux souvenirs…. En cela et par cela ils continueront à nous donner amour, force, lumière et énergie… avant que de les rejoindre et de se conjoindre à leur mystère, à leur « transmutation »…

Vous comprendrez ici l’idée d’une transvasement, de passation articulée autour du dehors et du dedans ; une idée où l’on ne se soucie plus vraiment du corps mais de ce qui le rendait jadis pleinement animé et vivant…   

Quelque chose en rapport avec un Principe, une Essence qui implique à juste titre une forme de croyance en l’ici-bas et en l’au-delà … Un rapport laissé aux libres appréciations de chacun……     

La mort, deux points, un terminal ou une nouvelle navigation pour le défunt !!! ???  (le corps a priori restant au port ou s’envolant dans un bouquet de flammes vers un autre destin…)

Nos sociétés humaines font de la mort un exorcisme permanent où l’entourent d’une indifférence protectrice et tentent, lors de sa venue toujours impromptue, de l’expédier le plus rapidement possible de l’autre côté de leur mur… (C’est en nos sociétés un sorte de peste qui dure !)…

Ceci est suffisamment explicite, par ces comportements et attitudes, de l’énorme malaise de nos communautés humaines dont la rapport exécrable à la mort détermine un identique et déplorable rapport à la vie… La mort est avant tout un miroir qui nous renvoie directement et sagement vers la vie (la qualité, la densité, l’intensité de vie que nous comptons mettre et offrir au monde !)…

Une société malade de la mort est autant malade de la vie !

Nous savons, et toutes les sagesses du monde nous invitent à cette conclusion, que nous n’avons pour continuation de notre existence et dans les meilleures conditions possibles « d’équilibre et d’harmonie » que l’Acceptation face à ce que nous sommes en état de refuser et principalement  face à la rupture, à la séparation ou disparition…

Ce n’est pas en demeurant dans les rets de la peur, de la crainte, du doute, de l’incertitude, de la « perdition » et de leurs prisons que nous pouvons espérer, solutionner, rééquilibrer, réharmoniser nos divers abandons à être et à vivre…


Quelque soit notre périlleuse et bouleversante situation nous sommes condamnés au bonheur !!! A vivre de ce qui meurt ! Nous n’avons pour solution que cette étrange mais efficiente conception !

Nous sommes invités à passer d’un état de dévolution envers nos peurs à une dynamique du désir, de nouvelles ardeurs…   Si nous faisons de la mort une exécration, c’est avec cette dernière que nous nous éloignerons d’autant du vivant !

Ceux qui partent ne cessent de nous dire, de nous rappeler, ce qui pourrait être presque une imploration : « VIVEZ »… Vivez l’instant, l’important ; vivez l’essentiel de vos facultés, de vos potentialités, de vos aspirations les plus intimes, les plus profondes et légitimes !

Vivez ce que nous avons partagé, vivez ce que nous aurions aimé partagé, ce que nous partagerons encore par la pensée et la souvenance reconvoquée…

Oui, cela est vrai, nous ne saurons pas tant que nous serons du côté où la question se pose….
Ceux et celle qui reposent ne peuvent pour nous aider que nous accompagner et nous soutenir dans le creusement de cette interrogation en maintenant le pont entre ce qui devient et ce qui a été, entre futur et passé… Ils savent qu’ils seront encore vivants en ce monde tant que nous le serons conscients de leur aimable présence et qu’heureuse sera cette mystérieuse cohabitation, cette « Co-existence. » en de nouvelles et inédites dimensions…

Il m’arrive souventes fois de partir aux champignons avec mon père, à la pêche à pieds ou aux noisettes, à de nombreuses cueillettes, avec ma mère ou encore de jouer de la musique avec les amis partis et de boire en leur chaude compagnie… Ils font ainsi toujours partis de ma vie non dans une illusion entretenue mais bien au sein de ma propre incarnation ; chair dans la chair, sang dans le sang, pensée dans la pensée… vie dans la vie !

Je n’ai et cela pourrait paraître surprenant jamais « enterré » personne, tout en respectant cette forme vis-à-vis, des proches, des amis, des parents, des enfants…  Il me vient seulement et secrètement à considérer que cet amas d’os et de chair à un cercueil confié serait bien mieux employé à nourrir de nouveau la terre, à permettre à d’autres formes de vies de germer……  

De ce qui fut incarné, je ne retiens, il est vrai, que l’esprit qui à animé et habité, qu’une coloration et émanation particulière et spécifique de cette « facette » spirituelle qui donne des milliards de figures différenciée à un « Tout » ainsi et singulièrement manifesté…

Il m’importe en ces circonstances et selon mes compétences et possibilités de proposer, de susciter, en libre option, la paix et la sérénité… Sans nier la réalité ni l’évidence… Avec compassion sincère en mes propres ébranlements et émotions… 

 

Mais,  il est vrai encore une fois que je conçois personnellement et en plein accord avec ma « Tradition » que la « mort n’est que le milieu d’une longue vie » et que cela s’appuie pleinement non pas en terme de « réincarnation » mais de permanence et d’immanence de l’Esprit en quelque forme que ce soit… là, ailleurs, ici, en ce monde ou en un autre, en les deux sans doute aussi !…


Pour mes parents, pour mes amis, j’ai fais en toute conscience de ma propre chair et de tout ce qui l’anime, l’inspire et l’induit, une demeure, un abri… une crique, une clairière… un feu, un phare dans la longue nuit…

Cela est léger et non pesant, sans encombrement en quoi que ce soit et « aimant en moi »…
Ce n’est point envahissant, nous cohabitons « naturellement » aux heures où le cœur est appelant, aux heures se souvenant de qui est et demeure là comme une âme-sœur discrète mais veillant…  Amoureusement…



16/03/2013
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