Les dits du corbeau noir

OU T'EN VAS-TU HOMME DE LA MODERNITE ? 2019 BARDI BRAN DU 10 02 FEVRIER

 

Où t'en vas-tu ainsi homme de la modernité, avec ton âme en lambeaux, avec tes rêves lacérées...

Où t'en vas-tu, nu de cœur et de pensée, d'orgueil et d'arrogance revêtus ?...                    Où t'en vas-tu ? Où t'en vas-tu  homme de la modernité ?...

 

Te voici parvenu en terre désolée, au bord des abysses par toi creusés.                            Épuisée est la terre surexploitée, polluées sont les rivières et les nuées, ; du ciel, les oiseaux ont disparu ; il n'est plus, ce ciel noir et gris, qu'empli de miasmes et de fumées...

Te voici assis au bord du précipice vers lequel tu t'es toi-même « précipité » ; il n'est ici d'autres rives, d'autres terres pour espérer...

Devant toi est l'étendue, vide, désertée, froide, enténébrée...                                              Devant toi, le cimetière du possible ; devant toi, le cimetière des potentialités par toi enterrées quand « demain » pouvait encore germer dans l'humus de bonté et de générosité qui jadis t'avait fait « homme » afin que naisse et soit, en ce monde, un juste et solidaire terreau d'humanité...

 

Que laisses-tu derrière toi sinon une terre gaste, laminée par tes mensonges et ta cruauté, par tes ambitions démesurées, par tes caprices de parvenu, par tes songes insensés, par ta dignité déchue, par ton individualisme forcené ? Que laisses-tu dit, que laisses-tu ?

Tes fruits sont stériles, tes œuvres infécondées, nulle âme, nul esprit, nulle sagesse, nulle spiritualité ; absence du divin, absence du sacré, mais la Matière, la matérialité élevée au rang de divinité, souveraine, dogmatique et plénière !

Derrière toi sont les graines d'espoir que tu n'as pas voulu ni souhaité ensemencer, derrière toi sont les rejets, derrière-toi sont les refus, de voir clair en vérité !...

 

Te voici face aux tempêtes que tu as soulevé... Le vent flagelle ton front, ta face et tes lèvres gercées...

Le silence n'est plus le silence, mais cette fureur que tu as déchaînée....                            La vie n'est plus la vie : la vie ; ses germes, tu les as stérilisés... l'avenir, le devenir, c'est toi-même qui les a avortés...

A quoi te sert lors maintenant ces fausses richesses accumulées, ce pouvoir, cette puissance, cet argent prostitué ?...

Est-ce que cela peux te donner à manger, désaltérer ta soif si brûlante, peux-tu par ces présences, par ces possessions, par ces fausses richesses, être toujours gratifié, valorisé, réconforté ?...

 

La pierre posée à tes côtés ne connaît, elle, ni peur, ni angoisse, ni frayeur, ni souffrance, elle ignore tout de ce que tu as, de cela, autour de toi, sans cesse et volontairement généré...

Rien en ce monde ne peut connaître ce que tu ressens là au bord des abysses de la pensée ?

Tu es déjà « Mort » avant de l'être, peut-être même, l'es-tu depuis que tu es né ?....

A quoi bon ce ruissellement de larmes sur ton corps flétri et asséché. Il est trop tard pour que tu déplores tes actes passés, leurs causes, leurs conséquences, leurs désastreux effets et leurs perversités... Trop tard pour regretter...

 

La nuit lourde épaisse sur toi est tombée... Il n'est plus pour toi d'aube à se lever...       La pierre dort de son sommeil de pierre...

Il ne te reste, à toi, pour seule compagnie en l'éternelle nuit, que ce cauchemar sans cesse éveillé !...



10/02/2019
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