Les dits du corbeau noir

REFLEXIONS : OGAMS, DE LEUR JUSTE EMPLOI 2/2 (OCTOBRE 2013)

DES OGAMS  Etude à partir de l'ouvrage de Philippe JOUET (Dictionnaire de la religion et de la mythologie celtique...)                                      Bran du 16 10 2013

En préambule : ce texte d'un maître chinois du 20è siècle : Huang Yuan (peintre et calligraphe)

Le trait est une entité vivante à lui seul...

Il a une ossature, une chair, une énergie vitale...

C'est une créature de la nature comme le reste...

Il faut saisir les mille et une variations que l'on peut offrir dans un unique trait....

Le pinceau est comme un pendule qui oscille entre l'univers et le centre de la terre.

Avertissement : L’interprétation (d’un monde Celte très complexe au demeurant) des sources peut  différer d’un chercheur à l’autre ainsi CH J Guyonvarc’h voit dans Ogme un conducteur des morts et un terrible magicien ce que Philippe Jouet ne valide pas et nuance…

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Ogam : signaire ou lettrier irlandais...

Composé de groupes de traits gravés le plus souvent sur des arrêtes de pierres levées entre le Vè etle VIIè siècle après J.C.

Inscriptions funéraires trés brèves commemoration d'untel, fils de...

Ogmoracht : sciende de l'ogam...

Ogmoir : savant en ogam...

Le système originel se compose de 20 signes répartis en quatre groupe de 5 que complète une cinquième série  dans les manuscrits plus récents...

Chaque signe est formé d'un axe de référence et d'un certain nombre d'encoches.

Les manuscrits accommodent horizontalement l'habituelle disposition verticale...

A chaque trait ou signe est associé une image ou kennings...

Le groupe ajouté ( la 5è série) est fait de signes fermés ou cruciformes... Cet ajout peut faire penser à la répartition de l'Irlande en quatre provinces dont le centre constitue une 5è partie constituée d'une part des quatre autres...

Il y a un arrière-plan mythologique à ce signaire... Et il est surprenant tant pour les ogam que les runes... Il faut qu'il ait existé un ensemble de conceptions traditionnelles relatives aux signes (symboliques, magiques, astronomiques...) à leur acquisition et à leur efficacité religieuse bien antérieur à l'emploi des signes comme écritures...

L'invention de celui-ci est rapportée à Ogme (comme celle de runes germano-scandinaves à Odin ; runes liées au secret et au mystère...)

La naissance mythique de l'ogam survient pendant la nuit des dieux et Ogme est le seul qui puisse encore travailler pendant cette période...

Le Père de l'ogam est Ogme... La mère de l'ogam est la main ou le couteau de Ogme.

l'invention par Ogme (le très savant en langage et en poésie) daterait du règne du roi Bress en Irlande...

La cause preuve de son intelligence en fut que ce langage devait être la propriété réservée des érudits (cette définition concerne la langue poétique plus que les caractères)...

L'usage de l'ogam, fid saerda, bois figuré à des fins magiques et bien attesté dans la littérature irlandaise...

(Un druide pour retrouver Etain enlevée par Midir se retire la nuit sur une montagne et fait quatre baguettes de science en bois d'if et y écrit des ogams...)

L'ogam est utilisé lors des funérailles. On grave le nom du mort sur une stèle... car le souvenir de l'ogam dure longtemps...

Il y a certainement un emploi rituel distinct de l'usage littéral. La procédure ne se réduit pas à la gravure des ogams...

le feige finn est un dessin circulaire qui ordonne les ogams sur le cercle de l'année en fonction du contenu de leurs images (ou kennings)... des kennings se rapportant au langage des dieux... Chaque caractère étant associé à une image... On disposerait de trois listes d'images associées dans le classement fait par lettre et famille de cinq lettres...

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A propos d'Ogme (Ogma, Ogmios) :

C'est l'un des dieux des Tùatha Dé Danann de l'Irlande

Il a des affinités avec le côté sombre de l'univers, la magie, l'écriture...

Avec son petit fils Elcmàr, ils sont parmi les héritiers d'une des divinités majeures de la religion cosmique indo-européenne : le Ciel Nocturne...

Il est proche du Dagda...

C'est le dieu de la force et du combat et ses exploits se déroulent au sein de la classe guerrière et royale...

C'est une puissance nocturne... Avec le Dagda, Boand, Oengus et Elcmàr, il constitue la théologie des dieux de l'univers...

Il représente le versant sombre de la fonction souveraine...

C'est un dieu lieur... Il est l'inventeur de l'écriture ogamique...

C'est une puissance ralliée aux dieux , une ancienne puissance apparentée au ciel nocturne qui rejoint le panthéon diurne des Tùatha Dé Danann... Il soutiendra ceux-ci lors des deux batailles de Mag Tured où il accomplira des épreuves de force...

Son petit fils Elcmar (le jaloux) est nettement associé lui à l'Autre Monde nocturne et dangereux...

A savoir Héracles est appelé Ogmios par les Celtes

Des hommes attachés par une chaîne légère faite d'or et d'ambre suivent librement, volontairement et joyeusement le dieu qui les entraîne ; toutes les chaînes individuelles se retrouvent reliées en bout de chaîne principale à la langue du dieu... Et le dieu sourit aux hommes qui vont ainsi à sa suite... C'est là une image symbolique et analogique de l'Eloquence fort prisée par tous le peuple Celte...

(La force de la persuasion est plus puissante que celle des armes.)

C'est un conducteur et un guide pour les Celtes...

Ogmios en Gaule est tout aussi puissant et éloquent...

il est représenté comme un vieillard... 

Ogmios guide les hommes qui lui font confiance dans les régions nocturnes...

C'est un souverain et héros nocturne qui a vaincu la ténèbres...

Ses fidèles ne sont pas des morts mais des vivants en quête d'héroisation...

Il n'est donc pas le dieu des morts mais celui qui propose une voie de salut...

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Par la trace et l'empreinte...                                Bran du   16 10 2013

J'ai appris, de l'oie venue du Nord, l'empreinte laissée par elle, sur le sable fin et humide de la grève... J'ai appris le triangle sacré qui se répète en ses pas en la saison d'hiver... Ce que le flux amène le reflux l'emporte...  Mon esprit accompagne l'envol de l'oiseau des neiges qui répond à l'appel du ciel... Les eaux effacent l'empreinte que le ciel sans cesse réimprime...

J'ai appris, branche après branche, fourche après fourche, tous les signes de la noble série, en lisant attentivement la ramure d'un chêne...  J'ai appris de même des brindilles qui jonchaient le sol dans les calendes du givre...

J'ai parcouru, du bout du doigt, le sillon-serpent tracé sur la pierre du mystère, sur la pierre de mémoire des Grands Anciens... Les courbes et spirales m'ont pris en leur barque et j'ai connu l'océan lointain et ses vagues dansantes...

La lettre était là et elle me faisait signe... Là, dans l'arrête de la feuille rongée par l'automne, là aussi dans un ensemble d'os appartenant à un corps rongé, lui, par la rude mâchoire du temps...

Ma paume aussi me donnait lecture de cela qui s'enroule sur le poignet des saisons et sur l'écorce du songe...

D'aube en crépuscule, j'ai martelé le fer de mes pensées jusqu'au fil de la lame...

J'ai enfilé la laine sur la roue des questions... Aujourd'hui je dévide et compose la trame...

Honneur à Ogme qui lie toute chose et dénoue toute entrave.. Honneur au bon conducteur qui mène l'homme sur le chemin des héros, qui fait brassées de mots qui, sous nos yeux, s'enflamment...  

Je ne suis qu'un chaînon de la très grande chaîne et celle-ci a pris langue dans la bouche même des dieux... Anneau dans l'anneau, cercle dans le cercle... Ainsi l'alliance entre le ciel et la terre..

Neuf anneaux au pourtour du Chaudron ; neuf guerriers de cuivre et de bronze... Neuf lances aiguisées de sages paroles....  Neuf petits coracles pour le chant du Voyage sous la ronde des étoiles...

Lors, avant la lune grosse, j'ai gravit la sente qui mène à l'Etoile...

J'ai marché sur l'arrondi des pierres parmi les ajoncs et les fougères, les genévriers et la bruyère... J'ai lavé mon front à l'eau froide du torrent... J'ai déposé l'offrande au seuil de la fontaine et apposé ma tempe dessus le bois vivant... J'ai frotté mon briquet contre la poudre d'amadouvier et, dans la coupe d'argile rousse, j'ai célébré le feu et sa flamme insoumise...        Et tous en ce lieu surent la lumière qui menait mon chemin...

Et me voici au plus près des nuages et des nuées...

Et tombent les copeaux dessous la baguette de science...

Chaque mot résonne qui percute la pierre vive de la nuit quand je trace dans l'aubier la marque de mes voeux...   Et mon souhait est là posé à jamais sur le coeur vibrant de l'if...

Les flots rageurs arrachent aux falaises des tissus de mémoire et  les terres qui font front abandonnent à leurs griffes le friable de leur chair...

Tout n'est que retour aux origines !

La trace et l'empreinte vont dans cette direction...

Puisse revenir l'oiseau au plumage d'argent...

Les trois traits brilleront sur le rivage luisant...

D'or sera l'oeuf dans le nid de l'aurore...

Lors, je serais le signe, avivé de mon sang, fait dans l'encoche du vivant...

Le trait prendra corps !

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Kennings (vieil irlandais) Images associées aux lettres : 3 listes d'attribution

tarduction Mac Manus...

B : Pied flétri aux beaux poils / Très gris clair de peau / Beauté de sourcil...

L : Lustre de l'oeil / Ami du bétail / Subsistance du bétail...

F : Avant garde guerrière de la Fiann / Pot à lait / Protection du coeur..

S : Pâleur d'un être sans vie / Subsistance d'abeilles / Début du miel...

N : Fondation de paix / Vanterie de femmes / Contestation de beauté...

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H : Réunion de meutes / Blancheur de face / Trés difficile la nuit...

D : Très haut arbre / Travail d'artisan / Gravé avec dextérité...

T : Tiers de roue / Moelle de charbon / Tiers d'arme...

C : Très bel arbre / Ami des noisettes / Trés doux arbre...

Q : Abri d'un fou / Essence d'insignifiant / Lie de vêtements...

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M : Très fort d'usage / Proverbe de massacre / Chemin de la voix...

G : Très douce herbe / Bon lieu pour les vaches / Rassasiement de foule...

GG : Subsistance de guérisseur / Vêtements de médecins / début de meurtre...

Z : Très forte garance / Accroît de secrets / Recherche de nuages...

R : Très intense rougeur / Rougeur des visages / Ardeur d'énergie...

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A : Très sourd grognement / Début de réponse / Début d'appel...

O : Blesseur de chevaux / Très douce dextérité / Soutien de guerrier (de la Fiann)

U : En habitats froids / Propagation de plantes /  Cri d'inanimé...

E : Arbre éclairé / Echange d'amis / Frère de bouleau ?...

I : Très vieil arbre / Le plus beau des vieux / Energie d'un infirme ?

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EA : Bois lettre bien nageante / Admonestation d'un infirme / Trés beau poisson...

OI : Substance très vénérable / Splendeur de forme...

UI : Arbre parfumé / Grande épaule...

IO : Très doux arbre / Goût très merveilleux...

AE : Expression d'un affligé / Grognement de malade...

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Rappel et compléments : REFLEXIONS  BRAN DU   Octobre 2012

 

A propos des « Ogam » et de leur emploi…. 

 

(On connaît au moins 300 inscriptions lapidaires de cette écriture.)

L’ogam se présente sous forme d’un trait droit, oblique ou transversal de part et d’autre d’une arête verticale ou horizontale.. Il peut être gravé sur du bois d’if ou de coudrier (noisetier)

Les ogams sont décrits en détail dans le traité de l’Auraicept na nEcès ou « Rudiment du Poète ».

(Sources : CH Guyonvarc’h : F Leroux) (Jean Paul Persigout) (Claude Sterckx)…

« Le père de l’ogam est Ogme et la mère de l’ogam et la main ou le couteau d’Ogme »

Ogme  Oghma (Ogmios en Gaule) Effyd hen « le Vieux » au Pays de Galles, Griaineineach encore en Irlande, dans la mythologie celtique est apparenté au dieu Varuna de la Tradition Védique…

C’est un dieu assez terrifiant aux fonctions majeures…

Il est fort possible que ce dieu ait été aussi un « conducteur des morts »…

C’est un dieu guerrier mais pour ce qui nous concerne ici le Père de l’Ecriture ogamique et tout autant le Dieu de l’éloquence (Il règne donc sur la parole, la voix, le son et sur les signes gravés)

Il conduit les hommes par la force et sa puissance de « persuasion » et par l’art  (également poétique) de ciseler les mots et les sons… Sa voix capte, séduit, ensorcelle, suscite l’adhésion, la compréhension, l’élan…

Il est dans ces attributs une autre facette du Dagda (Dagodevos en Gaule) le « Dieu Bon » présenté comme son « frère », qui est aussi maître des sons et des « trois airs » que se doit de maîtriser tout barde ou filid… Outre un fabuleux Chaudron et une massue à deux bouts (pouvant tuer ou ressusciter selon le bout employé !) il possède une harpe qui peut s’avérer aussi être une arme redoutable…

Cet inventeur de l’ECRITURE est un DIEU-LIEUR mais surtout le Maître terrible d’une magie redoutable (il a aussi un gourdin ou une massue qui l’apparente à Héraclès ou Hercule dans d‘autres figures mythologiques)… Ce Dieu Lieur assume une fonction Conséquente au sein du panthéon qu’il partage avec quatre autres Dieux et une Déesse… Pour Claude Sterck (Mythologie du monde celte) il représente Le POTENTIEL de L’UNIVERS, le POTENTIEL DE VIE… Il est le Gardien du bon ordre cosmique…

Ceux qui ne respectent pas le bon ordre divin seul à même de faire que le monde tourne bien seront « liés » magiquement ( leur sort s’il est écrit n’en sera que plus durable !)

C’est à son frère le Dagda que revient le rôle de géniteur. C’est lui qui insémine la vie, qui « l’éjacule » dans le sein de la Mère Nature ( la Terre-Mère) et qui la féconde pour qu’elle donne naissance à la vie sous toutes ses formes… (Sa massue devient alors un phallus !)

Ogme c’est la « tête », le récipient, le chaudron de tous les possibles qui se remplit et se vide en fonction de la vie et de la mort… Il n’a pas pouvoir de procréer ; pouvoir délégué à son « frère » le Dagda…

C’est un DIEU DE LA GUERRE, un dieu-guerrier… Il ne fait pas lui-même la guerre, mais c’est le guerrier héros qui s’en charge sous sa conduite…  Il a pouvoir sur tout ce qui est sombre, déréglé, obscur, violent et magique… On l’affuble aussi des termes comme : le Rusé, le Parleur, le Grand Envieux (Elcmar le Jaloux), le Mauvais… Etymologiquement c’est le « Conducteur » ; celui qui montre à son peuple le bon chemin, la route et le sentier à suivre ( Son nom est aussi lié au chemin, au sentier…) (Voir Setanta le cheminant afin qu’il ne devienne Chuculainn, le Chien de Culann…)

On donne à cette écriture une portée magique qui trouve son emploi au sein de procédés de divination ( on grave les signes sur des baguettes ou plaquettes en If ou coudrier que l’on fait tourner dans un seau ou chaudron et on procède par tirage à des lectures et interprétations sur l’avenir et les situations faisant l’objet d’un questionnement précis et de conventions préalables…)

Le second emploi connu est lié à des rites de funérailles… l’Irlande, le Pays de Galles, l’Ecosse possèdent des pierres dont l’arête est parcourue de signes tracés en Ogam -

Dans certaines circonstances assez exceptionnelles des guerriers qui sont aussi des héros se servent de ces ogams pour « paralyser l’ennemie » (C’est le cas de Cuchulainn qui en grave sur un disque en bois pour se défendre de ses agresseurs.) Ce ne peut être qu’un emploi limité car la gravure de l’ogam est réservé à la classe sacerdotale et dans des cas certainement très « réglementés »…

Dans un cas plus général relatif à l’écriture qui fait l’objet d’un « interdit », celle-ci est « tolérée » par les druides dans le cas d’un usage strictement profane souvent lié à des actes de commerce sans autre portée…

Divination, pratiques funéraires, emploi guerrier limité… Voici les trois applications ; des applications dont nous ne pouvons percer les principaux secrets ( nous n’avons pas ce qui accompagnait la gravure en dehors d’une gestuelle guerrière très codifiée dans le cas de Cuchulainn, nous ignorons les « incantations », les « formules », les rites, la gestuelle appropriée de ces actes, les rites opératoires, les précautions prises, la règle « morale » d’emploi…Notre « compréhension des ogams » est donc fort réduite….

Robert  Graves à proposé une retranscription des ogams sur les cinq doigts d’une main…

Jean Paul Persigoult dans son dictionnaire de mythologie celtique présente des tableaux de correspondances symboliques, magiques entre la lettre, l’arbre ou la plante, un oiseau, une couleur, des traits de caractère, une divinité etc…

Par analogie avec les écritures scandinaves (Runes) assimilées ici du fait de leur caractère éminemment magique, je prendrais à la lettre l’Avertissement majeur mis en « préface » à tout traçage de ces signes par la Tradition Scandinave elle-même : « SI TU NE SAIS PAS, NE TRACE PAS ! ». Sinon nous pourrions bien nous faire battre les flancs par la baguette indûment utilisée en jouant aux apprentis  sourciers/sorciers !

Tout est Vibration, un mot, un geste dans le vide et à plus forte raison un signe figé dans la durée d’un support, donc encore plus dangereux s’il comporte un effet malveillant, une « malédiction » par exemple…   

Il me paraît toujours dangereux en absence d’une réelle connaissance ; d’une connaissance appuyée sur des éléments incontestables, archéologiquement et universitairement vérifiés et attestés, de pratiquer diverses opérations lesquelles se devraient d’ailleurs d’être limitées dans leur emploi à la seule classe sacerdotale autorisée ( pour autant qu’elle soit en mesure de pratiquer cet « art » magique avec efficience et dans le respect de la déontologie philosophique et spirituelle que cela implique et impose…)

Pour l’heure je me garderais bien d’en faire personnellement usage et ce d’autant plus que dans le monde druidique le fait de fixer, de figer, de mettre à demeure dans le temps et l’espace est un acte effectivement de haute magie exigeant la plus grande connaissance et maîtrise qui soient !…(On se doit d’imaginer toutes les protections et préventions qui se devaient d’entourer de tels actes !)

Le fait d’avoir grandement « vulgarisé » l’emploi et l’usage à travers des dimensions souvent ludiques et des applications plus ou moins douteuses en terme de recherche de soins et de bien être me pose problème, car nous ignorons encore bien des choses et surtout les plus importantes…

(Un grand magazine à haut tirage et plus spécialement « féminin » a publié un articles invitant à la pratique de cette « écriture sacrée » en mélangeant copieusement Ogam et Rune pour ne citer que cet exemple aberrant)… (Une confusion d’ailleurs très fréquente et qui continue de sévir en diverses publications.)

Posons nous au moins la question :

Le signe tracé garde-t-il une valeur « propre », « spécifique » et déterminant par sa propre autonomie d’application et d’effet ou n’est-il « armé » d’efficacité qu’accompagner des rites, gestes, formules, forces, énergies, adéquats et appropriés ?

Que suis-je amené à mettre en mouvement, en vibration, dans le chant de l’univers… Suis-je en réelle assonance, concordance ou ne suis-je pas l’émetteur inconscient d’une dissonance parasitaire ?

Que l’on fasse des études sur cette écriture et que l’on s’efforce de donner sens à cela en spéculant ou en interprétant des significations, des jeux analogiques de diverses correspondances, des adaptations dans l’usage et l’emploi, ne me gêne pas si cela reste du domaine de l’étude, de la recherche ou de la création culturelle et artistique… mais si l’on utilise ce corpus de lettres à des fins plus conséquentes en interférant sur le champs des vibrations positives, négatives ou neutres sans le « savoir » et encore plus dangereusement sans connaissance au moins de base et avec les réserves précitées, me paraît un exercice peur recommandable et non « mesuré » dans ses actions…

Un « principe de précaution et de prévention » s’imposerait à mon avis dans ce domaine…

Rappelons-nous par ailleurs que ce haut personnage d’Ogme est assez terrifiant ( il est fort probable d’ailleurs que l’on ne prononçait même pas son nom pas peur de lui être désagréable !)…

Ses pouvoirs sont redoutables et si on ne respecte pas le « bon ordre cosmique », si on interfère dans le bon déroulé de la roue de l’année…  On aura l’effet « boomerang » en retour ! La sanction pourrait consister à se trouver lié, à se retrouver « impuissant » d’une façon ou d’une autre pour faire œuvre de vie et de fécondation… Ce liage pourrait peut-être bien s’assimiler à une « castration » provisoire, ponctuelle ou définitive ???   Ne plus engendrer, féconder, générer sous quelque forme que ce soit, c’est comme être banni par les forces mêmes de la vie !… C’est se trouver privé des moyens de se perpétuer dans cette vie et peut-être au-delà !… Ce lien n’est plus une alliance heureuse, mais devient une mésalliance impliquant rupture, divorce, séparation… On sait que la sanction majeure dans la société celtique consiste à être « banni » des assemblées et célébrations, ce qui implique une « errance perpétuelle « matérielle » hors du domaine de l’Esprit !»…

Utiliser, de façon hasardeuse, erronée, falsifiée, approximative, une écriture créée par un tel personnage avec de tels pouvoirs devrait vraiment inciter à beaucoup réfléchir avant de se lancer dans une telle audacieuse et assez orgueilleuse entreprise !

La dimension  « magique » fait appel à la notion de « mage » lequel est censé être un « sage », un « connaissant », un praticien expérimenté qui respecte l’ensemble de l’opération  et de ses déroulés selon une formation reçue, des « pouvoirs délégués », des principes et des règles qui ne doivent pas être dérogés sans « risque »…

Personnellement, je ne trace ni ne grave les ogams considérant que j’en suis bien trop ignorant et que ma méconnaissance dans un domaine aussi sensible que celui de ces hautes vibrations pourrait être une source de parasitage à divers niveaux… Il me semble en l’état actuel des connaissances que ce serait quasi « miraculeux » de se trouver en leur emploi dans la juste fréquence de leurs émissions et réceptions (même la bonne volonté n’est pas gage de « neutralité » bienveillante dans ce domaine)

La puissance du verbe » est toujours supérieure à l’emploi de la lettre dans bien des Traditions et notamment, plus spécifiquement et de façon accrue au sein de la nôtre….

L’ETRE n’est pas subordonné à la lettre mais au Souffle, à l’Inspiration divine… A l’AWEN…

Ce n’est pas la lettre qui nous « conjugue » à tous les temps et en tout espace mais un Verbe sonore et lumineux…  Et ce Verbe est Energie, Force et Lumière… Cela nous en avons connaissance et reconnaissance !

La pensée celtique s’efforce de ne jamais « définir considérant que cela participe d’un acte contraire à la Loi d’Evolution qui ne saurait être figée et fixée sur aucun support…

Gardons-nous en conséquence de vouloir « retenir l’eau de la Tradition » dans le creux de notre  main !  C’est en buvant, en ingérant ses vertus que notre corps, notre âme, notre pensée seront désaltérés et revivifiés…Nous ne saurions nous « approprier » de façon égotique cela…  Nous pourrions, sinon et au mieux laisser quelques traces d’humidité en notre paume illusionnée ressentir amèrement  la sécheresse et l’aridité que laisse au cœur un coeur désertifié !…

 



20/10/2013
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