Les dits du corbeau noir

Morigénos ! Morigénos ! Aremorica ! Bardi Bran du 17 10 2014

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Morigénos ! Morigénos ! Aremorica ! Bran du 17 10 2014

 

A l'Origine,

La pierre savait en ses laves;

La fougère et l'humus de même...

Les coquillages de la grève tenaient cela disponible

dans l'enroulé "enspiralé" de leur nacre....

 

A l'Origine,

Le feu déjà disait d'autres feux, contait d'autres flammes ;

Faisait état d'une Braise Mère de toutes les braises ; d'une Braise sortie de la Bouche même des Dieux...

 

A l'Origine

Les constellations glissaient nuitamment sur la surface des ondes et celles-ci engrangaient en leur fidèle mémoire les flux et influx émanés de leurs courses nocturnes....

 

A l'Origine

La vase et l'argile se souvenaient de ce moule qui plus tard donnera naissance à l'Homme...

La glaise verte et bleue se souvenait aussi de ces paumes qui modulaient sa forme et la faisait s'élever, affinée, épurée, sur le tour du devenir.... Seul demeurait au sol les scories accumulées destinées à demeurer dans le giron de la Matière...

 

A l'origine

L'Aurore fomentait les aurores, le crépuscule perfectionnait son modèle....

 

A l'origine

Tous savaient ;

Le salpêtre, les lichens, les parmélies ;

La modeste prêle aussi...

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L'empreinte était là sous l'écorce des millénaires, dans l'aubier de l'univers...

Le Son premier ; les sources en avaient fait leur chant ; le tonnerre en avait retenu une partie , bien davantage ; les gouttes de la pluie...

 

Morigénos ! Morigénos ! Aremorica !

 

Tous savaient

L'étrange et sourd alphabet

que murmurent les roches et les écailles, les plumes et les écorces...

Tous savaient le gouffre et l'abîme, l'étendue et l'immensité...

Tous savaient le Territoire des Ombres et les Contrées de la Lumière...

Tous savaient le frémissement et l'ébranlement qui secouèrent l'échine de la Terre et ce jaillissement reptilien qui portait en lui l'Oeuf de Connaissance alors que le Cercle se formait et s'achevait ; bouche contre queue...

 

Morigénos ! Morigénos ! Aremorica !

 

Tous savaient, tous les Règnes, tous les Eléments, tous les Souffles, tous les Vents...

 

Lui, ne savait pas encore...

Cela entrait en ses pores, pénétrait autant son sang que ses songes, cherchait en ses vaisseaux la piste ancienne, l'entrée d'un très vieux labyrinthes...

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En attendant,

Il faisait récolte d'enfance

Dans les vergers de l'insouciance...

Le cresson, la menthe sauvage, le coprin des prairies, les secrets du rivage ; le nom des fleurs et des oiseaux, le grillon dans son trou,

le nid aux oeufs bleus piqueté de noir, la nielle des près, le hanneton volage...

Tout cela apporté par les saisons, il en faisait leçons.... Il en faisait mémoire....

Au déversoir de l'âge, il était cette truite saumonée gobant à la surface des choses et des ondes ce que la rivière apportait à ses lèvres de futures connaissances....

 

A l'origine

Il n'était que le "petit de l'homme"...

 

Puis, la poésie lui donna, un jour ou une nuit, la main....

Pour lui la femme se mit à nue et à nue mit son féminin...

Lors se présenta le Chemin

Où tout s'offre et se donne

A qui offre et donne de son coeur, de ses mains....

 

Morigenos ! Morigénos ! Aremorica !

 

Maintenant il savait la pierre ;

La pierre libre qui roulait sur les grèves de ses songes...

Il savait l'autre, l'élevée faisant du sacre un portique de Lumière...

Il savait, plantés dans la Terre, les sept étoiles majeures...

Il savait ce langage de granit et de schiste tatoué à même la peau de l'univers....

 

Il savait au-delà des mots ; toujours approximatifs, sertis d'incomplétudes, la Vibration essentielle que véhiculent le sel et l'écume sur les rives d'entendement....

 

Barde, il était, le front ceint d'une couronne de gui, les trois rais gravés sur le miroir de ses yeux...

 

Aujourd'hui, Il se tenait debout, le visage tourné vers l'Ouest,              enveloppé d'une brume naissance, enveloppé des derniers rayons solaires...

Le couchant nappait le roc d'un sang sacrificiel et le sang de ses rêves se mêlait au pourpre céleste et flamboyant...

Il posa son bâton dans l'herbe incendiée et levant les bras vers la parousie de l'horizon, par trois fois, il clama le feu de son nom :

 

Morigénos ! Morigénos ! Aremorica !

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17/10/2014
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