Les dits du corbeau noir

Morigenos ( L'homme devant la mer ou né de la mer) Bran du 03 03 2015 Bardi

 

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Photos Bran du

Morigenos

 

Les vagues, flot après flot, déferlaient rageusement sur son corps, frappaient sa peau nue, ses muscles tendus ; elles l'encerclaient à la taille, tentaient de l'emporter en leur ressac....

 

Mais l'homme résistait à leurs assauts, défiait leur fureur guerrière, s'arc-boutait sur son désir inébranlable de se confronter à la Force des forces, de s'opposer à elle, d'entrer en elle, de mêler son sang, son chant et son dit, au tourbillon d'onde et d'écume...

 

Cette force, il la voulait en ses veines, dans le tambour palpitant et audacieux de son propre coeur....

 

Son verbe aiguisé, précis, sans tremblement, lui tenait lieu de bouclier, d'arc et de flèche....

 

Les vagues venaient mourir une à une sur la grève de ses lèvres, au promontoire de son front, dans la vasque de ses paumes sillonnées par les ans et une grande sagesse...

 

L'eau retrouvait le feu, celui là qu'elle avait connu et aimé, il y à déjà plusieurs milliards    d'années !

 

Nulle offrande en ses paumes, mais son corps entier en offrande...

 

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Son visage buté, plissé, ridé par les flots du temps et des âges défiait la clameur des vents, le fouet des embruns...

 

De sa bouche sortaient des grondements, des raclements de gorge, puis des vocables taillés dans une émeraude pure et infinie...

 

Des mots volcanique jaillissaient dont la plume avait été trempée dans les teintures de la nuit, dans la lueur même des plus lumineuses étoiles....

 

Sa pensée était un roc affrontant les rouleaux venant fouetter sa détermination, se brisant sur son torse de bison, sur sa poitrine de silex....

 

 

 

Il était Morigenos ; l'Esprit du Grand Ancêtre, celui-là qui portait la corne de cerf et le torque en bronze à son cou...

Celui-là aussi qui avait plumes d'aigle en ses longs cheveux et collier de coquillages à son poignet et Celui-là encore qui avait un corbeau perché à son épaule...

 

Il était de cette grande prairie amoureuse du printemps des feuilles et des fleurs...

 

Il était de ce clan qui faisait ronde et cercle sous la tente des constellations, qui levait sa coupe devant la coupe du ciel remplie du sang des aubes parturientes et des crépuscules écorchés....

 

Son coeur battait dans le hochet des mondes...

 

Il savait tous les pièges que la mort essaime en sa grande trappe, mais, nulle dent de fer, nul lacet, nul cordon pour entraver sa pensée ; nul licou, nulle servitude, pour retarder ou arrêter sa course...

 

Il se tenait là, magnifiquement debout, comme tout ce qui aspire à s'élever plus haut que ses racines pour mieux recueillir la rosée de l'aurore et l'alcool fort du soleil ; son or distillé......

 

Il était ce qu'il fût, ce qu'il sera encore et encore :

Morigenos ! Morigenos !    L'Homme nu devant la mer, l'Homme né de la Mère !....

 

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04/03/2015
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