Les dits du corbeau noir

LUGNASAD 2012 approches bran du

LUGNASAD (LUGHNASADH) ou la Fête du Roi…   Approche 03 JUILLET 2012
                                                                                      Bran du              Clairière Kan ar Vuhez

Source : les Fêtes Celtiques de CH J Guyonvarc’h et Françoise Le Roux  Ed Ouest-France

                            « C’était l’assemblée de Lug le parfait
                            Satisfaction joyeuse, plaisir qui n’était pas petit :
                            Les lamentations (des femmes) de fail, belles, brillantes et à la belle voix,
                            La complainte des filles de Ruadhri le rouge… » (Dindshenchas)


« Pour Lugnasad faites connaître ce qui est dû                
pour chaque année lointaine ;
goûter de chaque fruit célèbre…
Nourriture de légumes pour Lugnasad… »
…………………………………………

DINDSHENCHAS METRIQUE (extraits)

« …/… Grand exploit qui y fut accompli
à l’aide de la hache par Tailtiu
faire des pâturages (une plaine fleurie de trèfle) de ce qui était exactement une forêt,
c’est-ce que fit Tailtiu, fille de Magmor….
…/…
Elle (Tailtiu) mourut aux calendes d’août,
un lundi à la Lugnasad de Lug
autour de sa tombe depuis ce lundi-là
Aàlieu la première assemblée de la belle Irlande.

Elle a fait une prophétie véritable,
Tailtiu au côté brillant, dans son pays :
aussi longtemps qu’un prince la reconnaîtrait,
l’Irlande ne serait pas sans perfection de chant.

Une assemblée avec de l’or, avec de l’argent,
avec des jeux, avec la musique des chars
avec l’ornement du corps et de l’esprit
par le savoir, par l’éloquence.

Une assemblée sans blessure, sans mensonge de quiconque,
sans injure, sans querelle, sans pillage,
sans contestation, sans réclamation, sans assemblée légale,
sans évasion, sans arrestation.

Une assemblée sans reproche, sans ruse,
sans injure, sans honte,
sans dispute, sans saisie,
sans vol, sans rachat.

Les hommes ne vont pas au terre-plein des femmes ;
les femmes ne vont pas au terre-plein des hommes beaux et purs.
Mais chacun est à la place de son rang
à l’endroit de la grande assemblée.

C’est la grande amitié de l’assemblée
par l’Irlande et l’Ecosse,
que les hommes y aillent et en viennent
sans aucune inimité méchante.

Blé et lait à chaque hauteur
Paix et beau temps à cause d’elle…. …/…

Il est dit lors du Roi de la Noble Assemblée de Tara :

…/… C’était peu pour lui, ce que nous avions de la richesse du monde,
C’était peu que de faire de chacun de nous un roi…

Les auteurs de l’ouvrage précité nous disent qu’il n’y a aucun doute que le mois d’août n’ai été chez les anciens irlandais, le mois consacré à la Terre-Mère… (A la Productrice, à la Mère Féconde…)
(Tailtiu pourrait être comme Eriu un autre nom de l’Irlande ainsi personnifiée…) (Les Celtes ont toujours aimé à se représenter leur pays sous l’apparence d’une jeune fille ou d’une jeune femme.)

Si la fertilité est partie présente, offerte et prenante, de cette Assemblée tenue au cœur et au sein de « l’omphalos royal », la dite fertilité est liée, subordonnée à la notion de souveraineté qui implique un couronnement royal, l’adoubement d’une royauté en la personne d’un roi digne de cette charge et reconnu comme tel par une reine souveraine de tout le territoire ainsi régenté…

Tailtiu « meurt en divinité » et assure ainsi par son sacrifice le bien être de tous et de toute et la fertilité de la terre d’Irlande… Elle instaure elle-même un rite perpétuant son sacrifice et demande que l’on reste fidèle à cette commémoration….   Tous et toutes retiendront que la non célébration de cette fête est synonyme de calamité…. (« …/… Par la négligence de l’assemblée vinrent l’orgueil, la faiblesse, le grisonnement précoce… »)

(Tailtiu ne peut être que la « Mère » de Lug en tant que roi universel ayant à veiller sur la prospérité des habitants de son royaume…) (En tant que Terre-Mère, Reine et Souveraine, elle assure la subsistance de la souveraineté…)

C’est une fête royale, justice et guerre y suspendent leur cours, c’est une fête où toute orgie et impuretés sont bannies, c’est une fête d’amitié où l’on vient de fort loin en toute quiétude et c’est une fête de la prospérité…

Lugnasad est donc : Une fête divine et perpétuelle, une fête d’obligation, une fête royale protégeant des calamités et garantissant la paix et l’abondance… (La lance de Lug n’intervient pas au sein de cette fête de joie et de paix…) (Toutes les classes sociales sont réunies pour cette assemblée : les druides ou filid assistent le roi de leur présence et rivalisent de science et d’éloquence, les guerriers font honneur au roi et la classe artisanale et des agriculteurs (des divers « producteurs »)  est également honorée….)

…/…

L’Assemblée de Carman (Dindshenchas métrique) (extraits)

Aux calendes d’août, sans reproche,
Ils se rassemblaient là tous les trois ans ;
Ils organisaient sept courses pour une action brillante,
Sept jours dans la semaine…

Blé, lait, paix, heureux bien être,
filets pleins, mer abondante,
des hommes à barbe grise, des chefs en amitié ;
avec des troupes à commander en Irlande.

…/…

Ce sont les grands privilèges de la fête :
trompettes, violons, cornes à gorge creuse,
ménétriers, cymbaliers qu’on ne dérange pas,
poètes et douces bandes de musiciens…

Les séries de Finn et des Fianna, matière inépuisable,
destructions, razzias, courtises
tablette et livres de science,
satires, grand mystères ;

…/…

Joueurs de flûte, violoneux, acrobates,
joueurs de castagnettes et sonneurs… …/…



C’est le signe pour l’interruption de la fête
par la troupe favorisée et toujours joyeuse
que le seigneur leur donne
la terre avec ses doux fruits. »

……………………………………


La Fête de Carman (extraits) :
…/…
A la fête de Carman, comme pour Tailtiu, l’amitié, la paix, l’abondance matérielle et la pureté morale sont à l’honneur sous les auspices du roi… (avec de grands concours de musique et d’éloquence et des jeux… Le roi récompense chacun selon la qualité de son art, marquant par là que le don est l’acte royal par excellence…/… La fonction royale essentielle réside dans le don généreux et gratuit…   Le roi est le centre de la fête en tant que dispensateur et garant des « vraies richesses »….

Cette assemblée relève d’une responsabilité collective…. Chacun et chacune pourvoient à son bon déroulement et ce quelque soit sa classe sociale….

Complaintes et lamentations vont de pair et les femmes expriment particulièrement leur chagrin vis-à-vis du sacrifice et de la mémoire de la Mère…


Commentaires         Bran du

Nous avons là les éléments essentiels de constitution et de signification de l’Assemblée de Lug et il nous appartient d’en transposer respectueusement les modalités en fidélité à l’Esprit qui  a initié une telle fête et commémoration tout en actualisant dans la forme les contenus adaptables…

En quoi consiste l’essentialité de cette commémoration ? : au caractère souverain de la fête elle-même, en une souveraineté d’essence féminine, divine et sacrée qui en adoubant un « roi » assure à celui-ci les bienveillances et bienfaisances, les protections et garanties indispensables pour assurer une régence placée sous le signe de la générosité et du don, de la médiation et de la régulation entre toutes les « forces » afin d’assurer, de favoriser,  de développer la prospérité, la fertilité, l’abondance à tout ce qui vit sur les territoires dépendant de cette « royauté » harmonieuse et équilibrée pour le plus grand bien de tout le vivant…

Une telle fête ne peut se concevoir sans cette dimension souveraine et royale liée au souvenir d’un sacrifice ultime d’une Mère pour tous ses enfants qu‘elle ne cesse de nourrir de sa propre « chair » en quelque sorte…. Un souvenir dont la commémoration est source de bienfaits… ( la non commémoration sera elle source de calamités !)…

Nous comprenons toute l’actualité des lignes de force de cette fête qui tend à nous restituer notre vraie royaume, celui du cœur associé à l’esprit et qui nous invite à reconquérir une royauté devenue « gaste », stérile, dévoyée et pervertie… L’invitation consiste à régenter de nouveau notre domaine intérieure de la façon la plus objective et constructive possible afin de témoigner en nous et à travers nous de l’Anima philosophique et spirituel de notre régence souveraine associant le masculin et le féminin dans une  oeuvre de paix, de création et d’amour mise au service de tout le vivant passé, présent et à venir…

On  ne saurait propose aux ouvriers que nous sommes réellement et potentiellement une plus belle réalisation, un plus magnifique ouvrage !

C’est dans cet esprit que nous vivrons l’Estival de Brocéliande 2012...

A chacun et à chacune de transposer ces « axes majeurs » en leur chair, en leur songe, en leur rêve, en leur sang et en leur « arbre de vie »…

 

Textes bardiques suivront.....



03/07/2012
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