Les dits du corbeau noir

REFLEXIONS : OGAMS, DE LEUR JUSTE EMPLOI 1/2 (OCTOBRE 2012)

REFLEXIONS  BRAN DU   Octobre 2012

A propos des « Ogam » et de leur emploi… 


(On connaît au moins 300 inscriptions lapidaires de cette écriture.)

L’ogam se présente sous forme d’un trait droit, oblique ou transversal de part et d’autre d’une arête verticale ou horizontale.. Il peut être gravé sur du bois d’if ou de coudrier (noisetier)

Les ogams sont décrits en détail dans le traité de l’Auraicept na nEcès ou « Rudiment du Poète ».


Notre ami et frère Yves Kodratoff me signale où trouver la traduction française du titre précité

Il a traduit, en tant que spécialiste avéré de la questio, à partir des travaux de Calder, toutes les parties liées aus Ogaims

voir le site : http://www.nordic-life.org/nmh/AurFr.htm  (Grand merci à lui pour cette source fiable de données)

 

(Sources : CH Guyonvarc’h : F Leroux) (Jean Paul Persigout) (Claude Sterckx)…

« Le père de l’ogam est Ogme et la mère de l’ogam et la main ou le couteau d’Ogme »

Ogme  Oghma (Ogmios en Gaule) Effyd hen « le Vieux » au Pays de Galles, Griaineineach encore en Irlande, dans la mythologie celtique est apparenté au dieu Varuna de la Tradition Védique..;
C’est un dieu assez terrifiant aux fonctions majeures…
Il est fort possible que ce dieu ait été aussi un « conducteur des morts »…
C’est un dieu guerrier mais pour ce qui nous concerne ici le Père de l’Ecriture ogamique et tout autant le Dieu de l’éloquence (Il règne donc sur la parole, la voix, le son et sur les signes gravés)
Il conduit les hommes par la force et sa puissance de « persuasion » et par l’art  (également poétique) de ciseler les mots et les sons… Sa voix capte, séduit, ensorcelle, suscite l’adhésion, la compréhension, l’élan…
Il est dans ces attributs une autre facette du Dagda (Dagodevos en Gaule) le « Dieu Bon » présenté comme son « frère », qui est aussi maître des sons et des « trois airs » que se doit de maitriser tout barde ou filid… Outre un fabuleux Chaudron et une massue à deux bouts (pouvant tuer ou ressusciter selon le bout employé !) il possède une harpe qui peut s’avérer aussi être une arme redoutable…

Cet inventeur de l’ECRITURE est un DIEU-LIEUR mais surtout le Maître terrible d’une magie redoutable (il a aussi un gourdin ou une massue qui l’apparente à Héraclès ou Hercule dans d‘autres figures mythologiques)… Ce Dieu Lieur assume une fonction Conséquente au sein du panthéon qu’il partage avec quatre autres Dieux et une Déesse… Pour Claude Starck (Mythologie du monde celte) il représente Le POTENTIEL de L’UNIVERS, le POTENTIEL DE VIE… Il est le Gardien du bon ordre cosmique…
Ceux qui ne respectent pas le bon ordre divin seul à même de faire que le monde tourne bien seront « liés » magiquement ( leur sort s’il est écrit n’en sera que plus durable !)
C’est à son frère le Daghdha que revient le rôle de géniteur. C’est qui qui insémine la vie, qui « l’éjacule » dans le sein de la Mère Nature ( la Terre-Mère) et qui la féconde pour qu’elle donne naissance à la vie sous toutes ses formes… (Sa massue devient alors un phallus !)
Ogme c’est la « tête », le récipient, le chaudron de tous les possibles qui se remplit et se vide en fonction de la vie et de la mort… Il n’a pas pouvoir de procréer ; pouvoir délégué à son « frère » le Dagda…

C’est un DIEU DE LA GUERRE, un dieu-guerrier… Il ne fait pas lui-même la guerre mais c’est le guerrier héros qui s’en charge sous sa conduite…  Il a pouvoir sur tout ce qui est sombre, déréglé, obscur, violent et magique… On l’affuble aussi des termes comme : le Rusé, le Parleur, le Grand Envieux (Elcmar le Jaloux), le Mauvais…Etymologiquement c’est le « Conducteur » ; celui qui montre à son peuple le bon chemin, la route et le sentier à suivre ( Son nom est aussi lié au chemin, au sentier…) (Voir Setanta le cheminant afin qu’il ne devienne Chuculainn, le Chien de Culann…)


On donne à cette écriture une portée magique qui trouve son emploi au sein de procédés de divination ( on grave les signes sur des baguettes ou plaquettes en If ou coudrier que l’on fait tourner dans un seau ou chaudron et on procède par tirage à des lectures et interprétations sur l’avenir et les situations faisant l’objet d’un questionnement précis et de conventions préalables…)

Le second emploi connu est lié à des rites de funérailles… l’Irlande, le Pays de Galles, l’Ecosse possèdent des pierres dont l’arête est parcourue de signes tracés en Ogam -

Dans certaines circonstances assez exceptionnelles des guerriers qui sont aussi des héros se servent de ces ogams pour « paralyser l’ennemie » (C’est le cas de Cuchulainn qui en grave sur un disque en bois pour se défendre de ses agresseurs.) Ce ne peut être qu’un emploi limité car la gravure de l’ogam est réservé à la classe sacerdotale et dans des cas certainement très « réglementés »…

Dans un cas plus général relatif à l’écriture qui fait l’objet d’un « interdit », celle-ci est « tolérée » par les druides dans le cas d’un usage strictement profane souvent lié à des actes de commerce sans autre portée…

Divination, pratiques funéraires, emploi guerrier limité… Voici les trois applications ; des applications dont nous ne pouvons percer les principaux secrets ( nous n’avons pas ce qui accompagnait la gravure en dehors d’une gestuelle guerrière très codifiée dans le cas de Cuchulainn, nous ignorons les « incantations », les « formules », les rites, la gestuelle appropriée de ces actes, les rites opératoires, les précautions prises, la règle « morale » d’emploi…Notre « compréhension des ogams » est donc fort réduite….

Robert  Graves à proposé une retranscription des ogams sur les cinq doigts d’une main…
Jean Paul Persigoult dans son dictionnaire de mythologie celtique présente des tableaux de correspondances symboliques, magiques entre la lettre, l’arbre ou la plante, un oiseau, une couleur, des traits de caractère, une divinité etc…

Par analogie avec les écritures scandinaves (Runes) assimilées ici du fait de leur caractère éminemment magique, je prendrais à la lettre l’Avertissement majeur mis en « préface » à tout traçage de ces signes par la Tradition Scandinave elle-même : « SI TU NE SAIS PAS, NE TRACE PAS ! ». Sinon nous pourrions bien nous faire battre les flancs par la baguette indument utilisée en jouant aux apprentis  sourciers/sorciers !

Tout est Vibration, un mot, un geste dans le vide et à plus forte raison un signe figé dans la durée d’un support, donc encore plus dangereux s’il comporte un effet malveillant, une « malédiction » par exemple…    

Il me paraît toujours dangereux en absence d’une réelle connaissance ; d’une connaissance appuyée sur des éléments incontestables, archéologiquement et universitairement vérifiés et attestés, de pratiquer diverses opérations lesquelles se devraient d’ailleurs d’être limitées dans leur emploi à la seule classe sacerdotale autorisée ( pour autant qu’elle soit en mesure de pratiquer cet « art » magique avec efficience et dans le respect de la déontologie philosophique et spirituelle que cela implique et impose…)

Pour l’heure je me garderais bien d’en faire personnellement usage et ce d’autant plus que dans le monde druidique le fait de fixer, de figer, de mettre à demeure dans le temps et l’espace est un acte effectivement de haute magie exigeant la plus grande connaissance et maîtrise qui soient !…(On se doit d’imaginer toutes les protections et préventions qui se devaient d’entourer de tels actes !)

Le fait d’avoir grandement « vulgarisé » l’emploi et l’usage à travers des dimensions souvent ludiques et des applications plus ou moins douteuses en terme de recherche de soins et de bien être me pose problème, car nous ignorons encore bien des choses et surtout les plus importantes…
(Un grand magazine à haut tirage et plus spécialement « féminin » a publié un articles invitant à la pratique de cette « écriture sacrée » en mélangeant copieusement Ogam et Rune pour ne citer que cet exemple aberrant)… (Une confusion d’ailleurs très fréquente et qui continue de sévir en diverses publications.)

Posons-nous au moins la question :
Le signe tracé garde-t-il une valeur « propre », « spécifique » et déterminant par sa propre autonomie d’application et d’effet ou n’est-il « armé » d’efficacité qu’accompagner des rites, gestes, formules, forces, énergies, adéquats et appropriés ?

Que suis-je amené à mettre en mouvement, en vibration, dans le chant de l’univers… Suis-je en réelle assonance, concordance ou ne suis-je pas l’émetteur inconscient d’une dissonance parasitaire ?

Que l’on fasse des études sur cette écriture et que l’on s’efforce de donner sens à cela en spéculant ou en interprétant des significations, des jeux analogiques de diverses correspondances, des adaptations dans l’usage et l’emploi, ne me gêne pas si cela reste du domaine de l’étude, de la recherche ou de la création culturelle et artistique… mais si l’on utilise ce corpus de lettres à des fins plus conséquentes en interférant sur le champs des vibrations positives, négatives ou neutres sans le « savoir » et encore plus dangereusement sans connaissance au moins de base et avec les réserves précitées, me paraît un exercice peur recommandable et non « mesuré » dans ses actions…

Un « principe de précaution et de prévention » s’imposerait à mon avis dans ce domaine…

Rappelons-nous par ailleurs que ce haut personnage d’Ogme est assez terrifiant ( il est fort probable d’ailleurs que l’on ne prononçait même pas son nom pas peur de lui être        désagréable !)…
Ses pouvoirs sont redoutables et si on ne respecte pas le « bon ordre cosmique », si on interfère dans le bon déroulé de la roue de l’année…  On aura l’effet « boomerang » en retour ! La sanction pourrait con sister à se trouver lié, à se retrouver « impuissant » d’une façon ou d’une autre pour faire œuvre de vie et de fécondation… Ce liage pourrait peut-être bien s’assimiler à une « castration » provisoire, ponctuelle ou définitive ???   Ne plus engendrer, féconder, générer sous quelque forme que ce soit, c’est comme être banni par les forces mêmes de la vie !… C’est se trouver privé des moyens de se perpétuer dans cette vie et peut-être au-delà !… Ce lien n’est plus une alliance heureuse mais devient une mésalliance impliquant rupture, divorce, séparation… On sait que la sanction majeure dans la société celtique consiste à être « banni » des assemblées et célébrations, ce qui implique une « errance perpétuelle « matérielle » hors du domaine de l’Esprit !»…

Utiliser, de façon hasardeuse, erronée, falsifiée, approximative, une écriture créée par un tel personnage avec de tels pouvoirs devrait vraiment inciter à beaucoup réfléchir avant de se lancer dans une telle audacieuse et assez orgueilleuse entreprise !

La dimension  « magique » fait appel à la notion de « mage » lequel est censé être un « sage », un « connaissant », un praticien expérimenté qui respecte l’ensemble de l’opération  et de ses déroulés selon une formation reçue, des « pouvoirs délégués », des principes et des règles qui ne doivent pas être dérogées sans « risque »…

Personnellement, je ne trace ni ne grave les ogams considérant que j’en suis bien trop ignorant et que ma méconnaissance dans un domaine aussi sensible que celui de ces hautes vibrations pourrait être une source de parasitage à divers niveaux… Il me semble en l’état actuel des connaissances que ce serait quasi « miraculeux » de se trouver en leur emploi dans la juste fréquence de leurs émissions et réceptions (même la bonne volonté n’est pas gage de « neutralité » bienveillante dans ce domaine)

La puissance du verbe » est toujours supérieure à l’emploi de la lettre dans bien des Traditions et notamment, plus spécifiquement et de façon accrue au sein de la nôtre….

L’ETRE n’est pas subordonné à la lettre mais au Souffle, à l’Inspiration divine… A l’AWEN…


La codification des bases rituéliques, la mise en forme géométrique harmonisée en rapports et mesures sont nécessaires à l'organisation horizontale et terrestre des cérémonies, mais afin de permettre à la verticalité transcendante de réaliser son Oeuvre...Le Fond dicte la Forme et non l'inverse !...

 

Ce n’est pas la lettre qui nous « conjugue » à tous les temps et en tout espace mais un Verbe sonore et lumineux…  Et ce Verbe est Energie, Force et Lumière… Cela nous en avons connaissance et reconnaissance !

La pensée celtique s’efforce de ne jamais « définir considérant que cela participe d’un acte contraire à la Loi d’Evolution qui ne saurait être figée et fixée sur aucun support…

Gardons-nous en conséquence de vouloir « retenir l’eau de la Tradition » dans le creux de notre  main !  C’est en buvant, en ingérant ses vertus que notre corps, notre âme, notre pensée seront désaltérés et revivifiés…Nous ne saurions nous « approprier » de façon égotique cela…  Nous pourrions, sinon et au mieux laisser quelques traces d’humidité en notre paume illusionnée ressentir amèrement  la sécheresse et l’aridité que laisse au cœur un coeur désertifié !…


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11/10/2012
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