Les dits du corbeau noir

LES DRUIDES (SUITE) IMMORTALITE DE L'AME TRANSFORMATION MUTATION EVOLUTION NOTES BRAN DU 2016 05/04 AVRIL

 

 

Les Druides (Suite) Notes commentaires Bran du Avril 2016

à partir de l'ouvrage de F Le Roux et CH J Guyonvarc'h (Edition Ouest France)

 

 

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Photos Bran du

 

 

 

 

«... J'ai été sous de nombreuses formes avant que je ne sois libre...

J'ai été larme dans l'air...

J'ai été la plus brillante des étoiles...

J'ai été mot parmi les lettres...

J'ai été une lampe brillante

J'ai été un pont jeté sur soixante estuaires...

J'ai été route, j'ai été aigle...

J'ai été coracle sur la mer...

J'ai été l'effervescence de la bière..

J'ai été goutte dans l'averse...

J'ai été corde de la harpe d'enchantement, neuf années...
dans l'eau, j'ai été l'écume ;

j'ai été éponge dans le feu...

J'ai été bois dans le buisson... »

 

Le Kat Goddeu ( Combat des arbrisseaux) (Textes mythologiques irlandais.)

 

« C'est là une application celtique de la notion métaphysique des états multiples de l'être. (Et non un texte alimentant l'idée d'une thèse réincarnationniste contrairement à ce qui a été avancé dans son interprétation. »)... FR Le Roux / Ch J Guyonvarc'h

 

 

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Ceci à rapprocher d'un chant attribué au file Amorgen dans le Livre des Conquêtes de l'Irlande :

 

« Je suis vent sur la mer,

je suis vague de l'océan,

je suis le bruit de la mer,

je suis le taureau aux sept combats,

je suis vautour sur le rocher,

je suis la goutte de rosée.
Je suis la plus belle des fleurs,

je suis le sanglier de valeur,

je suis le saumon dans la mer,

je suis le lac dans la plaine

je suis la colline dans un homme... »

 

Textes mythologiques irlandais traduction de Gwenogvryn Evans

 

 

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« Certains êtres mythiques changent de formes et de destins.

Ce sont des personnages prédestinés, marqués pour une mission.

Ils sont les successeurs de l'homme primordial et transmettent les aspects multiples de la science, de la connaissance et de la vérité. » F Le Roux et CH J Guyonvarc'h

 

Les récits (transcriptions plus ou moins fidèles ou christianisées du corpus oral bardique) font états de différents épisodes de « métamorphoses » (« ancienne technique rituelle et magique ») plus ou moins temporaires (survenant en guise de sanctions par exemple.)

 

« Nous devons affirmer que la seule doctrine druidique traditionnelle à l'usage du commun des hommes a été celle de l'immortalité de l'âme et de la vie continuée indéfiniment dans l'Autre Monde.

Ce que montrent les textes insulaires, c'est que l'immortalité de l'âme et la métempsycose ont eu deux sphères d'applications distinctes : l'immortalité de l'âme était le destin normal et général de l'âme humaine, tandis que la métempsycose était le sort d'un ou deux individus exceptionnels, mythiques et « missionnés.»

F Le Roux CH J Guyonvarc'h 

 

 

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Notes Bran du : 04 04 2016

 

Les Druides se sont philosophiquement et spirituellement positionnés en un point médian, mouvant et fluctuant entre la question de l'Origine et celle du Devenir afin de vivre dans l'entendement et intensément « l'Instant présent » et son « Eternité » implicite....

 

Ils se sont vivement et spéculativement placés face au terme de toute échéance humaine afin de libérer la vie même de cette échéance (de nature redoutable et redoutée) et ainsi se consacrer au mieux à « l'étant » ; c'est-à-dire à la Vie de l'Etre et dans la communauté d'appartenance des dits Etres...

 

Penser la mort et la transcender ouvrait tous les volets et toutes les portes de la Maison de Vie !...Ayant en quelque sorte « jugulé » l'emprise de la mort et la peur induite par elle, le désir et la volonté associée pouvaient librement investir et animer le Champ de Vie...

 

Voici une société celtique qui contrairement aux nôtres entend être régentée par le désir et la volonté et non pas par l'angoisse et la crainte qui caractérisent nos états modernes et l'état pitoyable de la planète toute entière livrée à ces affres !...

 

En quoi et pourquoi ne ferions-nous pas de même en remettant à la première place de nos attitudes et comportements ce qui fut à l'origine même de la Création, de toute création, le Désir aimant, conscient, lucide, cohérent et la Volonté pour s'y adjoindre efficacement ? Qu'est-ce qui nous en empêche ?

 

La VIE résulte d'un désir et d'une volonté et non de la peur et de l'ignorance... Toute la pensée celtique nous l'enseigne et nos bardes, dieux, déesses et héros ne sont là que pour témoigner de cela et des risques encourus quand on s'exonère de cette dimension inspirée par l'Anima, l'Essence, le Principe Premier et Créateur....

 

« La mort n'est (pour vous) que le milieu d'une très longue vie... » pour citer Lucain et ce qu'il avait compris de la pensée celtique...

 

 

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///...

 

Nos bardes (héritiers des hommes ou druides dit « primordiaux ») font état d'une suite de transformations qui illustrent les « états multiples de l'être » dans sa lente, mais progressive évolution vers l'entendement et le recouvrement ultime de toute existence humaine...

 

Ils viennent conforter en cela ce que la science elle-même nous dit de la Loi d'Evolution quand la physique plus particulièrement quantique depuis quelques décennies, rejoint les conceptions métaphysiques anciennes....

 

 

L'Origine à un Devenir et le Devenir à une Origine....

 

Et nous sommes au mitan de cela en mouvement de corps et de pensée entre un point et un autre...

Et nous avons à connaître ( à naître avec), à vivre, à animer, un ensemble d'expériences qui est source de données et d'informations précieuses pour l'Evolution elle-même....

Ce en quoi notre vie à un sens puisque reliée (éternellement) à l'Essence de tout être et de toute chose...

 

Nous sommes non seulement « poussière d'étoiles », mais aussi « constellation » en devenir... (Ne serais-ce que sur le plan de la Conscience universelle.)

Nous sommes encore, certes, pour une grande part, le chaos, mais celui-ci s'ordonne peu à peu et donne forme au vivant à travers des stades, des strates d'humanité, qui confrontés à l'orgueil, à la cruauté, au mensonge, à de profondes et tragiques obscurités, ne cessent pas pour autant de croître vers plus de lumière à travers une aspiration encore trop sourde (collectivement parlant), mais cependant et indéniablement à l'oeuvre....

Il est sain, serein, motivant et stimulant, de se rappeler que nous fûmes et sommes de cette Origine, que nous avons en nous, en nos gênes, en notre inconscient individuel et collectif, en notre « Mémoire », toute le processus évolutif de la Création depuis les premières mises en forme, les premiers assemblages symbiotiques, sorties du chaos et constitutif de notre présence en ce monde, en cet univers...

 

C'est parce que, comme disait Nietschze nous avons encore de ce chaos en nous, que nous avons en cela toutes les possibilités et potentialités pour accoucher enfin de notre ETRE en lui restituant son berceau d'origine et en lui offrant une corbeille du devenir...

 

 

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Nous avons été la nuit, le vide sidéral, le feu, la lave, les gaz, l'éclair, l'étincelle, l'irruption, l'explosion, le jaillissement primordial...

Nous avons été en cela atome, neutron, bactérie, cellule....

Nous avons été la flamme, l'eau, l'air, la terre et l'éther...

Nous avons été l'algue et la fougère, le lichen et la prêle, la mousse, l'écorce et l'écume, la plume et l'écaille, l'arbre, la forêt, la grève, le rivage, la montagne et la colline, la rivière et le fleuve, l'océan enfin des vagues, des nuages et des feuilles...

 

C'est toutes ces étapes de transformations et de mutations que chantent, que clament, magnifiquement, les Bardes de la Celtie

qui chantent l'ORIGINE en laquelle ils furent soleil et lune, saumon et aigle, cerf et corbeaux, printemps et hiver, automne et été, fleur et abeille, lac et source, neige et brouillard, sève et sang, flot et flamme, chair et songe, sens et Essence... et ce, de tout leur ETRE...

 

Ils furent de ce Chant du monde, des mondes...

Ils furent (et demeurent) les cordes de cette harpe immense, absolue et infinie...

Et nous sommes réellement et potentiellement Cela, tout Cela !

J'évacuerai, ici, et des propos tenus ci-dessus, la notion inappropriée, selon moi et d'autres chercheurs, de « réincarnation », car je ne crois pas personnellement en celle-ci et je n'ai rien de fiable comme éléments qui pourraient me convaincre (et infléchir ma conviction) que les Celtes croyaient à cette notion et surtout dans le sens qu'on lui donne communément...

 

Que l'Esprit puisse réinvestir tout être, tout corps, toute matière en y déposant son propre germe (le Manred des gallois), oui, j'y souscrit pleinement...

Que ce germe se développe librement et y effectue sa croissance, si l'Etre, le corps, la matière y consent librement et avec un désir et une volonté consciente et aimante, j'y souscrit de même...

 

Mais que ce qui me constitue, dans mon unité, dans ma singularité, dans le fait que je sois « unique » bien que semblable aux autres, corporellement, biologiquement, physiquement, psychiquement... soit condensé concentré dans un élément indestructible appelé MOI qui est censé animer comme tel, après la mort, une autre existence, je ne peux y souscrire ni rationnellement ni irrationnellement... Et je crois sincèrement que les Anciens Celtes n'y souscrivaient pas davantage....

 

L'Ame importait, certes et o combien, dans la perspective d'une conception affirmée et « claire » de l'immortalité, mais non le corps qu'elle avait animé le temps dévolu pour sa participation à « l'expérience » humaine et spirituelle...

 

La chair est une enveloppe, un support, respectable et à respecter, mais elle n'est que cela et rien que cela et on ne saurait confondre

le contenu et le contenant, le lien et ce à quoi il rattache, le cheval et le cavalier, le bois et la flamme, même si ceux-ci peuvent paraître faire Un transitoirement et provisoirement...

 

 

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Les Anciens et Anciennes ne se posaient peut-être pas la question (du moins sous cette forme), de savoir si c'est l'humanité qui fait l'expérience de la spiritualisation ou la spiritualisation qui fait l'expérience de l'humanité ?

Mais la question demeure et se pose...

Personnellement, je pencherai pour la dernière hypothèse tout en concevant que l'une ne saurait aller sans l'autre et réciproquement....

 

Si la conception dite de l'immortalité de l'âme est bien attestée dans la pensée druidique, la forme que revêt celle-ci, ici-bas et au-delà du plan terrestre, n'est pas déterminée ni fixée dans une forme donnée une fois pour toutes et laisse donc la place à toute libre supputation et spéculation....

 

Nous sommes là dans une substance, une essence, un fluide, une onde, une vibration qui est aussi « conscience », désir, volonté, aspiration lesquels ne sauraient donc être limités et enfermés durablement dans une enveloppe de quelque nature qu'elle soit....

(Elle est apparenté a priori à ce que l'on appelle la « farine de l'air » !... Cette farine spirituelle qui fait lever le pain du jour et le croissant de la lune...)

 

L'Ame transcende donc le temps et l'espace et toute corporéité....

Et cela suffit à mon entendement profond et intime....

 

Qu'elle retourne à la Source des Forces, Energies et Lumières convient à ma compréhension et à ma validation....

La Source s'écoule infiniment avec abondance et prodigalité

et les lèvres du cœur, des sens, de l'intelligence savent s'y abreuver et en transmettre la bienfaisance et la bienveillance Incréée...

 

 

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05/04/2016
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