Les dits du corbeau noir

LE TRAPPEUR BIEN ATTRAPE ! NOUVELLE 2018 BRAN DU 19 11 NOVEMBRE

 

 

 

Le trappeur bien attrapé !

 

Nouvelle Bran du         Novembre 2018

 

 

 

Qu'importe le lieu précis où se passa la « chose », mais voici l'histoire telle qu'on me l'a rapportée lors de mon séjour dans le Grand Nord Canadien en l'été 1912...

 

 

Cet homme était connu pour être un excellent trappeur ; veuf d'une femme amérindienne qu'il avait pris pour compagne et qui était morte d'une forte fièvre contractée dans le marais il y plusieurs lunes de cela, il était encore vaillant malgré ses soixante sept ans bien marqués...

 

Les oies sauvages n'étaient pas encore de retour dans la grande prairie laquelle étincelait sous un épais tapis de neige fraîche...

Le lac miroitait en ses reflets un ciel d'un bleu éclatant...

 

Ce matin radieux l'incita à aller inspecter l'état de sa barque amarrée au ponton de la berge...

 

Celle-ci enchâssée dans une épaisse couche de glace dormait de son sommeil de barque attendant le dégel...

Rien à signaler...

 

 

Toutefois et il ne saurait dire pourquoi, il ne put s'empêcher d'observer la grande chape semi transparente qui recouvrait l'étendue glacée et que ne fut pas sa surprise, sa stupeur même ; ce fût d'entrapercevoir à trois mètres de la berge une forme humaine, un corps apparemment humain, engoncé dans ce manteau glacial...

 

 

Il descendit avec prudence sur le lac et s'approcha de sa vision en redoublant de stupeur...

C'était bien là un corps mais, qui plus est de femme, de femme complètement nue et aux formes splendides comme en possède la jeunesse à son apogée...

 

 

Complètement saisi par cette découverte, o combien étrange et insolite, il demeura prostré au dessus de cette apparition, mais le froid faisant son office le ramena à la réalité de l'événement et de la situation...

 

Que pouvait-il faire ? La police montée était à plus de cent lieux d'ici et de même pour le plus proche voisin …

 

 

Il ne pouvait laisser ce corps en place, sans digne sépulture.

Il décida alors de l'extraire de sa gangue de glace et armé d'une pioche il commença à dégager le dit corps en frappant méticuleusement tout autour. Cela lui demanda plus de deux heures d'efforts... L'ouvrage terminé, il lui restait à tirer le bloc sur la rive et à l'emmener chez lui...

 

 

Il fit cela avec l'aide de son traîneau tiré par ses deux chiens...
Arrivé à sa cabane, il hala le « cadavre » et son enrobé sur le plancher et le mit debout sur l'assise prévue à cet effet près du feu de la cheminée...

 

Lors, le lent dégel commença puis s'accentua et, ce qui apparaissait alors aurait crevé les yeux de la laideur tant la beauté de ce corps juvénile, mais aux fermes rondeurs rayonnait de splendeur.

 

Notre trappeur n'était pas insensible à un tel rayonnement, loin de là et contemplait (non sans une fièvre étrange) le dénuement de cette nudité offerte à sa contemplation...

 

 

 

C'est alors que se produisit un phénomène qui ne relève plus de l'ordinaire, mais bien de l'extraordinaire et pour tout dire de l'inexplicable !...

 

 

La glace s'était bien mise à fondre sous l'effet de la forte chaleur mais, le corps lui aussi fondait semblablement, si fait que le dégel effectué en entier, il ne restait au sol qu'une grande mare d'eau s'écoulant vers la porte d'entrée et poursuivant sa course sous la neige !...

 

Je ne sais pas si, ayant entendu cette histoire au bar du comté, le whisky local (douteux dans sa fabrication) a eu ou non une interférence sur la narration de cette bien étrange histoire, mais je la relate et je vous la compte telle que mes oreilles l'ont entendue...



19/11/2018
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