Les dits du corbeau noir

le lieu et la formule (sacrifice et offertoire) 15 03 2013 bran du

« C’est chose importante que le lieu .»  Marie Madeleine DAVY
« Ce que les hommes ont perdu : le sens de la merveille et la confiance dans plus grand que soi. »  Nadine DUPEUX

Du Lieu et de la Formule                                Bran du    14 mars 2013

La recherche du lieu
Participe d’une double « aimantation »,
D’une commune attirance,
D’une reconnaissance mutuelle,
D’une forme de magnétisme
Que la science ne peut expliquer,
Mais que « consacre » la poésie…

La poésie qui est ici « éloge d’une concordance »,
La concélébration d’un ajustement de flux et de fibres…

Quand ce lieu est empreint de la mémoire des choses, qu’il a conservé les rituels qui, en son sein, se sont tenus et dont chaque herbe fait souvenir, on le dit « haut » ce lieu…   (Il n’y a pas que l’homme à « ritualiser » ; l’air, le feu, l’orage, la pluie,
La rosée, le crépuscule et l’aurore, la brume, le gel, la neige, le soleil, la lune, les grandes assemblées d’étoiles et même les moucherons sous le vieux merisier, le font très bien !)…

Nous cherchons le nôtre comme on construit ou dresse un autel avant tout offertoire…

Autel, nous le sommes, tout au moins la nappe brodée sur laquelle repose deux vases (bleu outre-mer) et leur bouquet de lys….
Il nous importe de chercher notre « pierre d’offrande » laquelle pourrait être
La table massive d’un dolmen, un cercle de mousse dans le touffu d’une futaie, un nid de galets entourant un sable couleur d’or…
A condition que rien ne cache le ciel et que tout exalte la terre…
Une trouée de lumière dans le taillis des heures ferait fort bien l’affaire…

Le lieu est la condition première d’une célébration ardente et fervente
Entre ce qui aspire et ce qui advient…


C’est une concentration de temps et d’espace, leur réduction circulaire à ce que l’on veut transformer, métamorphoser, transmuter, transférer de soi à l’autre et de l’autre à soi…
C’est faire décret passionné et complice de la « Grande Loi de l’Echange »…                                C’est promulguer, ici et maintenant, la rencontre et le partage comme étant un « acte de vie » autant primordial que fondamental à tout comportement humain, à toute attitude existentielle…

C’est l’exigence volontaire et souverainement consentie d’un état de nudité
où l’on peut mutuellement, conjointement, se revêtir des senteurs, des parfums, d’un souffle d’air chaud, des poussières flottantes de l’été, des bruissements d’insectes en ajoutant au chant des prairies, des forêts et des grèves, des soupirs espacés, des gémissements ponctuels nés d’acquiescements et d’abandons réciproques…

Un lieu donc, indissociable des étincelles et feux de l‘offrande, de son sel, de son écume, de ses embrassées solaires et stellaires…  (Sans omettre cet hymne, fait de miel et de braise, qu’entame la joie du grillon sur le seuil de la plus chaude des nuits !)

Grande conjonction, grande constellation astrale, que ce lieu d’imaginaire où brûlent l’encens et le tison de la chair…. Une chair que sculpte, copeau après copeaux, vide après vide, plein après plein, les secondes de la légende où elle se fait, où elle devient, « Esprit »…

Un lieu ; c’est un puits que l’on fore avec les mains, avec les yeux, dans l’attente d’un jaillissement en l’honneur des Pléiades, des équinoxes et des solstices, du retour des coquelicots dans les champs investis par nos caresses et sourires…

Là, se ploient les fougères pour le repos d’une biche…
Là, s’enlacent des ronces oubliant leurs épines…
Là, l’amour fait son tour de minuit à midi, de midi à minuit…

Là, est la coupe, le bassin, le chaudron… là, la pleine « cosmunion »…

Là sont les noces du lieu et de cette « formule » magique du « un dans le deux »…

Là, le don fera office, servi par deux servants, en aube du dimanche, en aube du printemps…

Là, s’égrainent, là, se défeuille, s’ouvre et s’offre l’unique fleur épuisant ses couleurs jusqu’au blanc….

Là, le lieu, l’espace, le temps de la vie qui se formule avec ses « plus offrants »…



Pour cela, il y a urgence à réinventer, à concevoir à nouveau,  la notion de « sacrifice » (Sacere : rendre sacré !)



15/03/2013
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