Les dits du corbeau noir

LE BARDI DE LA QUINTESSENCE BRAN DU 2005 11 04 AVRIL

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Bardi de la Quintessence

Bran du Solstice d'hiver 2005

 

 

 

« ...A l'Ouest ; l’œuvre rouge-feu, la Grande Forge, le Chaudron en ébullition, les herbes de santé, les sens affûtés et aiguisés, le tranchant de la pensée, le brasillement des songes et des rêves ;

l'être avivé par le Soufflet de l'Inspiration....(L'Awen en gallois)

 

A L'Ouest encore et toujours, le volcan est sa lave éruptive, le sang qui met au monde, qui dresse le mât du désir ; les flammes où s'enroulent les corps, le chant qui fait jaillir, de l'intérieur de la terre, les pierres tremblantes...

 

A l'Ouest, nos rouges territoires, le ru orangé de la minérale mémoire qui sourd de la vasque de Brocéliande, l'antre forestière du Forgeron d’Étoiles...

 

A l'Ouest, le Verger aux pommes d'or, les Femmes-Cygnes, la Terre des Promesses, le Royaume Vivant, l'Assemblée riante des pommiers fleuris, la barque amarrée au quai des mois noirs, la dormition de l’Épée, le breuvage qui fera éclore le satiné des roses...

A l'Ouest, la parousie solaire...

 

 

 

 

Au Nord, le Champ des Batailles, la lutte, le combat, le feu des hommes sous la glace de la saison, la braise sous les cendres, le givre sur les lèvres qui trahissent le Blanc, la Neige, des origines...

 

Au Nord, corbeaux et corneilles en Grande Réunion, noire et rouge ; les îles premières des hommes primordiaux, la virginité que déflore l'espace et le temps, le fer et l'acier trempés dans les ténèbres de l'humain...

 

Au Nord, les chevaux blancs à la crinière noire, l'écume à la crête des nuits, le lait de la Vache parmi les constellations du ciel, les premiers brandons dressés dans la marche crépusculaire des hommes et femmes du Chêne...

 

Au Nord ; la fourrure du silence, les bras ouverts de l'immense, le brûlant foyer de ce qui Fût, Est, et Devient...

 

Au Nord, le Commencement, la Source des Initiés, le festin des Saumons, les Neuf coudriers de la Sagesse, les frétillements argentés du Verbe de la Vie...

 

 

 

 

A l'Est, Cela qui se lève, tout Cela à se lever... La cape des pluies, le manteau des brumes, l'écharpe des nuages. Le lin, la laine et le chanvre des draps ajourés ; tout le linge auroral dont se revêt le ciel...

 

A l'Est, Cela qui se répand, se déverse, saupoudre, s'épanche, Cela qui dépose la rosée sur les feuilles et les herbes, qui concélèbre les noces du chaud et de l'humide, Cela qui co-participe des accouplements majeurs dans la chambre rouge et noire du devenir...

 

A l'Est, Cela qui déverse les flux sacrés, les ondes sacrées, de la Corne d'Abondance ; Cela qui préside aux naissances sur la margelle solaire de la foudre et des éclairs...

 

A l'Est, toujours à l'Est, la magique provenance, la cohorte des vents, les chariots de la pensée qui s'ébranle dans les steppes de l'immense, dans les vertes prairies du « possible » conjugaisons et des rêves en partance...

 

A l'Est, les porteurs et porteuses de semences, les porteuses de grains, les semeurs de blés...

 

 

 

 

Au Sud, le Chant, le Chant fervent, ardent, flamboyant, tumultueux puis pacifié...

 

Au Sud, la gorge, le puits, les cavernes des mots lentement, mais sûrement élaborés, des silences ciselés d'importance, les sourdes clameurs aux mondes accordées...

 

Au Sud, le Jonc qui tourne dans le Chaudron et qui le fait chanter

un chant de figue et de miel, de cervoise et d'hydromel...

 

Au Sud, la Vibration Mère, la Spirale incantée, la Ronde saisonnières des musiques de l'Âme, le Son originel, primordial, élémentaire, « souché » et sourcé...

 

Au Sud, la Voix taillée dans la Pierre, la pierre roulée dans la vague, la vague montant à l'assaut des grèves, les grèves labourées de sel et d'écume , l'écume dans le flux des jours et le reflux des nuits...

 

Au Sud, Tout l'océan, sur les lèvres, tous les bois et forêts, tous les ruisseaux, toutes les haies, tout le merveilleux, tout le réenchanté, tout le printemps convié au banquet de la lune et du soleil...

 

 

 

 

Au Centre ; l'Innomé, le Moyeu de la Roue, L'Oursin aux cinq lignes, au cinq traits qui dessinent les mondes ; le Cercle de tous les cercles, la Souveraineté étendue à toute la Ronde Table...

 

Au Centre, la Triade première, l'équilibre énoncé...

 

Au Centre, Ce qui se tient entre le flux et le reflux, Cela qui concentre ou expanse, diffuse ou conserve, sépare ou réuni, dilue ou rassemble, abaisse ou élève, formule ou tait, offre ou retient...

 

Au Centre ; l'Accordeur et l'Oiseleur ; le Porteur de Braises et d'Eau, le Puisatier, le Passeur...

 

Au Centre, Cela qui régente les quatre portes, les huit passages, les mille pertuis de l'Initiation. (C'est de là que fuse ou que s'engouffre l'Awen.)

 

Au Centre , l'inédit de tout Poème...

 

 

 

 

« Tout doux, enfant du druide,

Si tu ne sais pas, moi je le sais... »

« Ce n'est pas difficile *..

 

« Ma cervelle n'est pas d'oubli ; j'ai gardé le fil et l'aiguille...

Je sais recoudre la mémoire éfilochée ; Je sais faire tourner l'écheveau des saisons accumulées...

Je connais celui là qui broda le récit bien avant moi...

J'ai même sang qui suinte au bout des doigts...

Invariable est la trame, mais changeant est le fil...

 

 

Ce qui est mis à nu trouve enfin sa vêture...

Nous sommes tous et toutes vêtus d'un manteau d'Univers...

Tout meurt, mais la Parole, elle, perdure ;

La Parole d'Eau, de Feu et de Lumière !...

 

 

« Ce n'est pas difficile.*»...

 

A l'Ouest ; l'Oeuvre rouge-feu....

 

 

 

* Le chant des séries du Barzaz Breizh

 

 

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11/04/2018
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