Les dits du corbeau noir

LA VIEILLE GARE...2020 TEXTE DE BRAN DU LE 15 03 MARS

 

 

 

 

 

La Vieille Gare...   Bran du, le 15 Mars 2020

 

 

 

L'herbe a poussée drue à travers les travées du vieux chemins de fer...

 

 

La rouille a fait son nid sur les rails et les boulons...

 

 

Il y a, épars sur les cailloutis, comme des larmes de goudron...

 

 

La voie est depuis longtemps désaffectée, elle qui, en 49, à du connaître la joie des enfants découvrant pour la première fois la vaste mer....

 

 

Ni circulent plus maintenant entre les bois de chêne cerclés et fissurés que les vipères et les campagnols...

Cependant, les faucons crécerelles en font encore l'inspection...

 

 

Plus de départs, plus d'arrivées, quelque chose qui relevait des mouvements de la vie s'est arrêté...

 

 

Le pont à bascule ne pèse plus que le pesant du temps qui passe...

 

 

Le cri strident des goélands et des mouettes ont remplacé le sifflet du chef de gare...

 

 

Ne sont plus que les convois de nuages à traverser les monts et les plaines...

 

 

Les volets décolorés et décrépis de l'hôtel des voyageurs sont définitivement fermés...

 

 

Tout autour des bâtiments délabrés s'étendent à perte de vue des dunes couvertes d'oyats se balançant en chœur sur leur tige...

 

 

Les rares et audacieux arbustes qui parsèment le paysage ont été forcé d'épouser en leur croissance le vent du Nord...

 

 

Les corbeaux et les buses traquent les jeunes garennes dont les cranes ici et là blanchissent d'un été à l'autre...

 

 

De l'autre côté du cap des pans entiers de la vieille église se sont effondrés dans le vide. C'est là le saint office du gel, des tempêtes et des averses...

 

 

A midi le soleil est roi, les « mielles » sont sont royaume ; il a pour sceptre un chardon bleu et une couronne fait de liserons roses et d'églantiers sauvages...

 

 

La citerne n'a plus son couvercle de tôles, la lune certains soirs vient s'allonger à la surface de l'eau et rêve de voyages...

 

 

Périodiquement, se font entendre les flux fougueux des marées qui se ruent voluptueusement sur les grèves consentantes...

 

 

L'attente ici est devenue victime d'elle-même...

 

 

La pendule figée dans son cadre noir ne connaît plus que les allées et venues d'une araignée...

 

 

Les rêves ont fait leurs valises et les songes leurs bagages. Ils font les cent pas sur le quai désert...

 

 

…///...

 

 

 

Il se tenait là, dans son caban, assis sur le banc écaillé, un homme assez semblable à cette gare nonobstant le fait qu'il était lui sur un indéterminé et inéluctable départ et qu'il n'avait guère plus d'espoir sur une arrivée miraculeuse dans l'inattendu de sa vie !...

 

 



21/03/2020
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