Les dits du corbeau noir

KENNETH WHITE LA TRAVERSEE DES TERRITOIRES EXRAITS ET NOTES BRAN DU 2019 05 11 NOVEMBRE

 

 Corrèze 1 2019 et Récup 1124pm.jpg

 

 

 

 

Photos  Bran du

 

 

 

 

Kenneth White La Traversée des Territoires

Extraits (Le Mot et le Reste éditeur)

 



La recherche de l'auteur :

Une reconnaissance (non pas ici au niveau de l'auteur qui n'en manque pas), mais bien d'un terrain ou territoire pleinement et diversement investit par les sens et l'esprit mais, sans implication de la mythologie ni de la métaphysique et faisant l'économie salutaire et indispensable d'un intellect apposant son diktat sur tout autre forme d'investissement.)

Une expérience existentielle et sensorielle... (Comme le firent par exemple Victor Segalen, André Breton, David Henry Thoreau, Walt Witman, Rimbaud, Hermann Hesse, D.H Lawrence, J C Powys, Jean Giono...)... et bien d'autres....

« Les grands poètes, penseurs, artistes, ceux qui donnent la sensation d'un monde ouvert et font que l'être respire mieux. »..



« D'autres écritures sont possibles basées sur l'idée de déconditionnement pour aller d'un système clos à un système ouvert. Celle-ci passent par une poétique de la perception du mouvement et de la méditation qui suit les méandres des cours d'eau et « s'écrit au moyen de vielle roche et qui sent bon lieu » selon Théophile Gautier



Développer...Une capacité à « recevoir de l'énergie et à la transformer. Intégrer les différences, connaître le rythme de l'expansion et de la concentration...

C'est ce champ d'énergie qui est le Territoire des territoires par excellence»...



Kenneth White (un « celtaoïste ») s'apparente à un arpenteur des lointains et des confins, « du vide et de l'ouvert » un champ d'énergies vives ».)

Dans la besace des pensées, le Tao, l'écume blanche du Gwenved « le baradoz des Celtes »), un gay et vivifiant savoir que l'expérience, la marche, la contemplation transforment peu à peu et alchimiquement en une connaissance fertile et féconde...

C'est un pérégrin, un « vaguant », avec du sable, de la neige, de la vase et de la boue, des feuilles, des arpents de terre d'ici et d'ailleurs et des saisons collées à la semelle....

Une rose amoureuse des quatre vents...

 

Demeure et séjour est l'instant, lequel concentre autant en densité qu'en intensité, autant en transparence qu'en flux subtiles, des forces, énergies et lumières qui se cristallisent en une « pointe de diamant »...

 

Emission / Réception / Retransmission...

Pour autant que l'on soit à notre juste place sur la bande de fréquences... Pour autant que l'on s'éloigne d'un monde parasitaire....

Respirer avec l'air, les souffles et les vents, les senteurs et les odeurs, respirer comme respire la mer...

Repenser le rapport au lieu au lieu d'occuper du temps à ce qui n'a aucun rapport... avec le « Vivant »...

Un lieu élu, choisi... Non pénétré par nous, mais qui nous pénètre faisant naître en nous un sentiment de paix, d'accalmie, de sérénité...



Une disponibilité plénière, une disposition entière à vivre, à sentir, à humer, à voir et percevoir, à goûter, à palper, à entendre, à écouter, à incorporer le « Vibrant » du lieu et de l'instant...



« Les paroles du cosmos et les lignes du grand monde. »...



 

 

 

 

 

Corrèze 1 2019 et Récup 1323pm.jpg

 

 

 

 

 

L'intuition la sensation, l'expérience...

(Eros/cosmos/logos...) autant « d'outils » et de « méthodes »... Autant d'éléments constitutifs et interdépendants d'une « géopoèsie » que l'on ne saurait définir, mais qu'il est urgent d'incarner et de vivre, d'offrir et de partager...

 

Que ce soit dans le Morvan ( la Montagne noire en Celte), à Serk ou à Herm, dans les « Corbières » (le Pays des Pierres ou des Corbeaux), en Provence, sur la côte Atlantique, à Gourgoumelle, à St Honorat, au Mont Aigoual, ou sur le Causse Mejean une même présence au(x) monde(s), une même palpitation peau contre peau, quasi érotique, mais un éros transcendé par le logos, fécondé et animé par le cosmos...



Chaque territoire à ses royaumes, ses domaines, ses contrées singulières, particulières, spécifiques, inédites, insolites, étranges, mystérieuses, riantes ou inquiétantes.

Vouloir en faire provisoirement partie intégrante, poétique et aimante implique d'en comprendre et d'en identifier voir d'en nommer les fragments qui co-participent du « Tout » en ambassade de l'ensemble...

(Tout étant en fait « inter-relié», même si nous n'en voyons pas le subtil et le caché.)



Non seulement l'Histoire, mais bien davantage la Préhistoire nous permettant de faire l'économie et l'encombrement d'une écriture officielle plus ou moins falsifiée... Des paysages, des traces, des empreintes, des signes, des « essais » qui préfigurent l'Europe...

« Avant l'Histoire il y a eu ce que nous appelons la Préhistoire qui signifie absence de documents, mais aussi, c'est mon hypothèse, quelque chose de plus profond. »..

Là où « le corps se volatilise, l'esprit s'espace. »...

 

Corrèze 1 2019 et Récup 1110pm.jpg





Une pensée en préliminaire, brute, nue, rude et rugueuse, libre, sauvage, spontanée tissée de feuilles et de lianes, teinte de résine et d'écume...

 

Une esquisse pariétale de ce qui passera peu à peu du symbole imprégné de magie aux mots signifiants...

Une pensée qui en toute fin inaugure d'un recommencement...

 

Une pensée qui se pense et se repense sans cesse comme autant de vagues et de flots, comme autant de rouleaux s'abattant sur les grèves de nos interpellations majeures...

« Un système ouvert. La Terre en est un. L'Être humain peut en être un »...

Ceci faisant de nous des poètes et enfants du rivage...



….................

 

 

 

 

 

 

Corrèze 1 2019 et Récup 1121pm.jpg

 

 

 

 

 

Quelques extraits de l'ouvrage de Kenneth White :

 



Quelques pensées cueillies au passage :

 

 

Des pluies les plus moroses peuvent surgir d'extraordinaires lucidité....

 

Connaître toutes les nuances du noir, du blanc et du gris...

 

Toute réduction à l'os est une étape nécessaire dans la réalisation du soi...

 

C'est que, quand on se trouve à une fin, on se trouve aussi face à un commencement...

L'Infini n'en finit pas l'Ouvert et le Vide sont des notions que je préfère à celle de l'Infini.

(Notion qui reste enfouie encore aujourd'hui au fond des consciences comme solution finale.)

Le Vide, c'est le contraire de l'Être sans être le néant...

 

Ce qui compte fondamentalement, c'est le fonctionnement ou le dysfonctionnement de tout un ensemble, de tout un système...

 

Dans l'Ouvert et le Vide, on peut se trouver, se retrouver, mais autrement...

 

Amoureux des terrains vagues. J'ai vécu des vacuités cosmogoniques...

 

Corrèze 1 2019 et Récup 1138pm.jpg

 



 

 

Etat du Monde :

 

L'histoire humaine : ambition, soif de pouvoir : haines, sottises, techniques de tueries... Ce qui caractérise notre société, c'est une hypertrophie du moi... (avec la vulgarité en plus...)

 

Nietzsche, avait dit que la culture européenne allait connaître deux siècles de nihilisme.. Cette époque allait être marquée par toutes sortes de symptômes délétères comme par quantité d'événements plus ou moins sinistres...

 

N'est-ce pas de paradoxes qu'est pavé le paradis de l'intelligence ?...

 

L'être humain à une tendance innée à se laisser asservir...



Savoir cheminer d'une manière anonyme, silencieuse, sans laisser de traces, aussi...

La musique du monde vient à travers les mille trous de la terre...



Même ceux qui s'attachent aux racines, une identité, ne voient pas assez loin ; leurs supposées racines ne sont pas assez longues...



Développer, instruire, explorer, interpeller avec...

 

« Un esprit d'indépendance et de libre-pensée...

 

La contemplation de la terre ou la méditation du monde... espaces premiers, terre de lumière...

 

Le chemin de lumière, la sente du vide...

 

Un chemin vers une union complexe qui se doit d'éviter à la fois le particularisme borné et L'uniformisation aplanissante. »...

 

 

Corrèze 1 2019 et Récup 1139pm.jpg

 

 



Les cartes de la Celtie...

 

Approche du monde « blanc » 1er Essai : un monde non codé, non cartographié avec des références Celtes spécifiques...

 

Dans la Tradition Celte le « monde blanc » (Finn Mag en celtique, Gwened en gaélique brittonique), soit l'espace où les énergies se concentrent où la lumière est la plus dense...

 

Que la culture actuelle manque de fond et d'un grand espace culturel est une évidence criante, c'est parce que le celtisme réduit à l'essentiel peut contribuer à ce « champ général » que j'ai consacré du temps à l'étudier...

 

 



Autres pensées :

 

Avoir cette sensation dé résidence studieuse et jouissive... S'éjouir pour l'instant... avec La compagnie des genets et des choucas...

 

Se rend-on compte de tout ce que peut contenir le beau mot de « littoral », de tout ce qui est latent en lui ? (Une poétique du littoral)...

Les pieds sur terre et l'esprit dans l'océan....

 

 

La femme est le symbole de l'océan...

 





Monde et sexualité :

 

« L'Union avec le grand tout » dixit Marcuse

Un sentiment primaire de l'illimité. Un instincts biologique plus large pas seulement une plus vaste étendue de la sexualité...

 

Si ce besoin s'est trouvé concerné dans la sexualité, il peut connaître un ordre existentiel plus étendu et une expression artistique élargie...

 

Une biologie des profondeurs débarquée aux rivages d'une nouvelle science (Ferenczi)...
Le plaisir le plus profond de l'être est de retrouver cet état de vie. (L'existence océanique)...

 

Les retrouvailles avec elle des désirs œuvrant à rétablir cet état de vie antérieure (la sexualité)...

Un sens érotique de la réalité (un sens général)...

 

Corrèze 1 2019 et Récup 1146pm.jpg

 



 

Une poétique :

 

Mais, après m'être posé de plus en plus de questions sur la nature de « l'Essentiel », j'en étais arrivé à l'idée de la prima poésia... La présence élémentaire du paysage, la pensée même du paysage...

 



Des questions :

 

Comment opérer la meilleure transition possible entre l'esprit et l'espace...

 

Comment dessiner un paysage mental qui ne soit pas dominé par aucun idéal, aucun modèle ?...

 

Comment faire pour que l'intelligence vive se traduise par la lumière sur une roche, se transforme en vent soufflant sur une crête ?...

 

 

Dans les Pyrénées :

 

La question que je me posais était celle-ci : Comment être à la hauteur, à la mesure de tel espace, d'une telle masse ?

Comment exprimer la totalité de la montagne ? La plénitude du paysage ?...

Comment dessiner les grandes lignes du territoire ?...



..................

 

Corrèze 1 2019 et Récup 1156pm.jpg



05/11/2019
0 Poster un commentaire

A découvrir aussi