Les dits du corbeau noir

JOURNAL ESTIVAL BRAN DU JUILLET 2019 13 07 JUILLET

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Composition et photo Bran du

 

 

 

 

 

Journal Estival    Juillet 2019     Bran du

 

 

...Je fais l'inventaire de ce qui, en moi, me parle du ciel et de la terre...

 

L'amour, la tendresse, la tendresse d'amour, ont rappelé à eux leurs ambassadeurs...

 

J'énumère des mots de tourbe et d'argile, de schiste et de granite, d'embellie et de brume, d'averse et de crépuscule...

 

 

J'arpente mes territoires de mémoire, ceux qui, aussi, ont battements de cœur...

 

Je note par endroits les friches et les jachères, l'urbanisation galopante de mes contrées sauvages, l'emprise mercantile et consumériste de mes royaumes de régénérescence, la lapidation médiatique de mes sources intimes et profondes...

 

 

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Tu es le Tout

toute la création est sœur et frère ;

Fraternité et Cercle du Grand Tout...

 

Ce Tout est simple ; nous 'avons rendu complexe à un point où Celui-ci ne fait plus Centre et que toute périphérie, que tout contenu, sont orphelins de son Anima...

 

08 07 2019 en Brocéliande

 

 

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La synchronicité entre attente et découverte suppose une mycorhization de l'esprit.

Tout cela qui court à quelques centimètres dessous la terre et invisiblement dans le ciel s'étend vers les territoires de la Vie comme une Onde-Mère à travers le vivant...

 

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Bran du Juillet 2019

Contemplation devant un champ d'orge en été...

 

 

Je suis assis devant un champ d'orge et contemple celui-ci...

Je constate trois épis bien plus hauts que les autres, non pas un ni deux, ni quatre ou plus, mais un beau ternaire bien équilibré... Seulement trois pour dire la future moisson et toute l'offrande dressée vers le ciel....

 

Des papillons batifolent au-dessus des crêtes blondes dans lesquels courent les doigts du vent et une escadre très furtive de moineaux...

 

Des ramiers ou tourterelles turques survolent cet « océan » et gagnent d'un vol vif le couvert des feuillages avant que l'ombre d'une buse n'enveloppe leur peur en ses serres...

 

Je suis là assis sous le couvert d'un robinier faux acacia en compagnie de verdiers et de queues rouges...

 

Ma pensée se balançant comme les tiges fructueuses de l'été...

 

Au loin se profile la lisière elle aussi ondulante de la forêt...

 

Je navigue parmi les flots dorés survolés de libellules bleues et rouges... Mais pas plus qu'un nuage ma pensée n'y jettera son ancre...

 

Des couples de passereaux (mésanges à longues queues et pinsons des bois) s'approchent de l'humain que je suis m'invitant moi aussi (dans une « semi-confiance) à faire preuve de solidarité envers les autres règnes...

Je satisfait à cette « entraide » et je suis gratifié en retour de chants mélodieux et gais...

 

Aux épis dressés sur l'autel estival j'apporte en offertoire quelque grains de contemplation, des grains gorgés de soleil et intérieurement maturés...

 

 

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Des dames « tambourinaires » en Brocéliande...

 

 

Elles sont venues, jeunes pour la plupart, de France, de Belgique, de Suisse conduite par une femme plus âgée a l'aspect assez « autoritaire »...

Elles se sont données rendez-vous au « Val sans retour » à Tréhorenteuc en forêt de Brocéliande (A l'Hostié de Viviane » plus précisément lequel est le reste d'un ancien tumulus mégalithique)...

 

Elles sont une douzaine de femmes munies chacune d'un tambour (d'origine amérindienne semble-t-il)...

 

Ce tambour, elles vont le battre à la nuit venue, en appeler aux esprits, aux étoiles...

 

Elles vont étendre le battement de leur cœur jusqu'aux confins inconnus, jusqu'aux entités convoquées avec aimance et ferveur...

 

La terre et le ciel entendrons, peut-être, leurs prières, leurs invocations, leurs demandes et sollicitations...

 

Cela dépendra de la sincérité, de l'authenticité de leurs intentions... De leur capacité à entrer (avec permission) au sein de la divine fréquence, de la qualité de leurs dons et de leurs offrandes...

 

Mais que vient quémander et vivre ce Féminin venu en ce lieu des quatre coins de l'horizon ?...

 

Vient-il demander à ce que le sacré et le divin de l'Univers les aident à se restituer toutes les fonctions et valeurs qui jadis étaient leur apanage quand elles initiaient l'homme à la transcendance d'entendements et de conciliations, quand elle veillaient sur les hauts foyers et sur les claires sources de toute Vie ?...

 

Je ne sais...

 

A quels « enfantements » intimes et profonds s'adressent leurs prières ?

 

Vers quelle Essence, tous leurs sens convoqués se tournent-ils afin de connaître, de la douce et tendre joie, la rouge, l'enivrante, la voluptueuse et fiévreuse exaltation ?...

 

Je ne sais...

 

Font-elles offrande de tabac, de sauge ou menthe ?...

 

Déposent-elles le bouquet de millepertuis ou d'armoise sur la table du sanctuaire ?

 

Aspergent-elles leur corps dénudé et l'enceinte sacrée avec l'eau puisée au miroir mouvant et émouvant de la nouvelle Lune ?...

 

Je ne sais...

 

Ce qui me trouble en ce nouveau matin armoricain, c'est qu'au cours de ce rituel, elles ont perdu un tambour !

Qu'une partie du chœur rythmique de cette belle assemblée a été égarée et qu'on la recherche partout alentour !

 

Mais comment peut-on perdre son tambour ?...

 

Perdre lors son tambour ; c'est comme si le cœur devait soudain s'arrêter de battre !...

 

A moins que, parmi tous les tambourinaires rassemblés ; il y ait eu un cœur plus particulièrement apte à rejoindre celui même de l'Univers ! … A moins que....

 

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Cela est simple dit l'Esprit du Cercle pour autant que vous arriviez à point !...

 

 

Une mésange au-dessus de ma tête...

Une mésange dans le mimosa...

A chanter elle s'entête...

Son chant m'aide à mettre ma pensée au diapason du vivant...

 

 

Le hasard à fort à faire pour répondre à la nécessite laquelle ne saurait, à elle seule, savoir y faire quand tout l'être est à reconstituer !...

 

 

La « rencontre » est l'une des réponses, plutôt appropriée, apportée à la question qui porte sur le sens de l'existence !...

 

 

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Heureux d'être en un lieu où la pensée n'a plus lieu d'être ce qui m'agite et m'anime continuellement...

Il ne s'agit plus lors que de respirer avec ce qui fût, ce qui est et ce qui déjà entame le devenir...

 

On échappe ainsi à toute pesanteur et à toute vaine agitation...

 

On est l'étang qui fume au matin un calumet de paix et de fraîche et claire sérénité...

 

On est l'eau qui s'évapore et retourne au ciel pour d'autres voyages inédits entre averse et arc-en-ciel...

 

On est dans ces tourbillons ailés qui enserrent et sacrent le village par le chant strident des hirondelles, à cet effet, regroupées...

 

On est ce maillet et ce ciseau qui, au rythme précis et régulier du sculpteur, évident la rude matière afin de faire sourire une forme face à l'éternité...

 

On est ce jeune enfant qui s'entraîne à la colère pour satisfaire un caprice passager....

 

On est ce facteur qui livre des plis cachetés en étant tout à la fois facteur de hasard et de nécessité... et peut-être l'un des derniers liens sociaux dans une communauté déconnectée du vivant...

 

On est l'instant qui se baigne dans un lac d'éternité...

 

On naît à tout ce qui fait naissance....

 

Peut-être même qu'enfin nous sommes disponibles pour entendre ce cœur qui bat dans notre poitrine ?... Respirer lors avec le Souffle premier, le même qui pousse les nuages et caresse l'épi de blé....

 

 

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Nous n'avons plus « d'arbre à palabres », ainsi nous n'avons plus accès à la parole qui danse et flotte entre ombre et lumière !...

 

La vie perd de ses parfums comme les tomates, leurs merveilleuses senteurs... Les manipulations, diverses et variées, gênent l'éthique !...

 

Trois chevaux tirent chaque jour la calèche des rêves de ceux et celles, qui en eux-mêmes, ne savent plus voyager !...

 

Que viennent-ils chercher, ceux-ci et celles-là, en ce lieu légendaire, si ce n'est ce que ce lieu parfois révèle de ce qui est déjà, alchimiquement et magiquement, en eux ?...

 

On recherche avidement l'ombre pour se protéger d'une trop vive chaleur. Ne faisons nous pas de même pour se protéger des brûlures de l'Amour ?...

 

Les géraniums (verts et rouges), là, sur le bord de la fenêtre, font sourire la maison aux encoignures de briques...

Mai, déjà loin, mais les roses toujours là que visite l'abeille de mes pensées...

 

Certes, parfois, les yeux ouverts...

Mais pourquoi lors tant de volets fermés ?...

 

Les pierres, domestiquées, conjointes et mises à demeure, passent ainsi d'une mémoire à une autre... Il n'est que le silence pour les écouter....

 

Le merisier s'agite ; j'entends des bruits d'ailes (celles des ramiers)... Le merisier et ses fruits enflammés...

Le merisier a déposé une merise sur le gâteau de mes pensées...

 

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Journal estival... Juillet 2019 Bran du (suite)

 

 

Peut-on parler d'écrire en terme « d'utilité » ?

 

Ecrire... Mettre des mots dans un vase comme on y met un bouquet ?... Pour le plaisir de voir et de humer cette ode colorée et parfumée que composent les prairies, les haies et les champs ?

 

Ecrire pour être, s'assoupir et renaître au monde chaque matin que le jour extirpe du lit de la nuit ?...

 

Ecrire pour se mouvoir de corps et d'esprit, pour se tenir encore en vie ?....

 

Ecrire pour respirer ; respirer encore entre cendre et fumée ?...

 

Ecrire pour jongler avec des voyelles et des consoles, pour se casser le nez sur un ballon rouge, vert ou bleu, et faire rire l'éternité ?...

 

Ecrire pour rendre jalouse cette solitude qui ne sait réchauffer les draps froids de l'amour ?...

 

Ecrire comme on bat du tambour afin d'être de connivence et de complicité avec ce qui fait battre le cœur de l'Univers ?...

 

Ecrire parce que de l'encre noire jaillit parfois une lumière ?...

 

Ecrire ; c'est jeter sa barque au-delà du neuvième flot, se faire poisson ou oiseau, ajouter, millimètre par millimètre, de la surface à la voile et la hisser toujours plus haut...

 

Ecrire pour cette sève sous l'aubier, pour cet air frais qui me fait pencher vers la terre comme un roseau...

 

Nécessité, peut-être illusoire, de sonder et d'explorer le « vide », le « confus » ; soit d'opérer la délicate, difficile et voluptueuse défloration de ce qui Est et qui ne se laisse que peu appréhender et encore moins « pénétrer» !...

 

Investir naturellement, instinctivement, spirituellement, philosophiquement ce fluctuant et énigmatique continent de « l'Etre » ; comme le ferait une cohorte de nuages au-dessus des contrées océanes et terriennes armoricaines, y découvrir lors une île inconnue peuplée de fous de Bassan et de cormorans huppés, une enceinte d'or faite d'ajoncs et de genêts, une verger (une pommeraie aux fruits dorées) et le souhait enfin exaucé de contempler une créature extrêmement dénudée faite de lumière, n'ayant que celle-ci pour seule nature et vêture...

 

Tenter le rapprochement, poser sa pensée sur une pierre ancienne toute d'énigmes gravées, ceinte de lichens et de parmélies et glisser dans l'onde, dans le flux de l'instant comme rouge soleil en l'océan...

 

Changer de regards, modifier ses visions (qu'importe l'horizon) mais emprunter à l’œil de l'Univers son phare et ses chandelles pour enceindre la Belle d'une tresse faite d'offertoires et de dons déposés au cœur du sanctuaire sous les jupons enflammés de la nuit...

 

 

 

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Avoir pleine conscience de l'éloignement de ce qui emplissait la corbeille des saisons de graines et de semences et faisait du temps et de l'espace une plaine pour les labours et les emblaves...

 

Etre sans cesse en « approche » d'une terre « arc-en-ciel » qui se dérobe devant toute avancée...

 

 

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Se savoir « orphelin » en poésie alors que nous fûmes jadis dépositaire du chant de la colombe et du brame des cerfs...

 

Cela qui fut tissé d'aurore en vesprée n'est plus que fil usé, os sans chair, lambeau d'étoffe lacérée d'indifférence, haillon de lune et de soleil, harde décolorée flottant au vent du Nord...

 

Le tartan de la joie n'est plus que carrés élimés de chagrins et de peines...

 

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Même le silence n'entend rien à ce que nous sommes !...

 

« Simulacra » (simulacre) diraient les romains face à ces statues que nous élevons en l'honneur de cela qui nous abaisse !...

 

Ce qui jadis était sanctuaire pour le vivant n'est que plus que décharge et déchetterie dans les usages d'aujourd'hui...

 

 

 

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Je rêve d'un autel de mousses et de fougères, d'un pierre plate où déposer la feuille de menthe et la fleur de la reine des près...

D'un lieu qui lui aussi élève ses paumes vers le ciel...

D'un instant qui fasse présent d'un baiser immortel...

 

Oui, je rêve à la Grande Conciliation, à cela qui assemble moutons, étoiles et bergers en un commun entendement, en une riante célébration...

 

Que celui ou que celle, qui cherche authentiquement, ardemment, avec grande sincérité, trouve la source, la fontaine ou le puits, qu'il ou qu'elle fasse de son cœur un puisatier puis un pontonnier, qu'il ou qu'elle lance au-dessus, par-dessus, les peurs alertées, une intrépide, farouche et sauvage passerelle...

 

 

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Les fleuves qui baillent dans l'estuaire, je les laisse s'engouffrer dans la gueule houleuse de l'océan...

 

Tant d'artères essentielles sont vides de sang !...

 

Le ru juvénile me suffit, recousu de ronces au printemps, serpentant parmi les bouleaux et les aulnes, buvant, à même les coupes célestes, le bleu, le vert et le blanc et l'hydromel des dieux...

 

Vivre n'a pas besoin « d'explications », la terre n'en demande pas aux cieux...

 

Combien encore à s'égarer, entre rêve et réalité ?...


Respirer suffit, candidement ou fiévreusement, qu'importe...

 

Peu de lumière, mais la Lumière...

La Continuité d'un souffle pulsé à partir de la poitrine de l'Univers...

Tout cela qui me tend la main...

Une musique qui m'invite à me taire pour danser en mon sein...

Voilà qui me convient...

Voila pourquoi, sur l'enclume, je martèle le fer et les minerais les plus durs....

 

C'est tenir et faire rougir la forge que d'écrire, l'écriture fait de moi un forgeron qui célèbre les noces de l'eau et du feu!...

Ne me reste plus comme ouvrage qu'a ferrer les nuages !

 

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Je ne saurais être en aucun cas le « Centre du monde », mais celui qui l'épouse et le cercle avec les bras du cœur...

 

 

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C'est le jusant, la marée s'est retirée à la limite, par la lune, imposée...

Pendant six heures au moins, j'ai cherché, en vain, le mot qui manquait à mon poème...

Ce n'est qu'en partant qu'un goéland lors m'a crié à l'oreille : « l'océan » !

 

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Karine....

 

Cassée, broyée dans son corps suite à un très grave accident de voiture (où elle a « frôlé la mort »)... Karine « ressuscitée », debout, volontaire, avide de vie, de vie qui donne (enfin) sens à l'existence ; une vie pour laquelle elle s'est rendue pleinement disponible....

 

Karine inquiète de sa vision du monde si différente des concepts consuméristes et prédateurs, à l'opposé d'une société majoritairement aveugle, sourde et suicidaire...

 

Karine fragilisée, ébranlée dans ses conceptions par le sentiment marginal d'être « différente » du commun de ses semblables...

 

Karine se demandant, du fait de ses croyances particulières, de ses perceptions globalement non partagées, si elle n'est pas atteinte d'une forme de « folie »...

 

 

Mais, Karine entendue, accueillie, écoutée, lors confortée, rassurée, redynamisée, les yeux embuées de larmes difficilement retenues, retrouvant confiance en elle-même, trouvant entendement et compréhension, repartant avec de nouvelles forces, de nouvelles énergies et sentant repoindre en elle-même une brillante et chaude Lumière... Karine restituant à son visage son soleil et son printemps...

 

Merci à toi Karine ; merci pour cette « humanité » fragile, émouvante, authentique, merci pour cette espérance et cette « dignité » de nouveau volontairement et obstinément incarnées dans la bonne joie des yeux et du cœur...

 

 

 

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13/07/2019
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