Les dits du corbeau noir

Into The Wild texte Bran du

Into the Wild (Dans la nature)...D’après le Film de Sean Penn   Texte Bran du


                                                                                            04 02 2008
Ne le dites pas à tout le monde
Mais j'ai dansé avec un nuage...
J'ai approché l'aigle de feu
Avec lui j'ai tournoyé dans les airs
Comme tourbillonne l'eau des rivières...
Dans les hauteurs j'ai mené la ronde
Sur les plumes du voyage...      Hé ya hé...  Hé ya hé...  Hé ya...

Les pierres s'arrondissent dans le lit du fleuve,
De même font les pensées quand elles prennent la route...

Je sais reconnaître les baies sauvages,
Avec certaines je me peins le visage...
Je prends figure de lune ou de soleil,
Couleur de sang sont mes étoiles...
Je porte la nuit et l'aube sur mon front...
L'aurore s'en vient quand je soulève mes paupières...
Il me suffit de siffler pour que s'ébrouent les chevaux du crépuscule...

Ne le dites pas à tout le monde
Mais j'ai dansé avec un nuage...
J'ai approché l'aigle de feu
Avec lui j'ai tournoyé dans les airs
Comme tourbillonne l'eau des rivières...
Dans les hauteurs j'ai mené la ronde
Sur les plumes du voyage...        Hé ya hé...  Hé ya hé...  Hé ya...

L'eau est le reflet de la vérité
Transparent est le nom qu'elle porte...
Pardonner, et le soleil crèvera les nuages...
Il n'est de bonheur vrai que dans le vrai partage...
Il n'est de limites que celles que l'on impose
aux vifs élans de notre coeur...
De l'amour... Seuls les saumons en remontent le cours !...

Ne le dites pas à tout le monde
Mais j'ai dansé avec un nuage...
J'ai approché l'aigle de feu
Avec lui j'ai tournoyé dans les airs
Comme tourbillonne l'eau des rivières...
Dans les hauteurs j'ai mené la ronde
Sur les plumes du voyage...       Hé ya hé...  Hé ya hé...  Hé ya...


L'homme a rendez-vous d'immensité
Comme le fini a rendez-vous avec l'infini...
Devant les grands espaces votre âme se cristallise,
Un pacte se lie entre le vent et votre souffle...
Courir, nager, marcher, danser, voici les véritables ivresses...
Les mots que l'on tresse dans le silence pendent à votre cou ;
La vie y ajoute des perles bleues...

A la cinquième saison, l'homme se retrouve,
La roue à fait son tour, ne reste que le moyeu !...

Ne le dites pas à tout le monde
Mais j'ai dansé avec un nuage...
J'ai approché l'aigle de feu
Avec lui j'ai tournoyé dans les airs
Comme tourbillonne l'eau des rivières...
Dans les hauteurs j'ai mené la ronde
Sur les plumes du voyage...       Hé ya hé...  Hé ya hé...  Hé ya...

Nulle retrouvaille sans séparation...
Tant qu'un bout succède à un autre bout
Point de halte pour s'ancrer dans la chair...
Savoir ce que l'on veut, à quoi bon, si l'être n'est pas à la place où il doit être !
Les pierres roulent sous les pas, le passé vole en poussière...
L'instant brille de tous ses éclats et ses éclats se font éclairs...
Mon esprit fume même si je ne fume pas...
De la fumée sort de mes poèmes
Heureux l'homme qui enfante une spirale...

Ne le dites pas à tout le monde
Mais j'ai dansé avec un nuage...
J'ai approché l'aigle de feu
Avec lui j'ai tournoyé dans les airs
Comme tourbillonne l'eau des rivières...
Dans les hauteurs j'ai mené la ronde
Sur les plumes du voyage...       Hé ya hé...  Hé ya hé...  Hé ya...

La solitude est semblable à du bois sec
Elle n'est bonne que pour le feu...
La rencontre est faite pour produire des étincelles...
Vivre c'est faire passer le calumet de lèvres en lèvres
Afin que le coeur et la pensée puissent faire le tour des choses
Et retrouver le centre qui respire dans la poitrine commune...

S'éteindre ou s'endormir là où est tombée la foudre...

Laisser sa trace dans la neige,
Déflorer l'espace d'une enjambée à l'autre,
Là seulement se lit le passage,
Là seulement se lira l'éphémère de nos empreintes...
Qui pourrait résister à tant de blancheur ?
L'avancée efface les souillures...
Nus, nous serons magnifiquement nus, pour courir vers la mer!...

Ne le dites pas à tout le monde
Mais j'ai dansé avec un nuage...
J'ai approché l'aigle de feu
Avec lui j'ai tournoyé dans les airs
Comme tourbillonne l'eau des rivières...
Dans les hauteurs j'ai mené la ronde
Sur les plumes du voyage...       Hé ya hé...  Hé ya hé...  Hé ya...

Pourquoi s'encombrer de signes ?
La piste ne connaît que l'Ouest ou le Nord...
Parfois l'ombre va devant, souvent elle suit...
Devant est la réponse qui fait oublier les questions...
Monter et descendre, ainsi le canoë dans le courant
Avec des songes en cascade...
Quand le lit devient calme, la berge appelle le repos...

Tire ta peau au sec, compagnon
Viens écouter crépiter le silence...

La nature est un miroir, non pour le reflet, mais pour la traversée...
Ici, tu ne possèdes rien... Dépossédé te voici soulagé...
Ce sera toujours cela en moins à porter sur tes épaules...

Ne le dites pas à tout le monde
Mais j'ai dansé avec un nuage...
J'ai approché l'aigle de feu
Avec lui j'ai tournoyé dans les airs
Comme tourbillonne l'eau des rivières...
Dans les hauteurs j'ai mené la ronde
Sur les plumes du voyage...       Hé ya hé...  Hé ya hé...  Hé ya...

Libres sont les troupeaux sauvages...
La mort prélève son dû mais se poursuit la course...
Au-delà des seuils s'ouvrent d'autres passages...
Il est des êtres qui chevauchent la Grande Ourse
Et des poètes qui, rituellement, incinèrent les mots de la fin...

Ne le dites pas à tout le monde...

Nous ne sommes pas une barque amarrée à demeure...
Nos flancs veulent jouter avec les ondes, les flux et les flots...
Nos rêves ne sont pas des cimetières à bateaux...
Trouver notre ligne de flotaison...
La vase guette l'inertie de nos sens...
Rien n'enferme moins que la vue du grand large...
Donner de l'espace à ses yeux, de l'immensité à ses pas...
N'être qu'un point en mouvement dans le défilé des heures...

Aimer la nature ne suffit pas...
L'amour demande de connaître et d'apprendre, de prendre dans ses bras...

Ne le dites pas à tout le monde
Mais j'ai dansé avec un nuage...
J'ai approché l'aigle de feu
Avec lui j'ai tournoyé dans les airs
Comme tourbillonne l'eau des rivières...
Dans les hauteurs j'ai mené la ronde
Sur les plumes du voyage...       Hé ya hé...  Hé ya hé...  Hé ya...

L'herbe et la feuille enseignent
Autant que ce qui porte poils et plumes...
Bienheureux celui qui pose son front sur l'écorce, qui enserre L'arbre par la taille...
Une pierre à plus à nous dire qu'un dictionnaire ;
Elle a tout son temps pour cela...
L'inconnu est une étoile à paraître en son lieu et en son temps ;
Alors nous donnerons un nom à la réalité de ce qui brille et éclaire                                                   Et nous serons un peu de cette constellation...

Mieux vaut vagabonder sur les chemins de traverse que rouler sur des Traverses qui conduisent à des impasses ou à des butoirs !...
La liberté est dans l'errance comme une semence portée par le Vent...
Tout véritable mouvement conduit vers la danse...

La soif, la route aussi l'étanche...

Ne le dites pas à tout le monde
Mais j'ai dansé avec un nuage...
J'ai approché l'aigle de feu
Avec lui j'ai tournoyé dans les airs
Comme tourbillonne l'eau des rivières...
Dans les hauteurs j'ai mené la ronde
Sur les plumes du voyage...       Hé ya hé...  Hé ya hé...  Hé ya...

Vivre c'est tuer, cultiver ou cueillir
Toute mort sustente le vivant
La nôtre fera de même...

Que l'étendue soit de vague ou de neige, de roche ou d'herbe, de sable ou de Feuille nous en sommes partie infime mais intégrante...
Faire jaillir le feu ou boire à la source sont des "gestes premiers"
Qui nous réenracinent dans l'humus de notre lointaine naissance...
Nous sommes cela et la conscience de cela...
Alors toute "cosmunion" devient possible
Nous pouvons entrelacer notre fil sur la trame de l'univers...
Qu'importe le dessein ou la figure si nous en animons les traits...

Quand le corps et la pensée sont sans entraves
La vie devient torrentielle... L'onde épouse la rive, le soleil tient dans une seule paume, le chant sort de sa gangue...

Ne le dites pas à tout le monde
Mais j'ai dansé avec un nuage...
J'ai approché l'aigle de feu
Avec lui j'ai tournoyé dans les airs
Comme tourbillonne l'eau des rivières...
Dans les hauteurs j'ai mené la ronde
Sur les plumes du voyage...       Hé ya hé...  Hé ya hé...  Hé ya...

On ne peut renaître du passé ; l'instant, la seconde, le présent, voilà ce qui Féconde...                    La découverte est plus importante que les vertus de l'oubli...                                                     Partir ce n'est pas quitter, c'est être quitte,
C'est donner au choix, du sang, des muscles et des songes...


L'or que l'on cherche n'a d'autre nom que celui de la lumière...
La pause est un point virgule dans le déroulé de nos phrases Vivantes... Regarder le ciel et comprendre que des Verbes sont à Conjuguer, qu'un Verbe qui demeurera inconnu s'exerce à Conjuguer une création qui tangue entre l'imparfait et le plus que Parfait...

L'anima ce n'est pas une volonté de fuir, c'est celle de retrouver, de se retrouver...
L'errance ce n'est pas tourner en rond, c'est épouser toutes les rondeurs du monde...
On ne fabrique pas des mots avec du plastique ou du pétrole
Mais avec de la sueur et de la transpiration...
Ceux-là se recyclent au fil des saisons...


Il est temps d'écrire des poèmes avec du sable et de signer
De notre écume...

 

Hé ya hé !



29/12/2012
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