Les dits du corbeau noir

Imbolc 2012 : poésies

La terre a déclaré forfait


La terre a déclaré forfait.
Elle a laissé tomber ses oripeaux
d’or et de pourpre et de verdure.
Elle s’abandonne toute à sa nudité
dans son recueillement d’ocre et de brun,
de beige et de rouille, de noir et de marron,
                            morte
Mais dans ses profondeurs durcies par le gel
laborieusement, tenacement, travaillent
des pousses persévérantes et tendres.
Et c’est si doucement
que, de leur front têtu,
elles avancent dans ce magma compact,
ces ténèbres serrées,
que la terre est forcée de s’ouvrir
de leur livrer passage
et qu’elle craquèlent et soulèvent
la croûte,
fragiles et douces.
Tendresses à venir sur des aubes décharnées.


Nicole-Laurent Catrice 

 



« Une source, c’est toujours un miracle. » Colette

 

 


 

 

« Je suis un rai de soleil. » Taliésin

 



O ghel an heu !     

                                                   
Le ciel grondait
Charriant son fleuve de lait et de cendre
La saison ne venait pas
La semence était sans paumes
Dans l’emblavement sombre du jour
La neige teintait la plume des corbeaux
Les rares percées du soleil ne parvenaient pas à briser la perdurance des glaces
La lune trônait, souveraine, sur les hauteurs enchâssées d’étoiles
Le rire même ne sortait plus de la fourrure d’angoisse
Le grenier des songes s’emplissait de rats et de souris…
C’est alors qu’ils décidèrent
D’élever la Pierre Droite
Dans l’axe du fleuve et de son céleste cours…
Les muscles tordaient la corde
La pensée guidait le chanvre de l’effort et du cri
La sueur coulait dans l’écorché des épaules
Tout le clan bandait son torse
Sur le front de chacun était peint
Le signe de glaise bleue qui donne puissance et force…
Ce fut comme le temps qui s’en revient aux tempes
Comme la vague qui retrouve ses rivages
Comme la fourche de nouveau penchée sur la rondeur de son nid
La fleur embrassa l’arc de sa branche
Les chevaux d’écume bondirent dans la vallée de l’immense
Le vent souffla sur le deuil des nuages
Et la braise de lumière propagea, en l’aube, son incendie
O ghel an heu : O ghel an heu !
Le blé lève ! Le blé lève !…
Et la moisson des hommes roulait déjà dans la plaine de leurs yeux…


Bran du    10 12 2001

 


 

Deur Derhue (Celui qui guérit tout)


Force, sagesse et connaissance
Force, sagesse et connaissance
Force, sagesse et connaissance…
Je suis la branche aux feuillages d’or, je suis l’éveil dans l’hiver qui s’endort
Je perce de mes racines les ténèbres les plus sombres
Je transperce de mes rais le noir royaume des ombres
Force et sagesse, je suis le rameau d’or. Force et sagesse, je suis le Rameau d’or…
Je suis le jeune soleil sur la branche de décembre où mes fruits rayonnent de miel et d’ambre
Je suis vivant parmi le champ des dépouilles, je suis l’acier brillant qui défie toute rouille…
Force, sagesse et connaissance
Force, sagesse et connaissance
Force, sagesse et connaissance…
Nul sans moi ne peut percer le Grand Mystère, nul sans mon rameau, nul sans ma lumière
Ne peut affouiller les entrailles de la terre, ne peut connaître l’endroit méconnaissant l’envers…
Gardien de tout trésor, je suis le Rameau d’or. Gardien de tout trésor, je suis le Rameau d’or…
Que soit tissé le lin qui me recueillera et que s’avancent les âmes couleur de neige
Que soit bannie la guerre de vos cœurs et de vos bras
Afin que votre blancheur me soit un doux cortège…
Santé et réconfort, je suis le Rameau d’or, Santé et réconfort, je suis le Rameau d’or…
Formez le cercle sous l’Arbre tutélaire, sous l’Arbre guérisseur où célébraient vos Pères
Et tendez vos mains vers le rameau fleurit ; dessous la branche morte demeure l’Arbre de Vie
Vigueur et espérance, voici le nouveau sort. Vigueur et espérance, voici le rameau d’or…
Au gui s’en vient l’an neuf qui sait vaincre la mort
Le soleil est dans l’œuf comme la vie à éclore
Le sang et la sève sont conviés au festin,
L’hiver n’est plus l’hiver car la vie s’en revient…
Force, sagesse et connaissance, de la vie je suis le nouvel essor
Je suis le Rameau d’or, je suis le Rameau d’or…. Le Rameau d’or…

 

Bran du    16 12 2001

 


 

Le Tertre rouge


Sur le tertre rouge viendront les corbeaux de la parole
Du Nord, ils viendront car ils sont la mémoire du Grand Chaos ;
De celui des origines comme de celui des hommes affrontés en leurs peurs…
Depuis toujours l’ombre bataille contre la lumière…
Il n’est pas pire guerre que celle livrée en la chair consumée d’orgueil, de cruauté et de mensonge…
Au Nord, la bataille, mais, sans le Nord nul ne saurait trouver sens ni essence au Chaudron…
Tournez neuf fois les Cercles dans le Chaudron
La Vie est en Ebullition dans le Grand Tourbillon
Tournez neuf fois les Cercles dans le Chaudron !…
La pierre criera sur le mont des couronnés. Les aigles se joindront au corbeau
Les aulnes se redresseront au passage des eaux
La lumière se fera rivière et la parole ruisseau…
Tournez neuf fois les Cercles dans le Chaudron…
Du Sud viendra le son qui est musique
Le vent soufflera dans les roseaux et les joncs
- Le vide contient plus que l’océan, le souffle plus que la vague et les flots -
Plénitude est le chant des lèvres à l’unisson…
Tournez neuf fois les Cercles dans le Chaudron…
Le houx est planté à l’Ouest, là où le chêne étend ses longs bras
Le saumon reviendra au berge des neuf coudriers de la sagesse
Cinq fleuves naîtront qui monteront les voies
Afin que sur leurs rives toutes choses renaissent…
Tournez neuf fois les Cercles dans le Chaudron…
D’argent et d’or est sa parure, d’ocre roux son tablier
L’Oursin est à son cou, il est d’étoiles paré
Graines et semences en sa corne d’abondance
L’Est est le semeur, l’Amour ensemencé en Terre d’espérance…
Tournez neuf fois les Cercles dans le Chaudron…
Cela, me dit le corbeau, je saurais le compter sur le bout de mes os,
J’ai mémoire dans la peau qui survole les mers…
Je sais voir les terres, les horizons nouveaux
Peu me chaud demain ou hier, je croasse dans la lumière !…
Tournez neuf fois les Cercles dans le Chaudron…

 

Bran du              Solstice d’hiver 2004

 



L’Outre Rives…   


Le vent
L’effroi
L’énorme gueule de l’espace
Happe le temps.
Echouée sur la grève
La barque veille et prie
Pour que s’ouvre enfin
Les Portes de la Nuit.
Attente au bord du ciel
Attente au bord de l’infini.
Déjà luit doucement
Sur le grain de la pierre
La lumière dorée
D’Outre Rives.


Muyrgen  (Jacqueline Desille)

 


 

Terra Mea (Ma Terre)


Tourne, tourne, tourne…
Voici la roue du monde qui tourne
Sans jamais s’arrêter avec ses saisons belles et fleuries
Ami, donne-lui la main pour ne pas perdre ta route
Eveille tout ce que tu pourras…
Ami, voici la vie qui danse
Donne-lui la main, ami et ne t’arrête pas sinon elle te laissera.
Mais surtout, ami, n’oublie pas de vivre !…

 

Jean Paul Poletti     ( I Murvini)

 


 

Brigit


Tu es la pluie de grâce qui fait reverdir les terres noires de l’hiver…
Le feu est ton compagnon qui brasille sous tes tempes
Et ravive les braises au doux foyer des hommes…
En ta main, le rameau vert jaillit du bois sec et mort…
Ta sève pousse nos branches vers l’azur des promesses…
Plus que la beauté des corps tu chéris les splendeurs de l’âme…
Ta claire aura estompe toute laideur…
Tes paumes redonnent équilibre et harmonie à toute chose…
Sur les noires épines tu fais resplendir les roses…
Tu parfumes la vie de tes bois de senteur…
Les quelques gouttes qui perlent de tes lèvres redonnent la parole aux bouches de silence
Et le regard perçoit alors ce que les paupières tenaient enclos…
Dans le ciel te suit la vache blanche aux oreilles rouges
Et son lait d’étoiles se répand sur les terres endormies…
Nous sommes allaités de ta Présence; Birgit de l’aube, Birgit de l’aurore ;
Nourrice de nos songes et de nos rêves infinis…
Avec les terres en gésine
Les sèves qui s’apprêtent
Nous louangeons ta venue…
Puisse ton vert manteau nous recouvrir jusqu’aux épaules…
Que s’en viennent au cœur le bourgeon et la fleur
Et qu’en la vasque épurée de nos jours se déverse la clarté limpide de tes eaux…
Puisses-tu faire en nous ta rayonnante demeure…

 

Bran Du                Ar Penity       St Gilles les Bois 2011

 



L’aube ou bien l’aurore


C’est ton visage de Femme-source
Qui ouvre le rideau des nuits
C’est par toi que jaillit
Le soleil en sa terrestre course
Visage d’azur où brille l’or
Paillettes d’étoile et d’infini…
Tu es la Triple-Femme
Tu portes la poésie sur tes ailes
Tu forges et tu façonnes la forme consentante
Tu donnes au corps son harmonie
L’Esprit en lui lors s’épanouit
Alors que se fortifie son âme…
Tu es la flamme d’eau pure
La dame des fontaines les plus pures
La réponse lumineuse qui siège sur le trépied des mondes
Tu es le fruit et la corbeille
Tu tresses les saisons par les lianes et les joncs
Et l’osier d’évidence
Par toi l’agnelle met à bat
L’agneau de toute joie
Aux calendes d’Imbolc…
Ta rivière est de lait
Comme la bonté qui t’anime
Dans la profondeur de tes yeux
Interpellant nos humaines errances…
Merlin battit en toi son temple
T’aimant jusqu’à la transparence
Jusqu’au scintillement de tout son être…
Tu prépares l’homme à recevoir la pleine lumière
Toi la Femme-sœur, la Femme-mère, l’Aimée et l’Amante
Tu achemines l’homme vers son limpide devenir
A travers l’exaltation et la maîtrise des sens
Par toi il perçoit la Présence et l’Essence
Et devant renaître il consent à mourir !
Et te voici cygne, grue ou corneille
Prenant l’avenir sur ton sein et le futur sous tes ailes
Menant le troupeau des mouvants et moutonnants matins
Vers les alpages éternels…
Tu es la roue d’argent, le cycle dans le ciel
L’île dans l’océan aux plaisirs perpétuels
La corne d’abondance, le geste bienveillant
Le sourire qui diffuse la graine d’amour au creux des vents
Tu es la souveraine des royaumes d’entendement
Et par cela tu enfantes musiques et silences
Au sein de l’espace et du temps…

 

Bran du

 



Invocation d’Imbolc


Anna
Mère des Mères
Mère de l’océan de vie
Mère des sources et des fontaines
Des fontanelles et des puits
Mère aussi
De tout ce qui fermente et germe
Des semences et des graines
Des fleurs et des fruits
Nos lèvres, aujourd’hui, en l’instant, tendues vers toi
Nos paroles, nos silences, nos gestes et nos dits
Notre cœur fleuri, notre cœur mûri, par toi
Nos sens et nos pensées, réunis pour le Merci
Pour tout cela qui nous nourrit
Nous délave de nos soucis
Pour ton souffle, ta présence et tes multiples voix
Reçois, O Mère, la corbeille de nos joies
Reçois, O Mère, le florilège de nos vies
Que tes eaux épurent nos corps et nos pensées
Qu’elles nous nettoient, O divine Femme, jusqu’à l’âme…

 

Bran du

 



Le Chant des Lueurs


O Birgit, O douce flamme
Ta robe de splendeur danse sur la terre
Enflamme notre cœur
Et tourbillonne dans le fleuve des hommes
Amoureux de ton âme qui les visite
Dans ses ambassades de chaleur et de lumière…
Noirs ou blancs, les agneaux
Naissent sur le damier du temps
Et sautent d’une berge à l’autre
Nouant les laines du jour avec les laines de la nuit…
Que s’en viennent les temps des ruisseaux bondissants
Que la joie cascade sur la pierre arrondie de notre cœur
Que se ruent les eaux nouvelles
Vers le grand océan et sa vasque de sel…
Les veilleuses dansent dans le vent
Leurs flammes lèchent la peau des ténèbres
Leurs flammes aussi, en nos yeux, ravivent les feux
Qui unissent et conjoignent l’homme et la femme…
C’est temps de lune grosse
Vers elle les vagues se haussent
Comme l’écume, s’enfle le sang
Et l’amour en ses courants…
La nuit couve l’œuf de l’aurore
Et tout cela qui germe dans nos corps…
Dans les bassins et dans les sources
Se baigne la Grande Ourse…
L’oisillon du printemps prend forme sous ses ailes
L’étincelle dit le soleil, sa danse et sa course…
La Mère veille…
Vers nos mains tendues s’avancent ses servantes porteuses de l’eau de vie, de l’eau qui purifie, de l’eau des renaissances…
L’eau coulera au perron de nos lèvres et de nos fronts
Lors saumon nous serons aux frayères de la lumière revenus et nageant dans la Merveille…


Bran du  Imbolc 2008       

 


 

Fontaines sacrées (Extrait)


« Pour que les yeux redeviennent l’eau transparente jaillie au creux de tes souches
Chauffe la pierre entre tes cuisses
Grande Déesse de la Terre
Et que germe le blé
Et que soient fécondent les génisses
Et que déchaînent les orages
Une larme tombée sur la margelle… »
« Le rite s’accomplit, l’homme touche au mystère
Qui fait frémir la terre et convoque l’esprit. » (idem)
Théophile Briant : le Testament de Merlin (extrait)
« …Adieu Viviane, dors dans la nuit zodiacale
Que ta fontaine chante jusqu’au dernier jour et que ton sang de fée passe dans l’eau lustrale où nos enfants viendront baptiser leurs amours. »

 

Nicole Laurent-Catrice

 



A la source première


Le nouveau manteau de Brid* repose sur la terre hivernale…
- Primevère, pâquerette, perce-neige au jardin de Brid…
Cresson, mâche, pissenlit et pimprenelle, ciboulette sauvage… Ce sont là les premiers dons de la Mère offerts au sein de l’hiver et de ses longues morsures…
Ce sont de la nature les premières nourritures offertes sur la table des attentes…Les prémices d’une future corne d’abondance…
Bougie à la main l’aire est cerclée… Le sacre à son sceau et son empreinte…
Huit étapes sur le Cercle des saisons…
Huit jalons sur le Cercle de l’année…
Chaque fois rendez-vous, au Centre, est donné….
Tressées sont les couronnes de lierre enroulées
Huit couronnes posées sur l’onde calme et claire
Huit nids portant œufs de lumière
Huit nids allant au grès des courants
Annonçant naissances nouvelles…
Lumière, chaleur, flamme dans la barque du cœur
Pour honorer et remercier la Source-Mère…
La paix, l’accord, l’harmonie, la concorde, le juste équilibre réalisé…
Une commune flamme au sein des mains en corbeille assemblées…
Echos et résonnances entre esprit et matière, le geste et la pensée…
Et l’anneau de vœux et de chair de vibrer à l’uni-son…
Des chants sur les lèvres, des mots avec des ailes d’oiseaux,
Des mots comme des pétales de roses, des mots « ensilencés »…
Le froid au bout des doigts… De février, les frimas…
Mais au-delà, les frissons du corps, d’autres frissons encore !…
Frissons de joie, frissons conjugués au bord de l’océan d’éternité…
L’eau pour le seuil et le passage, la lumière et l’encens en notre orée…
L’eau à s’écouler sur nos fronts, nos lèvres, notre cœur…
L’eau consacrée, versée en la lisière des primes recouvrances…
L’eau pour épurer, nettoyer les scories accumulées…
L’eau pour consacrer nos transparences d’être…
Sur nos mains ouvertes et offertes s’écoule le lait de la Vache Blanche
L’eau blanche des nouveaux-nés…
Nous sommes comme des enfants au sein, de tendresse, allaités…
Des enfants réunis dans la rondeur de la nuit
Faisant retour en la Chambre d’Amour…

 

Bran du, Imbolc 2006

 

*Brid c’est Brigit ou Brigantia en Gaule

 


 

La Nuit des Triades


La Jument est sur la Terre…
L’Etalon est dans le Ciel…
Le Poulain est dans le Cœur…
Trois pierres du devenir :
La noire, la blanche et la rouge…
L’une demeure en terre
L’autre projette vers le ciel
La troisième anime la chair…
La Lune est entrée dans la chambre d’Imbolc
Le Tertre sur l’Ile est ouvert
Les yeux ont vu au-delà des paupières…
Cela venait de la nuit des temps
La nuit des temps bouclait lors le chemin
Le songe allait, dansant d’une étoile à l’autre…
Le chant et la feuille sont dans la racine…
L’écorce se dilate, l’aubier puise dans les sens…
L’Arbre est dans l’Homme, la Sève dans le Songe…
La nuit frappe les pierres…
Les vagues portent la Lumière
Un poème chemin vers l’Homme…

 

Bran du

Nuit d’Imbolc 2000

 


 

 3 Femmes en haute conjugaison du Verbe


« La Femme-médecine : Celle qui soigne, apporte, rétablit, l’équilibre et l’harmonie, la concorde et la mesure dans l’ensemble des corps (physique, psychique, éthérique, émotionnel…)
C’est la « santé » de l’être sous tous les plans. C’est une médecine autant végétale, minérale qu’animale… Elle a commerce profitable avec le Serpent , lequel enroule et déroule son anneau autour de l’axe formé par la Femme Arbustive qui œuvre entre terre et ciel, ramure et racine de toute chose…

 

La Femme-forgeron : Celle qui préside à l’alchimie « intérieure », à la transformation et à la transmutation, à l’évolution… Elle participe aux changements des niveaux de perception, de compréhension, de conscience… C’est le plan spirituel oeuvrant su la « Matéria Prima ». Le Feu et l’Eau sont avec la Lumière et les Souffles les composants majeurs de son ouvrage sacré. Elle préside par leur intermédiaire aux fiançailles, à toutes les noces. Elle achemine la « non-forme » vers la forme inspirée, le matériel vers l’éthérique… Elle « forge », « trempe » l’Etre en devenir ainsi que l’Epée de Lumière avec laquelle il pourra pourfendre toute obscurité et parachever son épanouissement et sa plénitude…

 

La Femme-Barde (Banfile) : La source et la souche de mémoire, la lignée des enfants du Chêne, de l’Ours, du Sanglier, du Corbeau et du Roitelet, du Cerf et de la Biche… Elle est la Créativité, la Sage Femme qui préside à tout accouchement; à toute remise au monde…. Son œuvre est le fruit d’une imagination fertile et féconde aiguisée contre la pierre de la réalité… Elle ensemence les champs du présent et du futur des graines et des semences du souvenir des sagesses enfouies? Elle est passeuse d’eau et de feu, d’étincelle et d’ondes vives, elle aide à franchir les gués existentiels, les lisières et les seuils… Elle accompagne le désir, la volonté de celui et de celle qui marchent à leur propre rencontre pour découvrir enfin les vraies et justes contrées de leur désir, de leur aspiration essentiels…. Elle entretient les braises sous les cendres du doute et de la faiblesse, de la peur et de l’ignorance…… »

 

Bran du              

2005

 



« L’air était calme et paisible la surface des eaux… Un souffle frais et léger faisait bruisser le haut silence des roselières…
Ils arrivèrent alors les trois cygnes blancs comme neige, blanc comme l’écume à la crête des flots…
Ils se posèrent dans la vasque d’émeraude…
Un chant doux, modulé par les joncs et les feuilles, repris en cœur par tout le peuple des herbes et des mousses, s’éleva au-dessus de l’étang…
Elles apparurent alors, femmes jeunes au blanc duvet…
Lors, le soleil leur tendit son peigne d’or. »                                                             

 

Bran du

 


Nous t'accueillons

 

« Nous t’accueillons Brigit à la veille de la Chandeleur
Nous te rendons grâce pour recevoir ta bienfaisance, la vie nouvelle à recevoir.
O Mère de Poésie, apprends-nous ton art pour que notre inspiration puisse entrer dans chaque cœur…
O Maîtresse de magie qui te tiens près du feu et donne au métal brûlant la forme que tu désires O Mère des Forges, enseigne-nous ton art pour que le pouvoir de changer puisse entrer dans notre cœur.
Tu allumes le printemps pour stimuler la terre. De sous ton manteau l’ancien à une naissance nouvelle.
O Mère de la Guérison enseigne-nous ton art pour que la paix et le contentement puissent entrer dans chaque cœur. »


Mara FREEMAN

 



« Puisses-tu être sous le manteau de Brigit ! »

 

Bénédiction irlandaise

 



« Je suis Brigit au manteau… Brigit conçue par les vagues…
Brigit de l’Année Féérique… Du petit Monde Enchanté…
Brigit à la bouche mélodieuse… Brigit de la Tribu aux Verts Manteaux…
Je suis la Voyageuse de la Montagne, la Contrée des Vagues…
Et j’ai été un Souffle dans votre Cœur. »

 

Fiona Macleod

 



«  Brigit, femme excellente, flamme dorée, étincelante, qu’elle nous porte au royaume éternel, elle le soleil, enflammée, radieuse… »

 

Hymne du VIIè siècle

 


 

Invocation pour Brigit

 


Trois bougies / Trois chandelles / Trois chants pour Elle / La Déesse de la Vie…
Trois bougies rouges, comme l’aube, comme le sang, comme l’amour…
Trois foyers d’énergie, pour la Forge, pour son Alchimie
Pour la santé et tout cela qui guérit
Pour la Poésie qui voit en l’Infini…
Trois bougies / Trois chandelles / Trois chants pour Elle / La Déesse de la Vie…
Trois bougies vertes, pour les prairies, pour les saules, pour le soleil des pissenlits…
Trois bougies blanches, pour l’agneau qui naît, pour le manteau qui fait fleurir et croître à jamais…
Neuf bougies allumées
Pour garder, pour protéger, pour prémunir
Pour veiller, pour féconder, pour se souvenir
Pour célébrer, pour aimer, pour chérir… Les Germes à venir…
Trois bougies / Trois chandelles / Trois chants pour Elle / La Déesse de la Vie…

 

Bran du, 22 01 2005

 


 

Chant pour Brigite


Oh Mère en toi je suis, comme un œuf dans le nid
Comme une semence au vent, comme une semence de vie…
Oh Mère que j’aime tant, Oh ma source, mon infinie
Promesse du Monde Blanc… Oh Mère que j’aime tant…
Nous ouvrons le rideau des nuits
Et ta force en nous jaillit
Comme un bourgeon d’univers
Aux saisons bleues de la Terre…
Viendra l’heure de l’envol
Du bon grain de la Parole
Pour le cœur qui fait effort
Sur le chemin de cendre et d’or… Oh Mère….
Nous sommes la branche d’Homme
Greffée sur l’Arbre de la Vie
Dont tu nous offres la Pomme
Et son Etoile qui luit…
A tout pétri de mort
Qui aspire au vivant
Tu transfuses en son corps
Toutes les flammes de ton sang…. Oh Mère…
Que soit confié au noir sillon
Le germe blanc de la question
Que la réponse parmi les blés
Eclate sous le soleil d’été…
Nous te louons, O chère Brigite
Pour ce grand feu qui nous habite
Et suer lequel nous veillerons
Comme compagnes et compagnons… Oh Mère…

 

Texte et musique Bran du

Samonios 1994

 


                                  







30/12/2011
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