Les dits du corbeau noir

Ici ou ailleurs, combattre nos illusions. De la réjouissance.Marc ALPOZZO

Marc ALPOZZO Ici ou ailleurs : combattre nos illusions extraits Philo poche août septembre 2013

 

Il y a des choses de cette nature qui font que attendant un train et ayant un long parcours à faire vous cherchez une lecture si possible "nourricière"... ET ce matin, là, dans le kiosque ... rien... Rien à se mettre sous les yeux pour faire oeuvrer neurones et synapses...   sauf, là dans un coin, tout en bas, isolé, comme perdu et seul, un petit fascicule de philosophie bien grand par son contenu et fort bienvenue....  Allez... on partage !



« On devrait attacher moins d'importance à ce que l'on va faire qu'à ce que l'on est. » Maître Eckhart

« Le propre de l'homme de bien reste de chérir et d'accueillir de bon cœur la trame de sa destinée, de ne pas perturber, en le mêlant à une foule d'images, l'Esprit qui l'habite. » Marc Aurèle (pensées pour moi-même)

« Abandonner l'égo n'est pas le perdre, mais le revitaliser, ne pas dépendre d'un attachement excessif à notre moi que l'on voudrait voir exister éternellement au centre du monde. » Roland Yuno Rech (Zen ; l'éveil au quotidien)



l'ailleurs : dimension rétrospective d'un retour à l'origine, ou d'une expérience de dessaisissement à la rencontre d'une attente... Un besoin d'ailleurs nourrit par le désir du dialogue ou de la découverte...

Voyager ; c'est partir vérifier ses rêves...

Mais aussi un état d'esprit qui met en jeu le voyageur lui-même...

Voyager c'est... faire lecture d'un paysage et de tout ce qui le constitue , choses et gens, géologie, climat, formes et reliefs, senteurs, colorations, environnement sonore... Faire un inventaire géo-poétique et se souvenir de ce qui emprunt la mémoire et fait impression. Tout cela, visualisé, perçu, ressenti, découvert, révélé, de façon plus ou moins ordinaire et parfois plus percutante et résonante...



C'est être immergé dans son corps, dans sa chair, toutes ses facultés en phase d'éveil, d'attention et de perception. C'est, à travers le réel, savoir lire également la part d'imaginaire que celui-ci a suscité...

L'attention extrême à ce qui est dévoile pour parti ce qui fut sans préjuger de ce qui sera.

Tout corps paysager a un squelette originel que les hommes ont revêtu d'un couvert parfois spécifique ou au moins, particulier.

C'est vivre les « intensités heureuses » selon le terme de Deleuze...

Se confronter à l'extériorité à partir d'une volonté de sortir de soi.

Le voyage transforme...

Le cœur, l'esprit ne sont pas faits pour être assigné à résidence...

Il y a les errants et les nomades ; les nomades ne sont pas en quête...

L'errance se perd à l'endroit même où elle prétendait se trouver...

Il s'agit de s'éclairer d'une nouvelle lumière...

De repenser la notion d'ancrage...

Le non mouvement, c'est le signe de la fin du voyage, de la mort, d'une absence de vie... Le mouvement, c'est la vie...



Sédentaire vient de seder qui signifie assis...

L'attachement à un lieu est généré par une peur... Le sédentaire cherche à fuir la peur de la peur...

L'ailleurs nous apprend qu'il n'y a pas de vérité universelle... On est sûrement parti pour comprendre' qu'il n'a servi à rien de partir.

Nous ne refusons pas de vivre dans l'instant présent mais nous n'y pensons pas...

Nous ne vivons donc jamais c'est-à-dire en conscience et cela nous amène au regret d'être passé à côté de sa vie et surtout de soi.

Vivre dans le passé, c'est se condamner à ne pas vivre...

Une vie entière à nous fuir, et à fuir notre propre être, et à ne pas voir ce qui se déroule dans le présent, dans l'instant présent.

« Je ne suis pas éveillé à ce que je fais »...

Pour cesser de souffrir, il nous faut rendre ce sens aux choses du présent.

La méditation et la respiration nous apprennent à regarder le monde autrement. Cesser les constructions et les projections illusoires du moi. Attachons-nous à nous concentrer sur « ce qui est »... S'attacher à ce qui dépend de nous et nous déprendre de ce qui ne dépend pas de nous... Se concentrer sur notre respiration et prendre conscience de celle-ci...

Nous ne sommes maîtres que de ce qui dépend de nous. (Nous nous perdons dans des constructions mentales.)

Le bonheur, c'est la prise de conscience de l'ici et maintenant...

Les occidentaux ont fondé leur valeur première sur l'action, ont valorisé l'agir...

Agir, c'est tendre vers l'avenir... C'est être en devenir...

Trier ses désirs. Accueillir l'instant présent... C'est vivre en phase avec son être et l'être de l'instant...

Prendre conscience de l'instant présent en l'habitant de tout son être est la clef de la libération. Vivre en conscience, c'est-à-dire vivre dans l'ici et maintenant, c'est se détacher du rêve ou de la fuite vers l'ailleurs... C'est revenir à la proximité avec son être et l'être lui-même...

C'est donc un exercice spirituel...

Et l'on cessera de croire que le bonheur n'est jamais où l'on est...

Le bonheur en fait n'est jamais bien loin. Il est en nous, tout simplement...

Se réconcilier en premier avec soi-même. Nous sommes un élément du monde et nous devons chercher à retrouver notre juste place en ce monde afin de retrouver une unité originelle avec le monde. L'ailleurs n'existe pas. Seul ce qui est en nous peut être vaincu et transcendé.

Ne retenons que la force de l'attention ; la force dans l'attention sera toujours supérieure voire plus efficace que tous nos vains désirs de contrôle ou de pouvoir sur le monde.

Apprendre à se connaître intérieurement puis pacifier nos tensions et ainsi pacifier le monde extérieur...

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Marc ALPOZZO : L'émergence de la joie. Une éthique de la réjouissance... extraits

« Les hommes ne considèrent plus tous les êtres de la nature que comme des moyens à leur usage. Conduire l'homme à la vraie connaissance des choses. Toutes choses se produisent et s'enchaînent par l'éternelle nécessité et la perfection suprême de la nature.  …/...

Les hommes s'étant persuadés que tout ce qui se fait dans la nature se fait pour eux, ils confondent les données de l'imagination et celles de l'entendement. Les hommes jugent les choses selon les dispositions de leur cerveau et exercent leur imagination plus que leur entendement. » SPINOZA (Ethique)

Une époque paradoxale opposant désir et réalité et parfois les conjuguant.
Nous jonglons au grès des moments entre principe de plaisir et principe de réalité...

« Le souci du plaisir doit l'emporter sur l'embrigadement social. »

Il nous faut nous construire en permanence et je me construits en ayant toujours en tête le souci du plaisir...

Le plaisir, pour Epicure, c'est, pour le corps, de ne pas souffrir et pour l'âme de ne pas être troublée ( le plaisir est donc absence de douleur et absence de trouble.)...

On nous invite aujourd'hui à jouir d'une surabondance... mais l'abus est hors nature...

Si l'on veut bien vivre, on ne saurait être en contradiction avec notre nature...

Une pensée basée sur l'harmonie du cosmos, sur la modération, est une heureuse tempérance. Le bonheur n'est pas possible sans une discipline et des exercices quotidiens. Une philosophie éthique se refusant à fixer la moindre limite ou à trouver un seuil, sans mésestimer le point à ne pas franchir pour instaurer désordre ou douleur...

Se tenir à des limites acceptables et réalisables (et éviter une recherche éperdue de ce que nous ne pouvons pas atteindre.) en nous conduisant à une errance éternelle et à une course effrénée à la satisfaction de tous nos désirs...

La philosophie de ce qui est a été remplacé par une philosophie de la promesse en nous conduisant à une errance éternelle et à une course effrénée à la satisfaction de tous nos désirs...

cette conception épicurienne du plaisir ne repose plus sur le manque mais sur l'absence de manque.

Examinons donc d'abord chaque désir avant que d'y céder...

Mettons notre pensée au service de notre bonheur...

Sans douleur ni trouble, c'est la réjouissance de ce qui est...

L'ataraxie : c'est la tranquillité de l'âme exempte de troubles...

Se contenter de ce qui est pour se réjouir, satisfaire ses plaisirs avec modération... c'est une question de volonté.

La seule réjouissance possible est celle qui correspond à ne pas s'identifier à quoi que ce soit ni à chercher à obtenir quoi que ce soit mais de comprendre que nous sommes lors en adéquation avec l'univers, la joie étant alors ce qui émerge naturellement de cette compréhension... Et je pense qu'elle dessinera une vraie voie pour soi et l'humanité entière...



16/09/2013
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