Les dits du corbeau noir

HUELGOAT eaux et forêts du féminin mai 2013

 

POESIES et HAIKUS

 

 




HUELGOAT    mai 2013    Bran du                       Royale est l’osmonde
                                                                      Dans son oeuf de bronze, demain
                                                                               Le soleil, la fera rire
                                                                               A gorge déployée…
Rien avant
Que ne soit le Chant
De la Vibration première…

Ronds dans l’eau
Lors s’en vient le corbeau
Prenant les cercles sous  ses ailes…

Terre, feu et eau
Forment le terreau
De tout poème…

Ployée, déployée
Ainsi est l’offrande
Du féminin en ses chants…

L’arbre est un orant
Dont les bras ne cessent
De s’élever vers le ciel…

L’arbre si « horizontal » au plus près de ses racines se fait de plus en plus « vertical » au sommet de sa croissance et de sa cime… C’est là l’un de ses enseignements !

Il suffirait que l’homme joigne ses mains pour en faire une lampe, imitant ainsi la fleur de lotus…. Lors la lumière s’en viendrait en son sein…

…/…

La rivière, à l’envers, à l’endroit, c’est le reflet de qui, de quoi ?

Poser les mots comme sur l’eau, la feuille se pose, suivre l’écoulement, cela qui porte vers l’Océan…  d’entendement…

Au chant de l’eau
A celui des oiseaux
Faire offrande de silence !

Etre là
S’y tenir
S’y couler…

L’Ecoulement, celui des amants contre celui du temps…

Dans un monde où la retenue du « mental » s’impose quand tout en l’être ose, se veut oser, nous faisons stupidement barrage aux flux et aux flots qui sous notre peau cherchent leur divin estuaire, leur voluptueux repos, un lit pour aimer…

Barrages et retenues privent nos sens de leurs fougueux ou tendres déversoirs !

Ici, mes brais, mon corps, ma pensée, ma respiration même sont crosses de fougère redéployées dans la spirale du monde…

Je cherchais l’œil noir, vert et bleu de la rivière, son iris orangé, mais je n’ai trouvé, pour l’heure, qu’une paupière fermée bordée de grands cils d’émeraude….

Je sais qu’un jour, sous la clarté solaire ou lunaire, cet œil sera entrouvert et que je pourrais y plonger mes yeux comme la branche, la feuille ou l’étoile…. Je sais que j’aurai lors le regard ; le regard attendu et espéré me permettant enfin de « voir »….

Je comprendrai, que la rivière, son œil de saison; son iris aurifère, se tiennent, naissent et demeurent ou meurent en mon propre regard, dans l’écoulement limpide et clair d’une pensée visionnaire  irriguée par d’étranges lueurs émanées de l’Esprit et du Cœur….

Il y a des choses de la vie dont on ne saurait s’approcher sans amour, sans le désir d’aimer…
Etreindre lors, le corps de cette chose, la ceindre, l’épouser et, conjointement, concélébrer la Tendresse, la Beauté, la Bonté…
En chacun, en chacune, il est une autre rive… Combien sommes-nous à construire vers elle, une audacieuse et aimante passerelle ?

La rivière nous apprend l’enlacement, elle enseigne les amants aux sciences enfiévrées de l’épousé, à l’art serpentaire…

Vit pleinement, intensément, dans la densité et l’éternité de l’instant, ce qui est « enspiralé »…

Terre de l’Armoricaine contrée, Mère grosse des moissons du futur, ta nuit est ma lumière et lueurs sacrées, me sont tes obscurités…   

Homme, ici je suis, dans la proximité complice de l’humus et du terreau, dans ma végétale parenté…
J’ai racines en mes pensées qui viennent boire en ces eaux…
Ici, je suis le tout et je suis la somme, en ses fragments, en ses parties, qui me font pleinement Homme…

Rivière dite d’argent, à la face mouvante et émouvante réellement argentée, des tronçonneuses suivent ton cours, s’en veulent couper et élaguer tous tes surgeons et reflets d’amour…    

Je me sens, par cela tout autant tronçonné craignant pour mon Arbre de vie l’entaille qui me scie et mord, de son acier, ma chair et mes pensées…

Entrer « en forêt », c’est pénétrer l’inconnu en soi-même, c’est offrir, à cela qui aime et s’en veut aimer, l’éveillant baiser d’un printemps où l’être renaît dans la douceur, la chaleur et la clarté…

Le désir est un ru nouveau né qui, par la volonté d’oser, s’en viendra rejoindre le long cours, d’un fleuve appelé Amour…

La rivière, féminine en toutes ses ondes, est  Matrice féconde de l’Homme enfin devenu !

……/…….

 





Comme pour l’arbre
Ou pour la pierre, hôtes de ses bois,
Je te ferais, de mes bras, un manchon de mousse….

Aimer
Est une remontée
Vers ton estuaire…

Il ne manque à ce royaume de féérie, à mes pensées riveraines, à mon désir en crue,
qu’une puissante souveraine :
Une Reine nue !

Par Elle j’apprendrai que la pluie en nos yeux met du soleil en nos cœurs !

Ne rien retenir mais laisser rebondir ce qui s’écoule, librement, dans la cascade du jouir…L‘œuvre d’Amour n’est que rebondissement de cela qui descend les étages du ciel… Donnant libre cours à cet Amour, le lit nous sera offert afin que nos eaux se mêlent… Nous connaîtrons, lors en notre rivière, les caresses de la Lumière…Et ce comme l’oiseau qui, là-haut, prend le ciel en ses ailes…

Aimer, c’est transvaser, mutuellement, ses eaux et ses joies….

Eau sur eau
Flot contre flot
Pour la transparence…

J’échangerais le soleil contre la lune, l’alouette contre l’étoile, l’hiver contre l’été,
Le couchant contre le levant, la cendre contre la braise, le silence contre ton cri,
Le souffle contre le chant, l’écume contre la flamme…
Quand tu consentiras…

Aulne, sureau, sorbier ou coudrier
Plus j’écarterais tes branches
Et plus bouillonnera la sève dans l’aubier…

Lors je t’appellerais «  coulante »
Au féminin des rus…

De chute en chute
Le bruit devient chant ;
Chant des amants…

L’eau
Attend le feu
Pour se faire allégresse….

Ondes et vibrations
En nos corps
Se ruent…

Dans les cascades du jouir
Il est un saumon
Qui remonte à tes lèvres…

Aller vers toi
Par ce pont de bois
Fait de nos lianes tressées…

Le libre choix c’est toujours
De traverser
Ou de s’abandonner au cours !…

 



28/05/2013
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