Les dits du corbeau noir

Gwenc'hlan d'armorique bardi

GWENC‘HLAN…                                                   Bran du               03 04 2013



"Je vais, entre terre et éther, porter mes lèvres vers la Coupe de Lumière."

 

Je sais cela qui tournoie au-dessus de mon front…
J’entends la flamme qui s’en vient au rivage, qui frappe à mon cœur, qui enfante les sons…
Le faucon est mon œil, et de lui j’ai leçon…
Les corbeaux à mon seuil m’enseignent la raison de la folie des hommes, de leurs folles passions…

J’ai couche de fougères sur le pentu du Mont…
Je sais ce sein parmi les hautes pierres
où tètent les étoiles et toutes les lunaisons…
J’ai gîte et tanière en ce noble giron…

J’ai vision, il est vrai, d’un monde dont je n’aime les façons ;
Qui marche à l’envers ou bien à reculons…
Mes prédictions sont claires quand règnent les confusions ;
Quand rouge devient la source jadis si pure et claire…

Oui j’ai terrible vision au-delà des embruns et des brumes ;
Des vagues de la vie, j’ai brassé le sel et l’écume…
Les chevaux se cabrent, leurs crinières volent au vent
Noirs sont les horizons et noir l’océan !….

C’est du plus haut que me vient la connaissance
- L’aile des oiseaux affouille l’univers -
Il savent de l’éther les choses en survenance…
Avec eux j’ai alliance et aiguise, de ma pensée, les serres…

L’aigle de mer me prête aussi sa voyance…
Par lui je sais le feu surgit des eaux…
J’ai noble flot, mémoire et souvenance…
J’ai plumes et rémiges au couvert de ma peau…

Ma Parole disperse les nuages et le chargé du ciel ;
S’ouvre un passage dans le courant des ans et des flots…
Elle convole, libre et nu, aux noces de lune et de soleil…
Elle connait, de la nuit, l’usage et les flambeaux …

Sonne, dans les hauteurs, ma harpe aux trois accords ;
Lors, le vrai des mots pénètre tous les corps et fait frémir les cœurs…
J’ai silex sous les doigts et gerbes d’étincelles…
J’ai là sous mes ailes, l’Oeuvre et ses Lois…

J’ai ici élection d’herbes, d’ajoncs et de bruyères…
Ma pensée plane sur les quatre horizons…
J’en sais l’air et j’en sais la chanson,
De vent, de pluie et de lumière…

Le Méné est ma contrée, mon divin et celte domaine ;
J’en suis le Roi quand m’adoube sa Reine…
J’ai souffle et puissance au trône des saisons…
Je vois le combat des Dragons que la fureur déchaîne !…
La rage des tempêtes ébranle les assises de la terre
Les fils tuent leur père, à la Mère font affront…
La Parole est parjure et engrosse les guerres…
L’homme pourri d’orgueil à piétiné son nom !…

Sur tout cela je ferme mes paupières
- Crevé est l’œil du faucon -…
La flèche du mensonge siffle dans l’éther ;
La fronde si cruelle à percuté mon front…

Point ne veux de tombe, mais l’oubli pour ma chair…
J’ai tissu de lumière qui jamais ne succombe…

Le vent d’Armor qui courre sur le mont,
Je vous le lègue en guise de testament
Avec sa « Grande Respiration »
Pour vaincre le temps et l’oubli et le sang !…




Gwenc’hlan est considéré comme le dernier druide d’Armorique, l’équivalent de Fintan, de Taliésin et de Merlin, soit un Porteur de Paroles, l’Héritier des Origines, un voyant et devin…

Il avait commerce avec tous les oiseaux du Méné, ce mont où il trouvait le refuge de la Paix…
Il a souhaité ne rien laisser se son œuvre savante, laissant chacune et chacun en retrouver l’Esprit dans l’arpentage du lieu propice aux recouvrances…

L’année dernière s’envolait vers le Tir na’ nOg un autre Gwenc’hlan ; Grand druide de la Gorsedd de Bretagne… Ce poème lui est dédié.



03/04/2013
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