Les dits du corbeau noir

FETE de la POESIE autour du Chaudron

Le Chaudron vous donne rendez-vous pour une veillée celtique et bardique dans le cadre de la Fête de la Poésie dont le thème est lié cette année à la Parole dite ou chantée...

 

Ce sera le Dimanche 10 mars à partir de 18 H et jusqu'à 20 H 30 environ chez Bran du (pour l'instant) car si nous sommes très nombreux nous louerons un autre espace mieux adapté. Merci de nous faire part de votre présence afin de nous organiser en conséquence... (Animation gratuite)

 

Nous mènerons lors une réflexion argumentée sur la place de la Parole dans la société celtique

d'hier, d'aujourd'hui, de demain... Ceci illustré de textes et de chants bardiques...

 

Le grignotage sera autorisé sous forme d'une petite auberge celtique...

 

Contact: thelier.charlotte@gmail.com ou Bran du  06 62 10 15 83

 

En avant goût au breuvage en cours de macération ces quelques mots...

 

 

La Parole, dans le monde celte, est l’expression formulée, manifestée de « l’Innomé » qui par le langage des hommes donne à entendre la présence agissante de son « Verbe »

La parole est un don, l’éloquence un art…

Elles relèvent toutes deux du Son originel, du Rythme de la Respiration initiale et Primordiale…

Le silence est le sommeil des dieux, le songe aimant des déesses…

La Parole fait naître, enfante, met au monde…

C’est une Parole élémentaire née du feu et de l’eau mélangée à la « Farine de l’air », à une quintessence de sens…

C’est une arme magique capable de construction comme de destruction…

Elle prononce les « geist », les interdits royaux à ne pas enfreindre et qui obligent le roi à se tenir scrupuleusement dans l’équité et l’harmonie pour bien servir son royaume… Elle lance aussi la satire qui si elle n’est pas justifiée se retourne contre celui qui l’a proférée et le sanctionne gravement…

C’est une lame, une massue à deux tranchants octroyant la vie ou entraînant la mort…(Voir la massue du Dagda pouvant tuer d’un côte et faire ressusciter de l’autre…)

Comme toute magie opérative et efficiente, elle implique une connaissance, une convention préalable, un rituel de mise en œuvre… Une « initiation »…  Elle ne tolère pas de servir l’orgueil, la cruauté et le mensonge ; son mauvais emploi, son néfaste usage est payé très cher !…

Elle se doit d’être ajustée à l’Esprit qui l’anime et donne forme, d’être en concordance et en résonnance adaptées avec cela qui met en œuvre en respectant les règles d’équilibre qui prévalent à une mise ou remise au monde…

A l’origine la Parole est nue ; le serpent de la parole demeure roulé sur lui-même et couve l’œuf de la Parole, l’Embryon d’or de tout commencement ou recommencement… Il se tient dans le territoire obscure de l’être, dans cette tanière ombreuse, mais au contact des vibrations issues de la Terre….

Là, les lettres, les sons, font leurs mues, s’agencent, s’ordonnent, façonnent leurs écailles avant que de jaillir et de se déployer sur la sente ondulante où cheminent les mots en leur cortège et ambassades poétiques…

La Parole « juste » n’est et naît que dans un rapport conjuguant connaissance et mémoire, intuition et clairvoyance…. Elle est parce que tenon et mortaise d’un ensemble parfaitement agencé et solidaire…

Elle est un engagement total qui va bien au-delà de la terrestre existence… Une parole donner sur terre se restitue au ciel ! Ainsi le serment celtique qui prend à témoin tout l’univers visible et invisible, toute la création, qui lie le passé à l’avenir au sein d’un présent « éternel »…

Le parjure implique le bannissement et l’impossibilité de participer aux cérémonies communautaires soit le châtiment le plus terrible qui soit pour un Celte réputé très « religieux »…

La Parole fait devenir créateur, plus exactement Co-créateur, en ce qu’elle associe intimement, « raciniellement », celui qui la prononce et ce qu’il véhicule de formes et de sens…

L’acte qui consiste à dire renouvelle, rappelle, restaure, le pacte ancien entre le fond et les formes représentatives fidèles de celui-ci ; des formes sujettes seulement à des évolutions et adaptations au cours des siècles mais sans pour autant trahir le lien ancestral et l‘Esprit tutélaire…

La sage Parole régule, rend équitable une situation, ramène à l’équilibre ce qui s’en est égaré…     Elle fait prévaloir la salutaire présence des règles d’harmonie afin d’agir au sein de tout chaos livré à lui-même… (Qu’il soit individuel ou collectif dans la société des hommes)…

La saine et éclairée  parole est efficiente, elle a pouvoir et puissance, mais pour autant qu’elle obéisse à un usage conforme à son Principe, à son Essence première…

Le propos inique, mensonger, orgueilleux dénature la liqueur du vivre et en fait un poison mortel sur  les lèvres impures qui en ont souillé le digne flot…

Le Monde Celte n’a qu’une Parole ; une « Parole Mère » ; une Parole source des vibrations élémentaires et des écoulements majeurs ; une Parole sourcière donc dont le bassin mythique est le lieu par excellence d’épuration et de clarification, mais aussi d’inspiration et de régénération…

C’est là le rendez-vous périodique des bardes saumons !…

L’apprentissage bardique progressif et adapté au « postulant à la Parole » respecte des étapes d’entendement et de compréhension à l’image d’un jeune plant qui doit, parmi un environnement ombreux et broussailleux, réussir son ascension vers la pleine lumière !…

Il ne peut progresser vers le ciel que par la force qui le retient à la terre et les substances que celle-ci lui procure au fil du déroulé des saisons, entre saison sombre et saison claire !…

Pas de Parole émise en désaccord, pas de parole produite par un « instrument déréglé » ! Le Barde se doit de pervibrer en l’unisson sans provoquer ni distorsion ni parasitage fortement préjudiciables… A lui de veiller à la qualité des cordes qu’il entend pincer ou percuter « sans altérer ou perturber l’oreille attentive du silence » !.. A lui de demeurer sur la bonne fréquence sans faire éclater le chaudron et son audience !…

Le Barde est donc un « canal »..  Il réceptionne puis émet à son tour vers d’autres récepteur le flux des ondes nées sur ses lèvres ou sous ses doigts en demeurant « branché » sur la sève d’inspiration de mémoire et de connaissance…

Il peut parfois se faire « transformateur » c’est-à-dire mettre la « forme en transe » ! Lors, la Parole de braise devient flamme dansante gardant en ses spirales l’énergie première et sacrée du feu qui lui donne naissance et chant…  Chaque feu ainsi mit au monde célèbre la « Première Etincelle » !



15/02/2013
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