Les dits du corbeau noir

En compagnie de Kenneth White "Les cygnes sauvages"... extraits

 

En compagnie de Kenneth White ( réédition des “Cygnes sauvages” le Mot et le Reste éditeur) extraits et notes

 

 

 

Le cygne, avec les oies et les grues, est un des grands voyageurs du monde.” Homère

 

 

 

“On voyait clairement

 

remontant

 

le cours de la rivière

 

un étroit chemin de lumière.” Chant Aïnou de l'oiseau rouge sang.

 

 

 

Pour connaître le vrai bonheur, il faut voyager dans un pays lointain et même hors de soi-même.” anonyme

 

 

 

Approcher les choses ainsi : “dans un état d'esprit libre, léger et sans complication”

 

Nagai Kafû

 

 

 

un corbeau perché

 

sur une branche nue

 

crépuscule d'automne.” Bashô

 

 

 

Il dort, le chat, puis se réveille

 

baille longuement

 

et part sur le sentier de l'amour. Issa

 

 

 

Bienheureuse réédition que ce texte écrit en 1990 lors d'un voyage au Japon de Kenneth parti sur les traces de Bashô et autres “ passagers du vent et du silence”...

 

 

 

En ces temps de saturation auditive, d'opacité, de manipulations médiatiques, de verbiages outranciers, d'agressions diverses et variées, de confusionnisme savamment alimenté, d'hyper hyper consommation et compétition, de "surgelisation" et de pasteurisation de la pensée il est sain, salutaire, de revenir à l'essentiel ; un essentiel qui ne se défini pas mais qui se respire, se hale, se souffle, se partage, danse et s'enlace à tous nos sens heureux d'être les convives de cette tablée immédiate et existentielle...

 

 

 

Ecoutons l'ami K White :

 

 

 

Se concentrer en quelques lieux... ici et là... (un espace pour l'esprit) et approfondir la notion même de “monde”...

 

La question qui se pose : comment sortir d'un état de confusion grandissant et recommencer ? (Faire usage, lors, d'une “puissance poétique”)

 

 

 

Comment déconstruire nos systèmes de pensée et désenchevêtrer nos signaux ? “

 

Certains théoriciens de la pensée ont pénétré jusqu'aux commencements dépourvus de tous présupposés et “évidents par eux-mêmes”....

 

(Manuel de Diegez “ Une Histoire de l'Intelligence”.)

 

 

 

L'acte primordial demeure celui de Rimbaud : “Chercher le lieu et la formule.

 

 

 

Malgré le bavardage ambiant qui s'étale... discrètement, presque secrètement, en dehors de tous les enclos et de toutes les enceintes, suivant les voies et les lois d'une grande migration mentale, un autre espace de l'esprit commmence, graduellement, à s'ouvrir et à se dessiner... K White

 

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Sol nippon : Littoral et montagne. Golfes, baies, promontoire. Terre volcanique, convulsée, ravagée, lavée par le vent et le pluie, par les marées et les brouillards, par un jeu vaporeux d'eau, de brume et de soleil. Torrents fougueux, cascades et feuilles rouges...

 

Je voulais m'immerger dans tout cela : dans l'énergie et le rythme et la lumière de tout cela... Et si possible voir les cygnes sauvages venus de Sibéries s'abatrent avec leurs cris d'outre-terre sur les lacs du Nord où ils viennent hiberner... Oui, oui, voilà ce que je voulais....

 

Le “U turn” au Japon c'est le demi-tour. Comme si le progrès était allé suffisamment loin et que maintenant il soit temps de retrouver et de cultiver ce qui avait été perdu....

 

On se demande si l'humanité ne pourrait pas s'arrêter tout simplement pendant quelque temps et jeter un coup d'oeil autour d'elle et dire, d'accord, il est temps de refaire le cercle....

 

 

 

Mais où est l'humanité ? Où sont les humains ?

 

Quelle chance le monde a-t-il dans toute cette foire de folies furieuses ?

 

On brûle les arbres et les herbes. On bétonne la terre.

 

Tout ça au nom d'Une chose ou d'une Autre.
Le seul espoir est dans une sorte de vide, d'anonymat...

 

 

 

Du shintô : voilà une religion sans dogme, sans système métaphysique, sans code moral, seulement un champ d'énergie vive gouverné par le soleil (“Respirez l'esprit du soleil”), et un monde mytho-poétique dans lesquels les rôles principaux sont joués par la mer, le vent, la tempête, le tonnerre, l'éclair, la pluie, les rochers et les arbres.

 

 

 

Les “torri” (portails de couleur rouge) sont des espaces sacrés qui invitent l'esprit à la fois à l'expansion et à la concentration... La symbolique de l'oiseau est forte dans le shintô. Sa couleur propice est le blanc et sa direction le Nord...

 

 

 

Le texte sacré est le texte naturel pour les Yamabushi (des ascètes errants)

 

Le bruit du vent dans les cimes des arbres, le grondement des vagues, sont des voix sacrées.

 

 

 

L'idée du voyage zen ou disons, du voyage méditatif (voyager sans but et sans raison) était de “se laisser aller avec les feuilles et le vent.”, de dériver sans attaches. Cela impliquait de vivre dans le vent et le beau , c'est-à-dire avec le sens de la beauté épéhmère et “de porter dans son coeur le mouvement du ciel.”

 

 

 

Oter ses chaussures

 

et marcher nu-pieds

 

Parmi les monts et les brumes...

 

 

 

A propos de Bashô : Bashô ne se plia à aucune discipline imposée. Trop homme de mouvement pour cela, trop désireux de rester “ un homme du vent et des nuages”... Il avait a priori un sens de l'impermanence, du caractère transitoire de toutes choses... Une perception claire des choses de la nature... (Il souhaitait semer les graines du Haïku)...

 

 

 

A propos des Aïnous : Entre montagne et mer (deux grandes forces) vivent dans un champ de force les Aïnous ; des humains qui essayent de vivre une bonne vie guidés par l'ours et la baleine, le hibou et le saumon...

 

 

 

Ce que dit le hibou :

 

C'est moi qui ai

 

appris aux humains

 

dans leur sommeil

 

dans leurs rêves

 

que certaines choses

 

ne sont pas à faire

 

et soudain

 

un beau jour

 

ils ont compris.”

 

 

 

K White

 

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09/11/2013
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