Les dits du corbeau noir

Du "Sauvage" en l'Homme Réflexion partielle 30 06 2015 Brandu

Du Sauvage : Réflexion Bran du Juin 2015

 

Selon le dictionnaire le Petit Robert :

De Silvaticus : forêt

Qui est à l'état de nature

ou n'a pas été modifié par l'homme...

Qui vit en liberté dans la nature...

Qui n'appartient pas à l'expérience familière de l'homme...

Non apprivoisé, non domestiqué... Ni dresser, ni dompté...

(L'apprivoisement précède la domestication.)...

 

Rendre moins craintif, moins dangereux et plus sociale un animal sauvage apprivoisable...

 

Tout arbre non greffé ou employé comme sujet à greffe....

 

Pour Jean Richepin « Est sauvage qui marche pieds-nus, cheveux au vent et habillé de vent. »...

 

Sauvagesse : l'état, la vie sauvage...

Peuples sauvages : primitif, peuple premier, tribu, peuplade...

 

« Un art sauvage ne se maintient que dans la sauvagerie qu'il exprime. L'intrusion d'un art civilisé lé détruit. » A Malraux

 

Qui pousse et se développe naturellement sans être cultivé (plantes, fleurs, fruits sauvages...)

Cueillette des baies et fruits sauvages.....

 

Qui a quelque chose d'inhumain et marque un retour aux instincts primitifs (lesquels développés et employés le moment voulu et venu ont permis à la lignée humaine d'aboutir jusqu'à nous!) (NDR)

 

Sauvagine : non collectif des oiseaux sauvages (non collectif des peaux vendues par les chasseurs de fourrure)

 

Sauvageon, sauvageonne et sauvagine....

 

Que la présence ou l'action humaine à peu marqué..

 

Humeur sauvage : qui fuit toute relation avec les hommes et se plaît à vivre seul et retiré...

D'une nature rude, grossière, brutale, inculte, fruste, cruelle...

Comme un vieil ours!)...

 

.......................................

 

Ceci posé voici les réflexions proposées :

 

Le retour à la vie « sauvage » impliquerait de retrouver en soi la part d'instinct qui peut encore éventuellement y subsister après avoir été combattue idéologiquement pour neutraliser ou faire disparaître la part de bestialité ou d'animalité qui pourrait survivre après l’hominisation....

 

Passion et instinct sont tous deux signes de grand désordre et donc de péril éminent pour les sociétés fondées sur une morale religieuse qui prône l'asservissement et la domestication ou l'éradication de tout ce qui est de nature à rappeler aux hommes leurs anciennes et primitives nature....

 

Il y a le « bon sauvage » esclave ou domestique en bien des siècles et des continents mais aussi celui qui se rebelle et qu'il faut mâter, punir ou faire disparaître...


Il y a le bon sauvage que l'on exhibe à la cour des rois et ds reines qui a figure d'exotisme et qui rassure au vue de sa « condition » ceux et celles qui pensent être du bon côté de l'humanisation....

 

Un bon sauvage qui une fois exhibé fini misérablement dans l'oubli et l'indifférence totale ne faisant que subir la destiné réservée au non homme ; non homme à qui il fut d'ailleurs refusé, à une époque pas si lointaine de posséder, même une âme !....

 

Le « sauvage » à lien étymologiquement avec la forêt comme le nom de l'homme avec celui de l'humus qui est la décomposition automnale du manteau végétal des dites forêts !....

L'homme a par ailleurs un tronc commun avec l'arbre....

 

Mais il n'y a pas que des arbres a être greffé, à recevoir une greffe qui modifie leur nature originelle pour produire ce que l'on veut qu'ils produisent indépendamment de leurs racines et sèves « sauvages » !....

L'homme aussi est plus ou moins « greffé », et ce, par d'autres hommes politiques et ou religieux, aux idéologies dominantes, dogmatiques et asservissantes !

 

Ne sommes nous pas, en notre « modernité », nous aussi des hommes et des femmes greffés de différentes façons et manières ?

 

La fin du « sauvage » ne signe-t-il pas l'extinction et la disparition progressive et fatale de ce qui nous reliait au plus près d'une origine initiatrice, pourvoyeuse et détentrice de notre présence au monde et du devenir de celui-ci ?...

 

Le retour du « sauvage » en nous  n'est-il pas l'annonce d'un nouvel « âge » dont la nature « sauve » l'homme d'une domestication et d'un apprivoisement si excessif qu'il débouche sur de nouvelles formes d'esclavagisme et d’assujettissement ?...

 

Le mot « sauvage » émet l'idée de ce qui « sauve » et me fait rapprocher la racine silvi (lié à la forêt) de la racine salva (qui sauve)...

Le « recours aux forêts », pour autant que l'on préserve ce qu'il nous reste de celles-ci, est une sauvegarde pour notre devenir biologique, psychologique, sociale, culturel, philosophique et spirituel....

Le recours au « sauvage en nous » est de même nature, car procédant de cette Nature sans laquelle nous ne saurions vivre et perpétuer la vie....

 

L'eau, le feu, l'air, la terre ; que l'on considère parfois à juste titre comme une « Mère », mais tout autant le monde végétal, animal et minéral, sont partie constitutive de ce qui deviendra l'homme...

 

La « nature humaine » ne peut s'exonérer de cette « composition » sans se démembrer elle-même et se disloquer dans les mondes artificiels, illusoires et factices qu'elle s'est construite sur mesure....

 

Sauvageons et sauvageonnes sont les derniers représentants du « sauvage homme » que nous fûmes !...

 

Et « sauvage » ce qui est libre, non apprivoisé, non domestiqué, non dressé, non dompté, non modifié par ses semblables ; et ce qui assume sa propre croissance « naturellement »...

 

Voulez-vous vraiment faire taire en vous ou repoussez ou combattre ou encore éradiquer totalement cette « sauvagerie » là ?...

 

En un siècle d'impacts humains destructeurs sur les forêts d'Amazonie, plus de cent tribus ou peuplades ont été rayées définitivement de la carte du monde !....

 

Le crime de ces sous-hommes étant d'avoir été des sauvages faisant obstacles par leur présence et leur nombre aux avancées

de notre arrogance et de notre orgueil et à leurs chantiers d'exploitation dont le terme à lui tout seul économise tout développement et tout argumentaire supplémentaires....

 

Oui en effet, est sauvage ce qui n'est pas cultivé...

Ces peuples a priori ne l'étaient pas « cultivés » ou tout au moins, pas dans le sens accepté qui suppose le produit réalisé d'une civilisation supérieure sur l'individu venu au monde dans ce cadre....

Cela fait une sacrée « différence » en terme d'humanité, mais quand la dite humanité à évacuée, de son sein le « sacré », alors tous les génocides sont permis et validés !....

 

Pas de culture sans nature !...

 

Quelle prétention et quel orgueil stupide que de vouloir évacuer la nature des processus de « culturation » !...

 

Est, selon moi, « acculturé » ce qui se coupe du lien avec la nature laquelle est le Livre de tous les livres, l'Expérience de toutes les expériences, le Modèle de tous les modèles, l'Archétype de toute architextures, la Pharmacopée universelle, le Lieu d'Apprentissage de tous les apprentissages, l'Art dans tous ses fondements et dans toutes ses réécritures qui sont processus « d'imitation » et de « prolongement »...

 

La Nature et à « ménager » et non à aménager !...

 

Que reste-il d'un nature dont la constitution sauvage a été où éliminée ou domestiquée ?

Il reste en miroir l'image de l'homme dans son désert dépourvu de puits et d'oasis !....

 

Demandez au « Féminin », au vrai, à celui qui est dépositaire des feux et des fontaines où flambe et ruisselle la prime humanité, à celui par qui le monde fut initié au fondamental et à l'essentiel... Demandez lui s'il préfère accueillir en sa couche généreuse et volupteuse un « homme sauvage » ou un homme façonné et formaté par la « modernité » ?...

 

Quel souverain (et pour quelle régence du cœur et de l'esprit), sera de préférence reçu, selon vous, pour être initié et adoubé par ce féminin sacré ?

 

J'implore, oh oui, mes entités païennes qui sont forces, énergies et lumières, de me préserver de toute perte du « sauvage » en moi, de me garder tel quel avec plumes et écailles, écorce et écume, sève et résine, poils et cornes, et Licorne de surcroît...

 

Nul ne me retirera ma peau de glaise et d'argile, mon revêtement de quatre saisons, ma vêture d'aube et de crépuscule, ma cape stellaire, mon écharpe de vents, mon réversible manteau de soleil et de lune et ces tatouages éphémères faits d'ocre et de cuivre rouge que la lumière ancre sur ma poitrine au quatre rondes de la terre...

 

Si ce « sauvage » n'avait été, en son temps et en son historique demeure, pourfendeur des terreurs et des glaces, des ères privées de feux et de lumières, serions-nous aujourd'hui présents en ce monde à nous poser tant de questions au sujet de nombre d'évidences ?

 

L'évidence voulant qu'il y ait encore et heureusement du « sauvage » en nous qui soit encore capable d'exprimer à la vie son inlassable gratitude !....

 

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01/07/2015
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