Les dits du corbeau noir

DU NON ETRE A L'ETRE (CHAUDRON/MASSUE/MAILLET (SUCELLOS/DAGHDHA) NOIR/BLANC ETUDE BRAN DU 26 02 FEVR

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 Féerie Photo Bran du

 

 

 

 

 

Du Non-Etre à l'Etre / Du Chaudron, de la Massue (ou du Maillet) et de l'Alternance du Blanc et du Noir...

Le passage du Non-Être à l'Etre et inversement....



 

Claude Sterckx dans son dernier ouvrage consacré au légendaire celtique de Bretagne fait état de ce passage que le Druide G Le Scouzec qualifiait d’éminemment initiatique...



 

C Sterckx relate trois épisodes dans les récits irlandais où il est question, pour l'un, d'une rivière qui sépare deux près ; dans l'un paissent des moutons blancs et dans l'autre des moutons noirs...

Le « Maître des Animaux » (figure également des hommes, bardes ou druides primordiaux mais aussi de Merlin), est un géant noir doté d'une massue merveilleuse à laquelle obéissent les animaux (en fait toutes les formes de vie...)

Quand un mouton blanc passe sur l'autre rive sont pelage devient noir et inversement...

Dans un autre exemple, c'est lé géant noir qui préside à ces traversées...

Dans un autre version, c'est un bélier géant qui opère les passages...

Il existe aussi un arbre merveilleux dont les feuilles alternent entre le blanc et le noir.

C'est le passage d'un monde à un autre et ce à double sens...

C'est une virtualité qui « s'incarne » dans la réalité puis une réalité qui redevient virtuelle......



Il est aussi fait état de la massue à deux bouts du Daghdha, dont un bout provoque la mort et l'autre redonne la vie...

(Cette massue est équivalente au maillet de Sucellos le gaulois.)

On passe d'une virtualité en instance de manifestations à une fin de vie ou inversement...

Le monde dit nocturne apparaît comme étant apparenté à un chaudron ténébreux dont jaillira la lumière du jour (toute lumière en fait) soit le monde diurne...



 

Le Non-être est l'état latent de ce qui peut devenir l'Etre (réalisé, accompli...), c'est une potentialité en attente de réalisation...

C'est du chaudron que jaillit l'être pulsé vers son accomplissement puis son achèvement « corporel »... (avant de rejoindre le Principe, l'Essence et l'Anima du Chaudron du Père et de la Mère....)



 

« Massue et Chaudron forment une paire pour symboliser les deux pôles ultimes de l'Etre : sa virtualité et son actualisation et désactualisation... »



Le Chaudron est la Matrice de la Vie, la Matrice génésique de tout être et de toute chose... C'est le cuveau et la forge où le feu et l'eau participent d'une mise au monde, d'une « création » ou d'une création perpétuelle... C'est la cuve sacrée où les dieux puisent la vie (« Une réserve de vie générée par eux. ».)..



 

Ce sont des cycles et leur alternance impliqués dans le temps et dans la durée...

 

 

 

 

 

 

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Le maillet est remplacé par un marteau dans la tradition irlandaise où « il est d'usage de mettre un marteau dans le cercueil du défunt afin que celui-ci puisse frapper à la porte du Purgatoire ! »

« Il est aussi de coutume de toucher avec une massue sacrée et avec le bout qui donne vie le front d'un nouveau né dans l'espoir de lui donner une longue vie. »..

 

On a en Bretagne armoricaine l'usage d'un « marteau béni » : le Melle Benniguet, une massue de pierre sacrée que les parents du défunt utilisaient pour (toucher/frapper plus ou moins symboliquement) la tête du moribond afin de l'aider dans son passage vers l'Autre-Monde...

(« Cette massue était conservée soit dans la capelle soit au creux d'un arbre sacré. »)...

 

A noter que le Daghdha utilisait sa massue en la traînant sur la terre pour marquer ainsi une frontière creusée par elle...

Les saints Bretons firent aussi usage d'un bâton pour délimiter en une journée l'espace nécessaire et consenti par un seigneur pour construire leur monastère...



Pour rappel et en mettant ceci en rapport avec le culte des têtes coupées dans le monde Celte, la tête était censée contenir « le siège de l'âme, le potentiel vital de l'homme. ».. La tête étant aussi « une réserve de vie transmissible »...



Voilà l'essentiel des éléments réunis par l'auteur démontrant la présence attestée d'un légendaire celtique en Bretagne...

 

 

 

 

 

 

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 Que pouvons nous étudier, réfléchir et retenir de cela ? :

 



 

 

Des éléments, instruments, outils à usage ou évocation mythique comme le chaudron, la massue ou le maillet à partir desquels les dieux (des Dieux- Pères comme Sucellos ou le Daghdha) se partagent « l'origine du Monde et de la Vie », un rapport avec la tête « siège de l'âme » qui y est enclose et qu'il faudra délivrer le moment venu, un autre rapport avec les notions d'Etre et de Non-Etre et le passage d'un état à un autre... (D'où l'analogie avec l'alternance du diurne et du nocturne à travers les couleurs blanches et noires.)...

 

 

 

Ce en quoi tout cela nous interpelle, c'est cette conception et cette compréhension essentielle (héritée et transmise par les sages de Celtie) qui veulent que toute une Tradition s'arc-boute sur ce passage, spirituel, philosophique, symbolique, analogique et bien réel, du Non-Etre à l'Etre !....

 

 

 

N'est-ce pas, aujourd'hui, ici et maintenant, la leçon première, le message élémentaire que nous devrions écouter et entendre et mettre en vive et enthousiaste application tant au niveau de l'individu que de ses communautés d'appartenance ?...

 

 



 

Nous sommes indéniablement entrés dans le domaine ou royaume du Non-Etre attirés, aimantés, aveuglés, par les néons et le néant de l'avoir donnant ainsi à la matérialité une primauté absolue sur la spiritualité ; une spiritualité initialement fondée sur la générosité, le don et l'offrande  en tant que vecteurs d'équilibre et d'harmonie!...

 

 

Lors, ce qui siège sur le trône faussement aurifère de l'artifice et de l'illusion, c'est une royauté du paraître accompagnée de ses bouffons et inféodée aux seigneurs félons de l'orgueil et du mensonge...

 

 

 

 

 

 

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Il ne s 'agit pas alors d'anéantir l'un des contraires qui se font face, mais bien d'en comprendre l'essence, leur spécificité, le faste ou le néfaste de leur emploi, mais aussi ce qui peut les transcender, les concilier, les faire « œuvrer » ensemble, en comprendre les mécanismes, leurs divergences et convergences, leurs compatibilités et incompatibilités, leurs causes, effets et conséquences et faire œuvre de discernement lequel présidera alors à l'exercice du choix assumé librement et avec responsabilité et adéquation...

 



 

 

Voilà l'enseignement et la leçon de nos Anciens et Anciennes...

 

 

L'Etre et issu du Non-Etre, comme la plante de la graine ou de la semence, comme le fruit venu, par l'arbre et ses racines, par l'humus et la sève, sur la branche "fructifiante"...

 

 



 

Une partie de l'Etre retourne au non être comme le corps retourné à la terre enrichit son terreau pour des germinations futures, l'autre partie, c'est l'âme délivrée de son œuvre alchimique de spiritualisation...et qui a rendez-vous de Lumière...

 



 

 

Le passage du Non-Etre à l'Etre peut s'envisager comme celui qui va de l'Ombre à la Lumière ; une Ombre sans laquelle la pleine compréhension de la Lumière nous serait impossible et inaccessible...

 

 

Comment, par ailleurs, pourrions-nous lors concevoir et valider un devenir sans avoir perçu, « visualisé » et validé l'origine dont il émane ?

 

 

L'Etre est la résultante aboutie d'un Non-Etre ayant maturé, macéré, au sein du chaudron de la nuit et de ses tourbillons enspiralés de conscience...

 

 

Vient l'instant natif d'une éclosion, celle de la fleur du cœur ouverte à tous les vents, à toutes les saisons d'entendements et apte à embaumer et à soigner tout le vivant alentour...

 

 



 

Nous avons vêture de noir et de blanc, ce par quoi nous pouvons enfanter les couleurs... Selon l'heure, la saison, le moment ou l'instant, nous oscillons parmi l'alternance de ce qui Fût, Est et Devient ou Sera, et ce, tant que le présent ouvert et offert réunira en lui-même le passé et le futur...

 

 



 

Il nous appartient dès lors d'accompagner la vie autant que la mort. Car nous aurons acquis en nous la « sagesse' » des « passages », celle qui ouvre et referme, respire et expire, libère ou ceinture, allume ou éteint, se fige ou anime, soit cette sagesse qui est flux et reflux dans les marées existentielles...

 



 

 

Une partie de nous-mêmes frappe à l'huis du jour et nous nous ouvrons à l'amour alors qu'une autre partie rejoint l'absolu et l'infini d'une nuit immense, indicible et infinie...

 

 

 

 

 

 

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26/02/2020
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