Les dits du corbeau noir

Du LIEU et de la FORMULE

               Cette « introduction » est héritée des vers de notre ami, poète, voyant et dérobeur de feu… J’ai cité A. Rimbaud…

 

Gaston Bachelard nous entretenait du fait qu’il existerait en chacun un « paysage intérieur »

correspondant à « un paysage extérieur »… Un jour, ce paysage extérieur, révèle son miroir interne dans les profondeurs inconnues et mystérieuses de l’homme entré en « résonance », en vibrations intimes, avec lui…

Cela pourrait s’appeler une « révélation », un « recouvrement », une « conjonction de coordinations », une « conjugaison nouant et reliant Verbe et Sujet.»…

 

Les facultés « attractives » d’un tel lieu, d’un tel paysage, relèvent alors d’une forme d’aimantation réciproque… C’est un instant inouï où, ce qui se superpose, s’épouse jusqu’à la transparence…

 

Le lieu élu est donc un espace fabuleux, profond et intime, naturel et le plus souvent « sauvage », de mise en résonances…

 

L’être se sent accordé au lieu et le lieu manifeste une sorte d’accord réciproque envers lui…

Tous deux sont donc en « sympathie »… Cette « sympathie », reconnue et vécue comme telle,

résulte d’un ensemble de liens, de relations, de rapports, visibles ou non, perceptibles ou non, intuitifs ou non, silencieux ou non, qui expriment une harmonie et un équilibre vecteur d’entendement et de communication non « parasités » par des attitudes et une pensée inadéquates…

 

En amont, bien avant que de déployer les arcanes encore insoupçonnées de la Formule, il nous faudra trouver le lieu, le creuset, le chaudron, à partir desquels tout le processus « alchimique » de la réalisation plénière trouvera son essor et sa suprême manifestation…

 

Cette « Formule » ne peut s’incarner véritablement et « habiter le sacre d’un instant du monde » que si elle se trouve à l’endroit propice de sa gestation, de sa pénétration, de sa fécondation et de son enfantement…

 

C’est dire combien le « choix » d’un lieu est conséquent pour que la Formule y naisse et s’y déploie…  Toute la famille de nos sens doit pouvoir alors s’apparenter aux multiples ambassades du vivant, se reconnaître en elles et en célébrer les fiançailles et les noces…

 

Dans la Tradition des Pères de nos Pères, des Mères de nos Mères, ce lieu, c’est le Haut Lieu, l’Esprit du Lieu, là où souffle l’Awen (l’Anima, de tous les règnes, de tous les éléments, de toutes les « choses » connues ou méconnues.)…

 

Trouver le lieu, et s’y conjoindre harmonieusement et respectueusement, c’est en faire naître la « Formule »… Quand tout se fait « écho» plus rien ne fait obstacle aux fêtes natives de la « Reconnaissance.»… Sauf l’homme lui-même, s’il demeure ignorant, inconscient, de la place que l’Esprit lui assigne et du chant auquel il est convié…

 

Trouvez le « Lieu », habitez-le, nus, enjoués, de cœur, de corps, de pensée et d’esprit, et vous trouverez la « Formule » ; Laquelle naîtra, lors, en vos paumes et sur vos lèvres comme au premier matin du monde…

 

 

 

Réflexions 22 01 2009



13/12/2012
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