Les dits du corbeau noir

DRUIDISME : LECTURES RECENTES BRAN DU 11/NOVEMBRE 2013

 

Un peu d'actualité : lecture de publications très récentes :

Géo Voyage “ Les Héritiers de Panoramix” Mais si ! mais si !... extraits

 

Des reporters (ici Stéphane Siohan) ont été enquêter sur la Gorsedd de Bretagne voici quelques échos de ce reportage :

En cérémonie, nous essayons d'établir une vibration, une harmonie... On sent qu'on ne fait qu'un avec les autres et avec le Tout...

C'est une philosophie qui relie les univers d'ici et les univers d'ailleurs...”

Houc'h ar Bg Klaod Amice (le Sanglier de la bruyère) Il a fait partie également de Ceux du Pommier “Ar re eus an Avalenn” ; ancien collège “périphérique” dirigé par G le Scouezec...

 

Je me demande si étant druidesse, ce n'est pas mon enfance que je suis en train de défendre... En Bretagne, les FemmesConsacrées représentent la moitié des effectifs de la Gorsedd...” Maen ar Vran (La Pierre du Corbeau) Elisabeth Kerloc'h (Entrée en 2003 à la Gorsedd)

 

Le druidisme regroupe tout ce que je cherchais : une culture, une spiritualité, un esprit de fraternité et une recherche permanente de connaissances diverses qui m'apporte l'équilibre. C'est une synthèse de mes engagements et passions...”

Youenn Amice Arouez-Vraz (Maître de cérémonie)

 

Le druidisme n'est pas une reconstitution historique... Pendant des siècles les druides ont doté les peuples Celtes de constitutions et de lois. Aujourd'hui leurs héritiers doivent avoir une vision sociale. Pour moi le druidisme est avant tout un humanisme...

C'est une école de liberté. Chacun à la Gorsedd peut vivre sa foi comme il l'entend. La relation entre un homme et ce qu'il considère un être suprême est du domaine privé. Le druidisme : c'est l'ouverture à l'autre, la solidarité entre les générations, les valeurs de la Bretagne...”

Per Vari Kerloc'h entré à la Gorsedd en 1970. Il préside aux destinées de la Gorsedd en ayant succèdé à G Le Scouezec.

(Il faudrait deux ans d'apprentissage avant de devenir barde ou ovate pour l'aspirant à la druidité.)

 

Le reporter précise : “Avec à peine une centaine de membres et de sympathisants, l'association serait la plus importante de l'hexagone. De l'autre côté de la Manche cette mouvance concernerait quelques 10 000 pratiquants et elle a obtenu le statut de religion en 2010.”

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Le figaro magasine du 1er et 2 novembre titrait :

La France occulte : L'étonnant retour des druides, sorciers, médiums et autres guérisseurs...

Face au soleil, druides, bardes et ovates bretons communient avec la nature et les “forces” qui baignent la forêt de Brocéliande...

Apparut depuis la fin du XVIIIè siècle le néo-druidisme ne cesse de se développer depuis les années 1970...” Cyril Hofstein

 

On voit que les clichés sévissent encore et qu'ils ont la peau dure, mais que toutefois la perception, souvent ombreuse jusque là, tend à s'éclaircir un peu...

 

Dominiqe Camus “ Ethnologue spécialiste des croyances populaires donne des explication sur les vagues d'engouement constatées”

 

L'adhésion au magique et à l'inexplicable se transmet par le vécu de celui qui croit en son existence. Et sa conviction, réelle ou symbolique, suffit à l'inscrire dans une forme de réalité qui n'est pas prêt de disparaître de nos sociétés modernes ; ni demain, ni même après-demain...”

Il existe des personnes hors du commun pour modifier le cours naturel des choses, car elles connaissent les principes de fonctionnement ds “forces” qui régissent les rapports de tous les éléments qui constituent notre environnement...”

Confiance et croyance sont les fondements de l'efficacité.”

 

Audrey Mouge ajoute : “Des scientifiques font valoir que si tous les êtres vivants émettent des ondes électro-magnétiques, les mains des guérisseurs et des maîtres de méditation émettent des champs magnétiques de basse fréquence mille fois plus puissants. Ces champs magnétiques de basse fréquence sont réputés soulager les douleurs. Certains kinésithérapeutes les utilisent à l'aide d'un appareil pour apaiser les tensions. D'autres hypothèses font appel à la physique quantique et aux biophotons, aux particules de la lumière qui seraient présents dans notre A.D.N , mais sans pouvoir résoudre pour autant l'énigme de cet étrange pouvoir de guérison.”

 

Revenons au titre accrocheur du Fig-Mag :

On les croyaient disparus, remplacés par les augures des réseaux sociaux et les grands-prêtres de l'informatique. Pourtant, l'ombre des sorciers, des druides, des rebouteux et des médiums plane toujours...

On n'est pas à un amalgame prêt.. mais pour l'accroche médiatique c'est mieux !

On se garde bien de préciser que si il y a “ombre” c'est qu'il y a lumière ! NDR

 

Ainsi débute le reportage regroupant quelques frères et soeurs en Brocéliande

(Myrdhin – Liamm en hengoun – Tan Gwerz et Derwenn...)

A leur cou pend le tribann, trois lignes sculptées dans le bois qui symbolisent les 3 rayons de la lumière...” “Les druides sont ceux qui, parmi les bardes, les vates ou ovates, ont poussé le plus loin le processus initiatique...” “Les druides sont seuls capables selon César d'apaiser les tensions et le rivalités qui déchiraient les clans gaulois.”

 

La parole est à Myrdhin : “Nous sommes les héritiers d'une tradition millénaire. Notre approche est avant tout culturelle, spirituelle et ésotérique... Elle n'a rien d'occulte. C'est une pensée qui abolit les frontières entre le réel et le merveilleux, entre l'Histoire et la légende, le sacré et le profane, les rois et les dieux, le bien et le mal...” “Depuis la réinstallation d'une véritable gorsedd bretonne en l'année 1900 le druidisme ne cesse de se structurer et d'explorer la culture celtique, mais aussi les autres approches panthéistes et chamaniques du monde entier.”

 

Liamm en Hengoun précise : “Nous ne faisons ni du théâtre ni de la reconstitution historique. Il n'y a pas de dogme ou de systèmes de croyances auxquels tout le monde souscrit...

Le druidisme n'est ni une religion ni une philosophie (sic !), mais une spiritualité qui promeut l'harmonie avec la nature souvent au travers d'une forme de culte de la nature ouvert sur le monde qui nous entoure.”

 

Notre frère pourtant présenté comme un “grand érudit” aurait pu s'abstenir ou border davantage son affirmation, quelque peu péremptoire o combien, sur l'absence de religion et de philosophie au sein de notre “spiritualité” NDR

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Poursuivons cette actualité avec la parution de Géo Histoire Nov/Déc 2013 :

“Revivez la grande épopée des gaulois... Les druides : des hommes de pouvoir...” par Claire le Coeuvre

 

Les druides sont mentionnés pour la première fois des des traités de philosophes grecs du IIIè millénaire avant notre ère et leur réputation à cette époque était déjà grande. Ces traités semblent se référer à des écrits plus anciens, aujourd'hui disparus et notamment à un “mémoire” qui aurait été rédigé au Vè siècle avant notre ère par un disciple de Pythagore. La source principale reste Poseidomos d'Apamée qui voyage en Gaule à la fin du IIiè siècle avant notre ère.

La renommée conséquente des druides auprès de leurs contemporains était due à leur immense savoir scientifique. Ils maîtrisaient les nombres et la théorie mathématique. C'étaient aussi de grands géomètres , des constructeurs et des architectes ainsi que des virtuoses de l'algèbre. Ils se distinguaient également par leurs travaux astronomiques...

Les druides détenaient les clefs des mystères de l'univers. Ils étaient devenus des maîtres du temps...

Pour les gaulois, il ne faisait pas de doute que leurs savants parlaient le langage des Dieux. Les aspirants druides faisaient l'objet d'une sélection rigoureuse. Les études étaient ouvertes à tous ceux qui en avaient la capacité...

Leur pouvoir ne se limitaient pas aux sciences et à la divination, il s'étendait également à la politique et à la justice. Ils devaient arbitrer les nombreux conflits qui agitaient une société guerrière dominée par une aristocratie belliqueuse...

Il leur fallait moraliser en profondeur la société. Pour cela, les druides en appelèrent aux dieux et usant de leur prestige, ils instaurèrent une religion publique.

 

Ce culte instillait dans les consciences des gaulois des notions telles que l'immortalité de l'âme ou la différence entre le bon et le mal ( en fait le vrai et le faux NDR). A cet égard leur rôle était davantage celui de théologiens que de prêtres...

Ils tenaient une assise annuelle afin de trancher les questions concernant l'ensemble des peuples gaulois... Ces règles partagées conduisaient à la mise au point de constitutions qui réglaient les rapports entre les Etats... La paix qui régna en Gaule pendant des siècles est le fruit de ces efforts fédérateurs...

 

Mais en moins 58, à l'arrivée de César en Gaule, l'influence des druides avait déjà décrue... Au IIiè siècle le déclin commence avec l'influence du commerce romain qui sape les valeurs jugées archaïques... Le déclin des druides était en germe dans leur oeuvre elle-même. Ils avaient transformé en profondeur les mentalités et les institutions gauloises. En inculquant ainsi aux peuples de Gaule les bases de la civilisation, ils avaient favorisé leur autonomie. Leur rôle était achevé.”

 

Ce à quoi J L Bruneaux (la Société gauloise : un peuple civilisé) ajoute ceci :

Les gaulois bénéficiaient d'une justice séparées du pouvoir politique et supérieure à lui. Cette forme de justice, depuis la Renaissance, a fasciné les philosophes par sa singularité admirable. La Gaule, dans les derniers siècles de son indépendance, présente un système politique tout à fait original, unique même dans le monde antique. Les gaulois ont réussi à établir, plutôt que leurs brillants voisins, un véritable fédéralisme entre les peuples, pourtant fort divers dans leurs origines et leurs activités économiques...”

Les gaulois imaginaient le ciel comme une sorte de dais reposant sur des colonnes qui pouvaient s'effondrer mais, pour eux, cela ne représentait pas la fin du monde ; cela marquait simplement la fin d'un cycle. C'est ainsi qu'ils concevaient l'univers ; une succession de cycles marqués par la destruction et la reconstruction...

Ils croyaient en un dieu souterrain dont on ignore le nom ( peut-être Dis pater : le Père des peules)...

L'âme était considérée comme immortelle et, après la mort, elle retournait dans la terre où Dis pater la conservait pour un temps indéterminé avant sa “réincarnation”...

Les humains sont donc tous des Fils de ce Dieu, les Fils de ces Enfers sombres, et donc de la Nuit...”

(On laissera à l'auteur sa conception de la “réincarnation” et le fait que celle-ci faisait partie intégrante de la doctrine druidique... Ce que je ne partage pas et d'autres auteurs avec moi. NDR)

 

Avant que lesdruides ne s'en mêlent, la religion des gaulois était très archaïque. Elle était héritière de la Préhistoire ; les gens croyaient aux déesses Mères, à des êtres infernaux... A partir du Vè siècle, les druides se sont emparés de la religion populaire. Ils l'ont remplacé par une conception extrêmement spirituelle et philosophique... ils ont instauré une forme de monothéisme. Ils croyaient en une sorte de Dieu omnipuissant, juste et bon ; un dieu qui favorisait la civilisation...”

 

Selon l'auteur, “les druides auraient combattu les bardes au VI et Vè siècle avant notre ère afin d'assoir davantage leur pouvoir. Le rôle des bardes se trouvera très fortement dégradé. Si les vates semblent venir de temps très lointains, ils disparaîtront eux aussi très vite chassé par les druides...”

(On laisser également ici l'auteur libre de ses propos et projections. NDR)

 

Il y a eu certainement dans les temps anciens des sacrifices humains... Quand les druides ont décidé de moraliser la société archaïque, ils ont fait en sorte de remplacer ces sacrifices humains par des peines judiciaires... L'exclusion d'un citoyen ne pouvant plus participer aux cérémonies religieuses était la plus grave et la plus terrible des sanctions, car il se trouvait lors exclu de la société civile.”

 

Sous l'influence des druides, les rites funéraires se sont transformés. Les inhumations ont été remplacé par des incinérations... Dans cette nouvelle vision de la mort, les âmes étaient renvoyées vers les “Enfers”...

(Mêmes réserves NDR)

Selon toujours l'auteur, les guerriers morts sur les champs de bataille, mais uniquement dans le champ des vainqueurs, quittaient le cycle des réincarnations, leur âme allant au Paradis.” (Bis répétita NDR)

La guerre était considérée comme un acte sacré : un immense sacrifice.”...

 

L'archéologie nous apprend beaucoup sur les moeurs des anciens gaulois. Et, souvent, elle confirme ce que nous racontent les auteurs antiques.”

 

Sur l'art gaulois : note de Emilie Formoso :

L'art gaulois : une représentation des hommes et du monde qui en “oubliant” le réalisme, se montre étonnamment proche de l'art contemporain...”

(Certes, mais l'art gaulois demeure un art sacré (et un sacré art) et nul objet n'est dénoué de sens et de lien, on ne saurait en dire autant de la majorité de l'art contemporain ! NDR)



10/11/2013
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