Les dits du corbeau noir

DEUX BARDIS : IMMRAM (NAVIGATION) ET LA PAROLE NUE 2018 BRAN DU 24 04 AVRIL

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Photo Bran du

 

 

 

 

 

IMMRAM (Ou les récits de Navigations celtiques merveilleuses)

Bran du             17 09 2011

 



Flots dans les flots ; flots dans les flots...

Dans les rouleaux nos rêves nagent

Fous ou sages ; nos rêves nagent

Au cœur des eaux, au cœur des eaux...



L'embarcadère, vois-tu, est là devant

Tu n'iras jamais, sais-tu, plus avant

qu'en allant explorer ce continent

qui est en toi, qui est en toi...



Il y a plus de brumes au fond de toi

Plus de brouillards sous tes paupières

qu'au plus lointain des terres :

sais-tu cela, sais-tu cela ?...



Il n'est que de jeter toutes les amarres

De faire enfin face au vert de l'océan ;

de prendre barre dans les courants,

de prendre vent, de prendre vent...



La vie, à ce qu'on dit, à son levant

comme la mort aussi à son couchant ;

quitte le port et prend la passe ;

dépasse le temps, dépasse le temps...



Ceux qui quittent l'ancien rivage

pour l'infini qui toujours s'étend,

Trouveront l'île, seront sans âge,

vivront mille ans, vivront mille ans !...



Flots dans les flots ; flots dans les flots...

Dans les rouleaux nos rêves nagent

Fous ou sages ; nos rêves nagent

Au cœur des eaux, au cœur des eaux...



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La Parole Nue Bran du

24 09 2009/24 04 2018





Derrière l'écorce, il y a l'aubier...

Devant et derrière les mots, il y a le silence...
Le poème est cette sève qui circule entre écorce et aubier, entre mots et silence...



La Parole nue est une parole qui sourd ou qui jaillit ;

qui prend habit d'encre, de traits et de courbes ; qui se revêt de sons qui emprunte aux vibrations émanées de tout l'Univers...

Cette Parole est porteuse, au sein de ses traversées souterraines, d'une mémoire et d'une matière alchimiquement et poétiquement transformées...



Est « Parole nue » toute parole qui, surgissant de la fontaine du jour ou remplissant les vasques de la nuit, exprime sa pureté, sa clarté, sa fluidité, sa transparence...



La Parole nue à vocation de revêtir, du lion de son voile, le corps nue d'une pensée apte aux plus essentielles recouvrances...



La Parole nue marche dans les sous-bois de l'être, ouvre ses clairières aux regards embrassés et embrasés...



Dans les jeux alternées de l'ombre et de la lumière, marche la parole nue...



Au plus intime des landiers, au plus profond des laies forestières, marche la Parole nue...



La Parole nue germe dans le terreau des origines, dans l'humus des commencements...

La mort elle-même craint la Parole nue qu'elle ne saurait dépouiller de quoi que ce soit...



La Parole nue marche dans le creux et la poussière des chemins, elle mène le monde aux avancées...



Elle a bordures fleuries de rêves et de songes...



La Parole nue ; c'est elle qui a fait dresser la pierre de reliance, qui a posé sur la poitrine matricielle le collier aux douze perles d'espérance...



La Parole nue n'est vêtue que de ciel et d'océan ; que de ces mouvements faits de flux et d'ondes qui sont les prémices de cette danse qu'incarnent les corps qui se cherchent et se trouvent dans la vasque et l'âtre d'entendement...



Ni le lierre, ni la clématite sauvage, ni le chèvrefeuille ne pourraient s'élever dans la verticalité de leur désir et de leur volonté sans faire tournoyer leur spirale sur l'axe du monde et de l'Univers...



Nul ne sait qui ouvre et qui referme cette spirale pour la faire renaître aussitôt, mais son secret est aussi dans celui de la Parole nue...



Nous ne faisons que traverser cette existence, parasitant la parole nue de nos vaines agitations, de nos bruits de fureur, alors que nous sommes baignés par l'Essentiel et que nous ne savons y porter ni notre regard ni notre cœur !...



Là où nous ne faisons que passer ou trépasser : l'Essentiel réside dans les ambassades de la parole nue...



La Parole nue circule librement comme un léger murmure parmi la forêt des feuilles ; les ronces ne sauraient la retenir...



Elle enjambe le cours des ruisseaux, rit avec les libellules et les cétoines, accompagne la lune en son bain de roseaux et de lentilles d'eau... Elle se mire dans la goutte de rosée, se fait aussi blanche que la neige...



Des oiseaux l'emportent du Sud au Nord puis du Nord au Sud...

Ainsi, elle nourrit nos pensées migrantes, anime nos danses nomades...

Elle trace le sacré du Cercle pour l'union du corps et de l'esprit...

Elle circule et pérégrine, navigue et ascensionne entre ombre et lumière... Elle conte au crépuscule les hymnes que les Anciens ont composé pour louanger l'aube et l'aurore...



La Parole nue ne s'entend que dans l'intériorité de notre être ; dans les mille oreilles de nos sens...



Nul ne saurait la déflorer...          C'est Elle qui nous féconde !...

 

 

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24/04/2018
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