Les dits du corbeau noir

Des Musiques Celtiques (suite) 30 04 2013

Des musiques dites celtiques    (Suite)  30 Avril 2013

La harpe de Cnoc Chos gair : « Harpe de Cnoc Chos gair, tu apaises et fais dormir les gens agités. Ta forme courbe, la trille de tes cordes, éveille par des doigts doués. Ô, excellent instrument rouge, débordant de mélodies…
Harpe de Cnoc Chos gair, tu es au-dessus de tous les instruments amenant le repos au silence…   Belle, plaintive, brun doré. La harpe d‘un brun riche des poètes, ton cadre est aimé par les foules, et la mélodie qui s‘attarde sur lui. Dans la bouche dorée, il y a le pleur des habitants du tertre féérique. Car ton son est sans pareil, la mélodie de tes cordes douces. La meilleur musique.»
Irish Gofraidh-fion a’Dalaigh  vers 1385

Décoder les Celtes   Claire Hamilton et Steve Eddy (Claire est aussi harpiste et membre de l’OBOD)  (Edition Véga) extraits

« …/…

Pour les Celtes, la musique était une force émotionnelle et magique contribuant au changement d’humeur, au voyage dans l’Autre-Monde, à l’hypnotisme, à l’ensorcellement et aux contes…

Les différents types de musique, en plus de véhiculer un pouvoir émotionnel et spirituel, lient l’ensemble de l’univers dans un réseau d’harmonie…
Le lacis qui émane du son des flûtes, dont chaque fin et comme un recommencement, fait penser aux entrelacs irlandais dans leurs circonvolutions infinies…

Le don des trois oiseaux de Cliodna, épouse du dieu de la mer Manannan, étaient de produire par leurs chants, l’instruction, la distraction et l’ensommeillement…

La source de Conla, le puits de sagesse aux cinq ruisseaux de sens, émet aussi de la musique (le son argenté des ruisseaux)…

Certaines pierres aussi produisent de la musique (ou des « sons ») comme la Pierre de Fail ou les « pierres dites sonnantes »…
Les épées aussi émettent une « musique »…

Il y avait des branches magiques avec des cloches d’or et d’argent très tintantes accrochées à celles-ci…

……………………………

« Il était haut de quatre mains, sa belle petite harpe, de trois mains. Le son de sa harpe enflait tout en restant pur et mélodieux » Finn and the faerle harpeur
Tales of the elders of Ireland

« Daurblada ; la harpe du Dagda, au doux murmure du pommier, aux quatre angles d’harmonie »…(Le Dagda appelle les saison avec sa harpe…)

Harpe celtique : le temps des Enchanteurs  Thierry Jigourel (extraits) Celtics chaden éd

« Trois objets ne sont pas saisissables, par ordre de justice : le livre, la harpe, l’épée. »  Anciens coutumiers de Bretagne
(Tout breton doit avoir une femme vertueuse et une harpe bien accordée ! »

« …La celtie est avant tout une poésie musicale et la harpe en est son porte parole… Elle est aussi cette « barque de vie » qui permet de remonter le cours de la rivière Boyne (Boand) jusqu’au Tîr na n’Og ; la terre de l’Eternelle jeunesse… »
(Extrait de la préface de Myrdhin)

« … La perfection musicale est de l’Autre-Monde et, au point de vue terrestre et technique, c’est par conséquent un art dont l’exercice relève de la science des filid en Irlande et des bardes au pays de galles ».  CH J Guyonvarc’h

« Il y a chez les celtes des poètes lyriques qu’ils nomment bardes. Ces poètes accompagnent avec des instruments qui ressemblent à des lyres, leurs chants qui sont tantôt des hymnes, tantôt des satires… » Diodore de Sicile (100 av J.C)
Une autre version traduit : …«  avec des instruments semblables à des lyres évoquent ceux qu’ils louangent ou ceux qu’ils raillent… »

Parmi les harpistes célèbrent : le dieu LUG lui-même ; Tristan (qui voguant vers l’Autre Monde à sa harpe près de lui) ou Merlin lequel par sa musique peut aussi déplacer des roches de plusieurs tonnes comme celles de la Ronde des Géants (Stonehenge) (Kort y kevri)…

Jean Pieuchot : la Musique irlandaise  et Jean Haudis Trois effets de la musique dans l’Irlande ancienne…  extraits
« La harpe comme la Boyne ; la rivière céleste, aide la nature à se réveiller, à renaître…  
Il y a une analyse ternaire de la nature aux origines du monde indo-européen …             On trouve des correspondances avec l’Inde…
Il y a ainsi une parenté entre les trois airs joués par le Dagda… Aux Indes, il s’agit des trois qualités ou guna du samkhya : « les attributs ont pour essence l’agréable, le désagréable et l’abattement…  Sahva a pour essence l’agréable (parce qu‘il est sans tache, lumineux et sain, il est heureux), le rajas à le désagréable, le tamas à l’abattement. »

Yvan Guehennec  Celtes et Parole sacrée  Label LN éditeur  extrait

« … L’expression : le « cœur-bouche » désigne un barde ou un druide qui usurpe sa fonction ; une fonction qui doit être et demeurer celle du cœur… Cela signifie une perversion de la fonction poétique…»  …/…

Le barde exprime la nature poétique et métaphorique typique des celtes…
Fer-tuinne à le sens d’interprétation mélodieuse… Le talent du chant harmonieux émerge d’une formation ardue du barde ou filid… …/…

Le barde s’exprime sous la forme personnelle :  je, j’ai… Il incarne le pouvoir intégrateur du verbe poétique. Le poète initié est capable d’assumer tous les états, de réaliser toutes les conjonctions. En cessant d’être lui-même, il devient une image de l’univers, un réceptacle de l’énergie qui l’anime,  de l’Awen.  …/…
(Comme Amorgen ou Taliésin…)

Le chant seul peut atteindre à la perfection comme la voix de Naoise qui est réputée comme étant la plus mélodieuse qui soit (pour charmer Deirdre)… …/…

La harpe, c’est la musique de cour. La cornemuse se veut « populaire » et le tambour sert pour la distraction comme la danse et pour la guerre…
(Cela remonte à une très haute antiquité.)

La harpe contient toutes les mélodies et elle joue toute seule à la simple demande du Dagda qui en tant que dieu-druide est aussi le maître des harpistes…

Le druide musicien en Irlande est le Cruitire (cruth signifie harpe)…

La dimension magique de la musique réside dans les trois airs qu’il faut comprendre comme les trois modes musicaux fondamentaux (3 modes personnifiés)…

« Que les harpistes nous jouent de la musique dit Aill à Fraech « qu’ils jouent donc », dit Fraech »  « Les harpes avaient une couverture de peau de loutre, avec des ornements de cuir parthe rehaussés d’or et d’argent. Elles étaient entourées de peau de daim aussi blanche que la neige avec des taches gris foncés au milieu. Elles avaient autour des cordes une couverture de lin blanche comme le plumage d’un cygne. Elles portaient des harpes d’or, d’argent et de bronze avec des figures de serpents, d’oiseaux et de chiens d’or et d’argent. Quand les cordes étaient mises en mouvement, ces figures se tournaient vers les hommes. …/…
Ils jouèrent alors et douze hommes de leur maison moururent de pleurs et de tristesse.  Ces trois hommes étaient beaux et mélodieux, et cela, c’étaient les jeux de Uaithne. »  (Le harpiste se nomme Uaithne soit « harmonie »…)
Tain Bo Fraech

Boand (la Boyne) épouse et fille du dagda est aussi la patronne des filid. Elle est aussi la mère des trois airs (tristesse, sourire et sommeil)

La musique est une variante de la voix et du chant. Elle est en fait un don de l’Autre-Monde…

Toute musique est liée au temps sauf celle de l’Autre-Monde qui est hors du temps et hors des gammes…

Toutes les mélodies du Dagda, le dieu druide et dieu de la musique, sont une musique unique, inimitable par les êtres humains qui ne peuvent que l’entendre parfois sans jamais être à même de la reproduire ou de la noter et pas davantage de la comprendre….

Elle ne se définit pas, cette musique divine, en mesures et en notes, mais en « vibrations » qui rendent toute musique dite instrumentale à la fois hors du temps et indistincte de la parole, du chant et de la voix… Nous sommes ici très proche de l’incantation et de la magie. Cette musique de l’Autre Monde ne parvient pas d’ailleurs aux hommes par des voies ordinaires.

 

Ce sont les messagers des dieux qui l’apportent ou bien des oiseaux ce qui revient au même (des cygnes qui chantent une musique douce, bien différente du cri réel de ces oiseaux.)
(Ainsi les enfants de Llyr auront le don, changés en cygnes, de chanter la musique de l’Autre Monde : « comme je ne puis désormais vous apporter aucune aide, vous aurez votre propre langage et vous chanterez la musique plaintive du Sid, à laquelle les hommes du monde s’endorment et aucune musique du monde n’aura sa pareille. Vous aurez votre raison et votre dignité et vous ne serez pas triste d’être sous la forme d’oiseaux. »   Aidhe Chloinne lir



30/04/2013
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